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Beppe Signori : « Moi, je serais resté à vie à la Lazio »

Trois fois meilleur buteur de Serie A avec le maillot biancoceleste, Giuseppe Signori se classe troisième du classement des joueurs ayant écrit l'histoire de la Lazio. Aujourd'hui gérant du restaurant Al Campione, à Bologne, « Beppegol » a pris le temps de décrocher son téléphone pour parler de son amour éternel pour la Lazio. Interview.

Modififié

#3: Giuseppe Signori

Tu arrives à Rome en 1992, sur volonté du président Cragnotti, qui vient de racheter le club. Comment as-tu été accueilli à Rome ?
Disons que les tifosi étaient dubitatifs. J'arrivais d'un petit club, Foggia, et même si là-bas, nous avions fait de belles choses, ce n'était pas un club du standing de la Lazio. Donc là, je débarque à Rome, j'ai 24 ans, et je viens surtout remplacer un champion qui était Ruben Sosa. Il était là depuis quatre ans, il avait marqué plus de 40 buts, donc c'était un sacré challenge.

Tu te souviens de la transaction ?
Oui, c'était une transaction très simple, cela s'était passé assez vite. Quand j'ai su que la Lazio avait fait une offre, j'ai pris tout de suite ma décision. C'était pour moi une très bonne possibilité de passer un cap dans ma carrière. J'avais commencé en C2, puis je suis monté en C1, en Serie B, et je venais de découvrir la Serie A avec Foggia. C'était une suite logique, un pas important.

Premier match avec la Lazio. Doublé sur la pelouse de la Sampdoria...
« Un doublé pour mon premier match, cela m'a permis de tout de suite me mettre en confiance, de me mettre dans les meilleures dispositions pour la suite. »
Oui, c'est un excellent souvenir pour deux raisons. D'abord parce que ce doublé m'a permis de débuter mon aventure laziale du bon pied. Cela m'a permis de tout de suite me mettre en confiance, de me mettre dans les meilleures dispositions pour la suite. Et ensuite, j'ai marqué à la 19e minute du match. Du coup, comme le premier but du match était un but contre son camp, j'étais officiellement le premier buteur de la Serie A 1992-1993, et j'ai donc gagné une caisse de bouteilles de vin offerte par la Fédération. Un double bon souvenir.

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La première saison à Rome va se terminer avec une qualification en Coupe UEFA et un bilan personnel de 26 buts. Quels souvenirs gardes-tu de cette première année ?
Que des bons souvenirs. Nous finissons cinquièmes de Serie A, soit le meilleur classement du club depuis 1977. L'équipe jouait bien, il y a eu de belles victoires de prestige notamment contre l'Inter, Parme ou la Fiorentina. Pourtant, si je ne devais garder qu'une image, ce serait un penalty à la 90e minute contre Pescara, à six journées de la fin. Un match fermé, et une victoire inespérée à la fin, qui nous ouvre les portes de la Coupe UEFA. Une qualification en Coupe d'Europe que le club attendait depuis 16 ans.

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Justement, cette découverte de l'Europe, comment l'as-tu vécue ?
C'était magnifique, ce sont de très grands souvenirs. À l'époque, la Coupe UEFA comptait. Vraiment. C'étaient de vrais rendez-vous. C'était une Lazio en pleine croissance, et c'est la première fois que l'Europe découvrait vraiment cette équipe qui avait quitté le devant de la scène depuis près de quinze ans. Avec ceux qui étaient arrivés en même temps que moi, Cravero, Winter, Gascoigne, nous étions heureux de représenter le visage de cette nouvelle Lazio en Europe. Nous savions que nous étions sur la bonne voie.

En tout, tu vas marquer 127 buts avec la Lazio, dont 107 en Serie A. Si tu ne devais en garder qu'un ?
Je dirais le but contre l'Inter, lors de cette même saison 1992-1993. Nous menons 2-1, il reste un peu moins de dix minutes. Je pars quasiment du milieu de terrain, je dribble les défenseurs et je termine par une frappe du gauche. Il faut voir surtout qui je dribble : Beppe Bergomi et Nicola Berti ! Ce ne sont pas les deux derniers venus, hein.

