Le soldat Ryan

En vingt-neuf ans d’une carrière ébouriffante à Manchester United, Ryan Giggs a traversé les époques comme il déboulait sur son aile gauche : avec aisance, soudaineté et souvent, aussi, fracas. Par sa longévité, sa fidélité sans faille et sa régularité hors du commun, l’astre gallois est devenu un joueur à part, « unique » même selon Alex Ferguson. Une légende vivante des Red Devils qui a quitté son club de toujours en juillet 2016 mais qui s’est promise, un jour ou l’autre, de reprendre le fil d’une histoire sans pareille.

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#1: Ryan Giggs

C’était sa dernière volonté. Sa tête pendouillait, il se savait condamné alors il voulait poser une dernière pierre. Pendant les dernières semaines de son mandat, Louis van Gaal s’était alors donné une dernière mission : faire de son adjoint son successeur. Il expliquait à l’envie que les rumeurs envoyant José Mourinho à Manchester United étaient « ridicules » . Il ne voulait pas voir s’écrouler sa seule réussite et son pari sur la jeunesse. En lançant devant les juges de nombreux gamins, le Pélican envoyait un signe clair à ses dirigeants : Manchester United est la jeunesse et ne peut se renouveler que par elle. L’histoire l’a prouvé. Alors, plusieurs fois, Louis van Gaal a laissé Ryan Giggs prendre le pouls des responsabilités, parfois en costume tiré, souvent en survêtement. C’était une façon de se dédouaner ou de laisser le dernier fil qui connectait l’institution Manchester United à ses racines sauver sa peau. Old Trafford ne peut être la scène d’une révolution. Longtemps, on y a cru. Longtemps, on s’est repassé les images du Ryan Giggs entraîneur intérimaire en mai 2014 ou du 19 décembre 2015, lorsque la légende était descendue prendre la foudre du Théâtre des rêves lors d’une défaite humiliante face à Norwich (1-2).


Et puis, on s’est résolu et on a compris : le Manchester United qu’on a aimé n’est plus le Manchester United d’aujourd’hui. Il se veut désormais plus clinquant, désordonné et ne veut plus entendre parler de ce qui a fait sa brillante histoire. Alors, José Mourinho est arrivé, a récupéré « un poste dont il a toujours rêvé » et a décidé d’emmener avec lui son adjoint de toujours, Rui Faria. Le Portugais a bien proposé un poste à Giggs dans la formation mais Ryan n’en veut plus. En réalité, il en veut plus. Alors l’histoire s’est arrêtée comme ça, brusquement, sur une simple lettre ouverte en juillet 2016 : « Après 29 saisons à Manchester United comme joueur et dirigeant, je sais que gagner est dans l’ADN du club, tout comme donner leur chance aux jeunes et jouer un football offensif et excitant. C’est bon d’avoir des objectifs élevés et de ne viser rien d’autre que la victoire. Manchester ne vise et ne mérite rien d’autre que ça. C’est pourquoi c’est une énorme décision pour moi de m’éloigner de ce club qui a été ma vie depuis l’âge de 14 ans. Ce n’est pas quelque chose que j’ai décidé à la légère. J’emporte avec moi tellement de souvenirs. C’est l’expérience d’une vie qui, j’espère, me servira dans le futur. Je sens que le moment est venu. » Et le monument s’est soudain définitivement effrité.

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« Ryan Giggs, Running Down The Wing, Feared By The Blues, Loved By The Reds »


Il y a d’abord les chiffres. Tous plus renversants les uns que les autres. 963 apparitions sous le maillot des Red Devils (joueur le plus capé au club), 163 passes décisives délivrées (record en Premier League), trente-cinq trophées remportés (joueur le plus titré de l’histoire du football britannique), seul joueur à avoir marqué lors de vingt-et-une saisons consécutives et celui ayant disputé le plus de matchs avec le même club sur la scène européenne. Ryan Wilson qui deviendra par la suite Ryan Giggs n’a pas seulement été un joueur de Manchester United. Il a de loin dépassé ce simple statut. Durant près de trois décennies, le Gallois s’est érigé comme un marqueur d’époque intemporel. Comme le garant de la culture d’un club. Comme une idole à l’aura inaltérable malgré le temps qui court. « C’était mon héros de jeunesse, souffle David Bellion, son partenaire durant deux années à Old Trafford. Il est à 80% la raison pour laquelle je voulais venir à Manchester United, c’était pour jouer avec Ryan Giggs. Je ne sais pas pourquoi j’aimais ce joueur, c’était vraiment particulier » .


Les contours d’une romance passionnée qui ont été tracés dès le début des 90’s. L’enfant de Canton n’a que quatorze piges quand Alex Ferguson le fait signer en personne pour son premier contrat. Trois ans plus tard, en mars 1991, le Royaume découvre les premières enjambées du gaucher au torse velu, physique fin, mais déjà insaisissable. C’est, aussi et surtout, le chef de file d’une génération dorée (Scholes, Beckham, Butt, les frères Neville) – rebaptisée Class of 92 – qui écrira sans doute les plus belles pages de l’ère moderne de United. « Ryan Giggs est le joueur de cette génération qui a fait le plus de bruit, appuie Fergie dans son autobiographie. Il était celui qui avait le plus de chances d’être identifié comme enfant prodige » .

