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Jean-Pierre Papin : « Cette première place, je l'ai méritée »

Plus de 300 matchs, 184 buts, cinq titres de meilleur buteur consécutifs, quatre championnats, une Coupe de France, une finale de Ligue des champions, un Ballon d’or. Voilà ce que Jean-Pierre Papin a accompli en six ans à l'Olympique de Marseille. En 1986, lorsqu'il débarque timidement de Belgique chez le quinzième de Ligue 1, en même temps que Bernard Tapie, JPP ne se doute pas qu'il repartira d'un des meilleurs clubs d'Europe avec le statut de superstar de son sport. Entretien repris de volée avec l'attaquant le plus spontané de l'histoire de l'OM.

Modififié

#1: Jean-Pierre Papin

Ça fait quoi d'être le joueur français à avoir claqué le plus de bises à François Mitterrand ?
(Rires) C'est un très bon souvenir. Ce sont des choses indescriptibles, ça fait tout bizarre, parce qu'on ne l'a pas prévu. Bon, la première fois, à l'occasion de la finale de la Coupe de France 1989, c'était un peu prévu parce que ça venait d'un pari un peu bête. On s'était retrouvé avec quelques coéquipiers deux ou trois jours avant le match au Maracanã, le restaurant qui se situait sous la tribune du stade Vélodrome. On était en détente, on avait déjà remporté le championnat, et en déconnant, je dis : « Si on gagne, j'embrasse le président sur le front. » En fait, quand je me suis retrouvé devant lui, il en imposait tellement que je me suis un peu dégonflé et je lui ai poliment demandé si je pouvais lui faire la bise. Il a accepté. Tandis que deux ans plus tard, c'est lui qui a fait le premier pas en quelque sorte (rires). Cette fois-ci, on avait perdu la finale, j'avais la tête basse, je m'avance pour lui serrer la main et il me dit : « Il n'y a pas que quand tu gagnes que tu as le droit à une bise. »

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Gaëtan Huard disait que lors de la saison 1988-1989, et plus particulièrement à l'approche de la finale, le groupe se sentait invincible. C'était votre sentiment ?
« Quand on arrive au Parc des Princes et qu'on voit le stade entièrement en bleu et blanc, on comprend l'importance de ce qui allait se passer si on gagnait. »
On ne se croyait pas invincible, car on ne l'était pas, mais on se sentait très forts, c'est sûr. On était très fatigués parce que ça avait été une saison éprouvante, entre le championnat et le long parcours en Coupe. Ce n'était pas le match de trop, mais on arrivait vraiment au bout. On avait déjà remporté le championnat, et cette finale était un bonus. On ne saisissait pas complètement la grandeur de la chose si on réalisait le doublé, une première depuis 1973. Mais quand on arrive au Parc des Princes et qu'on voit le stade entièrement en bleu et blanc, on comprend l'importance de ce qui allait se passer si on gagnait. Surtout que le public marseillais adore la Coupe de France. Après, ce jour-là, pendant le match, j'inscris un triplé, et c'est vrai que je suis sur un nuage.


Vous avez carrément été sur un nuage pendant cinq ans. À chaque fois meilleur buteur, tout rentrait, dans toutes les positions. Comment expliquer cette réussite ?
Autour de moi, j'avais des joueurs chaque année de plus en plus forts. Et puis, sinon, c'est vraiment du travail. Ce n'est pas de la langue de bois quand je dis ça. Je faisais énormément de rab à l'entraînement. Je travaillais mes points forts sans relâche quitte à laisser mes points faibles de côté. Du coup, quand je me retrouvais devant le but, je ne me posais même pas la question, c'était ce que je faisais tous les jours des centaines de fois. C'était devenu naturel. Avec Alain Casanova, je restais longtemps le soir à l'entraînement pour répéter mes gammes. Pendant trois ans, il a accepté de se faire canarder tous les jours. Il était à la fois second gardien de l'OM et mon entraîneur personnel (rires). Mais surtout, c'était un ami, et c'était ça le plus important.

