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« Les 23 à l' Euro, je n'en fais pas une fixation »

En janvier 2015, Laurent Ciman quittait le Standard de Liège et la Belgique pour rejoindre l’Impact Montréal. Un an plus tard, il a terminé 3e au classement, finaliste de la Champions League et a été élu meilleur défenseur de la MLS. L’international belge fait le bilan de sa première année dans le championnat américain et sa nouvelle vie au Canada.

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Comment va le meilleur défenseur de MLS ?
Ça va, en ce moment, on est en stage à Orlando. On rentre le 5 février à Montréal, puis on repart en Floride pour continuer la préparation avant d’entamer le championnat qui commence le 6 mars.

C’est une consécration à laquelle on s’attend rarement quand on débarque dans un nouveau championnat.
C’est clair que je ne m’y attendais pas. Faire partie des nommés était déjà très bien pour moi. Après, j’ai continué à bosser. Je n’ai rien lâché et j’ai fait partie des trois derniers. Puis, j’ai eu la chance de gagner ce titre-là. Mais c’est avant tout grâce à mes équipiers.

À la base, tu es juste allé au Canada car les soins pour ta fille qui souffre d’autisme y étaient plus accessibles, c’est ça ?
Oui, ce n’était clairement que pour ça, il n’y avait pas de deuxième choix. On savait qu’au Canada il y avait tout ce qui fallait pour notre fille et, à partir de là, on ne s’est pas posé cinquante questions.


Et ce long voyage lui a été utile ?
Oui, elle va bien, elle fait de beaux progrès. On est satisfaits, sa maman et moi, d’avoir fait ce grand saut.

Après un an passé au Canada, que peux-tu en dire ?
Le Canada est un pays super sécurisé, où tes enfants peuvent se balader tranquillement sans souci. Ils vont à l’école à pied ou en skateboard.
C’est un pays qui est super propre, super sécurisé, où tes enfants peuvent se balader tranquillement sans souci. Ils vont à l’école à pied ou en skateboard. Les bus viennent même les chercher devant chez eux. C’est vraiment à l’américaine et je trouve ça beaucoup plus sécurisant que chez nous. Tu traverses l’Atlantique, donc il n’y a déjà pas les mêmes magasins qu’en Europe. Les routes sont plus grandes, il y a plus de respect envers la police et le code de la route est un peu différent. Par exemple, il y a bien plus de stops, et la priorité à droite n’existe pas.

Tu vis à Montréal même ?
J’habite à Candiac, c’est juste à côté. Quand il n’y a pas de trafic, je mets 35-40 minutes pour aller à Montréal.

Et la vie au club ?
Ça se passe bien, c’est très professionnel. Ils parlent anglais et français, donc c’est bien pour moi. Que ce soit avec le staff médical, technique ou même les autres, tout se passe très bien. L’ambiance y est très familiale, comme en Belgique.
Tu traînes avec qui ?
À cause de la barrière de la langue, le plus souvent avec les francophones, bien sûr, surtout avec Didier (Drogba, ndlr) Mais il y en a d’autres comme Wandrille Lefèvre et Hassoun Camara. Patrice Bernier aussi, qui habite dans le même patelin que moi. Donc je fais souvent la route avec lui. Je passe du temps avec tout le monde, même les jeunes.

Le championnat est aussi assez différent de la Belgique, comment tu décrirais le style de jeu outre-Atlantique ?
C’est comme la Premier League. Ça se sent dans les duels, beaucoup jouent avec les mains et les bras. C’est assez différent de ce que j’ai connu en Belgique. J’ai eu un temps d’adaptation lors des premiers matchs qui m’a fait comprendre certaines choses. Mais je suis quelqu’un qui ne lâche jamais rien et qui reconnaît ses erreurs. Je me suis rendu compte que je n’avais pas été à la hauteur au début, donc je me suis remis en question. Je me suis dit qu’il fallait que je m’adapte au plus vite et c’est ce que j’ai fait.