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« La première fois que je l’ai vu jouer. Je me suis dit : « Mon Dieu, qu’est-ce que je vais devenir ? » Si c’est la norme qu’on doit atteindre, c’est fini. Il était incroyable » , se remémorait son camarade de promotion Gary Neville dans le documentaire Class of 92. Ce sentiment empreint d’admiration, beaucoup l’ont éprouvé devant les immuables courses et chevauchées de celui qui a acquis le rang d’immortel à Manchester. L’éternité, le Britannique l’a sans doute offert le 14 avril 1999, à l’occasion d’un replay de demi-finale de FA Cup contre Arsenal, grâce à un but ancré dans toutes les mémoires. Phil Neville, coéquipier réduit ce soir-là au rang de spectateur privilégié, s’en souvient comme si c’était hier : « Je me souviens que tout est parti de Giggsy. Quand je cours, on voit que je pique un sprint. Tout est en mouvement. Avec lui, c’est presque un ralenti. Il glisse en haut de la surface, son pied ne touche pas le sol. Je suis resté derrière lui et je criais : « Giggsy, Giggsy, j’arrive » , pensant que j’allais le dépasser. Et il s’est éloigné, toujours un peu plus. Je suis resté figé, c’était comme un ralenti. Il faisait des manœuvres sans même toucher le ballon » .


Des moments de grâce tel que celui-ci, il y en a à foison. Et le public mancunien n’a eu cesse d’entonner à sa gloire et lui a sans doute dédié ses plus beaux vers : « Ryan Giggs, Running Down The Wing, Feared By The Blues, Loved By The Reds » . Un chant qui a traversé les époques parce que tant qu’il le pouvait, le Red Devil a repoussé son crépuscule jusqu’à ses quarante ans. En préservant son corps grâce au yoga, aux bains glacés ou encore à l’acupuncture. « Pour rester en équipe première pendant deux décennies, Ryan a dû développer un programme de fitness méticuleux, raconte encore Alex Ferguson. Le yoga et la routine de sa préparation sont à l’origine de sa longévité » . Ryan Giggs a duré car il a toujours regardé vers l’avant. Plus loin que les autres.

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Les racines coupées


Plus loin que les autres mais surtout pas plus haut. C’était le combat de Sir Alex Ferguson. Il a duré vingt-sept ans. Vingt-sept longues années pour exiger qu’aucun individu ne dépasse de l’institution. Dans sa carrière, l’entraîneur écossais n’aura plié qu’une fois devant Wayne Rooney. Sauf que ça, c’était hier, avant que Manchester United ne se transforme en Disneyland comme les arrivées en grand apparat de Zlatan Ibrahimovic et Paul Pogba l’ont prouvé la saison dernière. C’est aussi ce qui a changé définitivement avec le départ de Ryan Giggs. Manchester United n’est définitivement plus Manchester United et la seule trace qui reste du passage de Sir Alex Ferguson est la présence de Nicky Butt à la tête de l’académie. Le club s’est toujours reconstruit à travers ses racines comme l’avait fait en son temps Sir Matt Busby pour des raisons dramatiques. Cette fois, cela passera par une révolution et sans les fondations. Ferguson avait souvent expliqué qu’on ne change pas United mais qu’on s’y adapte. José Mourinho a choisi son camp et Old Trafford est devenu ni plus, ni moins, qu’un opéra à ciel ouvert là où il était hier un temple de traditions.


Peut-être plus en accord avec ce qu’est devenue l’institution mancunienne, « Giggsy » a donc fait le choix de quitter son Théâtre des Rêves. Pour voler de ses propres ailes. Pour, aussi, embrasser définitivement la nouvelle vie qui s’ouvre à lui. À l’instar de nombreux fils spirituels de Fergie (Steve Bruce, Mark Hughes, Paul Ince, Roy Keane, Bryan Robson, Ole Gunnar Solskjaer, Gary Neville) qui ont rencontré des fortunes diverses, le Gallois entend amorcer une carrière d’entraîneur après avoir eu avec son mentor écossais et Louis van Gaal, deux des managers les plus émérites de leur temps. « Je sens que le moment est venu, justifiait-il ainsi dans sa lettre en guise d’adieu. Même si ce n’est pas dans mes plans immédiats de devenir entraîneur, je sais que c’est vers là que je vais aller (…) Il est temps d'ouvrir un nouveau chapitre et d'entamer un nouveau défi. Je suis excité par le futur. J'ai eu le meilleur apprentissage de coach, personne ne peut demander mieux » . Alex Ferguson, lui, ne doute en tout cas aucunement des aptitudes de son ancien joueur à devenir un coach compétent à l’avenir. « Ryan pourrait assurément être manager, martelait-il en 2013. Il possède de la sagesse et les joueurs le respectent. Son calme relatif ne serait pas un obstacle » . En attendant d’étrenner définitivement son nouveau costume, il l’a laissé un United orphelin et toujours gagné par la nostalgie : « C’est très difficile de dire au revoir après vingt-neuf ans. J’y ai aimé chaque minute, comme joueur et comme dirigeant. Le soutien que vous m’avez toujours donné est phénoménal, merci pour tout ça » . Derrière l’émotion, il y avait aussi cette promesse à peine voilée. Que cet « au revoir » ne soit pas un adieu.

Dans cet article

Maurizio ganz de zoilette Niveau : DHR
J'ai toujours l'image d'un joueur très bon mais jamais autant qu'un rooney ou un beckham qui pouvait débloquer un match à eux seul. J'ai l'image d'un suiveur et pas d'un leader (sauf peut-être vers la fin). Il n'a pas jamais eu l'aura d'un roy keane ou d'un Paul Scholes selon moi. Donc premier je dis non.
zinczinc78 Niveau : CFA
Note : 2
Surtout que Giggs n'a jamais tutoyé le 85 de moyenne FIFA alors que nombreux sont les joueurs mancuniens qui ont dépassé le 90 (CR7, Rooney, Ferdinand, Van Der Sar, Zlatan..)
85 de moyenne, mon joueur préféré dans les 1ers PES sur PS2!Qu'est ce que j'ai pu mettre des bouillons avec lui!Il lui aura seulement manqué une équipe nationale à la hauteur de son talent...
Vous savez pourquoi l'Angleterre n'a pas gagné de Coupe du Monde depuis 1966? Parce que Giggs est gallois.
Fred Astaire Niveau : Ligue 2
"Pourquoi l'Angleterre n'a pas gagné de Coupe du Monde depuis 1966?"