C'est pour ça que vous lui dédiez votre Ballon d’or en 1991 ?
Complètement. Parce que j'en ai connu des gardiens dans ma carrière, mais seulement lui a accepté absolument tous les jours de m'entraîner. Même quand c'est moi qui avais un petit coup de moins bien, c'est lui qui insistait pour qu'on y aille quand même. Alors je lui ai dédié le Ballon d’or, parce que vraiment il y avait une grosse partie que je lui devais.

Qu'est-ce que vous ressentez au moment où vous présentez ce Ballon d’or au Vélodrome ?
C'est magique, parce que je le dois un peu à eux aussi. En plus cette année-là, on perd la C1 en finale, alors j'ai un peu l'impression de leur offrir un trophée, même si c'est loin d'être la même chose. Je suis le seul à l'avoir fait en France, et quand on sait ce que représente le foot à Marseille, c'est particulier. J'ai vraiment eu l'impression ce jour-là qu'ils étaient très fiers. Je l'étais aussi bien sûr, mais le fait de les rendre fiers, eux, ça n'a pas de prix.

Vous avez le sentiment de ne pas être autant estimé que les autres lauréats français ?
« Un Ballon d’or reste un Ballon d’or, qu'on l'ait gagné au Real Madrid, à la Juventus ou à Marseille. »
Non, sincèrement pas. Un Ballon d’or reste un Ballon d’or, qu'on l'ait gagné au Real Madrid, à la Juventus ou à Marseille. Après, c'est juste une histoire de communication et de médias. Avant moi, Platini à la Juve méritait par exemple amplement ses Ballons d'or. Mais après moi, le Ballon d’or est devenu autre chose. C'est devenu une sorte de show télévisé, avec tous les acteurs du football mondial. Une chose que je regrette, c'est qu'il n'y ait pas un Ballon d'argent et un Ballon de bronze aussi. C'est hyper frustrant, quand on fait partie des trois meilleurs joueurs du monde, de ne pas avoir une véritable distinction.


Votre histoire avec Marseille a failli ne jamais commencer. En 1986, avant le Mondial, vous aviez signé un pré-contrat avec Monaco. Qu'est-ce qui vous a convaincu de finalement rejoindre l'OM ?
C'est Bernard Tapie. Il a été très convaincant avec un vrai projet. Mais aujourd'hui encore, je ne sais toujours pas comment il a fait pour me faire venir à Marseille, alors que j'étais déjà engagé à Monaco. Je crois qu'il y avait un vice de forme dans le contrat, et il a réussi à s'engouffrer dans la brèche d'une manière ou d'une autre. Et puis, moi, à l'époque, mon objectif, c'était de revenir dans mon pays. Comment regretter aujourd'hui que les choses se soient passées comme ça ?

Jeune, vous n'étiez pas forcément supporter ou sympathisant de l’OM ?
J'ai découvert l'OM à l'occasion d'un soir de Coupe d'Europe, un Marseille-Ajax au début des années 70. Mais bon, quand on est jeune, on est très ouvert, on cherche les infos, on ne sait pas trop qui on va aimer. Donc forcément, à mon époque, le premier club que j'ai vraiment supporté, c'est Saint-Étienne. En 1976, Saint-Étienne, c'est l'équipe de la France. Ce Saint-Étienne avait tous les ingrédients qui pouvaient attirer les jeunes fans de foot : le succès, le beau jeu. Quand on est petit, on est sensible à tout ce qui est exploit. Et là, c'était tout le temps ça, c'était un truc de fou. Des remontadas à tous les tours de Coupe d'Europe (rires).


Avant toutes ces belles années à Marseille, il y a eu une saison beaucoup plus compliquée, avec des critiques dures. Comment l'avez-vous surmontée ?
C'est vrai, je suis très jeune et j'arrive d'un championnat étranger. Je suis à des années-lumière de savoir ce qu'il faut faire pour être très performant au plus haut niveau. Il me fallait cette année d'adaptation. Les critiques font partie du jeu, il faut savoir assumer quand on est bon et quand on ne l'est pas. La chance que j'ai eue, c'est que j'avais autour de moi des grands joueurs. Je pense à Alain Giresse qui m'a appris beaucoup à ce moment-là. C'était comme un grand frère, il savait parler aux jeunes. Ses conseils pour bien gérer sa carrière et devenir un vrai professionnel étaient très précieux. Il m'a donné une approche que je ne connaissais pas. Il m'a fait comprendre que pour durer, il fallait faire des efforts. Je n'ai pas écouté avec beaucoup de monde, mais avec lui j'ai écouté.