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À Rome, tu as connu trois entraîneurs. Dino Zoff, Zdeněk Zeman et Sven-Göran Eriksson. Avec qui t'es-tu senti le mieux ?
« Zeman m'a véritablement appris à marquer des buts. Pas à faire des passes, à faire des remises... Non non, à marquer, marquer, marquer. Je suis devenu bomber grâce à lui. »
C'est difficile à dire, car ce sont trois styles totalement différents. Zeman, c'était un retour, car il avait déjà été mon coach à Foggia. C'est lui qui m'a véritablement appris à marquer des buts. Pas à faire des passes, à faire des remises... Non non, à marquer, marquer, marquer. Je suis devenu bomber grâce à lui. Zoff, en revanche, est une personne beaucoup plus humaine. Il a énormément joué au football, donc il connaît le football. D'un point de vue humain, il m'a donné des conseils très importants, dans ma façon d'être et de me gérer. Et même sur le terrain, il m'a laissé une grande liberté d'action. Bon, avec Eriksson, disons que je ne peux pas juger, car notre relation n'a jamais commencé.


Que s'est-il passé avec lui ?
Je considère qu'il ne s'est pas bien comporté. Ça a tout de suite mal commencé. Il est arrivé à l'été 1997, et il m'a tout de suite mis de côté. Chacun fait ses choix. Il est entraîneur, c'est normal qu'il fasse des choix. Mais il aurait pu le faire avec un peu plus de style, un peu plus de respect. Je pense avoir apporté beaucoup à la Lazio en cinq saisons, je ne dis pas que j'étais intouchable, mais j'aurais pu être géré d'une autre manière.

Du coup, plutôt que de rester sur la touche, tu as préféré partir.
Quand un entraîneur te fait comprendre qu'il ne compte pas sur toi, à quoi bon ? Donc oui, je suis parti. Cela a été une immense désillusion. Je me suis senti séparé de ma famille, on m'a enlevé ma deuxième peau. Moi, je serais resté à vie à la Lazio.

Quelques mois après ton départ, la Lazio a gagné la Coupe d'Italie, son premier trophée depuis le Scudetto de 1974.
Oui, et j'ai terminé meilleur buteur de la compétition puisque avant de partir, j'avais marqué quatre buts en seizièmes de finale contre Fidelis Andria, et deux contre Naples en huitièmes de finale aller. Mes deux derniers buts avec la Lazio. Ces six buts ont suffi pour terminer meilleur buteur du tournoi. Donc je n'ai pas soulevé le trophée, mais quelque part, celui-là, je le compte à moitié dans mon palmarès.

Les années suivantes, la Lazio a tout gagné, avec comme point culminant le Scudetto en 2000. Comment l'as-tu vécu ?
« Dans ma carrière, j'ai gagné des titres de meilleur buteur, mais je n'ai pas gagné de trophée majeur. Donc forcément, en voyant ça, il y avait la déception de se dire : "Tout ça, nous aurions pu le gagner ensemble." »
Je l'ai vécu avec un sentiment partagé. Il y avait d'une part, évidemment, la joie de voir la Lazio triompher. Parmi cette équipe, il y avait des joueurs comme Negro, Favalli, Nesta, Gottardi, Marchegiani, des gars avec qui j'avais partagé des grands moments. J'étais heureux pour eux, et également heureux d'avoir fait partie d'une grande équipe, d'avoir été au lancement d'un projet qui aboutissait enfin. De l'autre, il y avait la tristesse de ne pas avoir pu en être. Dans ma carrière, j'ai gagné des titres de meilleur buteur, mais je n'ai pas gagné de trophée majeur (il a remporté la Serie C1 avec Piacenza, la Serie B avec Foggia, et la Coupe Intertoto avec Bologne, ndlr). Donc forcément, en voyant ça, il y avait la déception de me dire : « Tout ça, nous aurions pu le gagner ensemble. »

Justement, qu'est-ce qui a manqué à ta Lazio pour gagner quelque chose ?
Il nous a manqué un peu d'expérience. C'était une Serie A très compétitive. Un coup, tu avais l'AC Milan de Capello devant, ensuite tu avais la Juventus de Lippi. L'année où nous finissons deuxièmes de Serie A (1994-1995, ndlr), la Juve termine première avec dix points d'avance, et pourtant nous les avons battus 3-0 chez eux. L'année d'après, nous faisons troisièmes, à quatorze points du Milan. C'était difficile de rivaliser sur le long terme avec ces deux-là.


