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Le Trap’, sa foi et l’Opus Dei

De Giovanni Trapattoni, on connaît l'amour pour les conférences de presse, le penchant pour l’eau bénite, mais pas vraiment sa proximité avec l’Opus Dei. Et pourtant, l’entraîneur du Bayern et de la Juve, si l’on en croit ses propos, doit tout à l’œuvre de Dieu.

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À le voir gueuler et cracher sur la moitié de son équipe, on a du mal à imaginer que Giovanni Trapattoni est un homme pieux, calme et spirituel. Pourtant, c’est bien le cas. Et pas qu’un peu. Après l’épisode de la conférence de presse à Munich, peut-être la plus belle de l’histoire, Giovanni rentre au pays, à Florence. Et la première chose qu’il y construit, pour lui et ses joueurs croyants, c’est un environnement religieux favorable : « Il est allé dans une église, mais le père était vraiment bizarre, raconte son ami Don Robin Weatherill. Du coup, il organisait une messe au centre d’entraînement tous les dimanches soir, avec toute l’équipe. Et durant ses deux années à Florence, ça s'est passé comme ça. » Le Trap' n’est pas un prosélyte, mais un croyant convaincu. Une foi profonde qui l'a notamment conduit à l’Opus Dei.


Vidal Local

Anges et démons


Mais c'est quoi l'Opus Dei ? Dans le Da Vinci Code, ce sont les méchants. Mais dans la réalité, c’est loin d’être aussi simple. L’œuvre de Dieu, en VF, est une institution de l’Église catholique. En gros, un mouvement reconnu à l’intérieur du catholicisme qui prône le retour vers plus de pureté. A priori, rien de bien méchant. Surtout qu’en France, le nombre de membres se compte en milliers. Mais la réputation de l’œuvre est entachée par de nombreuses polémiques, accusations de dérives sectaires et influences politiques. Bref, les contours de l’Opus Dei sont flous, tout comme l’est son adhésion. À la prélature de Milan, on assure que Giovanni Trapattoni ne fait pas partie de l’œuvre, qu’il a simplement des relations, « des amis » , au sein de l’organisation. Alors que ces fameux amis assurent qu’il en est bien membre. Au final, la vérité est entre les deux, puisqu’il n’y a pas vraiment de rites d’entrée dans l’Opus Dei.


Quoi qu’il en soit, pour Don Robin Weatherill, prêtre de l’Opus Dei à Rome et ami de Giovanni, il n’y a aucun doute là-dessus. D’ailleurs, il se souvient très bien de sa rencontre et de ce qu’il considère comme son adhésion à l’œuvre : « C’était pour ses 60 ans. Il était invité à une conférence à Florence sur comment on pouvait utiliser le sport pour communiquer de bonnes valeurs aux jeunes. C’était très intéressant, et à la fin, je suis allé le voir et je lui ai dit : "Je crois que c’est votre anniversaire. Que diriez-vous de venir le fêter au centre ? Je célébrerai une messe en votre honneur." Et puis, il est venu avec sa femme, et ils ont dîné avec des étudiants et moi. Il est vraiment passionnant comme homme. Il avait déjà rencontré quelqu’un de l’Opus Dei avant, il connaissait donc notre mouvement. » Pas vraiment de carte d’adhésion, donc, mais un lien avec les idées de l’œuvre, c’est certain.

Le coup de l'eau bénite


Et ce ne sont pas ses anciens joueurs qui diront le contraire. Giovanni Trapattoni est un homme réglé comme une horloge. La pureté même : « C’était toujours la même organisation avant les matchs, se souvient Yannick Quesnel, qui a connu l’homme à Benfica. Tout était toujours très planifié, très minutieux, et il ne fallait pas déroger à cette règle-là. On mangeait à telle heure, la collation était à telle heure, la causerie était à telle heure, on allait aux matchs à telle heure… C’était toujours un rituel très cadré. » À ce qu'on en dit, il se réserve également toujours un moment pour la prière avant le match. Il n'entre jamais non plus sur un terrain sans un signe de croix. Bref, une bonne conduite religieuse dont il a souvent récolté la reconnaissance. Giovanni a gagné partout où il est passé. Sauf, bien entendu, avec la Nazionale. Alors, pour la Coupe du monde 2002, il n'hésite pas à forcer un peu le destin en renversant de l’eau bénite en douce sur son banc de touche.

