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Le tuto de Captain Gerrard

Se forger une stature de légende dans une institution du football comme Liverpool n’est pas donné à tout le monde. Steven Gerrard connaît lui la marche à suivre pour être à jamais capitaine dans le cœur des Reds. Alors, suis le guide et deviens toi aussi un bon capitaine en 25 ans seulement.

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Étape 1 : Trouver sa famille (1980-1998)


Quand vient le moment de trouver un nouveau chef de file, il n’y a rien de plus crispant que de voir un sombre inconnu être parachuté de nulle part ou que le poste tombe tout cuit dans l’assiette d’un apparatchik incompétent. Alors certes, « on ne choisit pas les trottoirs de Paris ou d’Alger pour apprendre à marcher » . Mais la meilleure option pour devenir le capitaine des Reds est d’être un enfant de la Merseyside, né à Whiston à 10 bornes de Liverpool. Comme Jack Balmer, Tommy Smith ou Phil Thompson dans le passé, c’est bien pratique pour se mettre le Kop dans la poche. Personne ne pourra oublier que tu as débarqué à 9 ans à Melwood, que tu avais les yeux qui pétillaient quand tu venais dans les tribunes d’Anfield ou que tu as signé ton premier contrat pro à 17 ans pour réaliser enfin ton rêve de gosse. Ton club, c’est ta famille avec qui tu partages tout, des joies jusqu’aux deuils, comme après la perte d’un cousin dans la tragédie de Hillsborough. La fraternité ne s’improvise pas, elle se forge. Même si cela participe à un storytelling, cela confère une légitimité que l’on ne pourra jamais remettre en cause. « Coupez mes veines, il coulera du sang rouge Liverpool, j'aime Liverpool avec une passion brûlante » , dira-t-on.



Étape 2 : Se rendre indispensable (1998-2003)


Les origines ne font pas tout : il faut maintenant prouver ce que tu vaux. La principale difficulté est de passer un cap aux yeux du coach de l’équipe première. Gérard Houllier a beau te trouver « maigre comme un clou » , il ne peut nier que tu correspondes à sa définition du Red idéal, « jouant comme un lion, donnant toute sa personne et déterminé à devenir un joueur de Liverpool » . Dans ces premières années, il ne faut pas rechigner à mordre des mollets en bon milieu défensif que tu es, à montrer que tu es un gars sur qui on peut compter. Une fois cela acquis, c’est le moment de dépasser ses fonctions, comme aller claquer un premier but en pro après avoir transpercé toute la défense de Sheffield Wednesday. Oui, tu peux être autre chose que ce bon petit soldat, bien qu’essentiel dans la conquête de cinq trophées en 2001 (League Cup-FA Cup-UEFA League-Supercoupe d'Europe-Community Shield). Tu peux aussi être celui qui mène les troupes au combat. Un pied soyeux, de la constance, un comportement irréprochable, de l’engagement et des foules qui vibrent sur tes exploits : ça y est, tu es prêt à enfiler ce petit bout de tissu autour du biceps.

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Étape 3 : Frapper un grand coup (2004-2005)


Ce n’est pas tout d’être le premier à entrer sur la pelouse, de pousser des gueulantes dans le vestiaire et de se faire l’avocat d’un coéquipier indiscipliné auprès de l’arbitre. Il faut aussi savoir provoquer le destin de ton équipe. Par exemple : sur un retour de blessure, c’est toujours bien vu de resurgir pour offrir la qualification grâce à un pétard fait maison, comme face à l’Olympiakos pour rejoindre les huitièmes de Ligue des champions. C’est là que tu t’affirmes comme le patron. Il faut maintenant faire prospérer la boîte et c’est sur le prestigieux marché européen qu’il y a le meilleur coup à jouer. Qui d’autre que toi pouvait sonner la révolte, quand ton équipe était menée 3-0 par le Milan à la mi-temps de la finale ? Pour sortir tel un génie de sa lampe, déclencher le miracle d’Istanbul ? Personne. 21 ans après le dernier succès du club, tu peux enfin soulever la coupe aux grandes oreilles. Tu auras beau te demander « comment pouvoir penser à quitter Liverpool après une nuit comme celle-là ? » , tu sais très bien que tu es déjà entré dans la légende.


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Étape 4 : Se relever des coups durs (2006-2014)


Les lendemains de sacre, c’est bien sympa. Mais tout postulant au rôle de capitaine doit savoir qu’il sera jugé surtout dans les moments de fragilité : défaites douloureuses, comme cette finale de C1 2007, dérapages extrasportifs comme cette bagarre en boîte de nuit, pépins physiques... Mais certains échecs peuvent coûter très cher. Alors que sa saison 2013-2014 était tout simplement énorme, tout a basculé sur une glissade. Oui, cette glissade qui a laissé filer Demba Ba vers le but en même temps qu'un titre de champion qu'il touchait enfin du bout des doigts. Cruel. « Il n'y a pas un jour qui passe sans que je ne me demande ce qui serait arrivé s'il n'y avait pas eu cette glissade » , confiait Stevie au Guardian. « Après le match, je me suis assis à l'arrière de ma voiture et j'ai senti les larmes couler sur mon visage. Je n'avais pas pleuré depuis des années, mais ce jour-là, je ne pouvais pas m'arrêter. Ça m'a tué. Je me suis senti engourdi, comme si j'avais perdu quelqu'un dans ma famille. » Mais il faut savoir que les fans ne t’en tiendront pas longtemps rigueur. L’amour d’un capitaine s’exprime surtout quand tout un peuple te pardonne, lorsqu'il te rend une infime partie de ce tout que tu auras apporté. Et tu l’auras alors bien mérité.



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Étape 5 : Réussir sa sortie (2015-?)


25 ans au club, 207 buts en 824 matchs, un numéro 8 déjà laissé à la postérité, des tonnes de souvenirs, de gestes, de paroles. Avec tout ça, n’importe qui pourrait partir du club avec le sentiment du devoir accompli. Pourtant le brassard peut être lourd à porter au moment de raccrocher. Comment cette annonce va être prise ? Dans quel état sera le club après ton départ ? Partir, oui, mais pour quoi faire ? Dans ce domaine, la méthode Gerrard a fait ses preuves. Une pige à Los Angeles en guise de préretraite, pour voir autre chose sans pour autant donner l’impression de trahir son public en signant chez un concurrent. Un capitanat confié à Jordan Henderson, capable de tenir la boutique sans pour autant faire oublier trop rapidement son glorieux prédécesseur. Et une aura conservée à Liverpool comme partout dans le monde du football, qui fait penser que l’histoire n’est peut-être pas achevée. « Quand je serai mort, ne m’amenez pas l’hôpital, mais à Anfield. Je suis né ici, et j’y mourrai. »



Par Mathieu Rollinger
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