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Lens : après la pluie en coulisses, le déluge en tribunes ?

Alors que le club a été maintenu en Ligue 2 par la DNCG malgré ses difficultés financières, et que le coach Kombouaré a décidé d'honorer sa dernière année de contrat, la contestation demeure forte parmi une frange des supporters sang et or. Vendredi dernier, celle-ci a même franchi un cap avec l'agression d'un journaliste de L'Équipe. Explications.

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Lens devient-il l'OM du Nord ? Le palmarès en moins. Il ne se passe plus une semaine sans que le club artésien ne fasse parler de lui dans la rubrique extra-sportive. Longtemps classé parmi les clubs préférés des Français, le Racing club de Lens voit son image se détériorer au fil des saisons. Et ce n'est pas l'arrivée aux commandes du club du prétendu milliardaire azéri Hafiz Mammadov, adoubé par Gervais Martel, qui a redoré le blason sang et or.

Delle touché par l'explosion d'un pétard


Bien au contraire. Le RC Lens devient un habitué de l'ascenseur entre la L1 et la L2, et ses nombreux supporters ont, dans l'ensemble, bien du mal à accepter pareille dérive de leur club de cœur. Dans leur majorité, ils sont hostiles au duo d'actionnaires Mammadov-Martel. Et vendredi dernier, lors du premier match de préparation décentralisé du Racing, à Loon-Plage contre Dunkerque, ce mouvement de contestation a pris une dimension encore jamais atteinte. Avec en première ligne les Red Tigers, principal groupe de supporters ultras du club artésien, ayant boycotté les matchs du RC Lens à Amiens la saison passée, qui sont venus exprimer dans ce stade champêtre leur hostilité envers la direction du club. « Direction démission » , « Vous avez tué notre Racing » , ont été les banderoles brandies par les ultras lensois. Fumigènes et pétards à l'appui. Problème, l'un d'entre eux a explosé, malencontreusement selon eux, à proximité du nouveau gardien de but lensois, Joris Delle, qui a été sonné quelques instants, provoquant l'interruption temporaire de la rencontre au quart d'heure de jeu. Un incident relayé instantanément sur les réseaux sociaux par les médias présents. Et notamment par le journaliste de L'Équipe Joël Domenighetti, installé en tribune de presse avec son confrère de La Voix du Nord.

Le rédacteur en chef adjoint de L'Équipe violenté


Démonstration parfaite de l'immédiateté de la circulation de l'information par le biais des réseaux sociaux, les fans Sang et Or auteurs de ces troubles ont de suite été informés du relais de ces incidents sur le Net. Et quatre membres des Red Tigers, de l'aveu même de l'un de leurs responsables, sont allés en seconde période demander des comptes au journaliste de L'Équipe, à qui ils reprochaient, à tort, d'avoir, dans un tweet, nommé expressément leur groupe de supporters, et d'avoir évoqué une blessure du gardien artésien. « Je n'ai cité aucun groupe de supporters, indique le rédacteur en chef adjoint de L'Équipe. À aucun moment je n'ai dit que ce geste était intentionnel. C'est vérifiable, car je n'ai pas supprimé mes tweets. J'ai relaté les faits tels que je les ai vus. Le portier lensois se tenait l'oreille droite suite à la détonation d'un pétard à un mètre ou deux de lui. » Sauf que ces quatre ultras ne l'ont pas entendu de cette oreille et ont agressé verbalement et physiquement le reporter du quotidien sportif. « Je les ai vus arriver à la table de presse installée dans la tribune principale, raconte Joël Domenighetti. On était deux avec mon confrère de La Voix du Nord. Ils ont demandé où était le mec de L'Équipe. Ils ont exigé un démenti immédiat. L'un d'eux s'est emparé de mon ordinateur et s'est enfui avec. Un autre m'a attrapé par la chemise et m'a empoigné à la gorge. Il y a eu un début d'échauffourée devant femmes et enfants. Mon confrère de La Voix du Nord a subi des dommages collatéraux et a été bousculé. Le temps de rassembler mes esprits, et de protéger mon autre matériel, quelqu'un est revenu poser violemment mon ordinateur sur la table, il manquait la batterie qui a été ramenée, cassée, plus tard par un spectateur et qui avait été jetée dans la tribune. Je me souviens qu'un des quatre ultras m'a dit : "Tu nous a foutus dans la merde, les Red Tigers vont avoir des sanctions." Puis le service d'ordre s'est interposé et ils sont repartis de manière très agressive. »