Une chose a marqué ton passage à Rome, c'est la relation que tu avais les tifosi. Raconte-nous.
Oui, c'était une relation spéciale. On s'est tout de suite aimés. C'est un amour au premier regard. Ils se sont reconnus en moi. Je n'étais pas prétentieux, mais j'étais ambitieux, et pour eux j'étais comme un symbole. Je n'oublierai jamais le jour où ils m'ont couronné sous la Curva Nord, comme pour dire que j'étais leur roi. Ça, c'est une image que je garderai en moi, toujours. Cela dépasse les simples limites du sport.


À l'été 1995, la presse raconte que Cragnotti a débuté une transaction avec Parme pour te vendre. Les tifosi vont alors descendre dans la rue pour protester, et vont même se poster en bas de chez Cragnotti pour crier : « On ne touche pas à Beppe. » Ça devait être dingue ?
En réalité, j'ai suivi cette histoire de loin, car à ce moment-là, nous étions en tournée estivale au Brésil avec la Lazio. De mon côté, il n'a jamais été question d'aller à Parme. J'avais exprimé au président mon désir de rester, car je savais que j'étais au bon endroit pour écrire l'avenir. Cragnotti avait une volonté d'investir, de faire grandir le projet, et je voulais faire partie de ça. Donc j'ai assisté de loin à cette manifestation d'amour. Cela prouvait que les tifosi et moi, nous étions sur la même longueur d'onde, nous allions dans la même direction.


En 2011, quand tu as été inculpé dans l'affaire du Calcioscommesse, le soutien des tifosi laziali a été infaillible. À tel point que, dans les semaines qui ont suivi, dans les gradins du stadio Olimpico, on chantait en ton honneur.
Oui. (Il reste silencieux quelques secondes.) Tu vois, c'est ce que je te disais tout à l'heure, ça dépasse les limites du sport.
« Alors que je vivais des moments extrêmement difficiles, je recevais des vidéos des tifosi laziali en train de chanter le chant en mon honneur. Cela m'a profondément touché. »
Des gens que je connaissais, d'autres que je ne connaissais pas, tous m'ont soutenu. Alors que je vivais des moments extrêmement difficiles, je recevais des vidéos des tifosi laziali en train de chanter le chant en mon honneur ( « E segna sempre lui, e segna sempre lui, si chiama Beppe Signori, si chiama Beppe Signori » - c'est toujours lui qui marque, il s'appelle Beppe Signori, ndlr). Cela m'a profondément touché. Le peuple laziale n'avait pas oublié son ancien capitaine. Et c'est peut-être ça la plus belle satisfaction.

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Ils n'ont également pas oublié tes buts dans les derbys.
Oui, j'en ai marqué trois. Toujours une sensation particulière. Tu savais que tu ne marquais pas un but comme les autres. Surtout, tu savais que, quand tu gagnais un derby, tu arrivais au derby suivant avec un vrai avantage psychologique.


Ton plus beau souvenir de derby ?
J'en ai deux. D'abord le but sous les fumigènes. Le match venait de commencer, il y avait eu beaucoup de fumigènes et du coup, un brouillard avait envahi la pelouse. Je marque un but en reprise de volée du pied droit, qui sera le seul but du match. Sauf que, à cause du brouillard, à la télé, on n'a quasiment pas vu ce but, mais moi je l'ai vu (rires).

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Et le deuxième, c'est ce penalty à cinq minutes de la fin, pour une faute de main de Lanna. Il y a 0-0, je sais que si je marque, c'est gagné. Je regarde le gardien, je tire à gauche, il plonge à droite, on gagne 1-0. C'était fantastique.

