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Les 50 joueurs qui ont écrit l'histoire de la Berrichonne (du 24e au 4e)

Ils ont écrit la belle histoire de la Berrichonne, ont connu la galère, un bout de D1, une épopée en Coupe de France, un aller-retour en C3 mais aussi celle d'une ville. De Djibril Sidibé à Sébastien Roudet, d'Eddy Viator à Laurent Dufresne en passant par Jacques Lopez, voici les 50 joueurs qui ont écrit la légende de la Berri, la vraie.

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#24: Yvon Delestre

Derrière la barbe du sexagénaire, une anecdote qui résume un bout de la vie du bonhomme. C'étaient les années 70, à Châteauroux, et Yvon Delestre venait alors de débarquer du Red Star, ramené par Lucien Toupel, fraîchement nommé sur le banc de l'équipe première. La première impression pour ses coéquipiers sera violente et l'histoire raconte que certains auraient gardé pendant plusieurs jours les marques des coutures de ballon après avoir contré les frappes de Delestre à l'entraînement. La raison ? « Je me souviens qu'à douze ans, je m'entraînais en frappant dans des médecine-balls » , expliquait-il en mai 2016 à La Nouvelle République. Oui, Yvon Delestre, c'était avant tout ça : une frappe de mule, un style singulier et un statut encore intact de meilleur buteur de l'histoire de la Berri avec soixante-dix pions. Un record écrit sur six saisons et en deux chapitres (1973-1975, 1978-1982), entre un oscar de meilleur joueur de D2 au bout de sa première saison dans le Berry et l'aveu d'avoir trouvé à Châteauroux « une deuxième famille » . Légendaire.

#23: Karim Fradin

En arrivant à Châteauroux, il avait déjà connu « le paradis » , soit ce qui correspond sur son CV à quatre ans passés en Angleterre, à Stockport County. Puis, la Berrichonne lui aura permis de découvrir l'Europe, à Bruges. Une nuit dont il se rappelle avant tout pour la préparation : « La veille, on s'était entraînés sur la pelouse du stade Jan Breydel. J'en garde un souvenir incroyable car il n'y a que lors d'un match européen qu'on peut faire ça. Le staff de Bruges nous observait dans une des loges. On avait bossé la vidéo, on était prêts. » La marche sera trop importante et on connaît la finalité : une baffe sèche (0-4). Mais Karim Fradin restera malgré tout un visage de la Berri des années 2000 qui aura marqué ses deux ans au club (2003-2005) après avoir été dragué par Victor Zvunka, son ancien coach à Nice. Un milieu défensif bosseur, polyvalent et qui finira la finale de la Coupe de France 2004 avec un bandeau sur le crâne. Le style, avant tout.

#22: Smahi Triki

Une tête dans la lessiveuse. L'été 1993, Châteauroux vient de redescendre en National et doit se reconstruire. Le club phare de la région devient le FC Bourges, alors en D2, et les grands travaux démarrent dans le Berry : plus d'une dizaine de départs, une grosse poignée d'arrivées. Victor Zvunka, lui, est resté. La Berri ne restera qu'une saison en National et verra alors exploser ceux qui la conduiront jusqu'aux rives de la première division. C'est de là que va sortir pour la première fois la tête de Smahi Triki, encore marqué par la catastrophe de Furiani vécu alors qu'il défendait les couleurs du Sporting Club de Bastia. Mais le défenseur marocain va rapidement devenir un leader, un porte-drapeau, celui qui gueule après les matchs, qui organise les sorties en ville chez Mimo avec son pote Olivier Saragaglia. Sans la Berri, Triki n'aurait probablement jamais touché la Coupe du monde 94 avec le Maroc. Il quittera ensuite le club en 96 avant de revenir dans un costume de directeur sportif qui se déchirera lors d'un clash bordélique avec Thierry Froger sans pour autant quitter l'entourage du club où son ombre n'est jamais très loin.