Et encore, faut voir dans quelles conditions elle l'a gagnée ?
Kit Fisteur Niveau : Loisir
C'est vrai qu'il a jamais fait de pub pour des slips, donc il est forcément moins bon que Beckham...

Qu'est ce qui faut pas lire comme conneries sur Ryan «Benjamin Button» Giggs des fois quand même...
Caribou West Niveau : CFA
C'est cependant moins con que de dénigrer le talent et la place de Beckham dans le foot moderne sous prétexte qu'il vend des slips.
Note : 5
Giggs pas debloqué un match a lui tout seul?

Plus que ceux que tu as cité, c'etait justement un des ses atouts de debloquer un match sur un coup de genie, un exter, un coup franc venu de nulle part, une frappe enroulée. Je suis pas fan de l'homme qui a plus de demons qu'il n'y parait, mais en tant que footballeur pur, sa place de numero 1 n'est pas volée. Quand tu lis les declas de ZZ a son sujet ca situe le bonhomme.
t'as un lien pour les déclas de ZZ ? thanx
Note : 2
Non je l'avais directement entendu parlé dans une ITW. Il disait en gros que si ils avait ete dans la meme equipe que Giggs, il aurait largement pu etre relégué sur le banc et que si il avait eu la chance d'etre dans une grosse equipe nationale, il aurait surement eu une plus grosse carriere que lui. Le tout sans fausse modestie.
Veni Vidic Vici Niveau : CFA2
Mais bien sur, qu'il en a débloqué, des matchs. Sur la saison 2008 par exemple, avec l'avalanche de gros matchs, l'équipe était souvent apathique en PL. Et je me souviens très bien que c'est souvent lui qui était le boss à secouer tout le monde et montrer l'exemple quand il avait pas juste mis le but de la victoire.
gaucherforever Niveau : CFA2
Pas d accord pour le coup.
Giggs était meilleur que Beckham. Seul Scholes tient la comparaison.
11 réponses à ce commentaire.
Khamu_the_Scot Niveau : DHR
Merci SoFoot pour remettre en perspective via cette place de n°1 un joueur exceptionnel qui aura marqué son époque. Le genre de joueur qui donnait l'impression de tout savoir faire sur un terrain, toujours présent aux grands moments. Sa carrière est indissociable de celle de Sir Alex, qui auront tout deux apporté à ManU ses plus belles années.
Un grand monsieur, merci pour toutes ces années et ce plaisir apporté sur le terrain !
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RomsteakGary Niveau : CFA2
Ce qui est fou chez Giggs, c'est que sa longévité légendaire a pratiquement fait oublié son talent. Plein de gens autour de moi ne connaissent de Giggs que son éternel carrière à MU. Mais si cette longévité est si folle, c'est précisément parce qu'il a toujours affiché un niveau exceptionnel dans un Manchester toujours ultra compétitif.

D'ailleurs, ce top nous a permis de voir des compils youtube de joueurs répartis sur 3 décennies, et y a toujours un Giggs dans un coin de l'image pour faire la passe et célébrer les buts avec ses potes.

Je me souviens aussi de cette photo, montrant l'âge des coéquipiers de Giggs lors de son premier match :


Assez dingue quand même...
Mehmet Scholl Niveau : CFA
Mmmmmm non

Un énorme footballeur, mais le "monsieur" est une merde innommable

2 réponses à ce commentaire.
Au delà du fait que je suis toujours dubitatif sur ce podium, on ne peut qu'être admiratif devant cet immense joueur... Quelle longévité tout de même et surtout quel talent !
On voit bien qu'après son départ et les arrivées liées à celle de Mourinho (Ibra, Pogba...) une page semble définitivement tournée...
J'aimerais savoir comment les supporters de la première heure de MU voient ce virage...
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Khamu_the_Scot Niveau : DHR
Je ne sais pas quelle est la première heure, mais en tant que supporter modéré de longue date (20 ans environ) j'ai toujours apprécié ce club pour ses particularités et son institution. Il me donnait l'impression que c'était un club très "convivial" au niveau des valeurs malgré l'argent qui a toujours gravité autours.
Maintenant difficile pour moi de justifier un attachement particulier cette l'équipe plutôt qu'une autre, à part le fait d'être sentimentalement attaché à ce stade et ces couleurs depuis un certain temps.
TheDoctor Niveau : CFA2
Idem pour moi.

Cela créé vraiment un sentiment particulier d'apporter un attachement fort envers une équipe dans laquelle tu ne te reconnais plus.
J'aime le club dans les valeurs qui étaient les siennes jusqu'à la fin de l'ère Ferguson. L'abnégation, le sens du sacrifice, des joueurs mort de faim qui ne lâchait rien jusqu'à la dernière minute symbolisée par le Fergie Time,... Un esprit presque "familial" emmené par la Class of 92.
Maintenant on se retrouve avec un club sans identité sinon un côté bling bling, une équipe sans fond de jeu, des joueurs laid à voir jouer, trop mourinhesque à mon goût.

