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Le talentueux Monsieur Gago

Depuis la catastrophe contre Madrid dimanche dernier (défaite 5-0), Fernando Gago a disparu des projets de Valence. Encore une fois, le numéro 5 déçoit. L’énigme Gago ou l’histoire de l’homme qui voulait ressembler à un autre.

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Être beau est-il une question d’élégance ? Certains trouvent que le courage, l’abnégation, l’envie de bien faire, la persévérance peuvent convertir n’importe quel physique disgracieux en icône. Carles Puyol, son nez en triangle, son menton en carré et ses cheveux en spirales peuvent être séduisants pourvu qu’ils s’agitent et s’obstinent sur un tacle rageur, un coup de tête ou un sauvetage épique. Jérémy Toulalan a les épaules un peu en arrière, les cheveux de toutes les couleurs et une drôle de façon de poser ses mains sur ses hanches quand il se repose. Toulalan et Puyol font partie des hommes qui séduisent avec l’esprit. Puyol est un pilier de Barcelone, Toulalan a un fan club à Málaga. L’élégance n’a rien à voir avec la beauté. C’est une façon de regarder.

Devenir moche

Fernando Gago, c’est le contraire : mine d’éphèbe, classe totale balle au pied, physique fin et toucher de chat. Ce gamin a tout pour être le numéro 5, qui dans un monde parfait, pourrait enfin succéder à Redondo. De loin et à dix années de distance, ces deux-là pourraient même se confondre. Gago est tellement beau qu’il pourrait devenir le milieu que Valence attend. Il pourrait être ce joueur indispensable, cette patte qui accélère, ralentit et glisse un coup dans les côtes quand il le faut. Il pourrait être capable de jouer court ou long, de lever la tête, de contrôler et de changer le jeu. Il pourrait toucher au moins autant de ballons qu’en août dernier contre l’Allemagne avec l’Argentine (victoire 3-1). Il pourrait être ce joueur simple qui fait s’ouvrir les défenses et qui sort les ballons propres et au sol. Mais dimanche soir, il est tout le contraire. En une mi-temps, son absence d’agressivité, ses mauvais choix, son retard au placement, son absence totale d’abnégation et sa résignation devant le talent d’Özil ont condamné Valence à la honte. 5-0 en 45 minutes. Ernesto Valverde le dispense de seconde mi-temps. Ce soir, il n’est même pas dans le groupe. Moche.

À Valence, quelques voix expriment des débuts de regret ou de déception. « Il est un peu surévalué » , reconnaît-on dans les couloirs. Gago ne sourit presque jamais, il a toujours le regard sombre de celui qui n’a besoin de personne. Déjà au Real, son humeur taciturne et ses airs de comtesse l’avaient isolé du vestiaire. Seul Raúl lui adressait quelques mots à l’entraînement. À Valence non plus, il ne dit rien. Il y a des silences qui fascinent. Les siens énervent. « Il n’est pas très sociable. Il ne génère aucune sympathie. Il est très sûr de lui » , rapporte Cayetano Ros dans El Pais. C’est Mauricio Pellegrino qui l’a fait venir à l’été. Quand il est destitué six mois plus tard, Gago ouvre la bouche dans le bureau de Manuel Llorente, le président du club, pour exiger un départ. Sous Pellegrino, il était indiscutable. Sans Pellegrino, il est désormais plus fragile. David Albeda n’hésite d’ailleurs pas à le pousser dehors : « Que tous ceux qui veulent partir le fassent maintenant, pendant le mercato d’hiver. » Comme un enfant toujours gâté, Gago a besoin d’unanimité pour exister. À Valence, il ne convainc personne et divise.

Son ami, son emmerde

À Valence, Ever Banega est son premier (et dernier) fan. Les deux hommes partagent la même vocation de numéro 5 argentin. Depuis l’époque de Boca, l’autre pépite de Valence est en admiration pour celui qu’il prend encore pour son grand frère, celui qui avait pris les commandes du Boca à l’âge de 18 ans. Dimanche soir, Valverde a donné une dernière chance aux copains. Ils sont alignés aux côtés de Tino Costa. Gago dans l’axe, Banega à l’intérieur gauche, Costa à droite. Mais ce choix est catastrophique. Pour la cinquième fois de la saison, Banega et Gago sont titulaires dans le même match. Ils auraient dû garder le ballon, le reposer, détendre l’atmosphère au milieu, empêcher le Real de dégoupiller les contre-attaques. Ils ont fait le contraire et perdu 13 ballons à eux deux. Pour la cinquième fois, ils échouent : Valladolid (1-1), Bayern (1-1), Málaga (défaite 4-0), Real Sociedad (défaite 5-2), Real Madrid (défaite 5-0). Il va falloir prendre des décisions et couper le membre malade. Sur son site officiel, Gago prend des poses et fait semblant de parler des autres : « On me complimente souvent sur ma vision du jeu, ma façon de couvrir les espaces, de traiter le ballon. » Gago est beau. Mais il lui manque quelque chose qui ne se voit pas : l’élégance.

Par Thibaud Leplat
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ToxikCheese Niveau : Loisir
Encore un putain* de footballeur réduit à être remis en cause pour toujours parce qu'il préfère la beauté à la puissance ...

Un peu de classe bordel* !
Travis Bickle Niveau : Ligue 1
La charge est dure mais pas injuste, hélas...

