L’équipe type de Dieu

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« Dieu est mort, vive le sport. » Et pourtant, n’en déplaise à Pierre de Coubertin, qui de mieux que Dieu himself pour composer la plus belle des dream-teams ? Ici, pas de pieuses vedettes comme Maradona, Kaká ou Chicharito. Mais un voyage spirituel à la découverte d’une belle flopée de gardiens de but, d’un conspirationniste new age, de l’aumônier de Lleyton Orient et du dressing d’El Hadji Diouf.
Par Victor Le Grand
Le 20 janvier 1974, pour la première fois de son histoire, un match officiel du championnat anglais est programmé un dimanche après-midi. Onze jours plus tard, Jimmy Allan, alors gardien de Swindon Town et fervent catholique, n’entend pas tenter l’expérience. Et prévient qu’il sera le premier joueur à refuser de jouer durant « Sabbat » pour des motifs religieux. « Je respecte totalement sa position », déclare son manager Les Allen, qui l’écartera finalement de l’équipe première jusqu’en 1976 : « Certains de mes joueurs refusaient de jouer le dimanche pour des raisons religieuses. La plupart d'entre eux étaient juste énervés de ne plus pouvoir boire un verre le samedi soir… »
Jimmy Allan
Écosse
Jimmy Allan
Écosse
Portier international gallois des seventies, Dai Davies est sans doute plus connu pour ses massages cognitifs japonais, sa science des herbes médicinales et ses master-classes de « Feldenkrais » (« prise de conscience par le mouvement ») que pour ses prises de balle. Surnommé « Dracula » pour son dégoût des croix catholiques, c’est initié par l’association culturelle de la Gorsedd des bardes gallois qu’il devient, en 1978, le tout premier druide du football mondial. Cérémonie officielle : saie blanche, bâton de rituel, jeux floraux et quelques bonnes bouteilles de pinard. « Il y a des fées, quelque part, avec beaucoup d’énergie, et je peux désormais sentir les anges », glisse-t-il dans son allocution. Amen.
Dai Davies
Pays de Galles
Dai Davies
Pays de Galles
Encore plus fort que Clàudio Taffarel ou Ricardo Kaká, cet ancien gantier de l’Atlético Mineiro n’a pas seulement rejoint une église, il s’en est inventé une : le mouvement « des athlètes du Christ » en 1979. C’est ainsi que le Brésilien, surnommé chez lui « le Gardien de Dieu » pour son soutien actif à l’Église évangéliste, déchirait des pages de la Bible avant chaque rencontre et les distribuait à ses adversaires ; puis barbouillait lui-même de peinture l’inscription « Jesus Saves » sur sa liquette de goal volant. Un accoutrement jugé finalement trop ostentatoire par la Fifa. « Ils peuvent m’enlever le Christ de mon maillot, mais personne ne pourra l’enlever de mon cœur. »
João Leite
Brésil
João Leite
Brésil
Encore une histoire de gardien de but. En 1999, surnommé « La Laitue » pour son végétarisme, l’international argentin Carlos Roa explose sa dernière durite : il pronostique la fin du monde pour l’an 2000 et décide de facto de se retirer dans un « refuge spirituel » à Santa-Fe, au Nouveau-Mexique. « Les réactions que je rencontrais étaient de l’incompréhension, note-il lors d'une interview à FourFourTwo. Mais c’était ma décision. J’ai eu le même type de réflexion et de méditation quand j’ai décidé de faire mon retour, à Majorque, neuf mois plus tard… à une seule condition : je n’aurais jamais pu jouer un samedi, jour sacré et de repos, tel qu’il est enseigné dans mon église. » L’Église adventiste du septième jour, pour ceux que ça intéresse…
Carlos Roa
Argentine
Carlos Roa
Argentine
Le coach. Socio du Barça, membre d’honneur de sept grands clubs européens, fan de Fulham, sans que personne ne sache vraiment pourquoi, celui qui fut le chef de l’Église catholique entre 1978 et 2005 enfilait même, tout gamin, les gants et les chaussures de montage à clous - les crampons étaient un luxe - lors de parties improvisées dans les rues de Katowice, en Pologne, où il grandit. Un assez bon joueur, relatent ses biographes. Quasiment un pote, se souvient Paul Gascoigne : « À l'époque où j'étais à Rome, le coach me lance : "Il y a quelqu'un au téléphone pour toi." Je lui réponds : "Dis-lui de rappeler plus tard, putain !" " Paul, sérieux, je pense que tu devrais prendre l'appel..." Je prends le téléphone et un type me dit : "Bonjour, c'est Jean-Paul II." Bon sang, ce n’était pas une blague, c'était le pape ! "Salut pape, ça boume ?" ,je réponds. (…) On s'est pointé au Vatican et le pape nous a donné des cadeaux, des trucs qu'il offre juste aux chefs d'États, en principe : des sortes de médailles dorées... Personne n'a ces machins-là ! »
Jean-Paul II
Pologne
Jean-Paul II
Pologne
De Coventry à Hereford United, personne ou presque ne connaît la carrière de cet énigmatique gardien de but anglais. Souffrant d’arthrite et de timidité maladive, David Icke abandonne les terrains à seulement 21 ans. Outre-Manche, sa notoriété décolle néanmoins vingt ans plus tard lors d’un show télévisé où, vêtu d’un survêtement turquoise, il révèle au monde « être le fils de Dieu ». D’aucuns diront que les tabloïds auraient décontextualisé cette citation pour ridiculiser le plus beau conspirationniste « new age » du pays : un complot mondial ourdi, selon lui, par des « reptiles humanoïdes » gardiens de la galaxie Darco et qui projetteraient de supprimer l’humanité en jetant un « filet de fréquence » autour de la Terre. Heureusement, Icke semble à l’abri de leur intervention.
David Icke
Angleterre
David Icke