Mais je ne me reconnait plus dans le foot actuel gangrené par l'oseille, des joueurs qui n'ont plus l'amour du maillot hormis certaines exception, etc.
Le football des 90's et à moindre mesure 2000 me manque, la passion à quelque peu disparue, l'époque où je ne ratait pas un match de mon équipe et les matchs de C1 est révolue.
Malheureusement j'ai pas l'impression d'être le seul dans ce cas, on devient tous nostalgique (chez les 25/30 ans en particulier)...
Veni Vidic Vici Niveau : CFA2
Ce qu'il faut voir, c'est que la mutation a commencé bien avant le départ de Ferguson. C'est l'arrivée des Glaser qui change tout. Souvenez vous du tollé que ça avait déclenché avec une fronde des supporters et le départ d'un paquet d'entre eux pour fonder carrément un club avec les anciennes couleurs de United. Dès la fin 2000, le club commence à faire du marketing à outrance, devenant pionnier par exemple dans les tournées asiatiques. Sauf que Fergie était là pour faire tampon, et ça se voyait moins. Il arrivait à maintenir une identité britannique à l'équipe (un de ses chevaux de bataille) et continuait à faire jouer des joueurs du centre de formation même si leur niveau était parfois très discutable. Il a été fou de rage du départ de Welbeck par exemple (surtout pour Arsenal). Et les joueurs qui sont sortis de ce centre ont été une succession de déceptions ou semi-déceptions: Welbeck donc, mais aussi Cleverley, Macheda, etc).

J'avoue que moi aussi mon attachement au club est vacillant. Pendant 20 ans je suis le foot à mort, et mon club est entraîné par le même mec avec en plus les mêmes joueurs! Ce club ne ressemblait à aucun autre, et je méprisais ouvertement les autres avec une insupportable arrogance très United. Maintenant, je suis assez perdu aussi. La PL elle-même a beaucoup changé, l'engagement a diminué, on voit beaucoup plus de simulations et les observateurs s'en offusquent de moins en moins. On voit même des joueurs s'agglutiner autour de l'arbitre pour contester comme des vulgaires joueurs de Liga, sans prendre de cartons, une honte!
Mais arrêter de suivre United, pour moi, ça sera arrêter de suivre le foot tout court.

Je crois que le foot a bien changé en 20 ans. Peut-être qu'une page se tourne. Et que ça se fera sans nous. Les jeunes d'aujourd'hui qui ont baigné dans ce foot business à l’américaine sont pas plus gênés que ça et me disent surtout que je suis un vieux con quand je me lance dans ce genre de tirade.
Pour donner un exemple personnel, mon père qui était un fana de foot et m'a transmis le truc pendant la coupe du monde 90 a progressivement laché l'affaire après 2000 et ne regarde plus un match aujourd'hui, par pur dégout de ce foot business.
Plutôt mal... Cette génération Giggs, Scholes, Beckham c'était autre chose. Le décalage est immense entre l'entrée timide mais remarquée de ces immenses joueurs et les présentations sous fond de Rap et DAB de Pogba pour son transfert à coup de millions. Tant au niveau de l'image que du jeu, United a pris un virage à 180° depuis le départ de Sir Alex. Il faut savoir vivre avec son temps mais le choc est trop grand pour moi qui ai grandi avec la Class of 92.
The Chosen One Niveau : CFA2
Je partage cet amour pour la classe 92

Quels joueurs qui représentaient les valeurs du club, travail, sens du collectif, sacrifice, courage

Si un mec aussi bling que CR7 etait adore à Man Utd c'est parce qu'il était le plus grand bosseur et il a amené quelques changement à un Man Utd jusqu'alors très britannique


Aujourd'hui Man Utd a vendu son âme au diable

Si
Veni Vidic Vici Niveau : CFA2
Comme je l'ai dit plus haut, le virage a eu lieu avant.

Et attention, la classe 92 et les John O'Shea mis à part, United a toujours été un club bling bling depuis sa création jusque dans le choix de leur emblème, la mise en avant de stars de la pop (Best, Cantonna, Beckham, CR7), tout le story-telling insupportable autour de Pogba se veut juste dans la continuité.
Don c'est pas vraiment un virage à 180°. Plutôt le poussement (ce mot n'existe pas, mais c'est dimanche) à l'extrême de la logique commerciale (où le club a toujours été à la pointe) au dépend d'une autre facette historique du club.
7 réponses à ce commentaire.
VanBaston Niveau : DHR
Lol la photo c'est Club Tropicana (Wham!).
Respect tout de même.
Très bel article en hommage à un grand homme. Cependant, je ne comprends pas ce lobbysme anti-Mourinho comme s'il était l'arriviste qui détruisit l'histoire de ManU alors que moi en tant que fan, a pris conscience de la fin d'une belle époque dès que Fergie a quitté le club. Je me suis même démandé si c'était tout suite Mourinho qui a repris les regnes, Est-ce que ça aurait donné un meilleur résultat?
Prince Léon Nicolaïévitch Mychkine Niveau : District
J'ai toujours eu beaucoup de mal avec Giggs. Dans la même génération, un Scholes m'aura plus marqué.
TheDoctor Niveau : CFA2
Le type qui m'a fait tout simplement fait aimer le football, le type qui me laissait éveillé en attendant le résumé de Roger Zabel lors des soirées européennes, celui qui m'a donné envie de jouer ailier gauche et d'harceler sans cesse mon vis à vis, le type que personne ne mettait en avant lors des grands matchs de United mais qui se révélaient insaisissable le match venu, ce type que seul les suiveurs avertis des 90's connaissaient, un joueur que ne peuvent apprécier les "footix", un joueur qui jouait comme un cadet que ce soit à 20, 25, 30 et même 35 ans...

Je vais m'arrêter là car quoi qu'il arrive je serai sans concession pour le définir.

Et le voir en live sortir sa dernière grande partition européenne face à l'Olympiakos (oui j'ai dû patienter pour avoir assez d'oseilles pour me payer ce kiff) suffit amplement à mon bonheur !

Merci Giggs !
"Le joueur le plus titré de l’histoire du football britannique"
Qui a gagné plus de trophées dans l'histoire du football mondial ?
Ca depend de quel trophées on parle. Les charity shield and co devraient pas vraiment etre inclus. Je me rappelle qu'a la fin de sa carriere en 2006, liza etait le footeu le plus titré. Maintenant ca doit etre Lahm. De toute facon pour le panthéon, il doit falloir regarder les grandes generation du Bayern annees 70 Juve annees 80 et barca real 2010's. Tous les joueurs qui ont combiné CM et C1 plus grosse domination domestique
TheDoctor Niveau : CFA2
Victor Baïa je crois
Il me semble avoir lu ici même que c'est Maxwell le joueur le plus titré de l'histoire. C'est simple, à par cette année, il a gagné le championnat quasi chaque saison. Plus les coupes, plus les titres européens. Enfin, ça monte vite.
Caribou West Niveau : CFA
Il me semble également avoir lu ça.

