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Le Santiago-Bernabéu au stade de la discorde

Jour fatidique pour les deux finalistes de la Copa del Rey. C'est ce mercredi que Barcelone et Athletic connaîtront le stade qui hébergera leur finale. Ardemment désiré par les deux parties, le Santiago-Bernabéu ne devrait pas être l'élu. Car les Madridistas ont une peur bleue d'assister à un meeting politique de l'indépendantisme.

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« Nous cherchons un terrain qui réunisse le critère de la plus grande capacité entre les deux villes. Nous savons que le stade qui répond le mieux à cela est le Bernabéu et nous l'avons fait savoir à la Fédération. » Ces paroles, toujours d'actualité, ne datent pourtant pas de cette année. En 2012, déjà, Toni Freixa, porte-parole de la direction blaugrana, s'épanchait sur le désir qu'il partageait avec l'Athletic Bilbao de disputer la finale de la Copa del Rey au Santiago-Bernabéu. En 2009, même topo : directions barcelonaise et bilbayenne s'étaient entendues pour jouer leur finale de Coupe d'Espagne dans l'antre madridista. Pour rien, puisque ces deux millésimes s'étaient respectivement décidés au Vicente-Calderón et à Mestalla. À chaque fois, la présidence merengue avait décrété, dans son bon droit, qu'elle s'y refusait de peur d'accueillir une manifestation anti-royale et anti-espagnole. Aujourd'hui, le refrain est similaire, même si aucune voix madrilène ne s'est officiellement prononcée. Le verdict du siège de la finale, attendu dans l'après-midi, devrait une nouvelle fois écarter Bernabéu et Coupe du Roi pour des raisons loin d'être sportives.

En 2012, des toilettes en rénovation…


Un club de seigneurs. Depuis plus d'un siècle, aficionados et membres du Real Madrid ne cessent de rabâcher ce couplet. « Le plus grand club de l'histoire » a compté sur les meilleurs joueurs, les meilleurs supporters, les meilleurs présidents et les meilleures installations. Avec une armoire à trophées pleine à craquer, des Ballons d'or à la pelle, un antre mythique et mystique, difficile de contredire cette thèse, aussi prétentieuse soit-elle. Cette seigneurie prend pourtant du plomb dans l'aile à l'heure du partage. Nombriliste ou apeuré, le fanion blanc meringue a déjà refusé à quelques reprises d'accueillir dans son stade - dont il est le propriétaire - une finale entre Athletic et Barça. En 2012, « Don » Florentino Pérez avait ainsi décrété ne pouvoir céder le Bernabéu pour cause de rénovation des toilettes… Pour cette édition, Josu Urrutia et Josep Bartomeu, présidents des deux entités, ont déjà envoyé une missive à la Fédération. Son objet, la demande d'une finale à Madrid, n'a que peu de chances d'aboutir, de l'aveu même du porte-parole de la RFEF : « Nous ne pouvons pas imposer au Real qu'il soit le siège de la finale de la Coupe » .

Jusqu'à aujourd'hui, personne au sein du club n'a encore élevé la voix. Les nombreux canaux de la nébuleuse merengue se sont occupés du travail de sape. Par le biais de médias, ou de certains « influents » , le discours prôné est limpide : l'hymne espagnol ne sera pas sifflé dans l'antre de Chamartin. Comme ce fut le cas à Mestalla ou plus récemment au Vicente-Calderón, l'image d'un roi conspué traîne dans toutes les têtes. D'autant plus que cette édition est celle du baptême du Rey Filipe VI. Les autorités politiques madrilènes incitent ainsi Florentino Pérez à ne pas céder aux caprices des capitales basque et catalane. Pis, elles évoquent même la possibilité de suspendre la finale en cas de huées des supporters présents. Ibon Areso, maire de Bilbao, a jugé « scandaleux » une telle proposition et a affirmé que « Madrid, par sa localisation et sa capacité hôtelière, serait un choix judicieux » . Justement, le groupement des hôteliers madrilènes s'est offusqué du refus merengue : « Dans une situation de crise comme celle que nous vivons, nous ne pouvons refuser 20 à 30 millions d'euros pour des raisons puériles » .

Punir avant de guérir


Au-delà des aspects politiques et économiques, ces dites raisons sont également sportives. Éliminé dès les huitièmes de finale d'une compétition dont il est le tenant du titre, le Real Madrid verrait d'un mauvais œil un sacre blaugrana sur ses terres. Car Florentino Pérez et de nombreux aficionados madridistas gardent en mémoire la célébration de la Copa del Rey de 1997. Lors de cette finale remportée par le FCB face au Betis Séville, le Santiago-Bernabéu avait été le théâtre d'une exubérante effusion de joie du président azulgrana de l'époque, Joan Gaspart. Outrage ultime : l'hymne du Mes que avait résonné dans l'enceinte madrilène. En matière d'image, le Real Madrid a pourtant beaucoup à gagner. Après cet imbroglio, énième illustration de la défiance entre la Castille et ses provinces aux velléités indépendantistes, la hache de guerre est loin d'être enterrée. En acceptant la requête de deux finalistes soutenus par la Fédération, le big boss madrilène ne pourra être targué d'égoïsme. Mieux, en cas de probables sifflets et quolibets, il n'aura rien à se reprocher. Mais avec le señor Pérez, la rengaine est bien de punir avant de guérir.

Par Robin Delorme, à Madrid
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