#21: David Le Frapper

Un nom qui sent bon, là aussi, la D2 des années 1990. David Le Frapper, c'était Niort, Créteil, Laval, Gueugnon, Valenciennes surtout, mais Châteauroux aussi, forcément. Comme quoi, on peut marquer un club à vie en deux saisons (1995-1997). Tout simplement car Le Frapper était le milieu de devoir par excellence, le garant de l'équilibre d'un club qui voulait grandir et enfin connaître la première division. Lors de sa dernière campagne, il claquera ses trente-cinq matchs, au milieu avec Lachuer et Debrosse, emmènera le club en D1 et filera vers le haut. Un choix honnête, du cœur, avant de revenir bosser à la formation du club une fois le short rangé et de prendre un même temps l'équipe première. DLF, De La Famille.

#20: Rodolphe Roche

À Gaston-Petit, Rodolphe Roche était surtout une voix derrière un produit maison. Une grande gueule, un caractère, un tempérament de cochon et un bonhomme qui a dû bosser pour canaliser ce bordel interne. Roche, c'est la succession de Guéguen, mais aussi un phénomène de précocité pour l'époque. Oui, 134 matchs de D2, pour un gardien, à 25 piges, c'est costaud. Alors, il connaîtra la reconstruction du club, les bastons pour survivre, mais aussi la Coupe de France 2004. Belle publicité, il filera l'année suivante au Mans, mais peinera à s'imposer chez les grands. La suite se fera à Niort avant un retour au club en août 2015 pour encadrer la nouvelle génération. Jusqu'à se friter avec les dirigeants actuels depuis quelques mois. Une légende qui s'estime oubliée.

#19: Jimmy Algerino

Il y a d'abord eu les doutes. Au cours de sa carrière, Jimmy Algerino n'a jamais changé de discours : « Je sais d'où je viens. » À savoir Toulouse, le quartier d'Empalot, où sa famille venait de s'installer après avoir quitté l'Italie. Père maçon, mère qui s'occupe des ménages dans les maternelles, Algerino a toujours avancé avec la « volonté de ne pas arriver à ses fins par n'importe quels moyens » . Suffisant pour expliquer un parcours bordélique ? C'est comme ça que le foot l'a regardé après son départ de Niort, alors en D2, lorsqu'il avait dix-sept ans et qu'il n'était plus payé après le dépôt de bilan du club. Comme ça aussi que certains l'ont vu lorsqu'il était enfoui dans la réserve de l'AS Monaco au début des années 1990. Puis, il y aura Lille, le repositionnement en tant que latéral, la prise de confiance, un bref retour à Épinal et finalement un débarquement à Châteauroux en 1993, sans savoir où il mettait vraiment les pieds, soit dans la succursale du PSG. C'est à la Berri qu'Algerino s'est révélé en tant qu'homme, lui à propos de qui Joël Bats disait qu'il « pense beaucoup et gamberge un peu » . Jimmy n'est alors plus le lascar d'hier, mais s'est renfermé sur lui-même. Tout simplement parce qu'il se méfie. Chez lui, il écrit, se plonge dans la lecture et la musique. En privé, il lui arrive d'évoquer Baudelaire ou Albert Cohen. Souvent, il raconte qu'il souhaite « vivre sa vie plutôt que de la subir » mais, à la Berrichonne, il régalera avant tout puis filera au PSG et reviendra entre 2002 et 2004. Peut-être avant tout parce qu'Algerino aimait la Berri, simplement, et qu'elle lui rendait bien.

#18: Christian Verrier

Lorsqu'il évoque la mémoire de Gérard Wozniok, Claude Jamet parle d'un « sorcier » . Alors, au moment de plonger dans les années seventies, le boss n'hésite pas à réinstaller son ancien coach et gardien à la barre de l'équipe première. C'est à cet instant que vont éclore notamment deux princes de la Berri : Denis Mérigot et Christian Verrier, l'un derrière, l'autre pour finir. Le souvenir de Verrier, c'est avant tout celui d'un finisseur formidable à une époque qui l'était moins. Mais l'enfant de la ville s'en fiche, il passera l'ensemble de sa carrière au club avant une dernière pige d'un an à Bourges. Depuis, Verrier est devenu un visage connu de tous sur les bords de terrain de la région, mais surtout du département. Jamais très loin de la Berri.