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« Ce n'est pas à moi de dire si j'ai marqué l'histoire de la Lazio. C'est à ceux qui ont eu la possibilité de me voir avec ce maillot. »
Tu penses avoir marqué l'histoire de la Lazio ?
Ah, ça... (Rires.) Ce n'est pas à moi de le dire. Ceux qui doivent le dire, ce sont ceux qui ont eu la possibilité de me voir avec ce maillot bleu ciel. Ceux qui ont sauté de joie à chacun de mes buts. Ceux qui me portent dans leur cœur encore aujourd'hui.

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Alain Proviste Niveau : Ligue 1
 //  08:28  //  Aficionado de l'Argentine
Note : 1
Quand je pense à Signori, l'une des premières images qui me vient en tête, c'est sa façon quasi unique de tirer les penaltys, à l'arrêt, sans course d'élan... Et ça faisait mouche presque à chaque fois !

L'un des grands attaquants italiens des 90's mais dont la carrière en sélection me laissera toujours un léger goût d'inachevé. J'ai bien sûr du respect pour ce qu'a accompli Sacchi avec le Milan, en revanche je n'ai jamais trop compris son utilisation de Signori au Mondial 94, alors que celui-ci était alors au top de sa carrière.

En tout cas, Signori pourrait quasiment figurer sur le podium des tops de trois clubs italiens : Foggia, Lazio et Bologne (quoique pour Bologne, il y aurait de la concurrence avec les grands anciens des équipes des années 20, 30 et 60, que je connais mal).
Totti Chianti Niveau : Ligue 2
Quoi, tu n'aimes pas Signori arrière latéral?
Sérieusement, il a été utilisé arrière droit ? Ça expliquerait que sa carrière internationale ait été bien moins importante que celle en club. D'ailleurs, il a disputé une autre compétition que la coupe du monde 94 ?
Note : 2
Même génération, même constat.
Même aujourd'hui, j'essaie toujours de tirer les pénos sans élan et pleine lucarne, comme Beppe (et du gauche). Le tireur de pénos le plus classe de l'histoire à mon goût.

Mais j'ai préféré sa période Bologne. Le mec venait quand même pour remplacer Baggio et il l'a fait de bien belle manière. Puis elle avait de la gueule cette équipe Antonioli dans les bois, Paramati, Fontolan, Ingesson (qui est devenu l'ombre de lui-même ensuite à l'OM..).
Signori, un de mes joueurs italiens préféré !
Ce commentaire a été modifié.
Alain Proviste Niveau : Ligue 1
 //  14:03  //  Aficionado de l'Argentine
Note : 1
Et ce duo offensif si complémentaire entre Beppe Signori et Kennet Andersson, qui se trouvaient les yeux fermés : la finesse transalpine associée à la puissance scandinave !
4 réponses à ce commentaire.
Ce commentaire a été modifié 2 fois.
Signori, un joueur que j'ai toujours beaucoup aimé, véloce, bon dribbleur, tres vif, un superbe bomber. Je lui trouve un jeu assez similaire avec El Piojo Lopez chez les laziales, même gabarit, même style de dribbles courts et destabilisants, superbes pieds gauche. Signori étant quand même un meilleur finisseur.
Tout a fait d'accord avec toi, Signori avait cette position particulière (aussi) pour frapper les coups francs, peu d'élan, parallèle a la ligne de but. Je ne peux pas dire avec certitude sa precision, mais je me rappelle qu'il en a marque quelques uns (avec une belle frappe de mule).

Son utilisation en WC 94 était aussi étrange pour moi, car selon moi il était vraiment bon (mais moins techniquement) que Baggio. Je parle que de souvenirs d'enfance (ou la notion tactique ne veut rien dire) mais j'espérais secrètement que Sacchi fasse jouer Baggio et Signori en meme temps (a la place de Massaro?). Nostalgie...

Cette équipe d'Italie en 94... selon moi la plus belle épopée qui m'ait été donnée de voir (de 1998 a 2006 certains parcours sont beaux mais pas aussi fort emotionnellement que 94). Est ce que 94 était la dernière WC que j'ai vécue comme un enfant ou bien le scenario était bel et bien émotionnellement fort?
Allah Votre Niveau : Loisir
!La premiere option.