Beau clin d'oeil à P.Highsmith en tout cas.
article intéressant !
je suis abonné à Mestalla, et vu des tribunes c'est vrai qu'on ne peut qualifier la perf de Gago dimanche autrement que d'abominable.
néanmoins je trouverai ça absurde de le condamner trop vite à Valence, car depuis le début de saison c'est, selon moi, tout de même le meilleur éléments du bloc défensif. Avec Pellegrino, c'était le plus régulier, et il a sorti de très gros match, contre le bayern notamment.

Après au niveau de l'attitude je ne sais pas..mais pour avoir assisté à plusieurs entraînements cette saison, il ne faisait certes pas le guignol comme Rami ou Cissokho, mais ne m'avait pas l'air isolé pour autant.
Putain a Boca qu'est que je le kiffais, et en 2007 pour la première fois sous mes yeux au SDF contre la France, il leur avait tout fait au milieu ... :)

J'espère qu'un jour on le retrouvera vraiment, parce qu'il me manque ... :(
DrAwkward Niveau : CFA2
Il s'est fait bolosser par Özil, bah ouais. C'est pas le premier et ça sera sûrement pas le dernier. Nemo est le DJ Premier du ballon, d'une fluidité arythmique déroutante pour les défenseurs, un faux lent fulgurant qui finit par nous faire croire que ses yeux d'extra-terrestre sont... littéralement les yeux d'un extra-terrestre.

Je suis heureux d'arriver dans cette période de ma vie où j'ai les moyens de regarder régulièrement les matches des championnats pour profiter de joueurs pareils, quel régal.
MindTheGap Niveau : CFA
Pas mal de vouloir parler de poste de "numéro 5" dans une époque où les chiffres tendent à ne plus rien signifier, mais dommage que tu te trompes de chiffre, Thibaud.Son poste serait plutôt celui de "6", tu penses pas (à moins que le mec soit devenu défenseur central entre temps...) ?
@Mindthegap: le 5 est le numéro du milieu défensif/relanceur en Argentine, comme l' été Redondo à l'époque
Le problème de Gago, c'est qu'il veut être Redondo, alors que Redondo n'imitait personne. Ca lui donne un côté anachronique aussi. Quand il est arrivé au Real il était triste de ne pas être "n° 5" à l'Argentine, soit seul milieu défensif dans un 4-3-1-2 qui se transforme souvent en 4-1-3-2 dans une grande équipe qui domine et possède la balle. Il aurait très bien pu se transformer en joueur à la Pirlo comme le suggère l'article, en s'appuyant sur son collègue à la récupération pour mieux participer à l'élaboration des actions offensives, mais il a surtout perdu ses marques. C'est vrai qu'il vient d'une culture footballistique où des mecs comme Checho Batista (Argentine 86) ou Leo Astrada (River fin des années 90) pouvaient refuser de jouer si on leur mettait un 2ème milieu def dans les pattes. Crime de lèse majesté envers le n° 5.
Mais je valide, on veut retrouver le Gago du SdF 2007 ! C'était son tout premier match en sélection en plus, il avait été magnifique (et utile)!
"Gago ne sourit presque jamais, il a toujours le regard sombre de celui qui n’a besoin de personne"

Salut Pastore, Salut Gourcuff
CacaMourihno Niveau : Loisir
Le paragraphe sur la beauté c´est n´importe quoi...autant Pujol est laid, mais Toulalan non, bref...Gago: il faut aussi rajouter que c´est 20M€ de transfert pour le Real, encore une belle affaire. Sur évalué, tout comme redondo d´ailleurs. Arrêtez svp de vous toucher sur lui. Redondo ne taclait jamais, ne dribblait jamais, ne faisait jamais de longues transversalles, ne courait pas etc...
Une affaire pour le Real? Acheté 20 millions à Boca, revendu 3,5 millions à Valence.
Après sur Redondo c'est sûr que c'était pas le joueur le plus décisif mais s'il a été indiscutable et idolâtré à Bernabeu il doit y avoir une raison non? Mais c'est le genre de joueur qui s'épanouit en jouant dans la meilleure équipe du moment, sur son continent à Boca (Gago) ou dans le monde au Real (Redondo). Gago est arrivé dans un Real qui s'est fait ridiculiser par Barcelone (le 2-6 à Bernabeu de la première saison de Guardiola) et a dû changer de style, privilégier un jeu plus direct, physique, agressif et des contre-attaques, soit pas du tout le jeu qui lui convient. Après sur Valence j'avoue que je l'ai moins vu, effectivement il doit avoir un problème de motiv' à la Pastore / Gourcuff...
CacaMourinho sérieux casses toi mec ! Ce que tu dis sur Redondo tu mériterais que Mohamed Merah ressuscite et vienne personnellement s'occuper de toi chez toi avec son Tmax ...
James Patt Hagël Niveau : CFA2
que l'on ne soit pas d'accord avec son avis, ok, de là à souhaiter sa mort...
on se détend dans les rangs, that's football, nothing but football
saucissonbière Niveau : CFA2
C'est vrai qu'à l'âge de 18 - 20 ans il était absolument hors normes... Peut-être qu'il s'est envolé un poil trop tôt pour l'Europe, ou qu'il est fait pour jouer en AmSud... Je dis bien peut-être.
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