#17: Denis Mérigot

Le monsieur Berrichonne, le roi de la fidélité et la mémoire ambulante. Sur le terrain, Mérigot reste encore aujourd'hui le plus jeune buteur de l'histoire de l'institution – contre la Rochelle à dix-sept ans à peine, lors de la saison 1971-1972 –, mais aussi un symbole de la maison. Châteauroux lui permettra de se révéler, de découvrir l'équipe de France juniors en même temps que Courbis, puis de filer au FC Nantes dans les bras de José Arribas aux côtés d'Henri Michel ou Maxime Bossis avant de revenir boucler sa carrière chez lui, de 1978 à 1987. La suite se fera dans la peau d'un adjoint, avec Marx, Zvunka, Bats, Froger... La force de Mérigot a toujours été de ne jamais ambitionner de gratter une place de numéro un. Il reste à sa place, tue son temps libre dans les bals populaires de la ville et a toujours souhaité être à la Berri, peu importe comment. Le totem.

#16: Florent Malouda

Une gifle. Le 4 mai 2015, sur les fils d'actualités, une alerte tombe : « Malouda et Châteauroux, c'est fini. » Comme ça, à peine un an après que l'ancien international français a rejoint le CA du club. La raison est simple. Selon le président Thierry Schoen, Malouda aurait proposé de racheter « 51% du club en investissant 42 000 euros. Alors que nous avons 1 million d'euros en fonds propres, et 1,8 million d'euros en trésorerie. Il était hors de question de brader le club et de céder à ce hold-up financier. On a trouvé cette proposition ahurissante et insultante. » Et ce alors que trois ans plus tôt, le vestiaire de l'équipe première avait été renommé à son nom. Bon, revenons au terrain, car c'est là que Florent est devenu Malouda. Tout a démarré par un avion pris le 28 juillet 1995. « Je suis arrivé le 29, j'ai débarqué à Orly, racontait-il il y a quelques années dans les colonnes de La Nouvelle République. Victor Zvunka était là pour m'accueillir et me ramener à Châteauroux. Au départ, je pensais que la ville se situait dans la banlieue parisienne. » Malouda a alors quinze ans, arrive de la banlieue de Cayenne où son père, instituteur et directeur d'école primaire, entraîneur à Rémire-Montjoly, l'a imbibé dans le foot, et le petit Florent a déjà terminé major de sa promo au stage Larqué, mais s'est aussi fait refouler du centre de formation du Stade rennais. Puis, Joseph Mercier va le repérer lors de la coupe nationale 15 ans disputée avec la sélection de Guyane à Clairefontaine. Son nom est soufflé à la Berrichonne. On patiente et il y aura ce match à Kourou du Variété Club de France lors duquel Platini et Zvunka le découvrent. « Platoche était à mes côtés et il me disait : il est pas mal celui-là » , racontera plus tard Victor Z. La suite : Malouda décroche son bac électrotechnique à Blaise-Pascal, s'éclate sur les terrains, épate par sa gentillesse, soigne progressivement son mal du pays et est pris sous son aile par Mimmo, le patron de la pizzeria mythique de la ville. Il raconte s'être « fait les dents » à la Berrichonne, débute doucement en D1 en mai 1997 et explosera durant le mandat de Joël Bats. L'histoire est lancée et les futurs transferts (Guingamp, Lyon, Chelsea...) de la pépite permettront à la Berri de respirer financièrement.

