En poursuivant votre navigation sur SOFOOT.com, vous acceptez nos CGV relatives à l’utilisation de cookies
et des données associées pour vous proposer des contenus et services adaptés à vos centres d’intérêts
. Gérer les paramètres des cookies.
MATCHS 12 Résultats Classements Options
  1. //
  2. //
  3. // Montpellier-Monaco

Le sourire Skhiri

Titulaire indiscutable et indiscuté au cœur du jeu montpelliérain depuis près d'un an, Ellyes Skhiri est la gueule en forme d'un Montpellier en quête de confiance. Plongée dans l'histoire d'un mec à l'éclosion lisse, rapide, mais poussé par un truc à part : la tête relevée.

Modififié
Il y a d’abord ce premier regard posé. La silhouette est lourde, pas forcément esthétique, une baguette de près d’un mètre quatre-vingt-dix pour à peine soixante-dix kilos. Il court moins vite que les autres, n’a pas forcément le physique de la sentinelle classique, mais a la tête relevée, en permanence. Alors, en cette fin d’après-midi de décembre, il est dans ce registre quand la Mosson termine à peine sa digestion. Le dernier homme porteur d’un collier de barbe – Laurent Pionnier – a déjà sorti son costume de chef autoritaire devant Cavani, Paul Lasne s’est déjà offert une ouverture du score magnifique au-dessus de l’aventurier Areola, et Montpellier a déjà bousculé la table de marque face à un PSG sans lumière. Au retour des vestiaires, les Stormtroopers de Frédéric Hantz ont ressorti leurs fusils blaster pour définitivement saccager la journée de l’armée d’Emery. Comment ? Sur une contre-attaque d’à peine quinze secondes. Une sacoche de Pionnier, un duel aérien remporté par Mounié, une course dingue de Morgan Sanson, une tête qui se relève, Marquinhos qui ne respire plus et, à l’entrée de la surface, cette fameuse silhouette qui surgit. Avant d’exploser. Ellyes Skhiri, vingt et un ans, vient de doubler la mise pour les Montpelliérains d’une frappe superbe. Un peu plus de quarante-cinq minutes plus tard, la Mosson foutra le bordel, histoire de déguster une victoire de prestige contre un PSG noyé (3-0). Un souvenir réconfortant avant plusieurs semaines de galère, de critiques et d’un licenciement malsain de Hantz. Skhiri, lui, est toujours là et ne bouge pas, comme depuis le début de la saison, comme depuis plus d’un an. Car le gosse est aujourd’hui devenu un nom que l’on coche en premier au moment de rendre la feuille de match.

Vidéo

Lunel et cocon


Comprendre l’éclosion de l’un des produits de la formation montpelliéraine, c’est avant tout écouter le père, Slem, qui aurait pu, lui aussi, signer un jour à la Paillade s’il ne s’était pas claqué lors de son essai. « Chaque semaine, c’était la même chose. Ellyes et son frère, Yannis, m’accompagnaient partout. Qu’il neige, qu’il pleuve, peu importe, c’était comme ça, ils se dépêchaient de finir leurs devoirs et ils venaient avec moi sur le bord des terrains » , raconte aujourd’hui le papa. La carrière de Slem Skhiri s’arrêtera au Groupe Sud de D2 où il joue avec l’AS Béziers aux côtés d’Antonetti ou encore José Pasqualetti dans les années 80. Alors, le père a toujours voulu « donner au fils ce qu’il n’a pas eu » . Précisions : « Certaines personnes avaient rapidement décelé le potentiel d’Ellyes. Il était surclassé en permanence et, à un moment donné, on ne voulait pas qu’il perde son temps, alors il a quitté notre club de cœur : le Gallia Club Lunel. Il a fait un an à Nîmes, puis il est parti à Montpellier tout en continuant à vivre pendant longtemps à la maison. Il n’est parti qu’il y a quelques mois, on voulait garder un œil sur lui, qu’il termine ses études avant tout. » L’histoire d’Ellyes Skhiri : du travail, en temps d’avance permanent, du sérieux et un mental de compétiteur. Son CV ? Un bac S « car il bossait, mais qu’il n’aurait peut-être pas eu s’il avait vécu au centre de formation » , mais désormais aussi un peu moins d’une quarantaine de matchs de Ligue 1 à vingt et une piges.

La bascule Hantz


La première pierre, elle, a été posée en mai 2015 par la main de Rolland Courbis qui avait décidé d’installer Skhiri en défense centrale lors d’un match de championnat à Lens (1-0). Il y a eu le Ellyes dans l’axe, le Ellyes en latéral droit et donc, finalement, le Ellyes posé en sentinelle, un poste qu’il a découvert lors de ses dernières années de formation après des débuts en meneur de jeu. Problème, son éclosion et son installation seront retardées par la première partie de saison pourrie du MHSC l’an passé avant de voir débarquer Hantz fin janvier. C’est là que Skhiri s’installe après la décision prise par le technicien de Rodez de rebattre les cartes d’un effectif fragile. Il y a des séances spécifiques, des entretiens individuels et une confiance qui se fabrique. Le jeune Franco-Tunisien enfile rapidement le costume de révélation, claque contre le LOSC, puis à Nantes avant de devenir insortable du onze cette saison, peu importe la situation d’un club qui voyage en sinusoïde. « Je ne vais pas toujours au stade, car je vis les choses à 200%, ça peut souvent lui rajouter une forme de pression supplémentaire. Oui, je suis fier de lui, mais je sais qu’il peut encore apporter un peu plus » , complète Slem. Contre le PSG, le père n’était pas là, préférant rester sur son canapé et devant sa télé. Un écran que son fils s’amuse à crever depuis le début de saison.



Par Maxime Brigand Propos de Slem Skhiri recueillis par MB.
Vous avez relevé une coquille ou une inexactitude dans ce papier ? Proposez une correction à nos secrétaires de rédaction.
Modifié


Dans cet article


Hier à 18:30 La Fondation Lionel Messi pas très utile selon les Football Leaks 29
Partenaires
Olive & Tom Gérez comme un pro votre équipe de sport amateur
dimanche 14 janvier Le low-kick fou de Tony Chapron 165