À partir de là, vous faites de l'OM un grand de France. Mais le club peine encore à s'imposer en Europe. Quand a eu lieu le déclic ?
Je pense que le déclic, c’est le Marseille-Ajax en demi-finale de Coupe des coupes en 1988. On a eu une campagne européenne cette année-là qui n'a pas spécialement été compliquée. Mais, en demi-finale, là où ça commence à être important, on joue contre les gros. On joue l’Ajax, on perd 3-0 chez nous. On n'a pas encore la grande équipe de l’OM, mais après on se parle beaucoup, on fait le bilan, et au match retour on va gagner 2-1 là-bas. De ce match-là, il est ressorti quelque chose de très fort. Derrière on est champion, on fait la Ligue des champions et contre les gros, on n'avait plus de complexes.


L'ère Tapie est sujette à beaucoup de fantasmes. Où se situe la part de vérité et que faut-il retenir de son passage à l'OM ?
Pour moi, il n’y a que les titres à retenir de l’ère Tapie. C’est un président qui est arrivé dans un club qui n’avait pas gagné depuis dix ans et derrière tu enchaînes avec six trophées, et trois demi-finales de Coupe d’Europe. L’histoire de Marseille de ma génération, c’est l’histoire du PSG aujourd’hui. C’est la même. En revanche, ce qui est dommage, c’est qu’on n'ait pas pu affronter cette équipe aujourd’hui (rires).

Avec qui vous avez pris le plus de plaisir à jouer ?
Il y a deux choses. Celui qui m’a le plus impressionné, je pense que c’est Dragan Stojković. Malheureusement, nous n'avons pas joué beaucoup ensemble, parce qu’il a été énormément blessé au genou. Mais celui avec qui je m’entendais le mieux, c’était Chris (Waddle, ndlr). Parce que la connexion s’était faite de suite lors de son arrivée. Pratiquement personne ne parlait anglais et il est venu habiter deux mois à la maison. Il y avait de l’affinité, on a appris à se connaître. On était de très, très bons amis. Et ça se ressentait sur le terrain, on adorait jouer ensemble.

En six ans à Marseille, avec tous les titres et les buts marqués, quel est votre meilleur souvenir ?
La finale de Coupe de France contre l’AS Monaco. Après, c'est compliqué.
« Ce que je retiens de Marseille, ce sont les six ans, où tu arrives jeune joueur professionnel et tu repars en star. »
Tu me demandes un seul souvenir, mais je pense qu’à Marseille, c’est dur de n'en retenir qu’un. Moi, ce que je retiens de Marseille, ce sont les six ans, où tu arrives jeune joueur professionnel et tu repars en star. Et je pense qu’on n'est pas beaucoup à l’avoir fait à Marseille. Il y a Josip (Skoblar), Magnusson, Chris (Waddle), Klaus (Allofs), et il y a moi. J’en oublie d’autres, sûrement. À partir du moment où Tapie est arrivé à Marseille, il a bâti une équipe de plus en plus forte chaque année et capable d’aller de plus en plus loin en Coupe d’Europe. Et d’ailleurs on l’a gagnée.

Et le pire souvenir, c'est l'élimination contre Benfica en 1990, ou la défaite en finale en 1991 ?
La finale contre l'Étoile rouge, indéniablement. Après, bien sûr, il y a ce but de la main de Vata en 1990. Mais ce n’est pas le but de la main qu’il faut blâmer. On doit gagner 6-1 chez nous et on ne gagne que 2-1. Seulement ce jour-là, les poteaux, il y en a eu trois, c'est le manque d’efficacité. Eux, ils ont juste un corner et une occasion derrière. Après tu prends un but de la main que personne n’a vu finalement. Moi, je ne l’ai même pas vu, je ne l’ai vu qu’à la télé après. Le football, ça se joue toujours à des détails. En ce qui me concerne, c'est encore plus dur en 1991 bien évidemment, car c'est le seul match où on n'a pas vraiment joué du tournoi, et c’est le seul match qu’on a perdu.

