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Les 50 joueurs qui ont écrit l'histoire de l'Atlético de Madrid

Troisième club le plus grand d'Espagne en matière de palmarès, l'Atlético possède une histoire faite de sueur, de combat et de solidarité. Quitte à perdre en martyr et prendre un but dans les dernières minutes, être de l'Atlético, c'est être aussi un grand romantique. Agüero, Torres, Molina, Vieri, Adelardo, Aragonés : top 50 des joueurs ayant écrit l'histoire de l'Atlético de Madrid.

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#24: Julio Antonio Elícegui Cans

Le pionnier du succès. Et comme le hasard fait bien les choses, Elicegui est né dans la province de Navarre, au Pays basque. Une région où le culte du labeur est érigé en règle d’or. Là-bas, le jeune Julio Antonio connaît la droguerie de ses grands-parents, où il se gave de chocolat... et de tabac. À tel point qu’au moment de passer chez le médecin pour une indigestion, ce dernier explique à sa grand-mère qu’il doit arrêter de fumer au plus vite. Si Elícegui n’a plus jamais retouché à une cigarette depuis ce jour, il ne s’est en revanche arrêté de jouer au football qu’à partir du moment où ses jambes ne pouvaient plus suivre. Entre-temps, El Expreso de Irún s’engage à l’Athletic Aviación pour 50 000 pesetas payée au Real Unión et un salaire mensuel de 1500 pesetas. Sa première saison chez les Rojiblancos le proclame déjà comme meilleur buteur de son équipe, avec 17 buts. En 1940, la reprise du championnat à la suite de la Guerre Civile permet au club de remporter la première Liga de son histoire, avec Elicegui en tête d’affiche. Le sport, c’est mieux que la cigarette.

#23: Alfonso Aparicio Gutiérrez

Son palmarès au sein de l’Atlético de Madrid reste encore inégalé en matière de Liga, alors que ce défenseur de renom a terminé son bail dans la capitale espagnole en... 1952. Sous l’appellation de l’époque Athletic Aviación, Aparicio démarre son aventure colchonera en 1939 juste après la guerre civile, et récolte quatre Liga (1940, 1941, 1950, 1951) et trois Supercoupe d’Espagne (1940, 1947, 1951). Véritable légende du club, ce stoppeur n’était pas là pour plaisanter quand il s’agissait d’aller au duel. « Quand je voyais qu’un adversaire s’échappait de mon marquage, je ne lui mettais pas un coup, je l’accrochais par le maillot, expliquait-il à Marca en 1996, peu avant son décès. De cette façon, aucun joueur ne pouvait me dépasser. Qu’est-ce que je pouvais aimer arracher les maillots ! » . De ces années madrilènes, Aparicio gardait en premier lieu les années passées sous les ordres d’Helenio Herrera. « Il nous engueulait comme personne. On s’entraînait trois heures par jour minimum, mais quand arrivait le dimanche, on mangeait n’importe quelle équipe sur le terrain. » Le fruit du travail.

#22: José Armando Ufarte

Si Ufarte est natif de la Galice, sa jeunesse prend une tournure sud-américaine lorsque sa famille décide de partir au Brésil. Au pays du football, Ufarte récite ses gammes et devient vite l’une des grandes idoles de Flamengo, où il récolte le surnom affectif O Espanhol. Mais ses plus grandes pages s’écrivent à son retour en Europe à partir de 1964, au sein de l’Atlético de Madrid. Durant dix ans, Ufarte va porter le maillot colchonero avec honneur, dévotion et succès. Triple champion d’Espagne (1966, 1970, 1973) et double vainqueur de la coupe d’Espagne (1965, 1972), cet ailier droit offre par deux fois le sacre national à son équipe en championnat, contre l’Espanyol Barcelone puis face à Sadabell. « Le travail et l’amitié sont les clés de la réussite d’une équipe, explique-t-il à Vavel en 2013. Je vois l’équipe actuelle très soudée. Pour être champion, il faut aussi avoir des joueurs de grandes qualités individuelles. Je crois que l’Atlético est sur le bon chemin. » Un visionnaire.