Frère de Sir Bobby, cet ancien défenseur anglais des sixties ne doit sa présence dans cette équipe divine qu’à la bénédiction de Jean Paul II, qu’il reçut en personne lors d’une cérémonie en 1990. Un souvenir encore palpable : « Il faisait très chaud et je suis resté assis dans la même position sans doute trop longtemps. Je ne m’en souviens pas, je me suis endormi. »
John Charlton
Angleterre
John Charlton
L’histoire de ce mystique Trinitéen relève du folklore écossais. Lors d’un match de championnat, le joueur des Rangers FC (club de troisième division, ndlr) se déchire les ligaments croisés du genou droit, mais refuse, à la surprise générale, toute opération chirurgicale. Et somme ainsi le staff médical de laisser agir Dame Nature. Dieu, en l’occurrence : « Une nation entière a dit que j’étais fou, raconte-t-il. Après ma blessure, j’ai prié le Seigneur qui m’a dit de ne pas recourir à la chirurgie. La prière était mon unique traitement, chaque jour, chaque instant. Je devais en avoir pour un an, mais résultat, six semaines plus tard, j’étais déjà de retour. » Pour la légende : Marvin Andrews joue toujours à 36 ans et des brouettes, en huitième division écossaise.
Marvin Andrews
Trinidad et Tobago
Marvin Andrews
Tout de suite, une image, et peut être même un fou rire : deux petites couettes vertes de punk à chien qui colleront à jamais au crâne de Taribo West. Un « obsédé de Dieu », se décrit-il lui-même, congédié de Kaiserslautern en 2002 pour avoir volontairement loupé une rencontre officielle. Il organisa à la place une cérémonie évangélique de six heures pour son anniversaire. « Ce soir-là, ma sœur s’est mise à prier et elle m’a dit qu’elle pouvait voir deux chiens - un blanc et un noir - se battre dans ma maison. Elle pouvait y sentir les énergies occultes. Elle s’est alors tournée vers moi : "Taribo, tu seras pasteur." Si ce n’était pas ma sœur, je pense que je l’aurais foutu dehors. » Comme un symbole, depuis 2008, le Nigérian partage sa retraite entre évangélisme et œuvres caritatives, au sein de sa propre église venant en aide aux sans abris. « Je crois que Dieu offre un refuge à tous ceux qui souffrent. Quelle que soit votre situation, Dieu a la solution, il vous suffit de vous rapprocher de lui. »
Taribo West
Nigeria
Taribo West
En 2009, le joueur-star du Hajduk Split n’a d’autre choix que de se confesser. Lui seul détient la vérité. Et pour cause, le club croate enchaîne pilules sur déculottées. « Je suis si dévoué à Dieu que je ne puis me permettre de tacler durant mes matchs, glisse-t-il au quotidien Slobona Dalmacija. J’aurais probablement pu aider mes coéquipiers en durcissant mon jeu cette saison. Mais Dieu a créé le football pour le plaisir et la détente. Il n’aimerait pas que je commette de grossières fautes. » Pour info, Goran est capitaine.
Goran Granić
Bosnie Herzégovine
Goran Granić

