1. //
  2. // Gr.G
  3. // Shakhtar Donetsk/Zénith

Le soleil se lève à l’Est

Ce soir, l’Europe de l’Est se déchire. Le leader du championnat ukrainien, le Shakhtar Donetsk, reçoit celui du championnat russe, le Zénith. Deux équipes élevées, depuis quelques années, au pétrole et aux dollars. Mais pas seulement.

Modififié
2 2
Il y a un peu plus d’une dizaine d’années, un match entre le Shakhtar Donetsk et le Zénith Saint-Pétersbourg aurait eu de fausses allures de match amical pour préparer le début du championnat. Ou, éventuellement, d’une affiche de Coupe des Coupes. Dans tous les cas, elle n’aurait pas intéressé grand monde. Car à l’époque, les terreurs de l’Est sont ailleurs. Pire, voir dans sa poule une équipe comme le Shakhtar, avec son maillot orange, qui évoque davantage celui de Lorient que celui des Pays-Bas, était un véritable soulagement.

En 2000, par exemple, pour sa première participation à la C1, le Shakhtar se prend quelques jolies roustes, sur la pelouse d’Arsenal, par exemple, ou de la Lazio Rome. Le dur apprentissage. Oui mais voilà. Les temps ont changé. Une décennie s’est écoulée, et, petit à petit, le Shakhtar et le Zénith ont fait leur trou dans le panel des clubs européens qui comptent. La preuve : au cours des années 2000, leur vitrine de trophées s’est considérablement élargie. Six titres de champion, cinq coupes, trois Supercoupes et surtout une Coupe UEFA pour le Shakhtar. Deux sacres nationaux, deux coupes, deux Supercoupes, une Coupe UEFA et une Supercoupe d’Europe pour le Zénith. Oui. Il va falloir s’y faire. Aujourd’hui, le Shakhtar-Zénith est un choc, un vrai.

Mange un Danny

Ceux qui ne sont toujours pas convaincus n’ont qu’à demander aux supporters du FC Porto. Il y a trois semaines, juste avant la trêve hivernale, les Dragons étaient arrivés à Saint-Pétersbourg en conquérants et, surtout, avec un statut de favori quasi-imbattable. Résultat : les joueurs de Vitor Pereira sont repartis avec trois pions et une défaite (3-1) dans les valises. Une victoire totalement méritée pour le Zénith, qui confirme ainsi sa forme actuelle, et rattrape surtout la défaite initiale contre l’APOEL Nicosie. A la fin de la rencontre, celui qui a succédé à Villas-Boas sur le banc de Porto est très clair : « Mes joueurs se sont battus, mais le Zénith était beaucoup trop fort et prenait très bien les espaces » . Trop fort. L’adjectif tombe. Ce Zénith-là serait donc si fort que ça? A en croire le classement du championnat russe, oui.

Dans un tournoi en plein essor, avec des clubs comme le CSKA Moscou, l’Anzhi Makhachkala ou le Rubin Kazan, la domination du Zénith est sans partage. Auteur d’un doublé coupe-championnat la saison dernière, la formation de Luciano Spalletti est en bonne voie pour rééditer l’exploit. A trois journées du terme, le Zénith est en effet en tête du classement, avec deux points d’avance sur le CSKA, et n’a surtout perdu qu’un seul match lors des 17 derniers tours. Or, après avoir mis la main sur son propre territoire, le Zénith a bien l’intention de partir à la conquête de l’Europe qui compte. Pour cela, il va pouvoir compter sur ses acteurs en forme, les Danny, Shirokov (doublé contre Porto) ou encore Kerzhakov (meilleur buteur du championnat). Et ce n’est pas le coach italien chauve qui va modérer les ardeurs de ses joueurs en feu. « La Ligue des Champions, c’est un moment spécial. L’an dernier, Schalke 04 est arrivé en demi-finale. Comme quoi, avec de la détermination et du talent, il est possible de briller » assure-t-il à quelques heures des retrouvailles avec le Shakhtar.

Bucarest-Rio, via Donetsk

Des retrouvailles, oui. Car les deux équipes se sont déjà affrontées. Non pas sur une pelouse de Ligue des Champions. Mais dans la très lointaine Ligue Soviétique Suprême. Tout un programme. C’était en 1981, le Shakhtar s’imposait 3-2. Une autre époque. Une époque où le Shakhtar n’avait pas encore été racheté par le richissime Rinat Akhmetov, qui a investi des milliards pour transformer ce petit club en énorme écurie européenne. Et le bougre a bien réussi son coup. L’an passé, la formation de Mircea Lucescu a atteint pour la première fois de son histoire les quarts de finale de la C1, avant de tomber face au futur vainqueur de la compétition, le FC Barcelone. Après l’élimination, Mircea Lucescu préférait sourire. Et promettre. « Un quart de finale, c’est déjà inespéré. Mais l’objectif, c’est de faire mieux chaque saison. Alors attendez-nous l’an prochain. » Une promesse qui, pour l’instant, semble plutôt porter préjudice à son équipe.

Si le Shakhtar est intraitable en championnat (leader et pas la moindre défaite après 13 journées), en C1, le parcours est laborieux. Un seul point pris en deux matches, et une dernière place du groupe qui inquiète. De fait, la confrontation face au Zénith sonne déjà comme un rendez-vous fondamental, comme le confirme le technicien roumain. « Je n’ai pas besoin de répéter à quel point ce match est important pour nous. Le Zénith est très bien préparé physiquement, ce qui leur permet de jouer très vite. Nous avons déjà laissé échapper trop de points à cause d’erreurs. Mais parallèlement, le haut niveau de notre jeu me laisse confiant sur le fait que nous pouvons faire de grandes choses dans cette compétition. Notre chance va revenir » assure-t-il à quelques heures du coup d’envoi. Pour cette nouvelle bataille, Lucescu va pouvoir compter, une nouvelle fois, sur sa colonie brésilienne (Luiz Adriano, Douglas Costa, Willian, Jadson). Celle-là même qui, il y a quelques mois, faisait vaciller Braga, Arsenal et la Roma. Celle-là même qui n’a aucune intention de se faire enrhumer par un vent glacial venu du nord de la Russie.

Eric Maggiori
Vous avez relevé une coquille ou une inexactitude dans ce papier ? Proposez une correction à nos secrétaires de rédaction.
Modifié

filoubifrance Niveau : CFA2
beau duel entre deux clubs en plein essor avec des jeunes joueurs talentueux...
denis brognard Niveau : Loisir
Le zenith sortit par l'aja en tour préliminaire de ldc,l'année dernière...
Partenaires
Olive & Tom Logo FOOT.fr
2 2