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Le Shakhtar a le profil

Dans l'ombre des traditionnels grands d'Europe, le Shakhtar s'impose saison après saison comme un incontournable outsider, ambitieux autant que crédible. L'armada brésilo-ukrainienne peut-elle créer la surprise en C1 cette année ?

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Oh bien sûr, ce soir, toute l'Europe du football ou presque n'aura d'yeux que pour le choc du beau jeu au Camp Nou entre le Barça et Arsenal. Normal. Il en faut plus pour vexer le Shakhtar, habitué à évoluer dans l'ombre, tout là-bas, à l'Est, dans la peu glamour froideur ukrainienne. Ce second rôle lui va très bien et il s'en est jusqu'à présent très bien accommodé. Sauf que le club du président milliardaire Rinat Akhmetov grandit sagement mais sûrement depuis une dizaine de saisons et peut cette fois ambitionner un premier rôle. Pas mal pour un figurant qui n'avait pas franchement fait parler de lui à l'échelle européenne au début du siècle. Il faut dire aussi qu'à bien y regarder, les éléments plaident pour lui.

Sa constance sur les dix dernières saisons, déjà. Cinq titres de champion national, cinq places de deuxième ; dix participations à la C1, cinq fois aux phases de groupe pour quatre places de troisième et jamais ridicule (sauf peut-être cette moche élimination en tour préliminaire face à Timisoara la saison dernière) ; neuf participations à la C3 et un titre à l'issue de l'exercice 2008-2009, en disposant en finale du Werder Brême 2-1 en prolongation. Lentement mais sûrement, les Ukrainiens ont appris de ces joutes européennes. Ils se sont frottés à tous les grands, se sont parfois cassé les dents, ont aussi réussi quelques coups d'éclats (notamment des victoires contre... Arsenal et le Barça). La tunique orange et noir des mineurs de Donetsk fait désormais partie du décor des soirs de joutes européennes.

Les stats, ensuite, impressionnantes. Le Shakhtar cette année, c'est dix-huit victoires sur vingt journées de championnat ukrainien, +32 de différence de buts, 12 points d'avance sur le Dynamo Kiev, vingt victoires lors de ses vingt-et-une dernières rencontres, la dernière acquise jeudi dernier à Sevastopol lors de la reprise, après une pause hivernale interminable (plus de trois mois). Mieux encore : à domicile, les hommes de Mircea Lucescu sont invaincus depuis octobre 2008, toutes compétitions confondues. Le bilan depuis est de cinquante-deux victoires et quatre nuls en cinquante-six matchs ! Dans sa Donbass Arena, où se déroulera la rencontre de ce soir, l'équipe n'a encore jamais perdu, le stade ayant été inauguré en 2009.
Troisième élément en sa faveur, la solidité de son effectif, parfait mélange de rigueur et de folie. Sur les lignes arrières, on retrouve un trident d'internationaux ukrainiens : le gardien Piatov et la doublette centrale Chygrynskiy – Rakitskiy, complétés sur les côtés par Srna et Rat, régulièrement cités comme cibles potentielles des plus grands clubs. Arrive ensuite la redoutable et talentueuse armada brésilienne composée de Douglas Costa, Willian, Jadson et Luiz Adriano à la pointe (avec Eduardo en joker sur le banc). Enfin, comme au match aller, on devrait retrouver également le Tchèque Hübschman et l'Arménien Mkhitaryan, pour un 11 final cohérent et assurément sous-estimé. Lors du tirage au sort des 8e de finale de C1, Ranieri n'avait d'ailleurs pas pu réprimer un petit sourire en apprenant son adversaire. Il a vite compris son erreur de jugement.

Car c'est là l'ultime point sur lequel il est nécessaire de s'attarder : la grosse performance réalisée à l'aller au Stadio Olimpico, avec cette solide victoire 3-2 qui confère aux Orange et Noir un avantage comptable et psychologique indéniable sur les Romains. Comme attendu, la pépite Douglas Costa a livré une très belle partition, avec un but et une passe décisive. Même bilan pour Jadson, Luiz Adriano achevant le travail. A noter que ces deux derniers joueurs avaient marqué lors de la finale victorieuse de Coupe UEFA face au Werder en 2009. On a donc affaire à une équipe aussi talentueuse que mature, promise à « un bel avenir » , selon les termes de Ranieri, qui y avait été de son petit hommage avant sa démission quelques jours plus tard : « Ils sont très forts pour garder la possession du ballon et ils trouvent toujours un joueur démarqué. Ils me rappellent Barcelone » . On a vu pire comparaison.

A lire : La Roma va tout Donetsk

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