Moi qui etais deja adulte, je me suis fait royalement chier a cette WC94!
Je peux comprendre effectivement, je pensais plutôt a l'aspect euphorique quand la WC commençait, puis la désillusion face a l'Irlande, la victoire face a la Norvège, le nul face au Mexique (pour finalement se qualifier) puis contre le Nigeria ou on passe proche de l'elimination mais la joie de la victoire grace a Baggio, puis l'enchainement face a l'Espagne et la Bulgarie, contenir le Brésil et ... dépité par ce penalty qui s'envole. Je pensais a tous ces passages de l'un a l'autre des extremes. Pour les autres competes, c'était, selon moi, plus homogène (moins de surprise).
Apres mis a part le parcours de l'Italie, la WC 94 était pas hyper marquante donc oui je te rejoins sur cet avis.
Fred Astaire Niveau : Ligue 2
Ayant vu toutes les finales depuis 66 (pas trop de souvenirs) je confirme: celle de 94 est bien la plus chiante et interminable qu'il m'a été donnée de voir, et les plus brutales 78 et 2010; la plus belle restant évidemment 1970, et 2002 pas mal.
Allah Votre Niveau : Loisir
J'ai adoré celle de 82 moi, celle de 86 aussi d'ailleurs.

Mais bon j'etais gosse, peut etre pour ça. C'est dingue comme l'enfance embelli les choses.

Cela dit je me suis rematé avec un pote le France Allemagne de Seville la semaine derniere, quel putain de match quand même!
L'enfance embellit les choses effectivement, mais je trouve aussi que l'esthétique du foot a changer énormément. Pour moi avant la décennie des 90, le foot me parait plus 'artisanal' (ce n'est pas péjoratif), plutôt une histoire d'hommes normaux pouvant devenir des héros. Un peu comme si un monsieur tout-le-monde est talentueux balle aux pied et avec ses potes, ils arrivent sur le toit du monde. Ca donne une aura légendaire a ce groupe et une certaine beauté a ce qu'ils ont effectues. Cependant, il est frequent de voir des erreurs techniques, gestion approximative de l'effort, resultant a une esthétique plus 'amateure' du football. Bon ok, y a aussi le grain de l'image retransmise par les tv qui donnent ce cote un peu 'amateur'. En tout cas je trouve une certaine folie dans le jeu et une humanité qui en ressort.
Ensuite, le ressenti que j'ai pour l'apres 90 c'est un jeu qui est devenu plus pro, un peu plus froid, plus lisse esthétiquement, plus épuré (notamment avec les images qu'on trouve en HD aujourd'hui). J'ai l'impression que ca donne au foot une dimension plus professionnelle ou la gestion de la fatigue est devenue scientifique, la tactique (je ne dis pas qu'elle était inexistante avant) est comprise et appliquée comme telle... Les mecs ne sont plus considérés comme des gens normaux qui ont un destin, mais plus des mecs qui font un travail (et juges comme des travailleurs).

Est ce que quelqu'un a ce genre de ressenti?

Je ne cherche pas a comparer les époques, j'évoque juste un ressenti que j'ai quand je pense a ces périodes. Je ne sais pas si quelqu'un peut étayer mes propos (contredire ou appuyer mon ressenti).

Je pense qu'effectivement l'enfance embellit les choses, mais il y aussi le jeu, la physionomie des matchs qui a change et peut être c'est ce qui va toucher une personne plus qu'une autre.
Par exemple, pour ma part, j'ai toujours préféré un match avec peu de buts, une bataille de tous les instants. Pour les extraits que j'ai vus de la finale de 1970, je ne la trouve pas magnifique (oui voir perdre son équipe favorite se faire desosser est deja une bonne raison pour ne pas aimer) en guise de finale perdue celle de 94 me parait plus jolie. C'est une histoire de gouts, et c'est propre a chacun.
1994 était bien meilleure que 1990, à tous niveaux.
Allah Votre Niveau : Loisir
Pas du tout d'accord avec toi.

L'esthetique du France Allemagne de 82 est sublime. Le froid de Platini, la fougue de tigana et d'amoros, la hargne de Rummenigue quand il rentre c'est beau putain.

