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LES 50 JOUEURS QUI ONT ÉCRIT L’HISTOIRE DE LIVERPOOL

Du recordman parfait au beautiful loser, Liverpool a surtout flashé sur ses joueurs quand ceux-ci montraient un profond respect pour le Liver bird. Place aux légendes d'Anfield.

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#7: Ray Clemence

Avant de galérer avec Paul Robinson, Scott Carson, Robert Green ou Joe Hart, l’équipe nationale d’Angleterre avait le choix entre Peter Shilton et Ray Clemence pour garder ses cages. Un luxe pour lequel Alf Ramsey, Joe Mercer et Don Revie, managers successifs des Three Lions dans les années 1970, n’ont jamais réussi à trancher, tant les deux gardiens se valaient. C’est finalement Ron Greenwood qui choisit Shilton en prévision de la Coupe du monde 1982. Mais à cette époque, la rivalité entre les deux goalies anglais dépassait l’équipe nationale. À la fin des années 1970, l’Europe se plie devant la puissance footballistique de Sa Majesté et la rivalité de deux clubs et de leurs deux gardiens : le Liverpool de Clemence et le Nottingham Forest de Shilton. La C1 revient aux premiers cités en 1977 et 1978 avant d’être remportée les deux années suivantes par la bande de Bryan Clough.

Des succès qui ne sont pas étrangers à la qualité de ceux qui se trouvent entre les perches. Si Shilton est surtout un gardien à l’ancienne, fort sur sa ligne, un shoot tropper comme on dit outre-Manche, Clemence incarne le nouveau profil de la profession. À la fois bon sur sa ligne et excellent dans les airs, il quitte souvent sa cage pour jouer haut et devient l’un des premiers gardiens-libéros de l’histoire. Repéré par Bill Shankly himself, il passe deux ans dans la réserve de Liverpool avant de devenir le meilleur gardien de l’histoire du club, n’en déplaise à Elisha Scott et Bruce Grobbelaar. « Je n’ai vu qu’un seul joueur se faire féliciter par Joe Fagan (entraîneur emblématique des Reds, qui a remporté la C1 en 1984, ndlr) et c’était Ray Clemence après un nul contre Manchester United avec la réserve, relate son ancien équipier Brian Hall. Il avait tout arrêté. » Doté d’un sens de la concentration remarquable, Clemence a pratiquement gardé sa cage inviolée un match sur deux lors de son époque en rouge (314 clean sheets en 665 apparitions). Une époque qui s’est terminée sur une finale de C1 remportée contre le Real Madrid en 1981. Quand on vous dit que Clem savait assurer ses sorties.

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#6: Kevin Keegan

« Un vol avec violence. » Selon ses aveux, voilà ce qu’a commis Bill Shankly lorsqu'il arrache, sur les conseils de Geoff Twentyman, le jeune Kevin Keegan au petit club de Scunthorpe United en 1971. Dérobé pour préparer l’après Ian Callaghan, le double-K(arat) va finalement recevoir un coup de polish du mythique coach des Reds, qui va le placer en vitrine sur le front de l’attaque aux côtés de John Toshack. Gueule d’ange, dégaine de rocker, pieds de velours et caractère peu farouche, le numéro 7 des Reds ne met que douze minutes pour ouvrir son compteur et prouver la valeur du larcin. Avec son bijou, Liverpool va pouvoir parader fièrement dans tout le Royaume et le continent. En 1973, c’est son nouveau chouchou qui fait chavirer Anfield, grâce à un doublé en finale aller de C3 face à Mönchengladbach, les Scousers décrochant là leur première couronne européenne. « The Mighty Mouse » va sublimer par sa technique et son enthousiasme un groupe qui va tout renverser durant les seventies. Une Ligue des champions, deux Coupes de l’UEFA, trois couronnes nationales, deux Community Shield et une FA Cup : Liverpool sous Keegan, c’est le casse du siècle. Ocean’s Seven.


La saison 1974 se termine avec une FA Cup, Keegan y allant de son doublé en finale. Ce sera son humble contribution à la dernière bataille de Bill Shankly, avant qu’il ne laisse sa place à son adjoint Bob Paisley, après quinze années de service. Son départ va affecter le petit Kevin, qui déclarera que sans Bill, « c'est comme si la moitié du club s'en allait. Personne ne pouvait le remplacer. » Le gamin du Yorkshire continuera sa marche en avant, mettant toute l’île à ses pieds, mais annonce en plein milieu de l’hiver 76 qu’il pliera bagage à la fin de la saison, voulant se lancer à la conquête du continent. Alors oui, il laissera des Scousers sur le toit de l’Europe, avec un nouveau succès face à Gladbach cette fois en C1 (3-1), mais en rejoignant Hambourg au mercato, la superstar des Reds brisera le cœur d’Anfield. Un Kop que le futur double Ballon d’or 1978 et 1979 gardera à jamais en mémoire : « Quand ils commençaient à chanter "You’ll Never Walk Alone" mes yeux devenaient humides. Ça m’est déjà arrivé de jouer en pleurant. » Après 100 buts en 323 parties et des tonnes d’émotion, l’intense romance entre Keegan le Rouge et Liverpool en était finie. Ce diamant leur allait si bien.