Peter Knowles, c’est l’éternel prodige du football anglais. Le rouage essentiel dans la balistique des Wolverhampton Wanderers en 1969. Aux yeux de tous, le succès, la luxure, l’argent et même une Coupe du monde 1970 l’attendent sur un plateau. Mais quelque part, c’est déjà trop tard : « Je vais continuer à jouer au football pour le moment, mais j’ai perdu mon ambition, dit-il. J’ai besoin de plus de temps pour en apprendre d’avantage sur la Bible. » Huit matchs suffisent : le « footballeur de Dieu » raccroche les crampons, devient témoin de Jéhovah et tente en vain de convertir ses ex-coéquipiers. Priant que ce ne soit qu’un pieux caprice, les Wolves attendront douze ans pour rompre son contrat. Un hommage, en quelque sorte. Comme celui, en mélopée, du bard trotskard Billy Brang. Culte.
Peter Knowles
Angleterre
Peter Knowles
En 2003, l’agence anti-dopage anglaise UK Sports accuse Manchester City d’avoir contraint l’un de ses joueurs, Christian Negouai, à enfreindre le ramadan pour les besoins d’un contrôle. Peu prompt à rompre son jeûne, le Français doit finalement boire un litre d’eau pour produire un échantillon valable. « Il est très en colère à ce sujet », déclare alors le manager des Citizens, Kevin Keagan, qui assure néanmoins que le club n’a exercé aucune pression sur le joueur. Pour sûr ?
Christian Negouai
France
Christian Negouai
« Hormis le football, la seule chose qui m’intéresse vraiment, c’est ma croyance en Dieu. Alors j’ai décidé de l’approfondir. » Suffisant pour que l’Anglais Alan Comfort devienne, à la fin des années 1980, le premier joueur-aumônier de Lleyton Orient. Une double calotte qui lui permet, aujourd’hui encore, de diriger la petite chapelle de son équipe de cœur. Il s’est tout de même un poil radicalisé : « Si vous êtes dévoué à Jésus, et que vous voulez continuer à suivre ce que dit la Bible, alors cela signifie que les relations sexuelles ne sont appropriées que dans une situation conjugale entre un homme et une femme. »
Alan Comfort
Angleterre
Alan Comfort

Joueur dévot à la religion musulmane, l’ancien international sénégalais (suspendu cinq ans en 2011 pour avoir déclaré que « tout le système du football sénégalais était corrompu », ndlr) n’est jamais avare en petites provocations. Aussi, lors de la Coupe du monde 2002, il suscite la polémique en ôtant son maillot pour honorer l’un de ses buts. Dessous : non pas une missive pour une ex-copine, mais un tee-shirt floqué du portrait d’Oussama Ben Laden disent certains ! Faute grave. Mais à y regarder de plus près, il s’agirait plutôt du cheikh Amadou Bamba, fondateur anti-impérialiste de la confrérie des Mourides en 1883, prônant l’orthodoxie envers les enseignements du Coran pour réformer la société sénégalaise. Rassuré ?
El Hadji Diouf
Sénégal
El Hadji Diouf
Le clocher de cette équipe céleste. La pointe, le renard et le censeur : une fable écrite en 2007 par Frédéric Kanouté suite à son refus intime de porter le nouveau maillot du FC Séville, floqué d’une publicité pour un site de pari en ligne. Le Malien ne supporte pas cet affront et recouvre lui-même de plâtre le logo incriminé. Gênés, ses employeurs l’autorisent ensuite à porter un tricot vierge de tout sponsor. Pour, finalement, le convaincre de ré-endosser l’original, mais à la condition que le club verse un don à une œuvre de charité islamique. Une belle idée de Une pour Le Point, non ?
Frédéric Kanouté
Mali
Frédéric Kanouté
« Je préfère les prières et les vaches à lait au football. » C’est sans doute pour la qualité de ses produits laitiers et de ses sensations pures que cet attaquant croate se convertit au Hare Krishna en 1998 : une religion hindoue forte de ses 90 restaurants « végétariens et spirituels » à travers le monde. « Mon grand père va m’apprendre à devenir un bon fermier, explique-t-il le jour de sa retraite, sportive et religieuse. La vie de footballeur n’est pas pour moi. Je veux aller prêcher la parole de l’Éternel. » En 2001, il fait amende honorable, retrouve un petit club et publie sa rédemption : « Il y a quelques années, j’avoue avoir été presque un fanatique religieux… Globalement, le monde n’est pas si mal. » Monde de merde, ouais : Milienko ovačić décèdera quatre ans plus tard d’un accident de moto. RIP.
Milienko Kovačić
Croatie
Milienko Kovačić