Et je ne parle même pas du France Bresil 86 ou d'Argentine-Angleterre.

Desolé mais ça vaut beaucoup plus que tous les matches de la WC94.

Je t'invite a remater ces matches et tu m'en diras des nouvelles

Et je ne parle que de mes souvenirs puisque la plupart de ces maqtch je me les suis revu il ya peu
Je parlais juste de l'esthétique dans le sens global du terme pas une comparaison entre differents matchs.

Je voulais dire que les différentes époques avaient des esthétiques differentes. Toutes sont belles, et ca depend vraiment de chacun. Certains trouveront certaines plus jolies que d'autres. Bien sur qu'il y a aussi un contexte, du moment ou tu as vu le match (période de vie, les emotions que tu éprouves a ce moment, les gens qui t'entourent)...
Je n'ai vu les CdM qu'à partir de 94 mais 2002 est la pire de toutes.

Décalage horaire, ambiance de merde, matchs tronqués par les arbitres, qualités de jeu médiocre, joueur phare (Hormis Ronaldo et Kahn) absents ou fantomatiques, effervescence nulle... bref j'en oublie régulièrement son existence :)

Par contre 94 (surement l'aide de l'enfance, comme dit plus haut), je l'avais trouvé très belle: une génération de très grands joueurs à leur climax, retournements de situation, équipe surprises et rafraîchissantes, dramaturgie...etc
Tu n'es pas seul à avoir souhaité l'association Signori-Baggio (voire un trio avec Zola soyons fous) mais le contexte de 1994 était très particulier. Est-ce Sacchi, je l'ignore, mais seuls les joueurs des 3 grands clubs du Nord ont joué (sauf les latéraux parmesans mais par la force des choses - Tassotti lourdement suspendu, Maldini qui repasse dans l'axe après la blessure de Baresi - sans quoi c'était le back four du Milan). Le seul titulaire indiscutable d'un club du centre-sud, c'était Pagliuca mais en fait même pas: il venait de signer à l'Inter.
10 réponses à ce commentaire.
GrunWeiss Niveau : DHR
Un top joueur sur FIFA 99!
J'ai adoré Signori. C'était une des ces grandes figures du football Italien, de la Serie A de mon adolescence et de mon enfance, une époque bénie.

Spontané et heureux sont les adjectifs que je lui associe naturellement.

Mais comme il est tôt, et que certain d'entre vous sont sans doute attablé une tasse de café ou une tartine à la main devant leur smartphone, laissez moi vous parler de la grande passion de Beppe:



Les paris.

Ceci est une "Buondi" Motta. Une brioche industrielle très répandue en Italie, pâteuse et difficile à déglutir si elle n'est pas trempé dans le café, agrémentée de confiture ou de crème.

Le pari imaginé par Beppe:

- manger une Buondi en moins de 30 pas.

Les Conditions:

- Interdiction de boire avant et pendant l'épreuve;
- Interdiction d'utiliser des injections de confitures ou plus généralement tout produit pouvant faciliter la déglutition;
- Interdiction de malaxer la brioche pour l'assouplir
- Obligation de marcher à un pas qui peut être modéré sans être lent (30 pas en 30 secondes est acceptables)
- Obligation de déglutir toute la brioche (je sais dit comme ça...)

Beppe mettait au défi quiconque de réussir. Il promettait 1 000 000 de lires contre 50 000 lires s'il gagnait. L'histoire dit qu'il n'a jamais perdu. Personne n'a réussi à se taper un Buondi en 30 pas.

Car oui, l'ami Signori était un vrai tapé du jeu. Il pariait sur tout. 500 000 000 de lires (250 000 euros environ, mais incomparablement plus en terme de pouvoir d'achat) qu'il atteindrait les 200 buts en Serie A. Pari perdu (bloqué à 188).

Il avait parié avec Guodolin, qu'il marquerait 15 buts avant la trêve. Il en fit 16. L'entraîneur fut obligé de lui nettoyer ses chaussures. Il paria alors qu'il arriverait à un total de 20 avant la fin de la saison, ce qui semblait facile. A cause d'une blessure il resta bloqué à 19 et fut contraint pendant deux semaines à suivre Guidolin partout en vélo.

