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Lemar de Gwada

Bien avant l’équipe de France, les exploits avec Monaco ou les moments galères à Caen, Thomas Lemar surclassait tout le monde en Guadeloupe. Où personne ne semblait douter de son actuelle réussite.

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Thomas Lemar n'est pas près d'oublier l'année 2008 ni Philippe Tranchant. C'est en effet cette année-là que l'ancien recruteur de Caen l'a repéré pour la première fois. Il avait treize ans, était bien plus petit que les autres, plus discret également, mais le jeune homme était loin de passer inaperçu. « J’étais venu en Guadeloupe dans le cadre d’un partenariat que j’avais développé avec Caen. Franck Louis, le directeur technique régional, m’avait conseillé plusieurs joueurs, dont un petit bonhomme en train de tout surclasser au CREPS de Pointe-à-Pitre. Et, effectivement, malgré sa petite taille, on ne voyait que lui. Son sens du déplacement, sa science du jeu, sa technique, tout était déjà impressionnant. »

« Il peut tout faire, même grimper au cocotier »


À entendre Philippe Tranchant, la voix pleine d’admiration lorsqu'il évoque l’une des nouvelles coqueluches du foot français, Thomas Lemar était pourtant loin d’évoluer dans les meilleures conditions en Guadeloupe. Footballistiquement parlant, du moins : « En Guadeloupe, les terrains sont catastrophiques, précise-t-il. Il y a beaucoup de trous et de surfaces bosselées. Et pourtant, même dans ces conditions, il était heureux de jouer, insouciant de ce qui pouvait bien se passer autour de lui tant qu’il avait un ballon entre les pieds. » Ce que confirme Franck Louis, vieil ami de la famille Lemar : « Avoir des terrains aussi pourris, c’est un frein inimaginable pour la progression de nos jeunes, surtout pour des joueurs aussi techniques que Thomas. Mais lui, ça ne l’a jamais gêné. De toute façon, il n’a jamais été du genre à ronchonner. Dès qu’il s’agit de foot, il peut tout faire, même grimper au cocotier s’il le faut. »


À Solidarité scolaire, le club de sa ville, Baie-Mahault, fondé par des enseignants il y a près d’un siècle, Thomas Lemar a pourtant la chance de bénéficier de deux terrains d’entraînement. « Ce qui n’est le cas que de deux ou trois clubs de l’île, nuance Franck Louis, avant d’entrer dans le détail. Le Solidarité scolaire, c’est un club avec un ADN très fort, une volonté d’éduquer les gamins et des valeurs de respect qui ont beaucoup profité à Thomas. Ça, et le fait que ses parents l’ont toujours parfaitement encadré, sans jamais tomber dans l’excès de parents qui savent leur enfant doué. » Si bien que lorsque les grosses écuries françaises et européennes commencent à se manifester, Monsieur et Madame Lemar refusent illico toute offre venant d’un club à la politique concurrentielle. Sur les conseils de Franck Louis, ils savent que le meilleur pour Thomas est de signer pro rapidement, qu’il est sans doute encore trop jeune et trop introverti pour l’envoyer ailleurs que dans un club où sa réussite sera inévitable.

De la discrétion, des séries de dribbles et un départ délicat


Car du talent, à en croire Philippe Tranchant et Franck Louis, le Guadeloupéen en a déjà à revendre. Ou à offrir, ce qui est encore mieux : « Ce n’est bien évidemment pas un meneur d’hommes, affirme au téléphone l’ancien Caennais. Mais il ne peut pas être critiqué dans un vestiaire. Lui-même ne s’en est jamais pris à un partenaire, il était plus du genre à chercher à les faire progresser qu’autre chose. » Depuis la Guadeloupe, Franck Louis ne dit pas autre chose : « Personnellement, je le faisais venir lorsque j’étais en charge de former des éducateurs pour les U9 et les U11. Il n’avait que huit ans, mais il me servait de cobaye, dans le sens où il me permettait de prouver aux entraîneurs, souvent sceptiques, qu’un joueur de cet âge-là pouvait très bien maîtriser les jongles ou autre. Moi, par exemple, je le faisais enchaîner pendant plus d’une minute des exercices de conduite de balle. Il devait dribbler, faire des feintes et des passements de jambes, et j’étais toujours impressionné par sa vitesse, sa dextérité et sa justesse dans le geste. »


Forcément, un tel potentiel ne pouvait s’éterniser en Guadeloupe et, presque inévitablement, c’est à Caen que Thomas atterrit, du fait de la relation privilégiée entretenue par Solidarité scolaire avec le club normand. L’arrivée en métropole est toutefois plus compliquée que prévue : à 7000 kilomètres de chez lui, Thomas, quinze ans, passe de 28°C à -5°C parfois, et se sent seul. Mais là encore, le milieu offensif peut compter sur Philippe Tranchant, qui l’accueille un temps chez lui pour faciliter son adaptation et le fait jouer chaque week-end avec la CFA. Sur ses parents aussi, qui tentent de lui rendre visite régulièrement afin de lui remonter le moral. Mais également sur Jordan Leborgne, avec qui il partage la même chambre. « Ça a aussi été une chance pour lui d’être aux côtés de Jordan, affirme Franck Louis. Ils ont le même âge et étaient dans la même promotion. Ça leur permettait de se soutenir mutuellement. Et à Thomas de se focaliser sur son objectif ultime : devenir pro. » Un objectif que l’actuel Monégasque a dépassé depuis longtemps, sans que l’on sache réellement jusqu’où il peut aller aujourd’hui. On parle quand même ici d’un joueur que Franck Louis a suggéré à Philippe Tranchant en le décrivant comme « le meilleur joueur que la Guadeloupe a jamais eu, toutes générations confondues » . Pas rien.



Par Maxime Delcourt
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