 

David Icke (Angleterre) : De Coventry à Hereford United, personne ou presque ne connaît la carrière de cet énigmatique gardien de but anglais. Souffrant d’arthrite et de timidité maladive, David Icke abandonne les terrains à seulement 21 ans. Outre-Manche, sa notoriété décolle néanmoins vingt ans plus tard lors d’un show télévisé où, vêtu d’un survêtement turquoise, il révèle au monde « être le fils de Dieu ». D’aucuns diront que les tabloïds auraient décontextualisé cette citation pour ridiculiser le plus beau conspirationniste « new age » du pays : un complot mondial ourdi, selon lui, par des « reptiles humanoïdes » gardiens de la galaxie Darco et qui projetteraient de supprimer l’humanité en jetant un « filet de fréquence » autour de la Terre. Heureusement, Icke semble à l’abri de leur intervention.

John Charlton (Angleterre) : Frère de Sir Bobby, cet ancien défenseur anglais des sixties ne doit sa présence dans cette équipe divine qu’à la bénédiction de Jean Paul II, qu’il reçut en personne lors d’une cérémonie en 1990. Un souvenir encore palpable : « Il faisait très chaud et je suis resté assis dans la même position sans doute trop longtemps. Je ne m’en souviens pas, je me suis endormi. »

Marvin Andrews (Trinidad et Tobago) : L’histoire de ce mystique Trinitéen relève du folklore écossais. Lors d’un match de championnat, le joueur des Rangers FC (club de troisième division, ndlr) se déchire les ligaments croisés du genou droit, mais refuse, à la surprise générale, toute opération chirurgicale. Et somme ainsi le staff médical de laisser agir Dame Nature. Dieu, en l’occurrence : « Une nation entière a dit que j’étais fou, raconte-t-il. Après ma blessure, j’ai prié le Seigneur qui m’a dit de ne pas recourir à la chirurgie. La prière était mon unique traitement, chaque jour, chaque instant. Je devais en avoir pour un an, mais résultat, six semaines plus tard, j’étais déjà de retour. » Pour la légende : Marvin Andrews joue toujours à 36 ans et des brouettes, en huitième division écossaise.

Taribo West (Nigeria) : Tout de suite, une image, et peut être même un fou rire : deux petites couettes vertes de punk à chien qui colleront à jamais au crâne de Taribo West. Un « obsédé de Dieu », se décrit-il lui-même, congédié de Kaiserslautern en 2002 pour avoir volontairement loupé une rencontre officielle. Il organisa à la place une cérémonie évangélique de six heures pour son anniversaire. « Ce soir-là, ma sœur s’est mise à prier et elle m’a dit qu’elle pouvait voir deux chiens - un blanc et un noir - se battre dans ma maison. Elle pouvait y sentir les énergies occultes. Elle s’est alors tournée vers moi : "Taribo, tu seras pasteur." Si ce n’était pas ma sœur, je pense que je l’aurais foutu dehors. » Comme un symbole, depuis 2008, le Nigérian partage sa retraite entre évangélisme et œuvres caritatives, au sein de sa propre église venant en aide aux sans abris. « Je crois que Dieu offre un refuge à tous ceux qui souffrent. Quelle que soit votre situation, Dieu a la solution, il vous suffit de vous rapprocher de lui. »

Goran Granić (Bosnie Herzégovine) : En 2009, le joueur-star du Hajduk Split n’a d’autre choix que de se confesser. Lui seul détient la vérité. Et pour cause, le club croate enchaîne pilules sur déculottées. « Je suis si dévoué à Dieu que je ne puis me permettre de tacler durant mes matchs, glisse-t-il au quotidien Slobona Dalmacija. J’aurais probablement pu aider mes coéquipiers en durcissant mon jeu cette saison. Mais Dieu a créé le football pour le plaisir et la détente. Il n’aimerait pas que je commette de grossières fautes. » Pour info, Goran est capitaine.