En même temps, 3 années de quadruplés L1, CdF, CdL, TdC ça fait déjà 12 titres, 16 en tout au PSG. Tu rajoutes à ça ses razzias entre le Barça, l'Ajax et l'Inter, et c'est vite très impressionnant.
D'après wikipedia :
- Maxwell est à 32 dont 3 trophées des champions et 1 Supercoupe d'Espagne
- Baia 31 dont 9 Supercoupe du Portugal et 1 Supercoupe d'Espagne
- Giggs 35 dont 9 Community Shield.

La plus chouette vitrine à trophées est donc chez Maxwell. Pour la période 90s à nos jours du moins.
Fred Astaire Niveau : Ligue 2
Daniel Alves est à 35.
6 réponses à ce commentaire.
à l'époque, voir jouer giggs donnait déjà un sentiment d'anachronisme. il était très différent de la majorité des joueurs de sa génération, époque qui a vu apparaitre les muscles dans le foot (et en italie en particulier..).
le sentiment de légèreté et de liberté qui m'habitait quand je le voyais prendre son aile à grandes chevauchées aériennes, fluides et imprévisibles n'a jamais trouvé d'équivalent chez un autre joueur depuis.
unique et singulier, de par ses caractéristiques mais également sa personnalité.
TheDoctor Niveau : CFA2
Je plussoie !

Dernièrement je trouve que (sans parler de physique) Salah s'en rapproche quelque peu dans le style. Avec certes une technique bien plus incertaine.
Veni Vidic Vici Niveau : CFA2
Oui, oui, mille fois oui!
2 réponses à ce commentaire.
The Chosen One Niveau : CFA2
Pour moi, rien ne représente mieux giggs que son but contre Arsenal lors de la cup en 1999

Et puis bon, Il était coach de Manchester et il s'est auto fait rentrer sur le terrain c'est pas rien, le rêve de tout coach
Grand joueur, sans aucun doute!
Grand homme... parlez-en à son frère!
gaucherforever Niveau : CFA2
Cette histoire avec son frère je me demande si elle ne nuit pas grandement à ses ambitions de coach..
Peut on l imaginer sermonner un joueur qui lui répondrait du tac au tac sur sa sombre histoire?
Peut-être que si tu voyais l'histoire racontée dans un film de Truffaut ou Renoir plutôt que par la presse d'aujourd'hui tu comprendrais que ce sont des choses qui arrivent, qu'elles sont immensément complexes et parfois même belles, et tu serais alors un chouïa moins prompt à t'ériger en juge de la bonne moralité de tes frères humains.
Tenons-nous en au football, va.
Donc si c'est bien filmé, on a le droit de niquer la femme de son frère pendant des années?
Chacun son point de vue mais, en le qualifiant de "grand homme" parce qu'il était un grand joueur, on le juge positivement donc pourquoi pas le juger négativement parce qu'il a trahi son frère?

J'aime le foot mais y a 2 ou 3 trucs plus importants dans la vie.
Bazibouzouk Niveau : CFA2
Une goutte dissonante dans un océan de pudibonderie.
Merci Anatole
Je dis juste que l'histoire de la littérature et des arts en général regorgent de ce genre d'affaires, parfois tragiques, toujours douloureuses, mais inévitables, que c'est vieux comme le monde et que nous vivons des temps d'un moralisme prêchi-prêcha à hurler. Tu crois vraiment qu'on choisit librement qui on aime? Ou bien tu es encore très jeune, ou bien tu n'as pas connu l'amour. Ta meuf ne t'appartient pas.
gaucherforever Niveau : CFA2
Il n était pas question de mon jugement mais de la perception d un monde aux idées souvent courtes.. Renoir ou Truffaut laisseront de marbre des jeunes joueurs qui ne verrait qu un homme ayant trahi son frère...
UnChleuhQuiVousAime Niveau : District
Ma meuf ne m'appartient peut-être pas mais lorsqu'on se lie à une personne par le mariage, ou simplement par l'amour, un certain comportement est attendu vis à vis d'elle. Si tu finis par ressentir de l'attirance pour une autre personne et que tu veux jouir de cette attirance alors que tu es déjà lié avec quelqu'un d'autre, alors tu joues carte sur table et tu quitte numéro 1 pour numéro 2. Surtout que la tromperie est quelque chose qui blesse et qui est loin d'être innocent donc appeler ça "du moralisme prêchi-prêcha" et de défendre cet acte en disant que de nombreuses histoires commme celle-ci ont eu lieu dans l'histoire.
Vision très monogame tout ça... Très binaire, un ou deux, blanc ou noir, pas de nuance, même dans la passion... J'imagine que sorti de ta culture, tout est hérétique, hein ?! Seule ton éducation est valable ? ouvre-toi un peu, il y a un monde de l'autre coté du miroir. Rejoins-nous. Bises plein de tendresse.
UnChleuhQuiVousAime Niveau : District
@madyoyo Je sais pas si ta réponse m'est destinée mais bon.
Bien sûr que les choses ne sont pas toutes blanches ou tout noires. J'estime simplement que la tromperie est un geste et répréhensible sauf circonstances sorties de Je n'sais où. Je peux bien comprendre, qu'à côté d'une tromperie, une belle et magnifique histoire d'amour puisse naître mais moralement ça reste tout de même difficilement acceptable.
Si ma morale est différent de la tienne bah comportes toi comme si je n'avais rien dis.

