Les 10 Commandements du Chevalier Blanc

En principe, c'est aujourd'hui que devrait être officialisée la signature du contrat de Laurent Blanc au poste de sélectionneur. En principe, vu que se tient aussi aujourd'hui une réunion extraordinaire du Conseil Fédéral convoqué pour la succession au moins intérimaire de Jipé Escalettes. Présentation de l'immense chantier de Lolo Blanc à la tête des Bleus...

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Biélorussie, Bosnie-Herzégovine, Roumanie, Luxembourg, Albanie... Bing ! Voilà pour le challenge : se qualifier pour l'Euro 2012. Y'a que ça qui compte. Les éliminatoires commencent le 3 septembre (réception de la Biélorussie), avec juste un tour de chauffe le 11 août prochain, en match amical contre la Norvège à Oslo. Un contrat minimal de deux ans renouvelables avec pour point de mire, donc, le grand raout continental en Polognukraine. Et plus si affinités. Une mission facturée 100 000 euros mensuels, soit plus du double du salaire de Raymond Honni. Voici la Charte en 10 points que le Président devra mettre en application pour faire redémarrer des Bleus tristounets...

1- Restaurer l'autorité

Lolo ne s'appelle pas le « Président » pour rien. Déjà, à Clairefontaine, en 98, il accompagnait le capitaine Didier Deschamps dans sa tournée des chambres pour aller recadrer ceux d'entre eux, jeunes ou moins jeunes, qui se dissipaient un peu trop... Son charisme tient à sa personnalité granitique et à son immense palmarès de joueur et d'entraîneur. A la différence de Raymond Domenech qui n'a jamais rien gagné. Une vraie légitimité donc l'homme de la situation ? On verra. Blanc de Blanc sera d'abord chargé d'en finir avec le laxisme ambiant et de ramener ordre et discipline, l'éthique du maillot (très importante chez les anciens de France 98), comme il l'a démontré à Bordeaux.

2- Rétablir une com « normale »

Un des plus gros points noirs de l'équipe de France et de la Fédé, après les six années désastreuses du Domenech Circus. L'opinion publique est ulcérée. Alors rétablir très vite l'image détestable des Bleus passe par une communication claire et directe de la fédération, du sélectionneur et des joueurs. Ça tombe bien : avec les médias, Laurent Blanc est l'anti-Domenech. Même s'il manie parfois la langue de bois, il ne se débine jamais, a toujours fait front et répond sur tous les sujets chauds. Capable d'autocritique, intelligent, un humour à froid et une ironie mordante appréciables, à l'opposé des bouffonneries sinistres de Domenech. Sur la communication, il ne pourra quoi qu'il en soit pas faire pire que son prédécesseur.

3- Bâtir un nouveau groupe

S'il est acquis que certains joueurs quitteront les Bleus après le Mondial (Anelka, Henry, Gallas, voire Govou), pour des motifs divers, Laurent Blanc aura la lourde tâche de gérer en priorité le cas des « meneurs » qui ont failli (Evra, Ribéry,...). Exclus d'emblée, sanctionnés ou bien conservés ? Dans le troisième cas, une explication « frontale » s'imposera. Blanc gardera une partie de l'héritage Domenech (Toulalan, Lloris, Diaby, etc.). Pour le reste, avec lui, tout reste ouvert. Très marqué par ses expériences anglaise et italienne qui font fi de l'âge et des statuts, il n'hésitera pas à donner leur chance aux plus méritants. Comme installer par exemple pour de bon un Planus (il n'a que 28 ans) ou relancer un Mexès. Toujours réticent à ne pas cramer les très jeunes trop tôt (hormis les talents comme Trémoulinas, appelé tôt ou tard), il reconsidèrera surtout les cas de la génération d'avant, exclus des 23 par Domenech : Menez, Rémy, Briand, Nasri, Ben Arfa et surtout Benzema, que le Président apprécie.

4- Bosser le mental

Prémonitoire ? La saison cauchemardesque 2009-2010 de Bordeaux avait durement éprouvé ses Girondins. Une expérience douloureuse qui n'est pas sans rappeler celle que les Bleus auront vécue en Afrique du Sud. C'est pourquoi, en avril dernier, Laurent Blanc mettait en avant l'importance de la préparation psychologique des joueurs, un chantier indispensable pour l'avenir : « L'aspect psychologique devient de plus en plus déterminant dans le football de haut niveau. Des préparateurs “mentaux” vont bientôt intégrer les staffs. Ils permettront d'optimiser le degré de performance de chaque joueur. A toutes ces techniques nouvelles, il convient désormais de s'ouvrir » . Pour un groupe France complètement mazouté, prévoir psys, nounous, féticheurs, marabouts & gourous ?...

