1. // Allemagne – 2. Bundesliga

Le tour de Babbel

Après une première expérience manquée de manager à Stuttgart, Markus Babbel a réussi son pari de faire remonter immédiatement le Hertha Berlin en élite. L'ex-international revanchard et le club de la capitale avide de reconnaissance sont faits pour s'entendre.

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Question Trivial Pursuit, camembert orange : quelle était la particularité de la ville de Berlin cette saison ? Réponse : il s'agissait de la seule capitale européenne à ne pas posséder un club en élite de foot. Que ceux qui se plaignent de la seule présence du PSG à Paris en lorgnant vers Londres et sa pléthore de grosses écuries feraient donc bien de se tourner vers les cousins germains pour retrouver le sourire. Car oui, Berlin et le foot, ce n'est pas franchement une belle histoire d'amour.

Souvent considéré comme le plus petit des grands clubs allemands, le Hertha possède un palmarès famélique, avec deux malheureux titres de champion décrochés il y a 80 ans... Coupé géographiquement du reste du pays du temps de la RFA, Berlin n'est jamais vraiment parvenu à exister footballistiquement. En 1997 néanmoins, après une quinzaine de saisons de misère, c'est le retour en Bundesliga et le temps de la stabilisation. La Vieille Dame s'installe dans l'élite et enchaîne les saisons, entre ventre mou et haut de tableau, sans jamais parvenir à décrocher un podium. Elle croit pourtant bien y arriver en 2009, lorsqu'à quelques journées de l'épilogue, elle se retrouve même en tête. Las, malgré une prolifique paire d'attaquants Voronin – Pantelic et une solide défense, les Herthaners, alors coachés par Lucien Favre, se vautrent lamentablement pour échouer à la place du con, la quatrième.
La saison suivante est une catastrophe : miné par une intersaison toute foireuse, des problèmes financiers et des tensions en interne, le club berlinois ne décolle jamais d'une honteuse dernière place. Après 14 années en élite, c'est la descente en 2. Bundesliga. Une hérésie quand on pense que Berlin possède le deuxième stade du pays en capacité et un vivier de jeunes joueurs parmi les plus importants. Heureusement, c'est le moment choisi par la direction du club pour enfin prendre une bonne décision : faire signer Markus Babbel avec un objectif, clair, net, précis, ambitieux et quasi-obligatoire, la remontée immédiate.

Le choix paraît pourtant a priori risqué, vu le plantage de l'ex-international aux 51 sélections pour sa première expérience sur un banc, celui de Stuttgart, entre la fin 2008 et la fin 2009. Après une brillante carrière de joueur (deux championnats avec le Bayern, l'Euro 96, la fameuse moisson de Liverpool en 2001...) conclue justement à Stuttgart par un troisième titre en Bundesliga conquis en 2007, le défenseur droit convainc d'abord, en qualifiant l'équipe à la C1 en 2009. Mais le début de saison suivant est un cauchemar. Avec une peu glorieuse 16e place du VfB à mi-parcours, l'ancien fidèle lieutenant d'Houiller chez les Reds est débarqué. Revanchard, Markus Babbel semble avoir appris de cet épisode difficile. Contraint de bouleverser son effectif à l'intersaison, notamment dans le secteur défensif – départs de Drobny, Friedrich, von Bergen et Pejcinovic, arrivées de Aerts, Lell, Hubnik, Mijatovic et Ronny –, il est tout de suite parvenu à mettre le Hertha à sa place, au haut de classement. Meilleure attaque, deuxième meilleure défense, l'équipe a réalisé une saison quasi-parfaite, seulement troublée par un vilain trou d'air à l'automne. Surtout, le néo-coach est parvenu à intégrer progressivement en cours de saisons de jeunes joueurs prometteurs, notamment les défenseurs Sebastian Neumann et Nico Schulz, le milieu Fanol Perdedaj et l'attaquant Pierre-Michel Lasogga. Tous quatre sont allemands, ont 20 ans ou moins, évoluent dans les sélections de jeunes. Ils sont l'avenir du Hertha. Un club qui semble s'être enfin réconcilié avec son public : l'Olympic Stadium a accueilli une moyenne de plus de 40 000 spectateurs par rencontre, avec des pics supérieurs à 70 000 (en 2e div', oui...). Ce devrait encore être le cas ce soir face au Munich 1860, pour fêter en grande pompe cette jolie promotion.

Régis Delanoë

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il faut une fois de plus saluer la ferveur et la fidélité du public allemand.
40000 spectateurs de moyenne en deuxième division, on ne verrait ça nulle part chez nous...
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