#21: Carlos Aguilera Marín

Radomir Antić, coach de l’Atlético de 1995 à 1998 : « C’était un joueur qui était très utile dans mon équipe pour sa rapidité et sa capacité de placement, un élément très polyvalent. Je me souviens très bien d’un match que nous avions joué face à Tenerife. Nous avons été réduits à dix au cours du match et nous étions menés 2-0. Quand la mi-temps arrive, je décide de replacer Carlos au milieu du terrain, car je savais qu’il pouvait prendre à la fois le poste de latéral et celui au milieu du terrain, cela ne lui posait pas de problème de faire la jointure. Finalement, nous faisons match nul 2-2. Son replacement avait totalement influé sur le cours de la partie. C’était aussi un joueur qui portait des lentilles de contact. Dans un match retour en quart de finale de C1 contre l’Ajax, il en avait perdu une sur un contact et était sorti du terrain le temps d’en trouver une autre. Pendant ce temps-là, Ronald De Boer en avait profité pour marquer un but qui nous obligeait à aller en prolongation, où nous avons finalement perdu.  »

#20: Larbi Ben Barek

Si Neymar est aujourd’hui joueur du PSG, l’Atlético de Madrid avait jadis été dans le rôle du bourreau du Stade Français, club francilien de l’époque, contraint de lâcher sa « Perle Noire » contre 17 millions de francs, un transfert record à l’époque. « On peut vendre la tour Eiffel et l’arc de triomphe, mais Ben Barek jamais ! » s’insurge alors la presse locale. La scission avec le joueur et la Fédération est même brutale, puisqu'il n’est plus appelé par l’équipe de France qui boude son attaquant à la suite de son départ de l’autre côté des Pyrénées. À Madrid, son talent ne s’arrête pourtant pas de s’exprimer, loin de là. Double champion d’Espagne en 1950 et 1951, le natif de Casablanca compose ainsi l’un des moteurs de la « Delantera de cristal » avec Juncosa, Pérez Paya, Carlsson et Escudero. Ben Barek, ambidextre et agile face au but, est une si grande star que Pelé himself lui a lancé une flopée de fleurs en une phrase : « Si je suis le roi du football, alors Ben Barek en est le dieu. » Rien que ça.

#19: José Juncosa

L’homme fait à la fois de cristal et de soie. Membre des deux lignes d’attaque de l’Atlético dans les années 40 et 50, Juncosa débarque à Madrid en provenance de l’Espanyol Barcelone. Avant-centre de formation, le joueur va pourtant occuper les ailes de l’attaque madrilène pendant onze saisons, permutant entre le côté gauche et le côté droit. Sa technique, son dribble et son sens du but font fureur au sein du club, où il remporte deux Liga et une Supercoupe d’Espagne. Joueur fidèle à l’Atlético comme l’était son compagnon offensif Adrián Escudero, Papá Dribling assure le spectacle et prouve son amour à l’Atlético en torturant les défenses avec ses enchaînements de feintes balle au pied. Au club, il popularise le « gol del cojo  » (but du boîteux, en VF) en référence à sa capacité à marquer même avec une blessure. Non, Juncosa n’était pas un joueur à remplacer même diminué, car le gaillard était toujours au-dessus des autres.