#15: Stéphane Dalmat

« Quand on est gosse, on ne pense pas à ça... » De quoi parle Stéphane Dalmat ? Du piège dans lequel il est tombé, sans aucun doute, et dont il a fini par se détourner au bout d'un chemin étiré sur quinze ans. Enfant, il n'avait qu'un rêve : jouer au foot, jouer « du matin au soir » et jouer sans être dépassé « quand l'Inter déboursera 80 millions de francs pour [son] transfert » . C'était en janvier 2001 alors que ses anciens potes du BEP galéraient pour entrer dans la vie active. En quelques mois, Dalmat était alors passé du statut d'espoir à celui de star. Cela lui avait permis d'accomplir un autre rêve : « J'ai pu acheter une maison à mes parents à Joué-les-Tours. Depuis le mois de mars 2003, ils y habitent. » (La Berri du foot et des hommes). Tout avait commencé à Châteauroux, à la Berrichonne, qu'il avait rejoint lorsqu'il avait dix-sept piges. « C'est là que tout est parti » après une fin d'histoire tourmentée à Joué-les-Tours. Dalmat explosera tout lors d'une détection où la seule crainte de son ancien formateur, Roger Fleury, était de le voir « se perdre dans les méandres du gonflement de tête » . Zvunka craque à son tour et le fera débuter le 5 septembre 1997 à Auxerre. Dalmat ne sortira plus de l'équipe alors en D1. L'été suivant, la folie au téléphone : le Barça, l'OM, Monaco, l'AC Milan, le Real et le PSG. Thierry Sanselme va alors mener ces négociations et ne cesse de faire grimper les enchères. Lens fracassera alors le record franco-français en matière de transfert : 32 millions de francs. C'était la seconde marche. La dernière a été descendue en juillet 2012, à Nîmes. Son entraîneur à cet instant : Victor Zvunka, évidemment.

#14: Kari Ukkonnen

Un nom de pilote de F1 et un gentleman extraordinaire. Ou comment le meilleur footballeur finlandais de l'année 1983 s'est retrouvé un jour à Châteauroux après quatre glorieuses années à Anderlecht. Simple, Ukkonen est venu y finir sa carrière de 1993 à 1996 et a laissé une trace indélébile dans les mémoires. Un défenseur solide, une crinière blonde et une aura qui aura servi à doper une « super équipe » selon les mots de Victor Zvunka. La Berrichonne a alors soulevé le National et Kari a poussé deux saisons supplémentaires. Pour l'histoire et la transition.

#13: Vincent Fernandez

Un monument. Sa première fois, c'était un soir d'hiver 1994, à Laval, lors d'une victoire (3-1) où Zvunka l'avait installé sans trembler. Vincent Fernandez était alors prêté par le PSG, restera deux ans à la Berri et retournera ensuite chez les grands : à Paris, à Sochaux, à Strasbourg. Puis, 2004. Le retour à Châteauroux. La première année, Rodolphe Roche est encore là, tient tête dans la guerre des goals qui s'installe et partira finalement au Mans l'été suivant. Fernandez tient alors son poste de numéro un et ne le lâchera pas jusqu'en 2012. Pas la meilleure période du club, mais l'occasion de continuer à hurler et de préparer l'après malgré la galère permanente. « C'est vrai qu'on commence à s'accoutumer aux fins de saison difficiles, mais on ne s'y habitue jamais, ce n'est pas franchement agréable » , expliquera-t-il un jour. Ce sera son seul regret : ne jamais avoir pu sortir ses mains du cambouis.

#12: Raymond Olejnik

Une autre trouvaille de Maurice Lafond. Et l'histoire. Débarqué en 1968 au club, Raymond Olejnik ne le quittera jamais – il y est encore en tant qu'administrateur de l'association dont Claude Jamet est le président d'honneur. Olejnik est encore tout simplement à ce jour le meilleur gardien de l'histoire de la Berrichonne, un club pour qui il s'est arraché sur le terrain jusqu'en 1981. Durant cette période, il ne sera remplacé qu'une fois sur blessure. Costaud, mais aussi le record d'apparitions pour le club avec 355 matchs. Raymond la science.

#11: Matthieu Verschuère

Putain, la belle époque. Dalmat, Dufresne, Mayélé et donc aussi Matthieu Verschuère. Casque d'or, le poumon, le pendant équilibre de l'artiste Stéphane Dalmat au milieu, et un statut rapidement adopté de chouchou de Gaston-Petit. En un peu plus de deux ans et demi à la Berri, le prince de Beauvais – où il joua jusqu'en 1997 – s'est taillé une réputation d'indispensable du club, mais aussi de caution expérience au moment de redescendre d'un étage. Raiponce sur un terrain.