Peter Knowles (Angleterre) : Peter Knowles, c’est l’éternel prodige du football anglais. Le rouage essentiel dans la balistique des Wolverhampton Wanderers en 1969. Aux yeux de tous, le succès, la luxure, l’argent et même une Coupe du monde 1970 l’attendent sur un plateau. Mais quelque part, c’est déjà trop tard : « Je vais continuer à jouer au football pour le moment, mais j’ai perdu mon ambition, dit-il. J’ai besoin de plus de temps pour en apprendre d’avantage sur la Bible. » Huit matchs suffisent : le « footballeur de Dieu » raccroche les crampons, devient témoin de Jéhovah et tente en vain de convertir ses ex-coéquipiers. Priant que ce ne soit qu’un pieux caprice, les Wolves attendront douze ans pour rompre son contrat. Un hommage, en quelque sorte. Comme celui, en mélopée, du bard trotskard Billy Brang. Culte.

Christian Negouai (France) : En 2003, l’agence anti-dopage anglaise UK Sports accuse Manchester City d’avoir contraint l’un de ses joueurs, Christian Negouai, à enfreindre le ramadan pour les besoins d’un contrôle. Peu prompt à rompre son jeûne, le Français doit finalement boire un litre d’eau pour produire un échantillon valable. « Il est très en colère à ce sujet », déclare alors le manager des Citizens, Kevin Keagan, qui assure néanmoins que le club n’a exercé aucune pression sur le joueur. Pour sûr ?

Alan Comfort (Angleterre) : « Hormis le football, la seule chose qui m’intéresse vraiment, c’est ma croyance en Dieu. Alors j’ai décidé de l’approfondir. » Suffisant pour que l’Anglais Alan Comfort devienne, à la fin des années 1980, le premier joueur-aumônier de Lleyton Orient. Une double calotte qui lui permet, aujourd’hui encore, de diriger la petite chapelle de son équipe de cœur. Il s’est tout de même un poil radicalisé : « Si vous êtes dévoué à Jésus, et que vous voulez continuer à suivre ce que dit la Bible, alors cela signifie que les relations sexuelles ne sont appropriées que dans une situation conjugale entre un homme et une femme. »

El Hadji Diouf (Sénégal) : Joueur dévot à la religion musulmane, l’ancien international sénégalais (suspendu cinq ans en 2011 pour avoir déclaré que « tout le système du football sénégalais était corrompu », ndlr) n’est jamais avare en petites provocations. Aussi, lors de la Coupe du monde 2002, il suscite la polémique en ôtant son maillot pour honorer l’un de ses buts. Dessous : non pas une missive pour une ex-copine, mais un tee-shirt floqué du portrait d’Oussama Ben Laden disent certains ! Faute grave. Mais à y regarder de plus près, il s’agirait plutôt du cheikh Amadou Bamba, fondateur anti-impérialiste de la confrérie des Mourides en 1883, prônant l’orthodoxie envers les enseignements du Coran pour réformer la société sénégalaise. Rassuré ?

Frédéric Kanouté (Mali) : Le clocher de cette équipe céleste. La pointe, le renard et le censeur : une fable écrite en 2007 par Frédéric Kanouté suite à son refus intime de porter le nouveau maillot du FC Séville, floqué d’une publicité pour un site de pari en ligne. Le Malien ne supporte pas cet affront et recouvre lui-même de plâtre le logo incriminé. Gênés, ses employeurs l’autorisent ensuite à porter un tricot vierge de tout sponsor. Pour, finalement, le convaincre de ré-endosser l’original, mais à la condition que le club verse un don à une œuvre de charité islamique. Une belle idée de Une pour Le Point, non ?