#18: Radamel Falcao

L’amour, c’est une sensation indéfinissable, irrationnelle et intense. L’amour, c’est sans aucun doute ce que les socios de l’Atlético de Madrid ont dû ressentir sans interruption pendant les deux années où Radamel Falcao a porté le maillot rojiblanco. Deux ans, c’est court, c’est vrai. Mais deux ans passés à jouer 90 matchs et marquer dans le même temps 71 buts, c’est inoubliable. À la fin de son passage à l’Atlético de Madrid, Falcao était tout simplement considéré à juste titre comme le meilleur avant-centre de la planète. Bandeau bien fixé autour de sa longue chevelure noire, El Tigre était sur sa lancée du FC Porto, en pleine bourre. Certains le considéraient même capable d’aller chercher le Ballon d’or, malgré la surpuissance du duel à distance entre Lionel Messi et Cristiano Ronaldo. Même après avoir quitté le club pour l’AS Monaco à l’été 2013, Falcao est toujours ancré dans la mémoire de Diego Simeone. Sa blessure au genou ? Du passé. « Son retour en forme ne me surprend pas du tout, explique El Cholo en mars 2017. Je le connais beaucoup, je l’aime beaucoup. D’abord en tant qu’homme, et ensuite en tant que footballeur. Il est passé par des étapes difficiles, mais il possède cette force intérieure immense qui le fait revenir au top aujourd’hui. » La griffe du tigre marche encore, et la France peut s’en réjouir.

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#17: José Eulogio Gárate

L’attaquant cérébral par excellence. Né à Buenos Aires de parents basques, Gárate rentre en Espagne pour entamer sa carrière de footballeur. Après trois saisons pour monter en régime, El Ingeniero del gol s’engage avec l’Atlético de Madrid en 1966. Un club qu’il ne va plus lâcher jusqu’à sa retraite, en 1977. Son palmarès s’est bien étoffé en conséquence de sa capacité à planter les banderilles : trois championnats d’Espagne, une victoire en Coupe intercontinentale et aussi trois titres consécutifs de Pichichi (1969, 1970, 1971). Reconnu pour sa facilité offensive en compagnie d’Heraldo Bezerra et Rubén Ayala où ils forment Los 3 Puñales (les trois poignards, en VF), Gárate était aussi un homme aux qualités humaines très fortes : à chaque fois qu’il marquait, le buteur avait pour habitude de ne jamais célébrer ses buts, par respect envers l’adversaire. Une élégance rare et presque excessive, à laquelle le Real Madrid ne sera pas insensible. Pour son jubilé organisé au Vincente-Calderón entre l’Atlético et le Pays basque, des supporters merengue viendront applaudir le départ de l’idole colchonera. Au-delà de ses buts, Gárate symbolise le pacifisme à l’état pur.

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#16: Luis Edmundo Pereira

Recruté au sein de ce Brésil du Mondial 1974 qui sentait bon la coupe afro, Luis Pereira est le défenseur le plus élégant balle au pied que l’Atlético ait connu. Stoppeur de formation, son nom complet était d’ailleurs Luis Edmundo Pereira Chevrolet, ce que son compatriote Rigoberto Fusca avait souligné pour expliquer que la grosse cylindrée américaine se mariait bien avec son coéquipier au postérieur proéminent. Champion d’Espagne en 1977 avec l’Atlético de Madrid, Luis Pereira n’avait jamais peur de faire ressortir la balle proprement, quitte à faire un dribble ou deux dans la surface et de susciter l’inquiétude du public. Mais à chaque fois, le Brésilien s’en sortait comme un chef. Rentré au pays par la suite, il est invité en 2002 par le club à faire partie du staff technique de l’équipe réserve. Pour les 110 ans de l’histoire du club, les internautes de Marca le placent même dans le meilleur onze type de l’histoire de l’Atlético de Madrid. Désormais, Luis Pereira habite à Madrid, avec sa femme et ses enfants. Une vie propre, pour un défenseur propre.

#15: Juanfran

Si le latéral droit de l’Atlético de Madrid actuel est indéboulonnable sur son côté, son histoire qui mêle l’Atlético à son rival honni du Real Madrid était semble-t-il faite pour mal se passer. Dès ses premiers pas dans le football de haut niveau, Juan Francisco Torres intègre les catégories de jeunes du Real. Là-bas, le joueur n’est utilisé qu’en faire-valoir de l’équipe, et sa saison 2004-2005 le laisse sur sa faim. Prêté à l’Espanyol de Barcelone la saison suivante, il part ensuite se renforcer cinq ans à Osasuna avant de signer chez les Colchoneros à l’été 2011. Dès sa première saison, Juanfran récolte une Ligue Europa avec l’Atlético emmené par Falcao. La suivante, c’est une Coupe du Roi, toujours aux côtés de Falcao. La suivante, c’est un championnat d’Espagne grâce au coup de tête final de Diego Godín au Nou Camp. Mais surtout, l’image de Juanfran, pourtant irréprochable au sein de l’Atlético, s’associe avec ce tir au but manqué lors de la finale de C1 2015-2016 contre le Real Madrid à Milan, deux ans après l’échec de la conquête du titre suprême à Lisbonne. En fait, Juanfran, c’est un peu l’image de ce loser magnifique que l’on adorera toujours.

