Le retour du roi Logan banni

A 26 ans, l’enfant terrible belge, le gardien de but excentrique, Logan Bailly est de retour à la case départ. A Genk, là où sa carrière a réellement débuté, il y 8 ans. Mönchengladbach, l’appel du pied du Bayern, tout cela semble bien loin. Aujourd’hui, Logan se bat pour ne pas sombrer dans l’anonymat.

Modififié
27 5
« Je suis le roi Logan, lui c’est le prince  » , s’amuse Logan Bailly (26 ans), en parlant de son fils, Prince Logan. Par-dessus le marché, il a fait tatouer le nom de sa fille sur son bras droit. « Destiny » . La sienne n’est pas banale. Il est comme ça, Bailly, excentrique, un peu timbré sur les bords. Un gardien de but, en somme. Belge et Liégeois en plus ! Une sorte de Fabien Barthez, sans la clope au bec, les cheveux en plus. Un parcours nettement moins prestigieux, cependant… Logan aime surprendre par ses fringues, mais surtout par ses audaces capillaires. Tout y est passé, de la boule à zéro, des spikes, à l’iroquoise, les cheveux longs, la raie à l’allemande, en passant par les dessins Spiderman sur le crâne et même des dreadlocks. Il conduit des bagnoles de rêve, explose les contrôles de vitesse, enchaine les soirées arrosées, les séances photos dénudées. Le jeune homme adore la mode. Et l'inverse n'est pas forcément vrai.



De quoi faire oublier son parcours footballistique? Tout de même pas. Le gamin est précoce. A 18 piges à peine, le jeune Logan, prêté par son club de Genk, crée la sensation entre les perches d’Heusden-Zolder, promu en D1 cette année-là. Le public découvre un keeper au style très particulier. De retour à Genk, après quelques mois sur le banc, il s’impose lors de la saison 2006-2007. Tonique, bon sur sa ligne, très fort dans le jeu au pied mais surtout imprenable dans les sorties aériennes. Un vrai kamikaze. Comme en 2008, lorsqu’il entre en collision avec le solide attaquant de Bruges, Joseph Akpala. Commotionné, il reste inconscient plus de 7 minutes. De quoi freiner son ardeur de retour dans les cages limbourgeoises ? Même pas. La même année, à Pékin, il garde les buts de la sélection olympique belge, qui parvient jusqu’en demi-finale. Le jeune Logan impressionne. Vu son style de jeu, on lui prédit déjà l’Angleterre et une carrière fastueuse. Il se veut d’ailleurs très british. En 2008, lorsqu’en fêtant le premier tire du Standard de Liège en 25 ans (il y a effectué un partie de ses classes), il participe à une baston aux côtés de son frère. «  Nous, le clan Bailly, on est des rebelles ! (...) Le type qui m’accuse de l’avoir frappé aurait gardé une incapacité? Magnifique! (...) Je ne sais pas ce que je risque comme condamnation mais je sais que je n’irai pas en prison. Je n’ai tué personne. Je n’ai violé personne. Il y a plus grave » , déclare-t-il dans les médias. Des propos qu’un Joey Barton n’aurait pas désavoués. Bref, il est condamné à 5 mois de prison avec sursis.

Super Logan

Il rejoint finalement la Bundesliga et le Borussia Mönchengladbach en 2009, contre 3 millions d’euros. Dès sa première demi-saison, il porte l’équipe du bout des gants, la sauvant de la relégation. Il est même élu meilleur joueur de l’équipe par les supporters du Borussia, enthousiasmés par celui qui se fait déjà surnommer "Super Logan". Les médias l’encensent. Et même le légendaire Harald Schumacher : « Il laisse Enke, Neuer, Adler et Wiese derrière lui. Bailly est le futur numéro 1 de la Bundesliga. Hélas, il n'a pas de passeport allemand. Mönchengladbach lutte contre la relégation mais il ne descendra pas. Bailly est la solution pour chaque club ayant un problème entre les perches. Bailly serait un bon remplaçant pour Rensing du Bayern Munich » . Pour ne rien gâcher, en Allemagne, Bailly et sa femme Jessica deviennent le couple à la mode, épié par la presse people. Bailly plait. Une performance dans ce pays où Bastian Schweinsteiger est considéré comme un véritable beau gosse.

Mais en 2010, le beau tableau se délite. Mönchengladbach est à la rue en championnat. On qualifie sa défense de « plus trouée d’Europe » . Du coup, c’est Bailly, pas toujours irréprochable, qui trinque. Les supporters veulent sa peau. Contre le Werder Brème, à domicile, ce sont les 50 000 fans du club qui se mettent à l’applaudir ironiquement, à chacune de ses prises de balle. Dans ces conditions, la confiance l’abandonne rapidement. Il perd même sa place. Son coach, Frontzeck l’envoie en congé quelques jours. Pas banal ! Il retrouve brièvement sa ligne une fois Frontzeck licencié. Le temps de cochonner sa prestation avec l’équipe nationale belge, en qualification pour l’Euro, face à l’Autriche. Il prend 4 buts et la Belgique concède un nul piteux face à une faible sélection. Le sélectionneur Georges Leekens ne fera plus jamais appel à lui. Ni à son meilleur ennemi, Stijn Stijnen, écarté à Bruges et en équipe belge, car honteusement démasqué pour avoir critiqué son concurrent Colin Coosmans sur le site du club, sous un faux pseudonyme. Simon Mignolet et son second, Thibaut Courtois, prennent le relais. On imagine mal Bailly venir encore les titiller... Bailly voit d'ailleurs des concurrents le doubler de toute part. A Mönchengladbach, il est contraint de céder sa place au jeune et impeccable Marc-André ter Stegen, qui sauve le club de la relégation dans la foulée.