En plus, tu as pu rencontrer de grandes stars du foot.
Oui, je les ai tous vus d’abord lors d’un shooting pour la MLS. En plus, j’ai joué avec eux au match des étoiles, ça a été un honneur.
Ça fait quelque chose quand t’as David Villa, Kaká et Giovinco qui viennent te parler et qui te disent que t’as fait une super saison.
Par rapport à leur palmarès, tu te demandes comment ça va être, mais, en fait, ce sont des gars super sympas. Au début, tu te mets un peu la pression, car tu te dis que tu vas jouer avec des joueurs qui ont fait des Coupes du monde et qui ont gagné des Ligues des champions. Mais, au final, ça s’est très bien passé, on a tous pris du plaisir. Même autour d’une table, c’est sympa, on parle de tout et de rien. Mais c’est sûr que ça fait quelque chose quand t’as David Villa, Kaká et Giovinco qui viennent te parler, qui te disent que t’as fait une super saison et que tu as ta place parmi eux.

C’est quoi cette grande cloche que les supporters font résonner dans les tribunes ?
C’est un rituel. C’est comme à Portland avec leur arbre. À Montréal, les supporters sonnent une cloche derrière le but à chaque fois qu’on marque. C’est comme un symbole, car il y a beaucoup d’églises à Montréal. En fait, elle sonne à chaque but de Drogba, vu qu’il n’y a que lui qui marque (rires).

Les supporters de l’Impact sont chauds ?
Ce n’est pas la même chose qu’en Europe. On sent que les supporters sont derrière nous, mais ils ont une attitude bien plus respectueuse. Ici, il n’y a pas de bordel, ni de bagarres. Il y a bien moins de scandales qu’en Belgique.
Tu suis toujours la Ligue des champions en Europe ?
Oui, bien sûr que je regarde la Ligue des champions dès que j’en ai l’occasion. J’aime aussi regarder la Premier League. Mais, après, si je manque un match, je ne vais pas en faire une maladie.

T’as une équipe favorite ?
Non, pas vraiment. J’aime bien le beau football. J’aime les grandes équipes, mais, de là à dire que j’ai une équipe préférée, non.

Il paraît que tu aimes bien le tennis de table.
Oui, c’était un trip entre mon père et moi. On jouait beaucoup à ça quand on était à la maison tous les deux.

Tu suis d’autres sports ?
Le tennis surtout, mais aussi le basket. Je joue à NBA 2K sur la Playstation.

Tu prends quelle équipe ?
Je me prends moi, j’ai créé une carrière avec mon personnage (rires).

Tu profites de ta position géographique pour aller voir des matchs de NBA ?
À part les Toronto Raptors, il n’y a pas de grandes équipes au Canada. J’irai peut-être voir un match ou l’autre à l’occasion quand je serai aux États-Unis avec l’équipe. Je suis plus le hockey que le basket ici.

Donc tu aimes aussi le hockey.
Oui, c’est vraiment sympa, c’est une autre atmosphère. Puis, c’est le sport numéro un au Canada. C’est vraiment impressionnant, il faut le voir de ses propres yeux pour comprendre l’intensité d’un match de hockey. Le stade est toujours rempli et c’est un sport qui va super vite.


Pour en revenir à ce titre de meilleur défenseur de la MLS, tu penses que Marc Wilmots aurait pu le prendre comme un message, du fait qu’il t’a un peu oublié avec les Diables ?
Je n’en sais rien, moi je fais mon taf ici.
Évidemment, j’espère faire partie des 23 pour l'Euro, mais je n’en fais pas une fixation.
S’il me sélectionne, j’en suis toujours fier. Je l’ai toujours dit et je le redis bien haut : le coach fait ses choix et nous, joueurs, on s’adapte. Évidemment, j’espère faire partie des 23, mais je n’en fais pas une fixation. On verra, mes prestations sont bonnes ici et j’espère qu’elles vont continuer à l’être. En tout cas, je vais progresser au maximum pour faire partie de cette équipe. Mais, si je n’en suis pas, je serai quand même le premier à supporter la Belgique.

Beaucoup disent que tu as été sous-estimé toute ta carrière, qu’en penses-tu maintenant que tu as été élu meilleur défenseur de la MLS ?
C’est comme ça quand tu es footballeur. Il y a des gens qui t’aiment bien et d’autres qui ne t’aiment pas. Il y en a qui diront que j’ai été sous-estimé, d’autres que j’ai été surestimé. Ce sont des gens qui parlent et ça fait partie du métier aussi. J’essaie simplement de faire mon travail et d’aller le plus loin possible.