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#14: Adrian Escudero

Voilà la légende des légendes de son époque. Sûrement parce que que ce soit avec la delantera de seda ou celle de cristal, Escudero était le pion final : l’avant-centre finisseur. Et pour finir les actions, le buteur était très, très doué. Formé à l’Atlético de Madrid et fidèle à un seul et même club de 1946 à 1958, année de sa retraite sportive, Adrian Escudero a marqué la bagatelle de 150 buts en 287 matchs de Liga avec son Atlético, ce qui en fait le meilleur buteur de l’histoire du club dans le championnat espagnol. Auteur du 1000e but de l’histoire de l’Atlético de Madrid en Liga, Escudero est aussi le dixième joueur le plus capé de l’histoire du club, avec 330 apparitions. Un CV à la sauce colchonera qui incite logiquement les dirigeants du club à lui proposer un poste au sein du staff technique en guise de reconversion. L’homme commencera par les catégories de jeune, puis le poste d’assistant au sein du club, avant de diriger une rencontre de championnat lors de la saison 1963-1964. Le 7 mars 2011, El Chava meurt à Madrid, à l’âge de 83 ans. Naître, vivre et mourir Atlético, c’est ainsi.

#13: Javier Irureta

« Le sentiment Atlético, c’est l’effort. Cela implique toutes les générations de joueurs, les plus anciens comme les plus jeunes. L’Atlético s’est créé par l’effort, et ses succès sont dus à l’unification de cet effort. Si cet état d’esprit se poursuit, nous finirons par gagner un jour la C1. En tant qu’ancien buteur de l’équipe, j’ai connu l’ambiance magnifique du Vicente-Calderón, où les supporters nous transcendent. Cette relation entre joueurs et supporters a toujours été fusionnelle. J’ai des souvenirs somptueux en tête : nos confrontations contre Cagliari ou le Celtic en Coupe d'Europe, mais aussi le Real ou le Barça en championnat où nous avons obtenues des victoires. Hélas, j’ai aussi connu des nuits tristes dans ce stade : une Liga qui nous échappe pour un match nul à domicile à la dernière journée et qui offre le titre au Barça, les déceptions européennes aussi. Cette finale de 1974 contre le Bayern Munich me laisse beaucoup de frustration personnelle, puisque au-delà de devoir rejouer le match, je ne pouvais pas y participer car j’avais reçu un carton jaune et j’étais sous la menace d’une suspension... Le football est ainsi, on va dire. Mais en perdant cette finale, je savais que l’Atlético allait réagir à cet échec et qu’un jour, il reviendrait en finale de Ligue des champions. Plus tard, j’avais été approché pour entraîner le club, mais pour des raisons en interne, cela ne s’est pas fait. » Propos recueillis par AD.

