1. //
  2. // Zenith/AJ Auxerre

« Le Zenith devrait faire des dégâts »

Quand il n'est pas blessé, Nicolas Lombaerts (25 ans) signe des contrats avec le Zenith Saint-Petersbourg. En juillet, l'international belge a prolongé son bail débuté en 2007, en espérant que son Zénith retrouve les sommets européens.

0 0
Le nouveau club de Luciano Spalletti s'était fait connaître en France en éliminant deux fois l'OM sous la neige (C3 2006, 08). Ce soir, pendant que Moscou suffoque sous le smog et les cendres, il affronte une autre équipe française vêtue de blanc, l'AJ Auxerre (18h30). Pour une place au soleil des poules de la Champions.

Quelle a été la réaction au club lorsque vous avez appris que vous jouiez Auxerre lors du tour préliminaire de la Champions ?

Entre la Samp', Braga, les Young Boys de Berne ou l'Ajax...on savait que ce ne serait pas facile. Après, Auxerre n'est pas le plus dur, pas le moins non plus, ils ont fini troisièmes de la L1. On ne les sous-estimera pas. Le coach ne nous a pas encore montré de vidéos (l'interview a été réalisée dimanche 15). Les dirigeants veulent absolument qu'on joue la phase de poules. Cette année, plus qu'avant, ils attendent beaucoup, surtout depuis l'arrivée de Mr Spalletti.

Votre effectif compte douze nationalités et votre coach est italien. Vous communiquez comment ?

Il y a deux interprètes en permanence avec nous : un qui traduit de l'italien vers le russe et inversement ; l'autre qui fait pareil mais avec l'anglais et l'italien. Au début, j'ai commencé à apprendre le russe mais j'ai arrêté, je n'avais plus le temps, j'étais blessé (sic). Ca se passe ici comme à l'Ouest, il y a des joueurs doués pour les langues qui font le lien entre nous. On parle essentiellement en anglais, et voilà... J'ai resigné pour quatre saisons, je n'ai que vingt-cinq ans et j'irai en Angleterre ou en Allemagne plus tard.

Comment ça se passe depuis l'arrivée de Luciano Spalletti ?

(Ironique) Je vais vous surprendre, il est complètement obsédé par la tactique, l'organisation défensive. A chaque opposition lors des entraînements, il nous arrête pour corriger le moindre défaut. Il y a des débriefings après chaque entraînement, de longues séances vidéo à l'issue des matchs. Parfois, il prend à part une ligne entière : les défenseurs, les médians voir même les attaquants pour nous expliquer comment nous situer les uns par rapport aux autres sur certaines phases de jeu bien définies. Il y intègre aussi les remplaçants. D'autre fois, on a droit à des ateliers en fonction de notre poste. Il donne des consignes contradictoires aux centraux et aux backs (les latéraux) et il demande à nos attaquants d'en profiter. C'est à nous d'effectuer tous les réglages en cours de route. Il fait tout le temps appel à notre instinct, à notre intelligence. Ca doit marcher puisqu'on n'a encaissé que sept buts depuis le début de la ligue Rosgosstrakh (le championnat russe).

Depuis des années, on annonce que le Zénith va jouer dans un nouveau stade (la Gazprom Arena -62 000 places), plus grand, plus confortable mais vous continuez à évoluer au Petrosky...

Nous les joueurs, on ne sait pas trop. On attend, on verra bien. Mais on adore le stade Petrosky : personne ne veut venir. Les adversaires ont peur. Les fans sont hyper-chauds, brûlants et ils n'ont beau être que 20 000, ils font du bruit comme le double.

Quel est le niveau du championnat russe ?

A l'Ouest, on a tendance à mésestimer le football russe, à oublier par exemple que si la sélection n'était pas à la coupe du monde, elle avait atteint les ½ demi-finales de l'Euro 2008, en sortant les Pays-Bas, vice-champions du monde désormais. La Russie est cinquième à l'indice UEFA. Les équipes de Moscou (Spartak, CSKA (1), Dinamo, Lokomotiv) auraient leur place dans le haut du championnat de France tout comme le Spartak Nalchik et Rubin Kazan , qui était aller battre le Barça chez lui l'hiver dernier en ligue des champions. A la mi-championnat (16ème journée/30), on a sept points d'avance sur le CSKA et Rubin Kazan.

Les départs d'Arshavin, Timotchouk et Pogrebnyak ont semblé marquer une rupture dans la progression du Zénith...

(Il coupe)... Il ne faut pas vivre avec le passé. Arshavin, par exemple, a été remplacé par Alexander Kerzhakov, le meilleur buteur de l'histoire du club, qui était parti du Zénith avant lui pour aller au FC Séville avant de revenir ici au début de l'année, via le Dinamo de Moscou.

L'effectif de cette année ?

Depuis deux saisons (qui débutent en mars pour s'achever en novembre), la concurrence est féroce. Des joueurs comme Szalbocs Huszti (ex-Hanovre passé par Metz en 05/06), Aleksandar Lukovic (ex-Udinese), Michael Lumb (ex-Aarhus), Danko Lazovic (ex-PSV Eindhoven) ont amélioré le rendement de l'équipe. Aleksander Bukharov, qui arrive juste de Rubin, est le complément parfait de Kerzhakov. Avec Danny, un international portugais peu connu en Europe mais très populaire en Russie, ça devrait faire des dégâts. Pour ma part, en défense centrale, je dois, entre autres, gagner ma place contre la paire portugaise Fernando Meira-Bruno Alves... Tous les postes sont doublés voir triplés...

Spalletti a-t-il changé votre façon de jouer ?

On part d'une bonne organisation mais...on ne joue pas le contre (!!!). On essaye de créer, en passes courtes, à terre. On hésite (sic) entre 4-4-2 et 4-3-3. Kostantin Zyrianov et Igor Denisov (rien à voir avec Michel), les deux médians défensifs, sont essentiels dans la fluidité du jeu. Ils luttent comme Gattuso et ils font vivre la balle très vite sans gestes qui ne servent à rien. Devant eux, Danny est plus un neuf et demi qu'un organisateur et, encore devant, Bukharov et Kerzhakov font faire des dégâts (bis).

Propos recueillis par Rico Rizzitelli

Vous avez relevé une coquille ou une inexactitude dans ce papier ? Proposez une correction à nos secrétaires de rédaction.
Aucun commentaire sur cet article.
Partenaires
Logo FOOT.fr Olive & Tom
Article suivant
Cool un jour, cool toujours
0 0