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Comment expliquer cet échec ?
On était peut-être supérieurs, mais de pas grand-chose. Quand tu regardes l’équipe de l’Étoile rouge, il y avait de gros, gros joueurs. Simplement, je pense qu’on s’est vu beaux, on s’est vu champions d’Europe avant. En cherchant à annihiler cette équipe, on s’est annihilé nous-mêmes. On a trois ou quatre occasions quand même. Mais là aussi, quand tu as des occasions dans ce genre de matchs et que tu ne les mets pas, à un moment tu le paies cash. Mais, c’est aussi ça le football. On pense qu’on est meilleur, et je pense qu’on l’était, mais parfois les meilleurs ne gagnent pas toujours.

Beaucoup de gens pensent que l’équipe de Marseille de 1991 était plus forte que celle de 1993 qui a remporté la C1. Vous êtes d’accord avec ça ?
Moi, je pense que l’équipe la plus forte de l’OM, c’était en 1990. Je pense que sur tous les points, on était plus forts. C’est juste mon ressenti. Moi, je le vois comme ça, après sur les résultats, ça ne se voit pas spécialement. Cette équipe-là était aussi championne. Et le Marseille-Benfica où on gagne 2-1 est pour moi le plus grand match de Ligue des champions que j’ai joué à l’OM. Mais ça n’a pas été suffisant.

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Aujourd'hui, avec le recul, vous regrettez votre départ à l'AC Milan, juste avant la victoire de l’OM en C1 ?
On ne peut pas regretter. S’il n’y avait pas des choix à faire, ce serait facile de parler. Non, je ne regrette pas. En revanche, ça m’a particulièrement fait chier de jouer contre mes anciens coéquipiers en finale. Je suis parti parce que j’avais peur de ne pas faire aussi bien que ce que j’avais fait avant. Et j'étais curieux de connaître les grands clubs italiens. Ça faisait deux ans que le Milan me faisait de l’œil. J’ai fait un choix et je ne le regrette pas. C’est la vie d’une carrière.


Quelle part occupe l'OM dans votre vie aujourd'hui ?
Que des souvenirs, car je ne partage rien avec le club sur ce qu’il se passe aujourd’hui. Alors je ne peux vivre que de souvenirs. J’aime aller dans ce stade, j’aime aller dans cette ville. J’y ai construit une grande partie de moi.

L'année dernière, on vous annonçait avec insistance de retour dans l'organigramme du club. Jusqu'où sont allés les contacts ?
Que des annonces. Les contacts sont restés à l’état de pourparlers.

C'est encore dans un coin de votre tête de revenir au club ?
À voir.

Même si vous ne faites pas partie de l'équipe de 93, on vous a classé premier de ce top. Vous avez l'impression d'être le joueur le plus emblématique de l'OM ?
« J’ai écrit ma page, même si je ne l'ai pas fait seul, et j’ai le sentiment d’avoir fait les choses comme il le fallait. »
Vous savez, le livre de l’OM, c’est comme un dictionnaire. C’est un club qui a une grande histoire, où il y a de très, très grands joueurs qui sont passés. Après, je pense que dans ma génération, cette place est méritée parce que j’ai fait beaucoup de sacrifices. J’ai écrit ma page, même si je ne l'ai pas fait seul, et j’ai le sentiment d’avoir fait les choses comme il le fallait. Voilà, moi j’ai fait ma part du travail. Après, je pense que si l’on faisait le même classement il y a vingt ans, ce serait Josip Skoblar à ma place. En tout cas, c’est quelque chose qui me rend très fier, car j’ai aimé cette ville et j’ai aimé ses supporters.
GovouLegend Niveau : CFA
 //  14:21  //  Supporter de Lyon
Note : 5
Moment de plaisir : Montrer une vidéo Youtube de Papin à mon petit neveu qui ne connait que les joueurs actuels.

"Ouaaah mais il était trop fort !"


Ben ouais.
Mes 5 préférés:





Sorcier ! Quelle est cette magie noire ?

Hésite pas à en mettre plus des gifs comme ça, parce qu'entre les vidéos à 8 pixels de Youtube et les limitations géographiques de Dailymotion, dans 2 semaines t'es ballon d'or
O Alegria Do Povo Niveau : Ligue 2
Note : 2
Ce pouvoir est accessible à tous.