Ps : On est ici pour, entre autre, débattre donc argumenter (plus que m'accuser d'avoir une vision binaire) ce serait sympa.

Câlins, bisous à toi et à toutes mes concubines.
Note : 1
@UnChleuh
Oui, oui, tout ça ce sont les grands principes, et on s'efforce tous de les respecter, jusqu'au jour où survient la réalité, injuste, immorale, cruelle.

Je veux juste dire que si jamais tu tombais amoureux de la femme de ton frère, tu aurais beau trouver ça dégueulasse (et ce serait pour toi et ton amour-propre un vrai crève-cœur), je ne suis pas certain que tes principes l'emporteraient. Et si toi tu l'es (certain), l'histoire de l'humanité nous hurle que tu te trompes et que ta certitude pourrait très bien voler en éclats devant la puissance de ce sentiment qui, même sur le plan neurobiologique, est le plus irrépressible d'entre tous : l'amour.
Alors venir sur un forum jeter sa petite pierre à un homme (en imaginant à tort qu'il n'a trahi son frère que pour un plan cul) parce qu'il n'a pas été capable de résister à un ouragan, oui, c'est un poil... prêchi-prêcha.
@UnTeuton : Oui ça t'étais destiné, désolé si tu t'es senti agressé, je reconnais mon message un peu tenseur, c'était voulu. Je pense qu'ainsi il a été saisi, quitte à ce que tu me traites d'inapte au débat, ce que je conteste.

La tromperie c'est mal, je suis d'accord. Comprends bien que si tu aimes librement plusieurs personnes, et de manière "officielle" entre ces personnes, il n'y a pas de tromperie. De nombreux foyers vivent en bigamie, polygamie et libre concubinage. Mais c'est interdit par la loi en France (restes de morale chrétienne), alors les Gilbert Bécaut, les Jacques Anquetil, les Anthony Cavanah l'ont tu, par peur de représailles, et je les comprends, tant les esprits sont fermés sur le sujet. Ça me rappelle un film bien sympa "Ordinary Decent Criminal" dans lequel Kevin Spacey (acteur à la sexualité débridée lui aussi) vit avec 2 femmes, ce qui crispe la communauté. Je te le conseille.

Pour en revenir à Giggs, le héros mancunien. Je ne sais pas ce qu'il vaut humainement. Mais je lis plus haut "Giggs est humainement une merde". Si c'est par rapport à cette histoire, rappelons simplement que nous ne sommes pas au coeur de leur triptyque, nous ne pouvons déterminer les tenants et les aboutissants, donc mieux vaut éviter de tirer des conclusions hâtives sur des bases de morale primaire.

Et la bise aussi à tes concubines, donc ! ^^
UnChleuhQuiVousAime Niveau : District
@n@tole Expliqué de cette manière je te comprend bien plus facilement. Ton commentaire donnait simplement l'impression de justifier la tromperie et de dire que "ce n'est pas grave". Formulé de cette manière je comprends parfaitement qu'une personne ne puisse pas résister à ses désirs et qu'il adviendra ce qui devait advenir. Les passions peuvent très facilement l'emporter sur l'absence raison. Et je ne parle pas des passions péjorativement qu'on se comprenne Haha

@madyoyo Haha voilà ton message m'étais bien destiné alors.
Bah écoute en lisant ton message je me demandais si tu ne te référais pas à la polygamie sous toutes formes. Maintenant que tu confirmes mes soupçons^^ on peut se calmer car on est alors d'accord. Je n'ai jamais compris le mépris que pouvait générer la polygamie, celle faite dans les règles de l'art donc dans le respect(se comporter de la même manière avec tout le monde) de tous/tes les conjoints/tes.
Si certaines personnes désirs vivre de cette manière, qu'est qui justifierai, à l'heure actuelle, qu'on leur interdise cela.

Pour Giggs bah à part cette histoire je ne sais rien d'autre de sa vie "privée" donc le juger sur un seul acte (même si celui-ci est répréhensible pour certaines personnes) est assez bête.
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Magnifique portrait, ça me donnerait presque envie de chialer. Sacré joueur, je me rappellerai toujours de ce coup franc roublard contre Lille en LDC.
Tévez Chien Méchant Niveau : DHR
Le coup franc face à Lille! Salaud!

Haha, des émotions c'est ça qu'on veut et on peut dire qu'il en aura donné ce soir là.
UnAlexandre Niveau : Loisir
Le match où Giggs m'a le plus sidéré, c'était contre la Roma.
Le mémorable 7-1.
Il avait joué meneur de jeu.
Soixante minutes.
Trois passes décisives.
Celle sur le but de Smith est sublime.
Alors que moi chaque fois que je pense à ce match j'ai un Michael Carrick qui apparaît en énorme
UnAlexandre Niveau : Loisir
Exact, monstrueux ce soir-là.

Bon, toute l'équipe a été stratosphérique pendant ce match.
2 réponses à ce commentaire.
Alain Proviste Niveau : Ligue 1
 //  16:39  //  Aficionado de l'Argentine
J'ai un immense respect pour Ryan Giggs, après n°1 je sais pas... Il mérite évidemment le top 5 sans aucune discussion, voire le podium, mais perso, je le classe un tout petit cran en-dessous du trio Charlton-Scholes-Best.

Ceci dit, j'ai conscience que tout ça est très subjectif et sur ce plan-là, je rapprocherais Man U du Milan. Selon moi, il y a un quatuor qui se détache dans les deux clubs (Charlton-Best-Scholes-Giggs et Baresi-Maldini-Rivera-Van Basten) et pour chacun des deux, les quatre joueurs peuvent être classés à peu près dans n'importe quel ordre (malgré ma préférence perso pour Charlton et Baresi).