Milienko Kovačić (Croatie) : « Je préfère les prières et les vaches à lait au football. » C’est sans doute pour la qualité de ses produits laitiers et de ses sensations pures que cet attaquant croate se convertit au Hare Krishna en 1998 : une religion hindoue forte de ses 90 restaurants « végétariens et spirituels » à travers le monde. « Mon grand père va m’apprendre à devenir un bon fermier, explique-t-il le jour de sa retraite, sportive et religieuse. La vie de footballeur n’est pas pour moi. Je veux aller prêcher la parole de l’Éternel. » En 2001, il fait amende honorable, retrouve un petit club et publie sa rédemption : « Il y a quelques années, j’avoue avoir été presque un fanatique religieux… Globalement, le monde n’est pas si mal. » Monde de merde, ouais : Milienko ovačić décèdera quatre ans plus tard d’un accident de moto. RIP.

Jimmy Allan (Écosse) : Le 20 janvier 1974, pour la première fois de son histoire, un match officiel du championnat anglais est programmé un dimanche après-midi. Onze jours plus tard, Jimmy Allan, alors gardien de Swindon Town et fervent catholique, n’entend pas tenter l’expérience. Et prévient qu’il sera le premier joueur à refuser de jouer durant « Sabbat » pour des motifs religieux. « Je respecte totalement sa position », déclare son manager Les Allen, qui l’écartera finalement de l’équipe première jusqu’en 1976 : « Certains de mes joueurs refusaient de jouer le dimanche pour des raisons religieuses. La plupart d'entre eux étaient juste énervés de ne plus pouvoir boire un verre le samedi soir… »

Dai Davies (Pays de Galles) : Portier international gallois des seventies, Dai Davies est sans doute plus connu pour ses massages cognitifs japonais, sa science des herbes médicinales et ses master-classes de « Feldenkrais » (« prise de conscience par le mouvement ») que pour ses prises de balle. Surnommé « Dracula » pour son dégoût des croix catholiques, c’est initié par l’association culturelle de la Gorsedd des bardes gallois qu’il devient, en 1978, le tout premier druide du football mondial. Cérémonie officielle : saie blanche, bâton de rituel, jeux floraux et quelques bonnes bouteilles de pinard. « Il y a des fées, quelque part, avec beaucoup d’énergie, et je peux désormais sentir les anges », glisse-t-il dans son allocution. Amen.

João Leite (Brésil) : Encore plus fort que Clàudio Taffarel ou Ricardo Kaká, cet ancien gantier de l’Atlético Mineiro n’a pas seulement rejoint une église, il s’en est inventé une : le mouvement « des athlètes du Christ » en 1979. C’est ainsi que le Brésilien, surnommé chez lui « le Gardien de Dieu » pour son soutien actif à l’Église évangéliste, déchirait des pages de la Bible avant chaque rencontre et les distribuait à ses adversaires ; puis barbouillait lui-même de peinture l’inscription « Jesus Saves » sur sa liquette de goal volant. Un accoutrement jugé finalement trop ostentatoire par la Fifa. « Ils peuvent m’enlever le Christ de mon maillot, mais personne ne pourra l’enlever de mon cœur. »

Carlos Roa (Argentine) : Encore une histoire de gardien de but. En 1999, surnommé « La Laitue » pour son végétarisme, l’international argentin Carlos Roa explose sa dernière durite : il pronostique la fin du monde pour l’an 2000 et décide de facto de se retirer dans un « refuge spirituel » à Santa-Fe, au Nouveau-Mexique. « Les réactions que je rencontrais étaient de l’incompréhension, note-il lors d'une interview à FourFourTwo. Mais c’était ma décision. J’ai eu le même type de réflexion et de méditation quand j’ai décidé de faire mon retour, à Majorque, neuf mois plus tard… à une seule condition : je n’aurais jamais pu jouer un samedi, jour sacré et de repos, tel qu’il est enseigné dans mon église. » L’Église adventiste du septième jour, pour ceux que ça intéresse…

Jean-Paul II (Pologne) : Le coach. Socio du Barça, membre d’honneur de sept grands clubs européens, fan de Fulham, sans que personne ne sache vraiment pourquoi, celui qui fut le chef de l’Église catholique entre 1978 et 2005 enfilait même, tout gamin, les gants et les chaussures de montage à clous - les crampons étaient un luxe - lors de parties improvisées dans les rues de Katowice, en Pologne, où il grandit. Un assez bon joueur, relatent ses biographes. Quasiment un pote, se souvient Paul Gascoigne : « À l'époque où j'étais à Rome, le coach me lance : "Il y a quelqu'un au téléphone pour toi." Je lui réponds : "Dis-lui de rappeler plus tard, putain !" " Paul, sérieux, je pense que tu devrais prendre l'appel..." Je prends le téléphone et un type me dit : "Bonjour, c'est Jean-Paul II." Bon sang, ce n’était pas une blague, c'était le pape ! "Salut pape, ça boume ?" ,je réponds. (…) On s'est pointé au Vatican et le pape nous a donné des cadeaux, des trucs qu'il offre juste aux chefs d'États, en principe : des sortes de médailles dorées... Personne n'a ces machins-là ! »