Mais seul ZizouGabor l'use avec pertinence.

Il manque quand même le plus beau, selon moi, celui contre Zubi en 91. Porte-manteau pour accueillir la chemise de nuit de Dieu le Père.
En fait, ce sont mes préférés à l'OM mais je te rassure, celui contre Zubi ou encore face à la Belgique sont des purs classiques de ce sport (et je le dis humblement).
Ah ah géniale la réaction de Raymond ^^

5 réponses à ce commentaire.
"sur tout les points"

et la relecture c'est pour tonton?
L'attaque Waddle - Papin - Pelé, c'était quand même quelque chose ! Avec Andersson, Alcazar, Skoblar, Boyer, Papin, Samassa et Aznar, on peut quand même dire qu'on a vu pas mal d'avants centres de qualité ! Je sais pas si So Foot va réussir à faire un onze type de l'histoire du club (je sais même pas si c'est possible), mais le choix va être cornélien.
Fred Astaire Niveau : National
Contentons-nous d'un onze type par grande période, ce serait déjà pas mal ! il en faut au moins quatre pour povoir caser tout le monde. Je vais voir ça. Je reviens.
Caribou West Niveau : CFA2
Mettre Samassa et pas Bakayoko, quelle faute de goût !
Ce bon vieux Ibrahima qui n'est même pas dans les 50 d'ailleurs, alors qu'il représente d'après moi à merveille cette époque où l'OM recrutait 40 joueurs et en vendait 35 (parfois les mêmes).

J'avais cherché au plus mauvais, peut-être que Matt Moussilou aurait été plus approprié, mais lui n'a pas signé en tant que joueur là pour remplacer le Djib' !
Samassa, haha. On te pardonne, tu dois être bientôt centenaire pour avoir vu jouer Alcazar.
Je n'ai pas besoin de l'avoir vu jouer pour savoir qu'il a été une pièce maîtresse de l'équipe de l'OM qui a remporté ses premiers trophées. Tout comme je n'ai pas vu jouer la plupart de ces anciens joueurs de l'OM, il n'empêche qu'ils ont participé à l'histoire du club.
5 réponses à ce commentaire.
Il aurait fallu faire un Top 51 spécialement pour Marseille.
Sportivement, j'octroie cette place d’honneur à Daniel van Buyten.
Techniquement, vu que Jairzinho et Paulo Cesar ont été compté comme un duo, le compte est bon !
1 réponse à ce commentaire.
Joshua_is_a_tree Niveau : CFA
La main de Vata, que de mauvais souvenirs.

Franchement, en y repensant, c'est vrai que c'est plus le match aller ou l'OM ne gagne que 2-1 qui me donne le plus de regrets.
John Fitzgerald Wilis Niveau : Loisir
C'est sur qu'au match aller ils peuvent en mettre 4 ou 5 facile , après ça a permis à Tapis de comprendre comment gagner la champions league, son interview d'après match c'est quelque chose !!!
Papin n'a pas pu empêcher les Portugais de renverser la vapeur au match retour.
2 réponses à ce commentaire.
O Alegria Do Povo Niveau : Ligue 2
Note : 14
Je dois me taper sur la cafetière pour me souvenir de Jean-Pierre Papin. C'est triste, mais c'est la vérité. Bref, je veux dire me souvenir réellement de lui. Pas seulement de ses prestations, de ses stats, de ses buts ; toute cette merde archivable ne constitue pas l'ombre d'un souvenir réel. Or, je veux me souvenir de JPP. Comment il sentait, quel parfum il fleurait. Autrement foutez-moi direct à l'abattoir et qu'on en parle plus.

D'aussi mal que je m'en souvienne, JPP n'a jamais été ce qu'on appelle un joueur de foot. Je vous jure que j'ai rarement vu un joueur aussi embarrassé avec un ballon dans les pieds. Il le savait bien sûr qu'il n'était pas Waddle, ni Pelé ; il savait qu'il n'était pas artiste, et encore moins gourmet. Il était juste gourmand. JPP était un putain d'anthropophage. Un cannibale du but.
Tous les types derrière lui créaient du foot, cuisinaient du foot, inventaient des recettes inédites pour que lui puisse les déguster seul à sa table garnie de mets plus succulents les uns que les autres. JPP, c'est Pantagruel en short. Un être né du chaos primordial entre les 6 mètres et les 16 mètres 50.
Je ne suis pas statisticien du terrain, mais la zone de JPP, je la connais par coeur. Zone préférentielle qui l'a vu marquer ses plus beaux buts. Là, dans le coin droit de la zone de vérité, l'endroit où ses fantastiques patates jouissaient du plus bel éventail d'angles azimutés. Comme un ventre affamé accueille le moindre aliment.

