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Leonardo, baptême napolitain

L'Inter à la traîne et le Napoli royal au sommet : le duel de ce soir à San Siro est déjà placé sous le signe des hiérarchies chamboulées. Attention, le bouffon Benitez n'est plus là : l'Inter risque vraiment de triompher.

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C'est reparti. Les fêtes sont terminées, place au football, à nouveau. Comme le veut la tradition, la Serie A recommence le jour de l'Épiphanie. Le jour de la Befana (une petite sorcière qui fait peur mais qui en fait est super sympa parce qu'elle offre des cadeaux), comme on dit là-bas. Manque de chance, cette année, c'est un jeudi. Du coup, les joueurs vont devoir s'offrir leur propre boxing day en jouant deux fois en quatre jours. L'Inter, qui n'a plus participé à un match de championnat depuis le 3 décembre dernier, va devoir se replonger dans le bain sans attendre. Et quoi de mieux qu'un bon vieux choc face au Napoli, actuel dauphin du Milan AC, pour se remettre sur les bons rails ?

Nouvelle année, nouvelles têtes. Pas encore du côté de Naples, mais bien de l'Inter. Et non des moindres. Le club nerazzurro avait quitté l'Italie la tête basse, en sortant vaincu du Stadio Olimpico. Benitez savait certainement qu'il ne reviendrait pas. Bingo. Voilà le beau gosse Leonardo sur le banc interiste, après avoir passé treize saisons de l'autre côté du miroir. Beau cadeau de Noël pour les tifosi. Et Leo ramène avec lui un petit vent de mégalomanie cher à Moratti. Kakà, Tevez, Alexis Sanchez : on annonce tout et n'importe quoi du côté d'Appiano Gentile. Mais pour le moment, l'Inter n'a renforcé que son secteur défensif, avec l'arrivée du prometteur Andrea Ranocchia. Le futur Maldini, dit-on de l'autre côté des Alpes. Leo va également retrouver petit à petit tous ses estropiés : Diego Milito et Maicon, peut-être les deux joueurs clefs de l'Inter la saison dernière, sont sur les starting blocks. Wesley Sneijder et Julio Cesar, eux, sont encore à l'infirmerie. L'infirmière doit être vraiment mignonne pour que les joueurs y passent autant de temps.

Mais la grande interrogation, c'est surtout de savoir comment Leonardo va réussir à redonner de l'enthousiasme à ses nouvelles ouailles. Un groupe en chute libre, du moins en Serie A. L'Inter n'a pris que cinq points sur les six dernières journées (Cesena, relégable, en a pris sept) et compte seize points de moins que l'an passé à la même époque. Plus de temps à perdre donc pour rattraper toutes les conneries de Benitez. « Contre Naples, ce sera un match très difficile. L'approche de Leonardo a toutefois été très positive, je pense qu'il y aura naturellement une réaction. Il pourrait y avoir des nouveautés tactiques. Mais attention, Naples a des caractéristiques incroyables, des joueurs importants et surtout un caractère très fort, comme le veut Mazzarri. Ce sera un très beau match » atteste Aldo Serena, ancien attaquant et grand supporter de l'Inter, à Radio Marte. Un beau match et surtout un gros duel en perspective : Naples ne viendra pas à San Siro pour ramasser des champignons.

De fait, le Napoli est dans une spirale totalement opposée. Les Napolitains ont terminé l'année 2010 en surfant sur l'euphorie, avec des victoires hallucinantes obtenues dans les arrêts de jeu. Naples est deuxième, à trois points seulement du Milan AC, et ne rêve que d'une chose : mener la vie dure à toutes les grosses écuries du championnat. « Je ne signe jamais pour le match nul avant une rencontre. Nous devons jouer le coup à fond contre l'Inter et j'espère revoir à San Siro l'attitude habituelle de mon équipe » a martelé le coach Mazzarri, hier, en conférence d'avant-match. Faire chier les autres, oui. Le mot "Scudetto", en revanche, est banni. Pour le moment du moins.

Naples est conscient de pouvoir compter sur de grands joueurs (Cavani et Lavezzi en tête), mais sait également qu'il n'y a rien de plus dangereux qu'un champion blessé et vexé. A l'aube du choc face à l'Inter, prudence demeure donc le maître-mot. « Dix points d'avance sur l'Inter en plein hiver, je ne l'aurais jamais cru. Mais les champions, ce sont eux et n'oublions pas qu'ils ont deux matches de retard. Toutefois le Napoli n'est pas là-haut par hasard. Cette deuxième place au classement, nous l'avons obtenue avec mérite » a ainsi déclaré le Slovaque Marek Hamsik au quotidien La Repubblica. Quoi qu'ils en disent, les Napolitains croient malgré tout en leurs chances de frapper un grand coup. L'Inter jeudi, la Juventus dimanche : quatre jours de vérité pour Mazzarri et les siens. Il pourra d'ailleurs s'appuyer sur les superstitions divines : le Napoli n'a plus perdu le jour-même de l'Épiphanie depuis le 6 janvier 2000. C'était en Serie B, face à Brescia. Naples cravachait alors pour remonter dans l'élite. Une époque qui semble à des années lumières. Car ce soir, Naples jouera le trône de la Serie A. Mais l'As battra-t-il le Roi ?



Eric Maggiori

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