Une attitude jugée « scandaleuse » par ce journaliste expérimenté qui, jusqu'ici, n'avait subi les foudres que de joueurs mécontents comme Demont, Dindane ou encore Piotr Swierczewski. « Pour autant, je n'ai pas été déstabilisé, avoue Joël Domenighetti. J'ai repris mon travail normalement. Mais cette attitude est scandaleuse. Cet usage de la violence, à quatre contre un, est intolérable. Cela aurait pu mal se terminer. » Dès le lendemain, le journaliste de L'Équipe a reçu un appel téléphonique d'un des responsables des Red Tigers. « C'est lui qui m'a dit qu'il s'agissait de membres de son groupe, indique Joël Domenighetti. Il m'a présenté ses excuses et était sincèrement désolé de ce qu'il s'était passé. Je lui ai dit que je ne ferais pas d'amalgame entre les agissements de quatre surexcités et tout le reste de son groupe. »

La Voix du Nord solidaire de son confrère


En revanche, le quotidien régional La Voix du Nord a pris la décision de fermer ses colonnes aux Red Tigers. Dans un article, le journaliste Philippe Leclercq, présent aux côtés de Joël Domenighetti ce vendredi soir, a expliqué le choix de son journal : « Au-delà de leurs écarts répétés que nous avons régulièrement relatés, nous avons toujours pris le parti de donner la parole aux supporters ultras et notamment aux Red Tigers. (…) Cela a toujours été fait dans le respect du droit à l'expression, à la différence, et du simple fait de leur existence. Mais les incidents de Loon-Plage nous obligent à modifier radicalement notre positionnement. (…) Certains d'entre eux ont surgi en tribune de presse afin de s'en prendre à un confrère de L'Équipe, verbalement puis physiquement. Nous-mêmes avons été pris à partie en dommage collatéral, sans conséquence physique fort heureusement. (…) Ces énergumènes ont été calmés et tout est rentré dans l'ordre après quelques minutes chaudes et surréalistes devant des supporters normaux et des enfants. (…) Que se serait-il passé sans l'intervention de la sécurité ? (…) Une frontière a été franchie, celle de l'inacceptable. S'en prendre à ceux pour qui le droit à l'expression constitue une valeur fondamentale de leur métier de journaliste n'est pas tolérable. Surtout lorsqu'on en a soi-même autant bénéficié. Tous ne sont pas à mettre dans le même panier, mais désormais nos colonnes ne leur sont plus ouvertes. » Une décision que Joël Domenighetti estime « confraternelle » et « assez rare dans le métier » .

Lui n'ira pas – encore – jusque-là : « À la prochaine agression, on ne donnera plus la parole à des gens violents. Mais pour l'instant, je ne veux pas faire d'amalgame. En revanche, dorénavant, je vais prendre des précautions. Cet incident démontre qu'on ne peut plus travailler au sein du public et qu'en dehors d'une tribune de presse normale, notre sécurité n'est plus assurée. » Les Red Tigers jugent, eux, la décision du quotidien régional « étonnante et un peu excessive » et espèrent bien qu'il reviendra dessus. Chez les Red Tigers, depuis cet incident, on fait profil bas. Pierre B., le trésorier de l'association de supporters, n'était pas présent lors de ce match de préparation à Loon-Plage, mais il a appelé la victime dès le lendemain : « Nous avons appelé spontanément les deux journalistes, confie-t-il. Personne au sein du groupe ne cautionne ce qu'il s'est passé. Nous avons eu des explications musclées avec nos quatre membres mis en cause. Beaucoup de monde leur est tombé sur le dos et je pense qu'ils ont compris leur erreur. » Il assure que le portier lensois n'était pas visé par le pétard lancé sur la pelouse – Joris Delle a d'ailleurs posé avec une écharpe des Red Tigers à l'issue de la rencontre après des explications – et reconnaît que l'agression du journaliste suite à son tweet était « disproportionnée » . Pour Pierre, ces jeunes ultras ont « un peu tout mélangé » : « Ils ont reproché à des journalistes des choses dont ces derniers ne sont pas responsables. » Une « accumulation de choses » liée à la situation du club, laquelle demeure, aux yeux des Red Tigers, « floue et malsaine » .

Le RC Lens, une « grande nébuleuse »


À propos du Racing justement, Pierre parle d'une « grande nébuleuse » : « Ce n'est pas parce que la DNCG a accepté que l'on évolue en L2 et qu'Antoine Kombouaré a décidé de rester au club que les problèmes sont réglés, prévient le trésorier des Red Tigers. Nous ne sommes pas naïfs. Il n'y a rien de clair du tout au niveau des finances du club. Mammadov et l'Azerbaïdjan sont les plus grandes nébuleuses au monde. Le rôle qu'a joué le président de région, Percheron, aux côtés de Martel devant la DNCG reste mystérieux tant les deux hommes n'étaient pas du tout sur la même longueur d'onde quelques semaines auparavant. » Bref, pour le groupe le plus actif de Bollaert-Delelis, la contestation ne va pas s'arrêter de sitôt : « On ne va pas retourner notre veste, insiste Pierre B. Nos revendications vont demeurer très vives, et ce, jusqu'à ce que l'on y voit plus clair. On veut qu'un ménage soit fait à la tête du club. Cela n'implique pas que Martel et Mammadov, mais aussi les directeurs généraux, Roudet et Thuillot, ainsi que le directeur sportif Blanchard. Sans oublier le directeur de la communication, Patrick Valcke, qui lui est complètement contre nous. Ces dirigeants actuels n'ont selon nous plus leur place à la tête du club. On veut de nouvelles personnes avec un vrai projet, clair et précis, pour repartir sur des bases saines. »