#12: Miguel Reina

C’était la dernière minute, le dernier tir, le dernier arrêt à faire. Pour Miguel Reina, la vision de Hans-George « Katsche » Schwarzenbeck est lointaine. Très lointaine, même. À une trentaine de mètres du but gardé par le père de Pepe Reina, actuel gardien du Napoli, l’Allemand lâche une praline en guise de dernière tentative. Si Reina sort un arrêt ou si la balle n’est pas cadrée, l’Atlético de Madrid sera sacré vainqueur de la Coupe d'Europe des clubs champions pour la première fois de son histoire. Mais il était écrit que ce 15 mai 1974 ne serait pas la date de la remise du trophée. Passant au travers d’une forêt de jambes, la frappe du milieu de terrain bavarois arrive à pleine vitesse sur la droite des gants de Reina. La frappe est si limpide que le portier se retrouve pris de vitesse, et le ballon va se loger dans les filets madrilènes. On jouait la 120e minute de jeu de la prolongation. On jouait une finale de C1. Et trois jours plus tard, pour le match d’appui au stade du Heysel, l’armée du Bayern Munich terrasse les valeureux Colchoneros. Le sort est cruel, mais l’histoire est si belle à raconter qu’aujourd’hui encore, résumer le passage de Miguel Reina en une seule action, c’est parler de cette maudite patate de Schwarzenbek.

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#11: Diego Costa

Abruti ou brute ? Peut-être les deux. Quand il faut parler de Diego Costa, les mots « salopard » ou « diable » reviennent très souvent à la bouche. Et pour cause, ce colosse venu tout droit de Lagarto dans un milieu très rural sait comment bien faire le cochon. « À 17 ans, il avait la tête d’un trentenaire, explique dans le So Foot numéro 132 Javier Hernández, scout de l’Atlético qui a vu jouer pour la première fois Diego Costa à Braga. Diego, c’est un peu l’anti-glamour : cette tête de mauvais bougre, pas sexy pour un sou, jamais content, ça convenait parfaitement à l’Atlético. » Malgré tant d’éloges, les débuts de O Mentiroso (le Menteur, en VF) au sein de l’Atlético sont compliqués. L’entraîneur de l’époque Javier Aguirre souhaite même le transférer sous prétexte que le joueur est casse-couilles et s’entraîne mal. Costa partira en prêt à Vigo puis à Albacete, avant de servir de monnaie d’échange au transfert de Sergio Asenjo depuis le Rayo Vallecano. Bref, un bouche-trou. En réalité, Costa ne deviendra une machine à buts qu’au moment où Diego Simeone le voit à l’œuvre à son retour de Vallecas. « Quand je l’ai vu s’entraîner avec le groupe, j’ai eu envie de pleurer de joie, explique Simeone dans son livre Creer. "Quel barbare ! Il va tous les massacrer ! Ce type est imparable !" me suis-je dit. Ce que tout le monde a vu plus tard sur les terrains, moi, je le voyais aux entraînements. (...) En un sens, Diego Costa a été le reflet de l’histoire du caractère de l’Atlético de Madrid. Il s’est battu pour réussir et repousser tous les obstacles. » L’hydre de Lerne moderne.

#10: Adelardo Rodríguez

« Je dirais que j’ai compris que j’allais être un footballeur le jour où je suis né. Je me souviens toujours d’avoir un ballon. Je me souviens aussi d’aller au terrain de Badajoz avec mon père, il y a aussi une photo de ma mère où je tire dans le ballon alors qu’il est même plus grand que moi. Mais bon, quand l’Atlético de Madrid m’a recruté à 18 ans, là j’ai compris que ce serait sérieux. Mais j’ai commis une erreur : j’ai lâché les études. Et aujourd’hui, je le regrette. » Dans une interview accordée au site espagnol Falso 9, Adelardo Rodríguez montre que devenir footballeur professionnel n’est pas totalement lié au hasard. Il faut du talent, de l’entraînement et de la dévotion. Beaucoup de dévotion. Parce que pour arriver à poser 511 fois son nom dans un match de football avec la tunique de l’Atlético de Madrid, il faut de la patience certes, mais surtout de la continuité dans l’excellence. Joueur le plus capé de l’histoire colchonera, Adelardo pense toutefois savoir qu’il n’aura pas pour toujours son nom au plus haut de la liste. « Aujourd’hui, nous avons des joueurs très jeunes au club, qui sortent du centre de formation et qui joue parfois trois fois dans la semaine. Par exemple, Raúl García m’a dépassé en Europe car nous jouions très peu ce type de compétition à l’époque. Je suis resté 17 saisons, mais aujourd’hui, avec 10 saisons pleines, tu dépasses mon nombre de matchs. Ce qui me rend fier, c’est de voir que quarante ans après ma retraite, je constate encore que j’ai été rentable pour le club. Ça me rend heureux, car cela prouve que j’ai accompli mon devoir. » Une parole de patron.

