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Le Tamudazo, cauchemar blaugrana

Il y a une décennie de cela, le FC Barcelone vivait l’une des soirées les plus traumatisantes de son histoire. Le Tamudazo, du nom du double buteur de l’Espanyol et bourreau du Barça, prive alors les Blaugrana, dans le temps additionnel, d’un titre qui leur tend les bras.

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Aussi bien pour les têtes que pour les jambes blaugrana, le succès lors du dernier Clásico offre au Barça une bonne raison d’espérer. Toujours au contact du Real Madrid, qu’il devance grâce à sa différence de buts et, surtout, au match en retard des Castillans, le FC Barcelone se prend à rêver d’un finish gagnant en championnat, histoire de transformer cet exercice moisi en une saison réussie. Pour ce, la victoire est impérative lors de ce derby de Barcelone face à des Pericos qui n’ont plus grand-chose à jouer en cette fin de Liga. Sauf, peut-être, de jouer un mauvais coup à l’ennemi et voisin omnipotent de la capitale catalane. C’est qu’un hypothétique succès des hommes de Quique Sánchez Flores annihilerait à coup sûr les chances azulgrana de soulever le trophée à la fin du mois de mai. À défaut de se réaliser, un tel scénario s’est déjà produit dans l’histoire des derbys barcelonais. Mieux, il porte un nom qui fait frémir tout bon socio du Barça : le Tamudazo qui, à deux journées du terme de la saison 2006-2007, avait offert la Liga sur un plateau au Real Madrid. Souvenir...

Messi, de la main de Dieu à la main pour rien


Lorsque le FC Barcelone entre sur la pelouse du Camp Nou en ce 9 juin 2007, son destin ne tient qu’à un fil. Ou plutôt, à un faux pas du Real Madrid, leader du championnat grâce à une différence de buts particulière supérieure à celle de l’ennemi catalan, alors en déplacement du côté de la Romareda de Saragosse. Autant dire que pour être sacrés champions d’Espagne, les supporters blaugrana espèrent un concours de circonstances ô combien improbable... Pourtant, dès le premier acte, les astres semblent s’aligner du côté des hommes de Frank Rijkaard : quand Diego Milito ouvre le score en faveur des Aragonais, Lionel Messi, déjà, répond à l’ouverture du score de Raúl Tamudo. Si bien qu’à la pause, les Catalans prennent le meilleur au classement et touchent le titre du bout des doigts. Des mains qui, d’ailleurs, jouent un drôle de tour à l’Espanyol Barcelone dès le retour des vestiaires puisque Messi, pour fêter l’héritage de Diego Maradona, y va de son pion de la mimine. Bref, à quelques secondes de la fin de cette 37e journée, la Liga semble promise au Camp Nou et ses socios.


Sauf que dans cette saison où le Barça ne maîtrise pas grand-chose – et surtout pas l’hygiène de vie de sa star Ronaldinho, suspendu pour cette rencontre, et qui décide de la regarder depuis son canapé –, rien ne se passe comme prévu. En l’espace de 20 secondes, de Saragosse à Barcelone, la Liga bascule. D’abord, Ruud van Nistelrooy égalise une seconde fois pour le Real Madrid dans les arrêts de jeu pour faire gonfler le score à 2-2. Un nul insuffisant pour les Merengues si, à quelques centaines de kilomètres plus à l’est, les comparses de Messi arrivent à conserver leur maigre avantage. Ce qu’ils ne font pas... Car au bout du temps additionnel, sur un dernier rush du local de l’étape et meilleur buteur de l’histoire des Pericos, Raúl Tamudo y va également de son doublé pour offrir un point à l’Espanyol. Un point pour rien, sauf pour le Camp Nou qui se mue en cathédrale silencieuse. Un dénouement si invraisemblable que Ramon Calderón, le président du Real, dira « Dieu était avec moi  » . À défaut d’une divinité, c’est en tout cas le capitaine de l’autre club de Barcelone qui enfile le costume de sauveur madrilène.

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« Chaque fois que je viens à Madrid, les gens me remercient  »


Aujourd’hui encore, cette fatidique soirée du 9 juin reste une plaie ouverte pour le Barcelonismo. Car lors de la dernière journée, le Real Madrid ne rate pas le coche et, en s’imposant à domicile face à Majorque, est sacré champion d’Espagne. Sitôt le titre en main, Roberto Carlos n’oublie pas de remercier le sauveur madrilène : « Merci également à Tamudo et à l’Espanyol » ! Érigé au rang de héros au même titre que Van Nistelrooy, alors qu’il n’a jamais défendu le maillot blanc du Real, Raúl Tamudo conserve une aura toute particulière auprès des supporters madridista : « Chaque fois que je viens dans la capitale, les gens m'arrêtent et me remercient. Mais ce soir-là, j'étais juste heureux pour mon équipe, pour les supporters. Je ne m'occupais pas de ce qui se passait entre le Barça et le Real. » Dix ans plus tard, l’idole de l’Espanyol fait toujours partie de l’organigramme du club, en tant qu’ambassadeur, et espère assister à un nouveau mauvais tour des siens lors du derby barcelonais. Un hypothétique succès des Perruches qui, une nouvelle fois, pourrait offrir une Liga au Real Madrid.

Par Robin Delorme
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