#10: Yann Lachuer

Au moment de débarquer dans le foot des années 1990, Yann Lachuer n'avait qu'un objectif : « Jouer au foot avec les potes. (...) Retrouver l'huile camphrée, le bruit des crampons, les rituels... » Alors quand Guy Roux décide de le prêter à la Berrichonne lors de l'été 96, le meneur de poche n'hésite pas. Ce sera oui, sans hésiter. Roux veut qu'il « s'aguerrisse » , Lachuer voit Châteauroux comme une belle destination et la Berri, elle, regarde le jeune Auxerrois comme un prince. Bingo, Yann Lachuer reviendra quelques mois plus tard à l'AJA en cadre de D1 alors qu'il l'avait quittée en simple mec de la réserve. Le bonhomme court pourtant moins que les autres, cogne moins fort et n'est pas spécialement un artiste. Sa force est ailleurs : dans la vision et le QI. Lachuer anticipe, ouvre le jeu, évite les duels et illumine l'ensemble autour de lui. Il s'expliquera plus tard : « J'ai pris effectivement mon envol à Châteauroux. Et je n'ai jamais oublié non plus les fabuleux moments vécus à Gaston-Petit. Parfois, je regarde la cassette de cette saison-là. J'ai peut-être marqué des gens là-bas, mais les Berrichons m'ont pareillement marqué. » Au point d'expliquer au moment de repartir, une fois la montée en D1 validée, qu'il « ne souhaite pas revenir en Bourgogne. À Châteauroux, grâce à une bande de copains, j'ai retrouvé toutes mes sensations de footballeur. » Patron.

#9: Dominique Bijotat

Il aura dû taper les trente piges pour finalement porter ce maillot qu'il regardait étant enfant. Dominique Bijotat a alors déjà laissé ses belles années à l'AS Monaco et son passé international (8 sélections) derrière lui. La Berrichonne, elle, va enfin obtenir son statut pro. On est en 1991, tout est bousculé, en interne comme sur le banc où Joachim Marx débarque. Et, au milieu de la révolution, Michel Denisot cherche sa star. Ce sera Bijotat, l'enfant du département, l'exemple du mec du coin qui a réussi, le milieu intelligent, expérimenté, le talent et l'équilibre tactique. Un nom dont on parle encore comme de l'une des plus belles réussites de la ville. Alors, pour finir, il se devait de « revenir aux sources » . Au départ, Trotignon hésitait avec Pascal Dupraz – tiens donc –, mais cela ne durera que le temps d'une nuit. Dominique Bijotat est bien de retour, « pour ses parents » avant tout, mais Denisot est nommé le lendemain de sa signature président du PSG. Sa première saison est une réussite, la seconde sera un enfer, Bijotat s'embrouillant avec Marx – « Je ne peux pas faire confiance à un coach qui ne respecte pas son groupe » – et se voyant envoyer en réserve, alors coaché par son frère Olivier, pour son comportement. La star est pourtant racontée de partout pour son professionnalisme exemplaire et les dirigeants pensent déjà à sa reconversion. Ils l'imaginent directeur technique, il partira finalement en 1994 et ne reviendra qu'en décembre 2008 en tant qu'entraîneur de l'équipe première. Un chapitre d'un an derrière le souvenir d'une époque où « on s'est peut-être servi de [son] nom » .

#8: Patrick Mboma

Un surnom pour résumer un mythe : hat trick. S'il fallait définir un repère sur la courbe de Patrick Mboma, Châteauroux pourrait être la naissance. L'attaquant camerounais est alors arrivé au PSG depuis quatre ans, a passé deux ans entre l'équipe DH et la réserve, et souhaite maintenant jouer. Le moment où Michel Denisot va lui conseiller d'aller faire un petit tour du côté de la Berri. « Dans le foot pro, je suis né à la Berrichonne, racontera Mboma au Berry-Dimanche quelques années plus tard. J'étais simplement prêté par le PSG mais, pour la première fois, j'ai été l'attaquant titulaire d'une équipe fanion. Tout est parti de là. (...) Michel Denisot a été le premier à me faire confiance alors que j'étais inconnu. » Victor Zvunka, lui, en parlera d'abord comme d'un « coup de poker » . Il complète : « Patrick, ça a été compliqué au départ, car il s'est blessé la première année. Il ne voulait pas rester quand le club est descendu en National. On a insisté. Comme moi, son signe est scorpion, du coup, il y a eu des étincelles. Il fallait le bouger. » Soit dix-sept buts en 29 matchs et un titre de champion de National avant de repartir au PSG. Indomptable.