#9: Milinko Pantić

Si Charles Beaudelaire s’est décidé à appeler son recueil de poèmes le plus connu Les Fleurs du Mal, Margarita Luengo s’est lancée dans une ode à l’amour avec ses fleurs du bien. Depuis sa passion inconditionnelle pour Milinko Pantić, la supportrice de l’Atlético de Madrid s’est mise en tête de devoir célébrer son champion comme il se doit. Alors au soir de la réception de l’Athletic Bilbao en janvier 1996, Margarita se lance. «   Nous étions dans le bar de la peña et je vois un beau bouquet de fleurs, expliquait l’intéressée pour sofoot.com en novembre 2016. Je demande au président de la peña de m’en donner quatre. C’étaient des œillets rouges et blancs. Je lui ai dit que ces quatre fleurs représenteraient les quatre buts qu’on allait marquer contre Bilbao.  » Miracle ou prédiction, l’Atlético s’impose 4-1 dans la rencontre avec un but de Pantić. « Après chaque but, je jetais une fleur sur le terrain, poursuit Margarita. Depuis ce match, j’ai pris l’habitude d’amener un bouquet entier au stade et de le déposer à côté du poteau de corner, où ma place était. Ça nous a porté chance une fois, alors je le fais depuis. »




Pas au courant de la nouvelle habitude prise par la dame, Milinko Pantić expulse le bouquet de fleurs au moment de tirer un corner. « Après ça, je lui ai envoyé une petite lettre en lui demandant de ne plus jamais jeter ce bouquet, car je le déposais en son honneur. » Pantić l’appelle, s’excuse par téléphone et lui envoie même son maillot pour se faire pardonner. Un cadeau que Margarita considèrera comme « le trophée le plus important de ma vie. (...) Pantić venait très souvent au diner de notre groupe de supporters, c’est un homme humble, admirable. Ce n’était pas seulement un incroyable tireur de coup de pied arrêté, mais surtout une personne avec des valeurs comme j’en ai peu connues dans ma vie. » Pantić possède un cœur, mais il détient aussi un talent hors norme. Un talent capable de marquer un quadruplé au Nou Camp... Et de finalement perdre la rencontre. Un colchonero dans l’âme.

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#8: Gabi Fernández

Être capitaine de l’Atlético de Madrid, cela signifie transmettre les valeurs du club à ses coéquipiers, être un exemple pour tous, sur le terrain comme en dehors. Ce travail, Gabi Fernández doit le remplir depuis la saison 2012-2013. Une seule saison après son arrivée à Madrid, donc. Il faut dire que très vite, le milieu défensif a montré que la culture de l’effort et du sacrifice coulait dans ses veines. Souvent fin négociateur avec l’arbitre, Gabi sait aussi se sortir d’une situation complexe après avoir infligé une semelle un peu trop appuyée à l’un de ses adversaires, avec une petite tape dans le dos de sa victime et un peu de compassion. C’est donc en toute logique qu’il succède à Antonio Lopez pour récupérer le brassard. Et ce que l’on peut dire, c’est que sa philosophie atlética se rapproche d’une forme de poésie.




« Le sentiment Atlético, cela ressemble à la fois à tout et à rien, mais cela ressemble particulièrement à un film de Peckinpah, analyse le joueur dans GQ. Un film où tout semble perdu dès le départ, et qui se termine par vendre cher sa peau. C’est un groupe qui n’a rien d’édifiant de tueurs qui croient en l’honneur, la loyauté et la parole donnée, des sapeurs qui crachent du gaz moutarde quand ils se mettent dans l’idée de détrôner les géants. La contre-attaque, leur stratégie favorite, devient notre croyance, inversée à celle de la superstition de la possession de balle. L’Atlético ne veut pas le ballon, il veut le contrôle total de la rencontre, des pulsations, de la vitesse même du jeu. » Toujours en discussion avec son coach Diego Simeone dans les moments cruciaux d’une rencontre, Gabi est le bras droit attitré du boss Simeone. Depuis 2011, Gabi a tout gagné avec son Atlético mis à part cette maudite C1, mais n’est pourtant jamais appelé en sélection espagnole à 31 ans. Gabi ne revêtira sûrement jamais la liquette de la Roja, et c'est tant pis. Sa voie, c’est celle de l’Atlético.

