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  2. // RC Lens/SM Caen

Lens à incendie

Lens-Caen reporté. La neige, dernier acte d'une sinistre semaine sang et or marquée par des grossièretés, un préavis de grève, le maintien du coach, mais où presque jamais il n'a été question de jeu. Bienvenue dans l'enfer du Nord.

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« Va niquer ta mère, ça fait trois ans que je me casse le cul pour vous, fils de putes, vous n'êtes pas des supporters, vous êtes nuls » . Ainsi a commencé, sur un air de Mondial sud-africain, la funèbre semaine lensoise. Pris à partie par une dizaine de supporteurs à la fin du revers lorientais samedi (3-0), Vedran Runje pète un câble devant les caméras. La séquence sert d'illustration au sujet « La crise au RC Lens » lors des émissions dominicales. Le lundi, il devient le thème du débat du soir des émissions de radio. Le mardi, Gervais Martel décroche personnellement son 06 et convie un à un les journalistes à venir le rencontrer en urgence dans l'heure qui suit. Surprise. Sur place, le président nordiste n'est pas seul. Autour de lui, Yohan Demont et Vedran Runje. Aux grands maux les grands remèdes ! But de la manœuvre : crever l'abcès qui enfle. Le gardien croate pour les noms d'oiseaux balancés à travers la grille, le défenseur peroxydé pour des disputes répétées avec ses coéquipiers. D'abord Kovacevic sur le terrain de Sochaux, puis Issam Jemaa à l'entraînement. Fou de rage, l'ex capitaine sang et or s'était vengé avec son poing sur un mur de la Gaillette. Diagnostic médical : fracture de la main.

Loin de désamorcer le conflit, cette conférence de presse improvisée n'a fait qu'attiser la rancœur des supporteurs envers le portier, le latéral, le président et donc le club. Runje parce qu'il ne regrette pas ses propos : « Ces trois ou quatre mecs bourrés qui viennent et foutent la merde, je ne m'excuse pas par rapport à elles. Quand on touche à l'humain, cela me dérange, encore une fois, j'assume » . Demont pour en avoir rajouté une couche : «  S'ils ne chantent pas, ce sera même mieux que s'ils nous sifflent ! » . Enfin, Gervais l'historique car pour avoir trop vite pris la défense de son portier et annoncé qu'il ne serait ni suspendu ni remplaçant mais bien titulaire contre Caen. Le Kop lensois met alors ses menaces à exécution. Réunis le mercredi soir, tous les groupes, officiels comme indépendants, rédigent un communiqué pour appeler leur adhérents à ne pas se rendre à Bollaert pour la 18ème journée : «  Yohan Démont a déclaré cette semaine qu'il préférait un stade qui ne chante pas plutôt qu'un stade qui le siffle. Il sera rassuré, aucun de nos sifflets ne viendra entacher sa énième piètre prestation » . Une première dans l'histoire du « meilleur public » de France.

Mais au-delà des insultes, cet arrêt temporaire et collectif du soutien au club est la conséquence directe du comportement des joueurs sur le terrain. Relégable depuis la 5ème journée, l'équipe Sang et Or ne montre pas assez de « fierté et d'orgueil » selon le communiqué. Pointée du doigt également, la politique du club envers les jeunes. Et cette question : comment avoir pu laisser partir Nolan Roux à l'intersaison 2009 ? Un épiphénomène symbolique des gros impairs dans la gestion du club depuis quelques saisons. Et notamment dans le choix des coachs. Citons le cas Guy Roux, l'association ratée entre Papin et Leclerc, le manque de confiance accordée à Wallemme. Question recrutement non plus, la direction n'a pas eu souvent le nez creux ces dernières années (Akalé, Eduardo, Vignal, Veselinovic...). Vivre avec le poids du passé et l'impératif de résultat présent, le grand écart est impossible pour un effectif plutôt inexpérimenté. Appliquée et concentrée en première, cette équipe lensoise perd souvent le fil en seconde période sur des erreurs de jeunesse : laxisme dans le placement, naïveté dans le repli et usure dans la réflexion tactique. Pour que tout cela change, Vedran Runje le sait, il n'y a pas de miracle : «  Le seul moyen de se faire pardonner est de prendre des points le plus vite possible et les choses s'arrangeront d'elles-mêmes... » .

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Un président dépassé par les événements, un entraîneur limité intellectuellement, un gardien de buts arrogant, au bout du rouleau, une équipe de chèvres... n'en jetez plus, Lens va droit vers la D2. Heureusement qu'il y a encore son public.
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