#7: Laurent Dufresnes

N'importe quel fidèle de Gaston-Petit tranchera dans ce sens. Au moment de citer les mecs qui se sont saignés sans frein pour le maillot de la Berri, les mêmes noms reviendront : Algerino, Bertin, Ukkonen, Weber... et donc Laurent Dufresne. Une pointe débarquée sans bruit en 1996 et qui ne repartira que cinq ans plus tard. Dans la bouche des supporters du club, on parle de « Dudu » . Dufresne, c'est l'histoire d'un mec miné par l'affaire VA-OM, qui rebondit à Châteauroux grâce à Zvunka, mais sans promesse et qui arrachera tout lors de son passage. Comme ce soir où il élimina l'OM en seizième de finale de la Coupe de France 2001. Chaque été, Dufresne n'est pas placé dans l'équipe type, mais y est finalement toujours couché – comme lors de la saison de la montée en D1 où il joua tous les matchs – jusqu'à obtenir le brassard de capitaine. Lui voit la chose d'un œil encore plus fort : « Mes enfants sont nés là-bas, c'est quelque chose qui m'accrochera à jamais à cette région, cette ville, ce club. »

#6: Nicolas Weber

Le calendrier est parfois coquin. Au moment d'attaquer la première saison dans l'élite de son histoire le 2 août 1997, la Berrichonne a rendez-vous au Parc pour défier le PSG de Denisot. Un match entre potes. Reste que ce que l'on retiendra, au-delà de la défaite logique (0-2), c'est que le premier joueur castelroussin qui aura foulé une pelouse de D1 s'appelle Nicolas Weber. Un capitaine emblématique, historique, buteur lors du match qui a validé le titre de champion de D2 quelques mois plus tôt face au Mans (1-1). Chez les grands, il fera sauter Bordeaux (1-0) un soir à Gaston-Petit, mais formera surtout une défense à cinq avec Coly, Druon, Moulin et Preget. Inoubliable.

Vidéo

#5: Sadou Boukari

Chaque fois, le même réflexe. Fin des années 1980, du côté de Gaston-Petit. À chaque match, deux supporters s'accrochent à la rambarde et n'ont qu'une question : « Mais il est où Sadou ? » Si Sadou n'est pas là, ils dégagent de l'enceinte. Mais pourquoi ? Car sans artiste, pas de concert. Boukari père, avant tout le reste, c'était le spectacle et des qualités de tueur devant le but reconnues. Mais Sadou, c'est surtout une histoire. Celle d'un ancien employé municipal, arrivé du Togo à Châteauroux, qui venait nettoyer le lundi les tribunes d'un stade où il avait joué la veille. Michel Denisot lui avait alors fait une promesse : une fois la Berrichonne professionnelle, il serait le premier à signer son contrat. Engagement respecté. « C'est plus beau qu'une reconnaissance, c'était un rêve qui se réalisait » , racontera-t-il plus tard à Laurent Fortat. Un autre rêve aura lieu plus de dix ans plus tard avec le débarquement de son fils, Razak, chez les pros. Aujourd'hui, Sadou Boukari est encore au stade, souvent, et entraîneur chez les jeunes du club. Logique.

#4: Teddy Bertin

Teddy Bertin, c'était avant tout une frappe. Un truc sec, brutal, violent, mythique. L'Highlander du Berry quoi. Puis, c'était une gueule et un catogan, un charisme et un mec capable de hurler à deux supporters à la fin d'un entraînement « Fermez vos gueules et rentrez chez vous, sales Boches ! » C'était à Strasbourg, mais à Châteauroux, on connaîtra surtout le Bertin paternaliste qui voulait prouver à tout le monde qu'il n'était pas cramé et qui pouvait prolonger les entraînements pour jouer un peu avec ses fans. Il dégagera de la défense un certain Éric Rabésandratana en débarquant en 2003 et ne bougera pas jusqu'en 2007. Entre-temps, il enquille les penaltys, les prestations de patron et devient la référence à Gaston-Petit. Le joueur à qui l'on s'identifie et dont on aime parler en soirée. Au moins autant que du T-shirt mythique « La Berri, c'est ma chérie » . Quelle vie.

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