Bentley, Audi, Ferrari, Lamborghini

Cette saison, Mönchengladbach marche sur l’eau et ne veut plus entendre parler du portier belge. Il est envoyé dans le sulfureux club du président Bulat Chagaev, limite mafieux, feu Neuchatel Xamax. D’après Sport/foot magazine, les Allemands n’auraient pas supporté le comportement de Bailly, croulant sous les dettes. La polémique enfle dans les médias. Il aurait offert une Bentley à son père, une Audi A5 à son épouse et une Lamborghini, une Ferrari et une Audi A5 Cabrio à... lui-même. Sans compter, le prétendu accident qu’aurait subi son frère au volant de l’Audi Q7 du club. On raconte encore que Logan maintiendrait sa piscine à 28 degrés tout l’hiver, que Mönchengladbach lui aurait soumit un plan d’assainissement de dettes. Le Borussia, lassé, l’envoie se faire voir chez les Suisses. La part de vérité dans tout cela? «  Lorsqu'on parle de moi, tout est à chaque fois grossi, déformé ou purement et simplement inventé. Maintenant, cela suffit! De quel droit se permet-on de s'immiscer ainsi dans ma vie privée? lance Bailly dans La Meuse. Pourquoi ne me fiche-t-on pas la paix? Je suis venu ici à Neuchâtel pour m'isoler, me reconstruire, mais on ne me lâche pas. A croire que je suis devenu l'ennemi public numéro 1  » . Toujours est-il que les affaires de Bailly ne s’arrangent pas à Neuchâtel. Logan se blesse dès le début de saison. Du coup, le club refuse de le payer. Bailly, fidèle à sa nature va droit au clash, la fleur au fusil. Il ne sera jamais aligné.

Durant ce mercato d’hiver, Genk, le club de ses débuts, lui tend une perche. Il revient dans le Limbourg pour un prêt de 6 mois. Coup de bol, le portier titulaire, Lazlo Köteles, se blesse et Logan participe à deux rencontres de championnat, la semaine passée. Son niveau laisse encore à désirer, le gardien manque de rythme. Reverra-t-on un jour le Bailly original, ce branleur génial, conquérant, qui s’éclate sur un terrain ? «  Logan Bailly n’a pas progressé en Allemagne. Son positionnement est moins bon qu’avant de partir en Bundesliga. Que ce soit avec Mönchengladbach ou avec l’équipe nationale belge, je l’ai souvent vu évoluer plus bas que quand il jouait à Genk. Alors que son jeu haut, sa façon de sortir et sa faculté de participer aux relances étaient justement ses points forts. On l’a trop bridé. C’est comme ça qu’un gardien perd une partie de ses qualités » . Ses mots sont de Guy Martens, toujours dans Sport/foot magazine, l’entraineur des gardiens de Genk qui a façonné Bailly. Avant d’ajouter : « Par contre, l’homme a changé. Je le trouve plus adulte, plus responsable, plus calme et plus sérieux. Il se comporte mieux dans le groupe qu’il y a 3 ans » . Il n'est jamais trop tard pour vieillir.

Youtube


Par Adrien de Marneffe
Vous avez relevé une coquille ou une inexactitude dans ce papier ? Proposez une correction à nos secrétaires de rédaction.
Modifié

Le joueur belge que je vomis le plus au monde. Je suis déçu qu'il semble pouvoir avoir une chance de s'en sortir. Seriously
Robert_Charles Niveau : Loisir
J'aurais jurer que c'était Sirigu sur la première photo.
ManfredKaltz Niveau : Loisir
ah, ah, après Legear, Bailly. Si So Foot commence à faire des reportages sur tous les footballeurs belges qui ont un QI négatif, ils ont de quoi remplir quelques colonnes.
j'sais bien qu'il faut pas trop se fier aux videos où l'on ne montre que les meilleurs moments mais il avait l'air bon et surtout il avait pas peur d'aller au charbon. J'en avais jamais entendu parler avant cet article, ses frasques n'ont jamais franchi nos frontieres ou j'ai tout loupé?
Ta mère t' a donné comme prénom. Destiny, ah quel joli nom...
Triste que tu n'en aies pas entendu parler, il avait le niveau de 4 Lloris.. Sosie de Rosoux pourtant...
Partenaires
Logo FOOT.fr Olive & Tom
Article suivant
L'OL arrache sa finale
27 5