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Car pour Robin Weatherill, le Trap' ne croit pas vraiment au hasard. Il est un vrai homme de foi : « Il remet beaucoup de choses entre les mains de Dieu. Il croit que tout ce qu’il a reçu est un don de Dieu.  » Avec son passif dans les deux clubs, Dieu risque en tout cas d'être bien emmerdé ce soir. Peut-être se souviendra-t-il de cette fameuse conférence de presse et qu'elle fera pencher la balance d'un côté ou de l'autre. Qui sait ?



Par Ugo Bocchi
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Dans cet article

Quelqu'un qui parle allemand comprends pourquoi il s'énerve? Je ne connaissais pas cette histoire de conférence.
Alors mon allemand est merdique et il parle en mélangeant l'italien et l'allemand mais globalement et de ce que j'en comprends il s'emporte contre les analyses des journalistes qui jugent le jeu de son équipe peu porté sur l'offensive et qui remettent en cause sa capacité à entraîner.
Braateniszebest Niveau : Loisir
L'opu dei est une organisation légèrement plus que critiquable. Sont fondateur Josemaria Escriva de Balaguer était un espagnol franquiste, il fut néanmoins sanctifié par le pape J.P. II. Elle est très puissante au Portugal et dans tous les pays d’Amérique du sud ayant connu une dictature d'extrême droite. Leur ligne est d'une misogynie et d'une homophobie abyssale, contre bien sûr toute forme de contraception ou d'IVG. C'est gens là sont des raclures d'extrêmes droites, obscurantistes et rétrogrades, bien plus intéressés par les jeux de pouvoir que par les évangiles.
Rakamlerouge Niveau : National
@richter: quelques minutes qui sont entrées dans la légende en Allemagne! En gros, il explique qu'il en a marre qu'on lui fasse le reproche de ne pas jouer offensif, que dans le dernier match il a aligné Elber, Jancker, Zickler, Scholl et Basler, qu'il en a marre de devoir défendre des joueurs qui sont tout le temps blessé et passent plus de temps à se plaindre qu'à jouer, comme Strunz, mais qu'est-ce qu'il se permet Strunz, que c'est la raison pour laquelle les clubs italiens n'achetent pas ces joueurs, qui ne font pas le taf, que l'an dernier il a gagné le championnat avec Hammann et Nerlinger, que ca c'était des joueurs qui faisaient le taf. Il conclut par : j'ai terminé. Le tout avec une syntaxe d'italien inimitable.

Aujourd'hui, dans n'importe quel bar en Allemagne, les phrases (avec les fautes) "was erlaube strunz" ou schwach wie eine flasche leer" (nuls comme une bouteille vide) ou "ich habe fertig" sont des runnings gags. C'est ouf cette conf est vraiment entré dans la culture populaire.
Message posté par Rakamlerouge

Aujourd'hui, dans n'importe quel bar en Allemagne, les phrases (avec les fautes) "was erlaube strunz" ou schwach wie eine flasche leer" (nuls comme une bouteille vide) ou "ich habe fertig" sont des runnings gags. C'est ouf cette conf est vraiment entré dans la culture populaire.


Ça je l'ignorais, merci !

En Italie, c'est Strunz qui est devenu célèbre parce qu'en napolitain c'est l'équivalent de l'italien "stronzo" (crétin*, connard*).
(Et en fait ça n'est pas un hasard parce que le mot "stronzo" vient des Longobards ou Lombards qui parlaient un dialecte germanique dans lequel "strunz" désigne une merde. Ça a probablement donné "étron" en français).
Non mais vous êtes pas sérieux Sofoot ?

L'Opus Dei "rien de bien méchant" ?

A part que Escriva, son fondateur était un admirateur de Franco.
A part qu'ils ont soutenu le putsch militaire pendant la guerre civile espagnole.
A part qu'ils ont collaboré activement à la dictature franquiste, notamment en participant à de nombreux gouvernements.
A part que ce sont de vrais intégristes catholiques (mais bon ce ne sont pas des salafistes donc ce n'est pas bien méchant).

C'est sûr que si la culture historique de l'auteur se résume au foot et à da vinci code, il peut dire qu'il n'y a rien de bien méchant dans cette organisation.
Vous êtes ridicules à vouloir faire des abréviations à tout va. On dirait des adolescentes sur sofoot.
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