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Le speaker du SDF raconte sa soirée

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Max est le speaker du Stade de France, il est l'homme qui a dû communiquer sur la situation dramatique vendredi soir, en prenant le micro après la rencontre. Une prise de parole qu'il n'oubliera jamais.

91e minute, alors qu'il reste deux minutes de temps additionnel, Christian Jeanpierre annonce en direct sur TF1 que des attentats viennent d'avoir lieu dans Paris. Max, le speaker du SDF, s'apprête à annoncer aux 80 000 spectateurs la gravité de la situation tout en évitant un mouvement de foule, un exercice périlleux qu'il raconte dans les colonnes de Libération : « On a dépassé la 70e minute de jeu, et j’apprends la gravité des incidents. Le circuit est précis : les dirigeants de la Fédération française de football et le PC sécurité vont me transmettre un texte pour une annonce finale, via la régie. Je ne suis jamais en contact direct avec les grands décideurs. (…) On me donne la feuille, je dois la lire à la virgule près, au mot près, elle a été validée par les plus hautes instances. Il faut absolument évacuer le stade sans qu’un mouvement de foule ne se crée. Le coup de sifflet final a retenti, les joueurs vont s’agglutiner près des écrans télé dans les couloirs et prendre conscience du drame. Je lis mon annonce, et c’est assez dingue : le silence est religieux, un blanc traverse le stade. Je n’ai jamais été préparé à ce type de situations, on fait bien sonner les alarmes avant les rencontres, mais ce sont des exercices de pure forme. J’ai bien compris l’importance du message, et du ton, qui n’est pas celui, très grave, des hommages aux disparus lors des avant-matchs. Il ne faut pas affoler les spectateurs, être sobre, audible, bien choisir son vocabulaire, ne pas faire le rigolo. Les gens ont bien compris que le mal était fait, mais il faut leur faire comprendre que, justement, tout est sous contrôle, sécurisé. Les spectateurs, à ce moment-là, et je m’inclus dedans, sont dans une situation paradoxale : dans le stade, on rêve d’être dehors, libre de nos mouvements, et même de courir loin ; mais dehors, on se dit qu’en fait, on était peut-être plus en sécurité à l’intérieur. »
TC
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