Servez-lui donc du caviar, il l'avalera sans même mâcher, sans même prendre le temps de faire craquer les oeufs délicats sous sa langue. Servez-lui de la godasse, du cuir bien épais, de la semelle avariée, il l'avalera avec le même appétit insatiable - appétit de ceux qui sont morts parce qu'ils avaient faim et sont ressuscités - parce qu'ils avaient faim.
Avoir faim de but, c'est probablement la faim la plus paradoxale au monde. Parce que tu ne crées rien, tu conclues. Et celui qui est là pour finir l'action, le 9 antique, est à la fois celui qui parachève l'effort collectif mais aussi celui qui le détruit, qui y met fin.
Papin a toujours su quelle était sa place dans un collectif : celui qui conclu les efforts des autres, c'est à dire les réduit à néant - et par la même, force le collectif à se renouveler.

Papin fait partie de ces destructeurs de la chose footballistique qui poussent le jeu à sans cesse faire peau-neuve. Papin, c'est l'hiver du foot, la fin des haricots au fond des filets. Le 9 à l'ancienne avait une vertu profondément alchimique : faire violence à la tache collective en lui mettant fin par le but.
Sur le pré, le 9 ne joue pas, il survit. C'est à dire qu'il mange. Il mange tout sur son passage. C'est la politique du gazon brûlé. Quand Waddle créait de sublimes arabesques et dilatait le temps pour le rendre appréciable, mémorable, Papin le précipitait dans un gouffre. Heureusement qu'on a pensé à mettre des filets dans les buts, autrement JPP aurait poussé la gonfle jusqu'au bout du monde. Derrière toutes les lignes possibles, il aurait poussé ce putain de ballon, et la courbe du temps s'en serait trouvé fortement dilatée.
Nos consciences aussi.

La faim du buteur est tellement ancestrale, primitive, qu'elle appartient à tous. Parce que la faim est la chose la plus partagée au monde. Et le 9 à l'ancienne était son plus bel étendard. Papin n'était jamais dans l'invention, ses gestes acrobatiques ne sont que pure réaction travaillée d'arrache-pied pour en faire des réflexes, des automatismes. Le but comme seule ligne de mire. Papin n'a jamais vu plus loin que le bout de son but, parce que c'est là que son monde s'arrête - et là où il (re)commence. Sitôt franchie la ligne, la surréalité s'effondre pour laisser place au vieux-monde, aux vieux sentiments, aux grimaces triomphales. La ligne de but affranchie par le ballon détruit toute croyance, abolit toute foi puisqu'elle concrétise l'espérance - qui est par essence désincarnée.

Papin, comme tous les grands 9, sont des picadors du sort, des passeurs de dimension. Ils mettent fin au monde pour mieux le récréer. Papin est le fossoyeur de foot par excellence. Aucun don particulier pour le jeu - rien ! Juste cet instinct irrationnel, obsessionnel, de mettre fin à la mascarade footballistique.
Pour révéler de nouvelles perspectives, et mieux reconduire, encore et encore, cette sempiternelle mascarade ressuscitée par sa propre mise à mort.

Hors du terrain, bien loin des stades, la vie ne connait pas d'autres règles.
Hello amigo, back from retirement?
O Alegria Do Povo Niveau : Ligue 2
Note : 1
Dip,

je vais garder une distance respectable entre le foot et moi. Mais je serais le dernier des idiots de ne pas m'intéresser à une fin de championnat palpitante, et au finish héroïque de l'ASM et de l'OL en coupe d'Europe.

Je garde un oeil amusé et palpitant sur ces coeurs qui s'offrent à nous.