Son amour pour le jeu lui valu une lourde condamnation sportive dans l'affaire de Calcioscommesse. Le Parquet l'identifiait comme le cerveau du réseau Bolonais, dont la connaissance du milieu et l'influence qu'il exerçait lui permettait de truquer des parties. Lui a expliqué n'être qu'un joueur compulsif bien loin de l'Ace Rothstein dépeint par le tribunal.
La ou je suis le plus subjugue dans ton commentaire n'est pas l'anecdote sur les paris qui paraissent finalement tres normale quand on parle d'un parieur compulsif mais sérieusement, le pari de la brioche et d'utiliser les pas comme contrainte temporelle, je trouve cela brillant et dingue. C'est beau.
Ce commentaire a été modifié.
C'est magnifique. Tu trouveras plusieurs exemples sur Youtube. Que des échecs. Et pourtant le pari paraît facile. C'est une petite brioche individuelle, que tu croques en 3 bouchées maxi. Mais faut mâcher, mâcher.

Signori était un vrai parieur ludique. Il inventait des nouveaux paris pour tuer le temps et l'ennui lors des "ritiri".
Je ne pense pas que tu l'aies dit dans ton precedent commentaire, mais Signori, lui, arrivait il a la manger en moins de 30 pas ?

En tout cas, merci, grace a des gens comme vous, ma vie footballistique prend enfin un sens hors du commun.
Totti Chianti Niveau : Ligue 2
C'est vrai, en est-il capable?
Personne n'y arrivait. Signori pariait sur le fait que la réussite d'autrui.

Je te donne 1 Million de Lire si tu te tapes un Buondi en 30 pas.
Si tu n'y arrives pas tu me donnes 50 000 lire.

Ça a l'air tentant.
Toujours aussi court le délai pour éditer. Sur la réussite d'autrui, bien sûr.
Ouais voila le mec est vraiment un genie. Je sais je suis volontairement dans l'hyperbole mais c'est ca qui m'a le plus plu dans ton histoire. Trouver un truc bête de la vie quotidienne et de réussir a en faire un pari gagnant (pour lui) c'est beau.
O Alegria Do Povo Niveau : Ligue 2
Géniale cette anecdote mon Samo. D'une manière transversale, ça raconte beaucoup sur le joueur.
8 réponses à ce commentaire.
DivinCodino Niveau : DHR
Merci pour cette interview, j'ai toujours apprécié ce joueur, comme tant d'autres attaquants de la brillante Serie A des années 90.
Et oui, quel dommage de ne pas avoir vu Signori avoir sa chance à son vrai poste aux côtés de Baggio. Je me souviendrai toujours que c'est lui qui envoie Baggio marquer le but décisif contre l'Espagne en quarts du Mondial 94, alors que la caméra passe sur Baggio on voit Signori qui après avoir passé le ballon en rupture se prend un tampon d'un espagnol qui revenait. C'était du Olive et Tom son action!
Signori milieu gauche alors qu'il venait de finir meilleur buteur de Serie A pour la 2ème année consécutive, pour lui préférer Casiraghi puis Massaro. Sacchi était alors sur un piédestal, mais y aurait eu vraiment de quoi y redire.
Alain Proviste Niveau : Ligue 1
 //  19:44  //  Aficionado de l'Argentine
Grosse intensité, ce quart Italie-Espagne en 94 ! Avec Signori lançant parfaitement Baggio qui dribble Zubi à une ou deux minutes du coup de sifflet final, alors que Pagliuca avait réalisé deux ou trois grosses parades avant, notamment ce face à face remporté contre Julio Salinas (je crois que c'était Salinas mais pas sûr)... et puis bien sûr le coup de coude de Tassotti sur Luis Enrique, qui fera couler beaucoup d'encre.
1 réponse à ce commentaire.
DivinCodino Niveau : DHR
C'était bien Salinas mais Pagliuca n'avait pas eu à sortir une grosse parade, l'attaquant avait juste envoyé une frappe de vieille plein axe sur ses tibias, cette occasion avait traumatisé les espagnols pour quelques années.