Après, on pinaille mais le classement n'a pas une grande importance, l'essentiel reste de se remémorer leur carrière et partager nos souvenirs ou anecdotes...
Rivelino*stach Niveau : District
Son plus beau trophée? SA belle soeur! Hihi le coquin...
J'suis étonné de voir autant de gens tiquer sur le fait que Giggs soit devant Scholes
Jacques Vingtras Niveau : DHR
Bof, je l'ai toujours trouvé fade, sans aucun charisme. Quant à son but contre Arsenal, bof également, c'est un but qu'on doit donner à la formidable défense d'Arsenal.
J'y arriverais jamais avec ce championnat, que c'est faiblard tactiquement.
Article de ma part sur cette fameuse promotion 1992 dont Giggs fut le premier à percer.


Alex Ferguson est né sous une bonne étoile. Une étoile à cinq branches : Ryan Giggs, David Beckham, Paul Scholes, Gary Neville et Nicky Butt.
Pas mal, surtout quand on sort d'une victoire en Coupe des vainqueurs de coupe face au Barcelone de Cruyff (2-1).
Tous nés entre 1973 et 1975, ces joueurs ont fait leurs gammes
ensemble dans les équipes de jeunes. Une victoire (1992, sans Scholes) et une finale (1993, sans Giggs) en FA Youth Cup confirment l'idée que le talent est là et que Fergie peut voir l'avenir sereinement.

À l'été 1992, la Premier League voit le jour et les Mancuniens
deviennent les rapetous d'Angleterre : trois titres sur les quatre premières années (1993, 1994 et 1996), assortis de deux Cup (1994 et 1996).
Les hommes forts (Peter Schmeichel, Denis Irwin, Gary Pallister, Steve Bruce, Paul Ince, Éric Cantona, Brian McClair, Mark Hughes) répondent présents pendant que les jeunes ''bambins'' apprennent. Certains plus vite que d'autres, à l'image de Ryan Giggs qui squatte l'équipe première depuis ses débuts. Les autres s'intègrent au compte-goutte à partir de l'exercice 1994-95.
David Beckham en profite pour faire un rapide détour à Preston North End (troisième division), histoire de jouer plus, avant de revenir au bercail et d'y retrouver Phil Neville, le dernier de la clique et petit frère de.
1995-96 est l'année de l’émancipation : chacun s'affirme un peu plus au sein de l'effectif et Gary Neville est même titulaire à l'Euro malgré ses 21 ans.
La saison 1996-97 s'achève sur un nouveau titre de champion et par le départ à la retraite de Cantona. Le Français est la star médiatique de cette équipe, celui qui attire les regards grâce à son football et ses travers.
Fergie sait depuis toujours que le rayonnement de son club passe par une victoire sur la scène européenne. Problème, en Coupe d'Europe, Manchester ne grandit pas aussi vite et le King pèse clairement moins.

Avec lui, MU se fait sortir à la surprise générale par Galatasaray (3-3, 0-0) au second tour de LDC 1993-94 avec, de nouveau, des mauvais gestes de la part de Cantona et une bagarre dans le tunnel, suite à une agression d'un policier sur l'attaquant. Éric l'électrique affirme : « J'ai été frappé par le pouvoir. C'est ça, le football moderne. Ce match, et tout ce qui a suivi, est un des plus grands scandales que j'ai vu de ma vie. J'ai la certitude que des arbitres ont été achetés en Coupe d'Europe, et je me demande si M.Rothlisberger n'a pas été acheté lui aussi hier soir. Cela étant, il est normal qu'il m'ait expulsé puisque je lui ai dit qu'il avait été très mauvais. Nous aussi, on a été mauvais, mais Galatasaray, malgré sa qualification, est une petite équipe. Si les Monégasques devaient tomber contre elle, il faudrait qu'ils jouent leur jeu. L'élimination de Manchester ne change rien, mais la leçon de tout cela, c'est que nous sommes beaucoup mieux sur notre île ».
Avec un leader qui a cette vision, pas étonnant de voir MU terminer à la place du con en phase de poule 1994-95, derrière Barcelone et Göteborg, avec moult absents.
Sans Canto, c'est encore pire avec l'élimination à domicile face à
Volgograd au 1er tour de la Coupe UEFA 1995-96.
En 1997 les Red Devils atteignent les demi-finales de LDC face au
Borussia Dortmund. Deux défaites 1-0, avec de nouveau un Cantona
maladroit à l'aller et mauvais au retour à Old Trafford : « C’est là-bas que l’on perd la qualification. Ce soir on prend un but d’entrée et on a ensuite une bonne dizaine d’occasions. Même si on a perdu, personne ne peut dire que Dortmund était meilleur que nous. On a gagné partout sauf dans l’efficacité. Je devais jouer derrière les deux attaquants mais avec ce but encaissé rapidement, j’ai décidé de jouer plus en pointe, d’essayer d’écarter le jeu et d’utiliser les espaces. Pour les Anglais, l'arbitrage en Coupe d'Europe est vraiment difficile.
À peine touche-t-on le gardien que l'arbitre siffle ». Après les piètres excuses, place à la lucidité : « Maintenant, on va essayer d’être champion pour retourner en Champion’s League pour enfin la gagner. Ce soir, nous avions six ou sept joueurs de moins de 23 ans. Avec de tels jeunes, les dix prochaines années nous appartiennent ».
Canto a vu juste, même s'il ne fera pas partie de l'aventure.
Alex Ferguson met de l'ordre dans la maison et donne plus de
responsabilités aux ex-juniors.
Il s'appuie sur Gary Neville qui fait la pluie et le beau temps à droite.
Beckham devient un patron au milieu, accompagné de Paul Scholes et
soutenu à merveille par Roy Keane et Nicky Butt. Quant à Phil Neville, il joue là où on lui demande : défenseur ou milieu, il fait le boulot dans la plus grande décontraction.
Après un an d’adaptation sans le Frenchie, place à l'apothéose : un triplé Premier League-Coupe-LDC historique, obtenu dans la difficulté. La grande difficulté.
En avril, il faut un raid légendaire de Giggs pour battre Arsenal en prolongation (2-1) et aller en finale de la Cup (victoire 2-0 contre Newcastle).
Puis le titre de champion n'est validé qu'à l'ultime journée contre Tottenham (2-1), après avoir été mené au score.
En LDC, les Mancuniens font encore plus fort.
En demi-finale face à la Juve, Giggs égalise à la toute dernière minute au match aller (1-1). Puis mené à Turin au retour (2-0), les Red Devils réagissent en patrons et s'imposent (2-3) avec un tandem Dwight Yorke – Andy Cole des grands soirs.
La finale passe à la postérité avec une victoire en deux minutes face à un Bayern Munich dominateur.
Cette équipe de MU cuvée 1998-99 est clutch comme jamais.
Mal embarquée ou sous pression, elle arrive à se reprendre mieux que personne. Mentalement très solide, ce groupe jouit d'une immense réussite.
Mais la chance appartient à ceux qui la provoquent et les Mancuniens ont le mérite d'y croire jusqu'au bout. Ferguson et ses boys sont sur le toit de l'Europe, après une petite décennie de voyage ensemble.
Après un tel triplé, les Red Devils maintiennent leur domination en Angleterre en remportant deux nouveaux titres de champion (2000 et 2001).
En Coupe d'Europe, aucune bavure mais des leçons prises en quarts
de finale face au Real Madrid (2000) et au Bayern Munich (2001).
2002 est une année noire, avec l'éclosion définitive des Gunners
d'Arsène Wenger et la défaite en demi-finale de LDC face au Bayer
Leverkusen.
United a beau remporter un nouveau titre de champion en 2002-03,
Ferguson a compris qu'une fin de cycle est entamée et qu'il fallait renouveler quelque peu l'effectif. Comme un symbole, le départ de Beckham pour le Real Madrid marque un tournant.
Si le trio Giggs-Scholes-Neville reste, Nicky Butt puis Phil Neville quittent Manchester pour laisser la transition s'effectuer naturellement.
Celle-ci s'incarne dans un certain Cristiano Ronaldo : oui, Sir Alex Ferguson est vraiment né sous une bonne étoile.
Merci pour tes pavés Frantz ! Un vrai plaisir de t'avoir lu sur ce top (en plus des habituels Fred Astaire, Zizou, Alain Proviste, ...)

