1. //
  2. // GR.G
  3. // Zénith/Shakhtar Donetsk

Le Shakhtar au pied de la mine

Après avoir perdu leur invincibilité et leur première place en championnat d’Ukraine, les Mineurs du Shakhtar Donetsk se déplacent en Russie avec une étiquette de dernier de leur poule. Une formation orange en manque de vitamines, et qui n'a déjà plus le droit à l'erreur.

Modififié
3 1
Le 8 mars 2011. C’est la date de la dernière victoire du Shakhtar Donetsk en Ligue des Champions. Un 3-0 net et sans bavure contre l’AS Roma, et une qualification historique en quarts de finale. Huit mois plus tard, on pourrait presque s'en souvenir comme d’une époque dorée. Car depuis, le Shakhtar n’y arrive plus. Depuis le début de la campagne 2011-12, les champions d’Ukraine ont concédé une défaite (contre Porto) et deux matches nuls (face à l’APOEL Nicosie et au Zénith). Résultat : une dernière place du groupe, et déjà, donc, une marge de manœuvre plus que réduite. Surtout que les derniers résultats obtenus en championnat n’ont pas de quoi rassurer Mircea Lucescu.

Il y a une dizaine de jours, le Shakhtar, jusque-là invaincu, s’incline à domicile contre le Metalist Kharkov (1-2). Un vrai choc, puisque les joueurs de Donetsk avaient, jusqu’alors, décroché sept succès en autant de rencontres dans leur Donbass Arena. Double peine : la défaite entraîne la perte de la place de leader, chipée par le Dynamo Kiev. Samedi, face à Oleksandria, avant-dernier du classement, le Shakhtar a encore fait preuve de lacunes inquiétantes. Si les trois points ont été pris (succès 3-2), la manière, elle, laisse à désirer. Les locaux, deuxième pire attaque du championnat, sont parvenus à inscrire deux buts et ont fait trembler les défenseurs adverses jusqu'au bout. Pas la meilleure façon, donc, de se rassurer avant le déplacement de ce soir, dans l’enfer de Saint-Pétersbourg.

Quelques regrets, beaucoup d’ambition

De fait, et à l’inverse, le Zénith de Spalletti est en pleine bourre. Lancée vers un deuxième titre de champion consécutif (la dernière journée de championnat aura lieu dimanche), la formation russe a bien l’intention de mener la vie dure aux voisins ukrainiens. D’autant qu’il y a quinze jours, lors du match aller disputé en Ukraine, le Zénith a sauvé l’essentiel. A savoir : ne pas perdre. Le Shakhtar a mené deux fois au score, par Willian et Luiz Adriano, mais s’est fait rattraper à deux reprises. Cela s’appelle, dans le jargon, « louper le coche » .

Or, Mircea Lucescu, l’expérimenté technicien roumain, le sait. Et le déplore. « Je suis déçu, nous aurions dû gagner ce match. D’expérience, je sais que c’est le genre de matches qu’il faut remporter. Il reste trois journées. Il va falloir gagner. Nous n’avons plus le droit à l’erreur » affirme-t-il au lendemain du match. Si les Mineurs semblent légèrement en perte de vitesse, ses artistes ne paraissent pas inquiets pour un sou. A l’image de Luiz Adriano, huit buts toutes compétitions confondues depuis le début de la saison. « L'équipe est assez forte pour atteindre les demi-finales de la Champions League. Mais nous devons d'abord réaliser notre premier objectif, qui est de nous qualifier pour les huitièmes de finale » assure-t-il lors d’une interview accordée à UEFA.com. La confiance à la brésilienne.

Stakhanovisme en terre russe

En réalité, il n’y a pas de réelle explication au petit coup de mou du Shakhtar. Effectivement, sa domination est moins impressionnante qu’il y a quelque temps. Sur l’ensemble de l’année 2011, la formation de Lucescu a connu huit fois le goût de la défaite (quatre en championnat, une en Supercoupe et trois en Ligue des Champions) tandis que sur l’ensemble de l’année 2010, elle n’en avait concédé que quatre. Double tenant du titre en Ukraine, le Shakhtar est en train, entre autres, d’apprendre à vivre en étant « l’équipe à abattre » . Un rôle auquel elle n’était pas habituée, et qui était d’ordinaire réservé au Dynamo Kiev. De plus, elle connaît depuis quelques semaines une série de blessures qui conditionne inévitablement les résultats. Face au Zénith, d’ailleurs, trois titulaires habituels seront absents. Le défenseur Chygrinskiy, touché à la hanche lors d’un match de Coupe en pleine semaine, et les milieux de terrain brésiliens Fernandinho et Jadson, respectivement à l’infirmerie depuis deux semaines et dix jours. Lucescu récupère néanmoins Yaroslav Rakitskiy, suspendu lors des deux derniers matches de C1.

Une compétition difficile, dans laquelle, inévitablement, l’équipe laisse des traces. Dentinho, arrivé en mai dernier en provenance des Corinthians, n’a mis que quelques semaines pour le constater. « La Ligue des Champions est une compétition très compliquée. Toutes les équipes sont solides, le marquage est vraiment serré. Mais je suis sûr que notre équipe va réussir à se qualifier » assure-t-il à quelques jours du choc déjà décisif. Une défaite, et le Shakhtar serait pratiquement out. Un scénario auquel Lucescu ne veut pas penser. « Je continue à dire que cette équipe peut faire mieux que l’an dernier. Chaque match est décisif, et j’ai confiance en mes joueurs. Nous allons honorer ce maillot, en redoublant d’efforts, et nous en sortirons encore plus forts » martèle-t-il dans la presse ukrainienne. Histoire que l’on ne les surnomme pas les Stakhanovistes pour rien.

Eric Maggiori
Vous avez relevé une coquille ou une inexactitude dans ce papier ? Proposez une correction à nos secrétaires de rédaction.
Modifié

Zenith +2 vous en pensez quoi ?
Partenaires
Logo FOOT.fr Olive & Tom
3 1