Et puis merde, ça me fait chier de vous lire sans intervenir. Je vous aime trop pour ne pas me renier - malgré mes nausées embarrassantes.

Je reste avec vous les copains.

L'enthousiasme est pour moi le principe de toute chose - rien ne s'est crée sans élan, rien ne s'est maintenu sans enthousiasme.

Je vais tacher de trouver mon second souffle.
Je ne doute que tu le trouveras quand tant de vie transpire de tes mots, je profite de cet instant pour te remercier pour tout ces intermèdes de (ma)vie que tu a soigneusement adouci avec ta plume.
Alors s'il te plaît, pour tous ceux qui, comme moi fut un temps, te lisent sans forcément participer au forum, continue de faire battre ce clavier de toute cette énergie tellement contagieuse et bénéfique, en ces temps ou il est de plus en plus dur de continuer à se délecter du foot avec ses yeux d'enfants..
Exact. Dans la trinité hindouiste, il serait Shiva, Dieu de l'ignorance, de l'illusion et la destruction, mais dans le but de créer un monde nouveau, traversant et transformant les formes du déterminisme en mouvement. C'est la source créatrice en sommeil qui se déploie pour mettre fin à l'univers et amorcer un nouveau cycle.
Je parle de Papin bien sûr, pas de l'amigo O Alegria ...
O Alegria Do Povo Niveau : Ligue 2
Note : 1
C'est ça. Papin est la forme ensommeillée de la pire violence latente. Celle qui, par sa précipitation, entraîne le monde avec elle - et exige que le monde se conforme à sa faim.

C'est con mais ça m'a fait penser à deux films terminaux :

- Les enfants terribles de Melville.

- Les poings dans les poches de Bellochio.
Ce commentaire a été modifié.
Eugène Samonacco Niveau : Ligue 2
Note : 2
Et Shiva Star N'Zigou était son incarnation postérieure *magie*

Pap-i-rus Niveau : DHR
Allegria j'aimerais savoir d'ou tu viens ? Quel est ton parcours ?
Je trouverais ca beau que ton art (car la facon dont tu utilises les mots c'est bien de l'art) soit ton metier, mais je trouverais ca magique que tu sois juste un genie sans ambition litteraire

Ta phrase sur l'enthousiasme est tellement vraie que s'en est troublant
Fred Astaire Niveau : National
Il te répondrait certainement:

"Non ! non, c'est bien plus beau lorsque c'est inutile !"


Cyrano de Bergerac d'Edmond Rostand. Acte V, scène 6

9 réponses à ce commentaire.
Au delà du super joueur qu'il était, Papin semble en plus être quelqu'un d'attachant... Les choses n'ont pas été toujours faciles pour lui mais il a réussi à devenir ce qu'il a été par le travail ! Et on ne peut que lui tirer notre chapeau pour cela... Enfin, j'ai bien aimé le voir revenir dans le championnat de France pour y finir sa carrière, d'abord aux Girondins puis ensuite à Guingamp... Si Zidane avait pu faire la même chose au lieu de partir sur un coup de tête, j'aurais préféré, on en aurait profité encore un peu...
 //  17:16  //  Aficionado de la Thaïlande
Chapeau bas, joueur marquant d'une jeunesse meme si on n était pas marseillais, j imagine que pour les gamins d aujourd'hui c était un peu la meme avec le Z sauf que JPP est a des annéeeess lumières devant en terme humain ( y a aussi ce qu il a fait niveau associatif qui est sympa). Fallait se souvenir de sa marionnette, des pubs etc, une vraie star d un football alors moins antipathique, moins robotique.
Anecdote, j ai croisé son neuveu sur les champs après la demi de 2006, a gueuler 'JPP revient' (m a montré sa carte d identité tellement je ne croyais pas que c était vrai) alors peut etre que c était un mytho de soirée-bourrés-onsenfouonestqualifié mais voilà la force du JPP, meme 10 ans après (et parisien) t as envie de gueuler pour lui.
Aussi un plaisir de le retrouver dans l EDF all star sur PES, je le mettais titulaire à chaque fois qu on se faisait des matchs avec ces équipes all-star de taré. Y a moyen qu'il nous lise en plus vu qu'il est content d etre interviewé, et bien, mes salutations !
O Alegria Do Povo Niveau : Ligue 2
Y'a clairement moyen que JPP lise ces commentaires, tu as raison ! Si c'est le cas (je me prends à rêver, et ce n'est qu'un juste retour des choses, puisque c'est JPP qui m'a appris à rêver), sache, Jean-Pierre, qu'on t'a terriblement aimé et qu'on t'aimera toujours parce qu'on te sait fidèle, à toi-même comme aux autres.
L'anecdote sur Casanova le raconte mieux que tous les discours.