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36 réactions;
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  • Message posté par Nicola MH le 19/12/2012 à 11:41
      Note : 1 

    " pour avoir volontairement louper "
    " Il s’est tout de même un poil radicaliser"
    Ca fait mal aux yeux là..

  • Message posté par MaxMaga le 19/12/2012 à 11:44
      Note : 7  /

    Cette anecdote de Paul Gascoigne !!!!

  • Message posté par med78 le 19/12/2012 à 11:46
      

    J'aurais aimé y voir Kaka quand même... Voire Lucio.

  • Message posté par TheHoop le 19/12/2012 à 12:00
      Note : 2 

    Lucio c'est clair que pour avoir eu une carrière comme la sienne avec un si petit cerveau et un talent quasi-nul y'a une intervention divine quelque part

  • Message posté par alfadir le 19/12/2012 à 12:07
      

    Il ne s'agit pas de John, mais de Jack Charlton, frère de Bobby et vainqueur de la Coupe du Monde 1966, qui était sélectionneur irlandais en 1990.

    J'aurais également rajouté Ivan de la Pena et Roberto Baggio, on ne parle pas assez de Buddha dans tout ça!

  • Message posté par Skidi le 19/12/2012 à 12:23
      Note : 8  /

    Mouais - Si un jour un derby est programmé vs l'équipe type de Satan, nul doute que l'équipe type divine se ferait crucifier.

    Schumacher
    Vinnie Jones – Butcher - Pepe
    De Jong – Barton – Gattuso –Tofting
    Cantona – Balotelli – Di Canio

    (Kahn - Materazzi – Goikoetxea – Gravesen - Souness...).

    Que des enfants de chœur...



  • Message posté par Ailier Gauche le 19/12/2012 à 12:24
      Note : 1 

    Y'avait un peu de place pour Ceara et Vonlanthen aussi.

  • Message posté par Myros el matador le 19/12/2012 à 12:25
      Note : - 5  &


  • Message posté par nicolino57 le 19/12/2012 à 12:28
      Note : 4  /

    Sinon, il y a un ancien joueur du début des années 60 du Sporting Lisbonne, Joaquim Rafael da Fonseca, originaire de Mozambique et ami d'Euzebio, qui vit depuis 40 ans dans une chartreuse pas très loin du village d'origine de mes grands-parents.

    J'ai juste trouvé ça sur lui, si ça par hasard ça intéresse un de vos journalistes :

    http://www.stpauls.it/jesus06/0405je/0405je72.htm

  • Message posté par tanvilo le 19/12/2012 à 12:28
      

    on est loin du foot

  • Message posté par Inzaghi le 19/12/2012 à 12:29
      

    ‘Taribo, tu sera pasteur’

    C'était si cher l'école pour sa soeur?

  • Message posté par lolonois le 19/12/2012 à 12:30
      Note : 1 

    Pas étonné de voir Alan Comfort dans cette équipe type. Un mec qui a chanté "Rendez-vous au paradis" se devait d'y figurer.

  • Message posté par lolonois le 19/12/2012 à 12:31
      Note : 3  /

    Sinon Oscar Ewolo aurait pu au moins prétendre au banc des remplaçants

  • Message posté par LibidoPostToxico le 19/12/2012 à 12:32
      

    Et Brandao ?!?
    Dieous par ci, Dieous par la !! Il a l'air d'aimer le divin lui

  • Message posté par Sbou le 19/12/2012 à 12:34
      

    Ou sinon y a l'équipe du Vaticant, avec un bilan de 3 victoire et 1 nul en 4 match

  • Message posté par Pascal Pierre le 19/12/2012 à 12:39
      Note : - 1 

    Perso, je préfère les philosophes aux amoureux de Dieu.
    Alors, hommage aux Monthy.

    http://www.dailymotion.com/video/xbfco9 … NGlzuTX7oY

  • Message posté par Skidi le 19/12/2012 à 12:42
      Note : 1 

    Legrottaglie aurait aussi pu prétendre à une place de titulaire...