Pour finir, les Chinois sont en train d’acheter tout le monde. Tu ne vas quand même pas partir en Chine ?
Non, ce n’est pas à l’ordre du jour (rires). Puis, je ne pense pas que ma femme se verrait aller en Chine pour le moment. Elle est bien au Québec avec la petite, donc on va rester là.

Propos recueillis par Giuliano Depasquale
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Dans cet article

Interview sympa, je ne connaissais pas ce joueur
Note : 1
Content pour lui, j'espère que ça va continuer à bien se passer là-bas. Il revient à peu près quand il veut, ceci dit.
Si l'Euro devait débuter maintenant, il l'aurait sans problème sa place dans les 23 ... Mais d'ici juin, sa sélection dépendra surtout du retour en forme de Kompany et Vertonghen (et à leur non-rechute ... pareil pour Vermaelen).
Ceci dit, dans la mesure où Vertonghen est positionné back gauche, il arrive selon moi comme 4ème ou 5ème choix en défense centrale (Kompany, Vermaelen, Lombaerts sont avant lui, et Denayer est en ballotage mais a tout de même un léger avantage). Meunier est aussi indirectement un concurrent, puisque s'il arrive à s'imposer, Alderweireld pourrait être repositionné en défense centrale (où il devrait alors être obligatoirement titulaire, vu son niveau à ce poste), et rétrograder Ciman d'un rang.
Bref je crois que sa sélection dépendra surtout de la forme de tous ces joueurs, indépendamment du niveau de jeu qu'il nous montre. Mais s'il est sélectionné, ce sera un excellent remplaçant. Toujours très propre et d'une mentalité exemplaire.
Si seulement il pouvait être back gauche ...
Un vrai rempart ce Lolo Ciman, j'espère pour lui qu'il sera à l'Euro ! Un match de l'impact contre Seattle dans lequel Lolo éclabousse tout le monde de sa classe en jouant en défense centrale, en milieu relayeur, en tireur de coup francs, et il va gagner sa croute en mettant un coup de casque à la dernière minute pour une victoire 1-0. Foule en délire. Lolo ce héros.

http://matchcenter.mlssoccer.com/matchc … s-fc/recap
Il a fait un très bon choix en rejoignant la MLS.
L'Impact a un beau stade, de belles installations et est clairement en position d'outsider pr le titre chaque année. En tant que belge sortant du standard, je pense que l'ambiance et la ferveur autour des matchs lui manquera. S'il peut garder un bon niveau, vivre à l'americaine et apporter le meilleur à sa fille je comprends qu'il ne fasse pas de fixette sur l'euro.

Aaaaaalllez l'IMPACT !
Montréeeeeal CHAMPION !
...
Brooklyn Olympic Niveau : CFA2
Article sympa sur un joueur tout aussi sympa et talentueux...un fan de l'Union qui aimerait voir debarquer des joueurs interessants...
d equateur Niveau : DHR
Sans ciman, pas de mur en défense. Pfffff ... il est temps que j'aille me coucher. Bonne nuit à tous !
d equateur Niveau : DHR
Que Ciman ne fasse pas de fixation, ça m'étonnerait ! ... bon allez cette fois je vais dormir, ça suffit !
AceVentura Niveau : DHR
Avec Ciman, Montréal a une défense en béton.

Voilà voilà...
Ça tombe bien, on n'en fait pas une fixation non plus.

Il n'a ni le placement ni la solidité défensive de Kompany ni même une bonne relance pour compenser. Au Standard, je pestais suffisamment sur ses longues floches (sous le moindre chouia éloigné de pression) façon kick & rush démerde-toi pauvre attaquant ou ses innombrables ballons rendus à l'adversaire, que pour le regretter.

Si on devait l'emmener lors de notre court voyage en France, ce serait synonyme d'un manque de qualité dans le noyau des Diables.

C'eût clairement été un élément à prendre en considération 10 ans auparavant lorsqu'on jouait un foot de boeren sans fond de jeu. Avec la qualité actuelle, on attend une construction du jeu à laquelle il n'a pas les aptitudes pour participer.

Je souhaite néanmoins qu'il ait un Impact en MLS afin de couronner une carrière honorable et, surtout, que sa fille soit traitée avec succès.
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