#7: José Luis Caminero

Radomir Antić, entraîneur de 1995 à 1998 : « Sans une équipe soudée, nous n’allions nulle part et la prestation de ce doublé coupe-championnat est avant tout collective. Mais peut-être que sans Caminero, nous n’aurions pas remporté ce doublé. C’est un joueur incroyable et un fantastique partenaire, sa saison 1995-1996 a été exceptionnelle. Il faisait toujours partie des actions clés de l’équipe. Sur le plan technique comme sur le physique, il répondait présent. Son travail principal consistait à donner des balles de but à ses coéquipiers, mais il était parfaitement capable de marquer des buts lui aussi. C’était un joueur avec beaucoup de charisme, qui aimait toucher les ballons, un meneur de jeu à l’ancienne. Désormais, Caminero est le directeur sportif de l’Atlético de Madrid, les socios le gardent vraiment dans leur cœur et savent que la cellule de recrutement est performante. Les supporters ont confiance en Caminero, et ils peuvent l’être sans l’ombre d’un doute. »

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#6: Diego Simeone

« Je vous l’ai déjà expliqué un tas de fois, il n’y a plus rien à éclaircir là-dessus. La seule chose qu’il reste à éclaircir, c’est de confirmer notre place au sein de ce championnat. (...) La seule chose qu’il reste à éclaircir, c’est ce dont nous avons besoin pour être de nouveau qualifiés pour la Ligue des champions en accès direct la saison prochaine. » Depuis son pupitre de conférence de presse d’avant-match, Diego Simeone fait ce qu’il a toujours fait : se concentrer sur l’instant présent. Peu lui importe les supputations sur son supposé départ du banc de l’Atlético, lui connaît sa mission et sait ce qu’il lui reste à faire au sein du club. Par deux fois, la finale de la Ligue des champions s’est refusée à le proclamer vainqueur de la C1. Par deux fois, il s’est chargé de remonter le moral de ses troupes abattues à chaque fois par le rival madrilène dans d’atroces circonstances. Ce ne sont donc pas des journalistes qui vont le faire sortir de ses gonds. Simeone n’a jamais eu de temps à perdre, mais il souhaite toujours être maître du temps et de l’espace.




Avant d’être l’entraîneur à succès de l’Atlético de Madrid, El Cholo était déjà organisateur du milieu de terrain chez les Colchoneros. Aux entraînements, Simeone était perçu comme une brute épaisse de travail. Sur le terrain, ce n’était pas grand technicien, mais un très fin tacticien. «   Je réfléchissais sur la manière dont je réagirais si je devais décider du onze de départ ou comment allait jouer l’adversaire, explique l'Argentin dans son autobiographie Creer. Au fur et à mesure que la fin de ma carrière s’est rapprochée, j’ai parlé de plus en plus comme un entraîneur. Mes partenaires l’acceptaient. Mieux, ils admettaient mon nouveau rôle au sein du groupe. J’étais suivi. Je sentais que mon équipe m’écoutait et que je trouvais les mots justes. » Des mots qui permettent à l’Atlético de 1996 de remporter ce superbe doublé coupe-championnat et de constituer l’une des équipes les plus sexy des années 1990. Joueur comme entraîneur, Simeone grave son nom à Madrid en lettres d’or. Et alors que le club entame une nouvelle ère avec son nouveau stade, l’histoire semble encore loin d’être terminée.