  • Message posté par Kiton le 19/12/2012 à 12:47
      

    @ alfadir

    Jack était son surnom. Il s'appelait bien John.

  • Message posté par innerself le 19/12/2012 à 12:58
      Note : 1 

    Où est Oscar Ewolo, pasteur évangélique à Lorient qui prêche rue de remparts?

  • Message posté par Pol le 19/12/2012 à 13:12
      

    Ouah... la religion rend vraiment con*

  • Message posté par sofiene92 le 19/12/2012 à 13:29
      

    Beaucoup de britanniques ou de joueurs ayant joué au Royaume-Uni, c'est si déprimant que ça de vivre là-bas ?

  • Message posté par nononoway le 19/12/2012 à 13:29
      Note : - 1 

    @skidi

    Je vois pas vraiment ce que Balotelli viendrait faire là-dedans... Il a beau être un peu barge, on l'a jamais vu mettre un high kick à un supporter, shooter dans la tête d'un mec à terre, péter les dents d'un attaquant, ni même de faire un assist de la main...

  • Message posté par Le Tahélandais le 19/12/2012 à 13:35
      Note : 5  /

    @Pol : Tu te crois intelligent toi?

  • Message posté par XYZ le 19/12/2012 à 14:11
      Note : 1 

    Kanouté a fait construire une mosquée a Seville. Un quartier entier devait être détruit pour refaire des logements ou des bureau et dans ce quartier il y avait une mosquée.... Aprés la destruction de ce chantier Le joueur a lui méme financé la construction de cette mosquée pour les fidéles. Moi je dit respect Fred

  • Message posté par alfadir le 19/12/2012 à 14:13
      

    @Kiton
    Effectivement, je n'en avais entendu parler que sous le nom de Jack, et son véritable nom, très peu employé, m'avait échappé.

  • Message posté par theyak le 19/12/2012 à 14:15
      

    Pourquoi y'a pas Balotello?

  • Message posté par ZizouGabor le 19/12/2012 à 14:22
      

    Monty Python classique, Beckenbauer philosophe...

  • Message posté par Skidi le 19/12/2012 à 15:32
      

    @ Nonoway

    Balotelli est Satan !

  • Message posté par LDouglas le 19/12/2012 à 16:33
      

    Peter Knowles a de lointains airs de Paul McCartney je trouve...En tout cas plus proche de Sir McCartney que de Beyonce (Knowles).

  • Message posté par Jean Michel Assaule le 19/12/2012 à 17:04
      

    La PS Vita, c'est naze.

  • Message posté par Jay-Jay le 19/12/2012 à 21:04
      Note : 1 

    Je croyais qu'Alain Chamfort était chanteur ?

  • Message posté par cuzc le 19/12/2012 à 21:38
      Note : 1 

    Les anecdotes avec Gascoigne sont définitivement toutes plus grandioses les unes que les autres!

  • Message posté par Papa Ours le 20/12/2012 à 10:26
      

    @cuzc: je me suis fait exactement la même réflexion. Ce mec-là est magique!

    Gazzzzzzaaa!!!

    Balotelli dans l'équipe du diable? Même le diable n'en veut pas... ^^

  • Message posté par footeux07 le 21/12/2012 à 21:07
      

    Et Zlatan?
    Il est plus fort que Dieu lui même...

    fandezlatan.blogspot.fr

  • Message posté par chacal911 le 22/12/2012 à 09:45
      

    @skidi

    T'es un peu dur avec Gattuso, il n'était pas si brutal et le mec à l'air sympa au final.

    Par contre je rajouterai Van Bommel, Jens Jeremies, Lee Dixon (Arsenal), Poulsen, Navarro, Momo Sissokho, Ramos, Arbeloa, Busquets, Roy Keane, Simeone.

    Et le Basque qui avait pété la cheville de Maradona (et qui se vante de conserver encore aujourd'hui les chaussures qu'il avait aux pieds ce jour là)

  • Message posté par badaboum le 11/02/2013 à 19:46
      

    @chacal911
    On peut aussi ajouter toute l'équipe actuelle de Stoke City. Avec l'ebtraîneur et le banc des remplaçants.


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