Un grand ménage attendu à la tête du club


Nombre de ces ultras lensois auraient d'ailleurs préféré, avoue le trésorier des RT 94, « que le Racing reparte en National ou en CFA » dans cette optique de grande lessive au niveau de la direction du club. Ce n'est pas l'opinion d'une grande partie des autres fans sang et or, dont ceux présents à Loon-Plage vendredi dernier qui ont sifflé les agissements des Red Tigers. Pas grave selon Pierre B. : « On peut les comprendre. La L2, c'est plus sexy que le CFA. Kombouaré est resté. Martel parle déjà de remontée en L1 d'ici deux ans. Ils sont peut-être rassurés, mais pas nous. On n'a plus aucune confiance dans les propos de Martel. Quant à l'effectif, c'est l'opération portes ouvertes. À deux semaines de la reprise, on a une équipe encore plus affaiblie que les deux précédentes saisons. Il n'y a aucun projet à long terme. On sait que Kombouaré est resté parce qu'il n'a pas eu d'offre plus intéressante que le bon contrat qu'il a encore à Lens. Dans un an, il partira. L'Euro 2016 à Bollaert sera passé. Et après ? Que va devenir le club ? On n'en sait strictement rien. La communication entre les supporters, et le club est totalement inexistante depuis juillet 2014. On n'a même pas pu aller prendre nos repères dans le nouveau stade et notre nouvelle tribune. À Lens, c'est l'omerta la plus complète. Les dirigeants actuels ont totalement oublié que ce qui fait la notoriété du club, c'est son public, ses supporters. »

Pour autant, les Tigers vont jouer pleinement leur rôle de moteur de l'ambiance dans les travées de Bollaert dès la reprise. « On sera là pour les joueurs et pour le coach. On a beaucoup de respect pour eux. On va animer la tribune, on a plein de nouvelles idées pour ça. Croyez-moi, il y aura de l'ambiance à Bollaert-Delelis. » Pour ça, les RT savent qu'ils seront suivis par les autres associations de supporters. En revanche, concernant leurs revendications contre la direction, ce n'est pas acquis : « On n'est pas dupes, ça va beaucoup dépendre des résultats. La saison passée, on nous a beaucoup reproché de boycotter la Licorne à Amiens. Mais après la trêve, plus la situation sportive devenait critique, plus le contexte économique devenait inquiétant, beaucoup de supporters d'autres groupes ou indépendants ont alors rallié notre cause. On ne l'espère pas, mais ça pourrait encore se reproduire cette saison. »

« Nos actions ne seront pas violentes »


Si les Red Tigers vont donc épargner leur équipe, ils ne vont pas hésiter à protester contre la direction du club. « Il va falloir qu'en interne, on trouve la juste dimension pour exprimer nos revendications, explique encore Pierre. Nos actions ne seront pas violentes. Ça ne règlera pas le problème, bien au contraire. On aura des mots forts, ça c'est sûr. Mais notre volonté n'est pas de casser, dégrader ou encore interrompre des matchs ou risquer un huis clos. On le fera verbalement et on réfléchit à des actions fortes, créatives et originales. Les communiqués, ça ne fonctionne plus. On pourrait en faire tous les jours. Même notre lettre ouverte à Gervais Martel est restée sans réponse. » La reprise à Bollaert-Delelis s'annonce donc chaude, dans tous les sens du terme. D'autant que cette nouvelle rétrogradation en Ligue 2 ne semble pas avoir entamée l'enthousiasme des supporters, ravis de retrouver leur stade fétiche flambant neuf. En une semaine de campagne de réabonnement, 3000 fidèles avaient déjà repris leur précieux sésame, et les supporters se préparent déjà à se rendre en masse à Metz pour l'ouverture du championnat. « Si les autorités nous y autorisent, nuance le responsable des Red Tigers. Après tout, on dit jamais deux sans trois interdictions. Mais là non plus, on ne se laissera pas faire. On va continuer à montrer à Boutonnet et à ses sbires que la répression n'est pas la solution. On veut être libres de pouvoir soutenir notre club partout et toujours. » Ça, c'est l'autre combat des ultras lensois.

Par Youri Hermano
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