De rien.
Pour celui du Milan, j'en balancerai d'autres.
Ce commentaire a été modifié.
Fred Astaire Niveau : Ligue 2
Franz,
Tu es un professionnel de l'écriture ou juste un "amateur" (au sens premier: qui aime) ?
Amateur. Et surtout passionné, où je collectionne les vieux Équipe/France Foot et je ressors les déclarations d'époque (ce qui est pour moi un vrai plus, car vraiment dans le contexte de l'époque).

J'ai fait un bouquin sur le foot (d'où sont issus ces pavés), là j'en fais un le basket.
Fred Astaire Niveau : Ligue 2
J'avais des vieux "France-Football", et des vieux "Le miroir du football", mais je n'ai rien gardé: que de regrets !
J'en ai jeté aussi, et je m'en mords les doigts
Mais belle collection mine de rien
Veni Vidic Vici Niveau : CFA2
Merci! Merci! Merci!
7 réponses à ce commentaire.
Veni Vidic Vici Niveau : CFA2
Ce bon vieux Giggsy premier, aucun scandale.

Absolument pas un joueur moyen comme j'ai pu lire plus haut. On entend de plus en plus ça: que le mec a toujours été là sans jamais atteindre les sommets des autres. Là je m'offusque, je m'indigne, j'accuse!

Un joueur anti-bling bling, c'est son gros défaut (un peu comme un rouquin sous-côté), vilain comme s'est pas permis, taillé comme une arbalète, ne donnant AUCUNE interview (un ancien joueur avait balancé que Fergie lui avait interdit de parler à la presse) qui a refusé de jouer pour l'Angleterre pour la sélection la plus pourrie du R-U. A-t-elle point que sur le tard, le monde du foot découvre avec horreur que c'est certainement un gros con comme les autres...

En attendant, quelle putain de carrière! Un des plus gros palmarès du foot. Et toujours titulaire depuis le début jusqu'à la fin. Des débuts tonitruants où il devient vite une des attractions principales et après une constance dans la performance de haut niveau assez inhumaine. Un touché de balle soyeux et dans les deux premiers tiers de sa carrière une vitesse énorme. Et puis au fur et à mesure des années, le développement d'une intelligence de jeu au dessus du lot. Fergie le transforme en couteau-suisse, parce que ça doit être le premier nom qu'il met sur la feuille de matchs pendant 20 ans. On l'a même vu jouer arrière-gauche.
Un mental en béton-armé et je l'ai vu tellement de fois montrer l'exemple, continuer à se dépouiller en fin de match pour tirer tout le monde vers le haut alors qu'à la fin, ça devait tellement piquer.
Et comme Scholes, une vision de jeu énorme, surtout pour un ailier, c'est ce qui lui a permis de jouer au milieu quand sa vitesse a baissé avec le brio qu'on a vu.
Surtout, pour ceux qui l'ont peu vu jouer, je vous en conjure, ne le sous-estimez pas. C'est pas du tout Gary Neville: à la base, c'est vraiment un diamant brut, qu'un des plus grands entraîneurs de son temps a taillé avec brio pendant 20 ans, pour en faire un joueur hors-norme, tout en sobriété, sacrifice et justesse technique et tactique.
Un très très grand joueur.

Après chacun ses goûts évidemment. Je hais Pippo Inzaghi de tout mon être, mais ça me viendrait jamais à l'esprit de remettre en cause son talent.