5- Construire une identité de jeu

Disciple de Jacquet, pas d'identité de jeu sans bétonner d'abord les bases défensives. Un credo qu'il a rappelé au plus fort de la crise bordelaise, cet hiver : « Priorité au jeu, d'accord. Mais le jeu sous tous ses aspects, y compris défensif, qui est la base de tout » . D'où le chantier prioritaire de la paire axiale en défense pour celui qui fut un grand libéro. Admirateur absolu du Barça et adepte d'un jeu offensif qui préconise avant tout la possession de balle et sa circulation rapide, il pourrait incarner la vraie rupture avec le jeu désordonné et frileux de Domenech. Mais qu'on ne s'emballe pas trop vite : le style Blanc peut être flamboyant (influences Barça et Manchester de Ferguson) mais il repose sur une discipline tactique de fer et un laminage quasi physique de l'adversaire. Disciple de Jacquet, avant tout, Lolo !

6- Rompre avec les « années girouettes » raymondiennes

Profession de foi bordelaise dans France Football de mai 2010 : « J'ai une certaine philosophie de jeu que je veux faire partager à mes joueurs. Impossible de tout remettre en cause à la moindre difficulté ! Il en va à la fois du crédit de l'entraîneur et de sa relation de confiance avec son groupe » . CQFD ?

7- Gérer le clash Gourcuff-Ribéry

Impossible de relancer le chantier crucial du jeu de l'équipe de France sans aborder de suite le conflit Ribéry-Gourcuff, deux pièces a priori essentielles du système tactique. Ribéry est un « familier » de Laurent Blanc : ce dernier l'appelle « beau gosse » (sic) et tous les deux ont le même agent (Jean-Pierre Bernès). Tactiquement parlant, c'est dans le couloir offensif gauche que Laurent Blanc imagine le mieux Lascarface (que faire alors de Malouda ?). Yoann Gourcuff serait son meneur axial, en pointe ou plus reculé. Blanc a une admiration sans borne pour son stratège breton qu'il a aidé à se révéler aux Girondins. Problème : Ribéry déteste et jalouse Gourcuff et le point de non-retour semble avoir été atteint entre les deux hommes en Afsud. Dilemme...

8- Refondre le proche encadrement des Bleus

Sur le modèle de Manchester United (époque Feguson-Queiroz), et comme il l'a expérimenté à Bordeaux, Blanc pilotera les Bleus en binôme. Avec lui-même en manager à l'anglaise, et Jean-Louis Gasset (son adjoint à Bordeaux) en tant qu'entraîneur qui dirige les séances. Marino Faccioli (bras gauche d'Aulas à l'OL) occuperait un poste nouveau de « manager général » chargé de toutes les questions non sportives : intendance, logistique, organisation générale. Faccioli et Gasset, c'est acquis, avalisé par la fédé. Pour le reste, Alain Boghossian serait également de la partie, seul rescapé du gang de Domenech. Pour le poste de préparateur physique, Blanc souhaiterait Eric Bedouet (des Girondins, lui aussi). On parle d'un arrangement à la Duverne : Bedouet pourrait collaborer à la fois avec Blanc en Bleu tout en continuant son travail auprès des Marine & Blanc. A suivre... Enfin, on parle de la venue de Franck Raviot, actuel entraîneur des gardiens des Espoirs. Et puis le retour souhaité de Phillipe Boixel au niveau du staff médical et de... l'inusable Henri Emile, travaillant aux côtés de Marino Faccioli dans un rôle administratif.

9- Se montrer soi-même à la hauteur

Le Chevalier Blanc devra apprendre à gérer en Bleu une pression sans commune mesure avec celle de Bordeaux-la-Provinciale. Cette saison, quand la crise de résultats s'est abattue sur Bordeaux, il a perdu son sang-froid en s'en prenant de façon un peu mesquine à la Ligue et à son calendrier. Sinon, les situations pourries en équipe de France, il a connu ça, joueur : au lendemain du désastreux France-Bulgarie de novembre 93, il avait quitté l'équipe de France, dégoûté. Avant que Jacquet ne le persuade de revenir chez les Bleus. Aujourd'hui, c'est à lui de gérer le merdier. Bon courage.

10- Se qualifier pour l'Euro 2012

En principe, ça devrait aller. Le premier de chaque poule est qualifié et ensuite les meilleurs deuxièmes. On pourra être un peu indulgent sur la manière lors des premiers matchs. Mais par pitié, en cas de 0-0 contre la Roumanie, que Lolo Blanc ne nous fasse pas du Raymond : « Bon match ! On a réussi à neutraliser Mutu ! » .

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Je ne comprends pas pourquoi on veut à tout prix se débarrasser de Bruno Martini. Si il ne devait en rester qu'un a avoir fait son boulot sans trop foirer c'est bien lui, je ne vois pas ce qu'on lui reproche ? à moins que ça soit sa propre volonté mais ça m'étonnerait... Surtout pour placer Franck Raviot !? à la rigueur, celui dont on est sûr qu'il fait un excélent boulot, forme d'excellents gardiens et les prépare à merveille et qui en plus connaît Lloris, c'est Bruno Valencony ! Là d'accord !
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