Merci Jean-Pierre. Merci d'avoir été ce phare dans nos vies, ce modèle d'humilité et de confiance. Ce monstre de travail et d'instinct.

Le peuple du foot ne t'oubliera jamais.
1 réponse à ce commentaire.
Ce commentaire a été modifié 2 fois.
Un grand joueur pour sûr. J'ai l'impression qu'il est unique dans le football français, ce joueur qui sentait le but comme un chien en chasse. Il marquait dans toutes les positions, dans tous les sens. Fantasque. Dirais-je.

Mais j'ai une opposition virtuel que j''aimerais partagé, sûrement une question d'égo. Mais qui m'en voudra.

Dorian Guérel, Entraineur du Stade Luçonnais depuis 33 ans.
Football Manager 2014
À Luçon, le 15 Août 2046

Aujourd'hui, Nikos Ntovas a 27 ans. Il joue au Stade Luçonnais depuis 8 saisons, en comptant celle qui vient de débuter. Et lors de ce deuxième match de championnat contre le Stade de Reims, N. Ntovas a réussi un de ses objectifs. Arriver à un ratio de 1 but par match de championnat avec mon club actuel. Pour son 181e match en championnat il a marqué ses 180e, 181e, 182e et 183e buts en championnats pour le Stade Luçonnais.

Nikos Ntovas est un attaquant prodigieux à voir jouer. Comme son prénom l'indique, il est allemand et sa réussite en équipe d''Allemagne n'est pas aussi grande qu'en club. La saison dernière, il a battu le record de Josip Skoblar en marquant 46 buts en une seule saison, en 33 matchs. Une blessure fin janvier l'ayant un peu ralenti. Mais il avait marqué un quintuplé 3 journées plus tard pour rattraper son retard. Il avait notamment fini la saison avec 65 buts de marqués sur la saison toutes compétitions confondues, battant son record de l'année précédente qui était de 64 buts. Réalisant sur la saison 2045-2046, une razzia sur les récompenes personnelles et d'équipe, il était arrivé de Cologne en 2039 pour un transfert estimé à 31M€.

La dernière saison, nous avons gagné toutes les compétitions à notre portée. La Ligue 1 pour la 12e fois consécutive (avec 161 buts marqués record L1 et un 12-0 infligé contre Sochaux record de victoire la plus large datant de 1935 qui était une victoire 12-1 de Sochaux contre US Valenciennes-Anzin), la Ligue des Champions pour la 3e saison d'affilée, la Coupe de Ligue pour la 4e fois d'affilée, égalant le record de Marseille, la Coupe de France, le Championnat du Monde des Clubs, le Trophée des Champions et la SuperCoupe d'Europe.

Une année dingue en grande partie grâce à ce buteur, bien épaulé par Yoann Charpentier, meneur de 24 ans, qui totalisa 27 buts et 34 passes décisives en fin de saison dernière. Pur produit de notre centre de formation. Sans doute le meilleur joueur sorti du centre de formation luçonnais depuis Régis "Kaba" Kabasele qui mit un terme à sa carrière cette même saison après 19 ans de bons et loyaux coups de pattes.

Désormais, Nikos Ntovas à un nouvel objectif. Rattraper le meilleur buteur du club en championnat, Mauricio Barrientos, célèbre argentin du club qui perpétue la tradition des grands joueurs argentins du Stade Luçonnais depuis ma prise de fonction en juillet 2013, même si la tâche n'est pas des plus aisées. M. Barrientos étant son partenaire d'attaque actuellement, et il a encore faim de buts. Tournant à une bonne quinzaine de buts par saison, il est actuellement à 219 buts. Mais le compteur tourne encore. Et Nikos Ntovas est un magicien qui a toujours un tour dans son sac.
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