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#5: Phil Neal

Dans le jardin d’Eden sportif qu’est le LFC, durant près de deux décennies du siècle dernier, Phil Neal, arrière droit, se plantait là, en titulaire indiscutable, entouré de génies intemporels tels que Dalglish ou Heighway, pour ne citer qu’eux. Sorte de chrysanthème au milieu d’orchidées, nénuphars ou fleurs de lys, Phil Neal n’était pas le joueur le plus frisson ni le plus beau, mais l’Anglais a su résister au temps sans jamais perdre ses pétales, malgré vents et marées. Un homme dont on ne remarquait pas nécessairement la présence, mais dont on regrettait l’absence. Acheté pour quelque 66 000 livres par Bob Paisley en 1974, Neal s’installa durablement à droite de la charnière Hughes-Thompson l’année suivante. Le Zico liverpuldien – surnom donné par ses coéquipiers pour sa propension à ne marquer que des buts importants – n’en bougera plus. Encore aujourd’hui, il demeure le footballeur le plus décoré du club fondé en 1892. On parle là de 8 championnats, 4 Coupes des clubs champions, 1 Coupe de l’UEFA suivie de sa Super Coupe, 4 Coupes de la Ligue et 5 Charity Shield. Un monstre, tout simplement, d’autant plus lorsque l’on réalise que le bonhomme a disputé 417 rencontres officielles consécutivement sous la tunique rouge. Avec comme point d’orgue la finale européenne de 1984, face à l’AS Roma, où Neal marqua dans le temps réglementaire, puis convertit son tir au but.


Personnalité humble et réservée, Neal n’avait cure des unes de magazines. Lui, ce qu’il voulait, c’était ressentir le peuple dans une relation d’amour partagé. « Après notre victoire de 1984, on logeait à l’Holiday Inn à Rome et tout le monde avait ramené ses potes, se remémore le défenseur anglais. Il y avait près de 4 000 fans. Ce fut probablement la plus grosse facture que le club ait dû payer pour célébrer une victoire. Les fans ont tout bouffé et descendu toutes les bières, mais ces gars méritaient d’être là autant que les joueurs. C’est un souvenir fantastique, tout le monde se soûlait ensemble. Le jour suivant, les gens disaient que Tommy Smith avait embrassé Kevin Keegan sur les yeux parce qu’il portait des lunettes noires. Mais en réalité, c’était moi qui l’avais fait ! » Un sacré filou, ce Neal, qui, même pour de curieux et éméchés calembours, n’était pas reconnu à sa juste valeur.

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#4: Graeme Souness

C’est une volée du gauche qui vient froisser les ficelles de Man United. Nous sommes le 25 février 1978 et Graeme Souness, tout juste transféré de Middlesbrough, vient de marquer son premier but pour Liverpool - bientôt élu goal of the season par les fans des Reds. Jusque-là, le public d’Anfield connaissait surtout la moustache de « Souey » à travers sa passe d’armes mémorable avec Jimmy Case quatre années plus tôt : après un duel accroché, le joueur de ‘Boro montre son poing tel un enragé et balance son vis-à-vis à terre. Non, Graeme Souness n'est pas un tendre. Sa propension à envoyer des coups de latte et des tacles de boucher lui colle une réputation de voyou pour ses détracteurs, joueur de devoir par excellence pour ses fans. Mais Souness est avant tout un milieu de terrain polyvalent, capable d’aller au charbon aussi bien que de marquer et de délivrer la bonne passe pour Kenny Dalglish ou Ian Rush.

La campagne européenne de 1984 illustre à merveille les deux facettes – brillante et dark – de l’Écossais. En demi-finale aller, Liverpool se déplace sur la pelouse du Dinamo Bucarest, le capitaine roumain Lică Movilă se charge du cas Souness... Résultat : il repartira avec la mâchoire cassée par Souness (dans un duel qui a échappé au champ des caméras, mais qui montre le Roumain dans un sale état). Au retour, Souness subit tacles assassins et intimidations, mais réalise encore un match de patron. La finale de Rome termine six années glorieuses – bercées par l’argent, le champagne et les belles nanas – en apothéose : le capitaine soulève la Coupe des clubs champions, avant d’aller chercher un gros contrat à la Sampdoria. Son retour à Liverpool au début des années 90, en tant que manager, à la succession de Dalglish, sera un échec. Qu'importe, Souness reste le plus beau des salopards.

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