#5: Kiko

Radomir Antić, entraîneur de 1995 à 1998 : « Ah, ce génie de Narváez ! Je l’attendais celui-là (rires)... Au-delà d’être un génie sur le terrain, Kiko était aussi très important pour notre groupe en dehors. Tout le temps, il arrivait à nous faire rire avec des blagues... Quand tu sais que tu vas voyager avec Kiko dans un bus ou en avion, tu peux déjà te préparer à te marrer et oublier que tu es dans ton voyage. Non vraiment, Kiko, c’était un sacré numéro. Et puis quand tu dois parler de ses performances sur le terrain, je crois qu’il faut juste observer sa magnifique carrière. Il nous marquait des buts importants, et puis il s’est aussi mis à mettre des buts de la tête avec moi. Ahlala, je me souviendrais toujours de ces entraînements spéciaux que nous avions faits ensemble, et quand il marquait de la tête, il venait me dire : 'Regarde coach, moi aussi je sais marquer de la tête !'. Et puis son jeu dos au but était parfait, il parvenait toujours à nous récupérer une faute aux abords de la surface de réparation pour nos tireurs de coup franc. Je dirais que 60% de nos buts dans la saison du doublé de 96 proviennent de phases arrêtées. Sincèrement, c’est le meilleur joueur offensif que j’ai connu dans les duels à l’épaule, c’est peut-être même le meilleur dans l’histoire du football espagnol. Kiko pour les supporters, c’était un amour ultra intense. Cet amour est même allé jusqu’à contagier Fernando Torres, qui s’est inspiré de la célébration de l’archer initiée par Kiko pour célébrer ses buts. »

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#4: Diego Godín

Zinédine Zidane et Diego Godín possèdent la même idole en commun : Enzo Francescoli. Pas pour les mêmes raisons, mais peu importe. Une nouvelle fois, les deux hommes peuvent aussi se comparer sur un point : leur statut iconique. Zizou et Godín n’auront pas joué au même poste, mais leurs auras nationales les placent en demi-dieu l’un comme l’autre. Et si ZZ est considéré comme le pape au Real, c’est bien au sein de l’Atlético que Godín est aujourd’hui la représentation la plus symbolique de la conviction colchonera. Passionné par son appartenance à cette famille depuis 2010, ce gaucho grand amateur de chevaux se comporte dans la vie comme un gentleman. Une fois sur la pelouse, son allégeance à l’Atlético le fait devenir un guerrier capable des plus grands exploits. Auteur du coup de tête sur corner qui donne le titre de champion d’Espagne aux rojiblancos au Nou Camp en 2014, Godín s’est fait un plaisir de retirer le mot « renoncer » de son dictionnaire. « Nous sommes avec Diego jusqu’à la mort » prend d’ailleurs pour habitude de clamer le vice-capitaine de l’équipe.




« L’Atlético de Madrid est grand, confesse Godín pour l'émission Simplemente Fútbol en 2014. C’est le troisième plus grand club d’Espagne. Ce qui fait sa grandeur, c’est son histoire, ses titres et ses supporters. Le public nous demande beaucoup, il souhaite nous voir remporter tous nos matchs. Le public s’identifie à la souffrance car il peut vivre des moments très forts, puis des désillusions dans la foulée. Nous cherchons désormais à ce que les désillusions n’arrivent plus. » Malgré toute sa volonté d’emmener son club sur le toit de l’Europe, Diego Godín s’est mis le temps d’un match dans la peau de Luis Aragonés, quarante ans plus tard, le 24 mai 2014. Unique buteur de la finale de C1 à Lisbonne jusqu’à la dernière minute, il voit Sergio Ramos égaliser de la tête et faire plonger l’Atlético en prolongation. Les images du Bayern Munich reviennent trop fort en tête, et l’Atlético finit par imploser. Godín va même jusqu'à s’embrouiller avec Raphaël Varane, alors en discussion très engagée avec le taulier Diego Simeone. Heureusement que ce jour-là, El Cholo n’avait pas envie d’aller « jusqu’à la mort » dans le feu de l’action.

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