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Le retour de Pizarro fait vibrer Valparaiso

Ce n'est pas le plus illustre des retours au bercail de l'été, mais David Pizarro est revenu dans son Valparaiso natal. Un événement pour le club vagabond de la cité portuaire, qui a son identité chevillée au cœur.

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« On ne connaît pas le monde si on ne connaît pas Valparaiso. » Pablo Neruda maîtrise son sujet : le poète chilien, prix Nobel de littérature 1971 et, en son temps, propriétaire d'une maison sur les hauteurs du port chilien, a été consul en Argentine, en Espagne, en Inde ou en Birmanie. David Pizarro, lui, a principalement fréquenté l'Italie, notamment Udine, Rome et Florence. Mais il connaît bien Valparaiso, et Valpo le lui rend bien. Son retour est un événement majeur pour la perle du Pacifique. Même à 35 ans.

Seize ans d'attente


Diego n'hésite pas : « Le retour de Pizarro marque un avant et un après pour le club. » Pour ce membre des Panzers, la barra brava des Santiago Wanderers de Valparaiso, « Pizarro est plus qu'un joueur, ce sera un ambassadeur de notre club, à commencer par la Copa Sudamericana » (l'équivalent local de la Ligue Europa). À vrai dire, il l'a toujours un peu été. Car les porteños, les habitants de la ville portuaire, n'oublient jamais d'où ils viennent. Avec près de 82%, le taux d' « attachement fort » à sa région est l'un des plus élevé du Chili (juste derrière l'Araucanie, terre des indigènes Mapuche). Et David Marcelo Pizarro Cortés ne fait pas exception à la règle. En janvier 2009, en pleine bourre avec la Roma, il l'affirme dans les colonnes d'El Mercurio : « Nous sommes comme ça, les porteños. Nous sommes faits de cette manière, pour nous il n'y a pas d'hésitation. Il est très difficile de m'imaginer au Chili avec une tunique qui ne soit pas celle des Wanderers. Mais cela ne dépend pas que de moi. » Il le sait, lui qui a pigé quelques matchs à l'Universidad de Chile en 2001, prêté par l'Udinese, parce que les Wanderers n'étaient pas en mesure d'assumer son salaire. Mais personne sur le port ne lui en a jamais tenu rigueur.


Avant tout car « Pek » est un enfant de la ville. Le natif du cerro Estrella est né au football à Caupolicán, un club de pêcheurs. Puis il a suivi toute sa formation chez les Wanderers, jusqu'à sa première apparition sous le maillot vert à seize ans. Il a le malheur d'assister à la descente en 2e division de son club, mais ne la connaîtra pas, embauché par l'Udinese suite à son excellent Mondial U20. Mais il le promettait dans El Mercurio : « Je reviendrai avec la même envie qu'en 1999. » Seize ans après son départ, la promesse est tenue, l'émotion intacte. « Pek » en a pleuré lors de sa présentation au peuple caturro vendredi dernier au stade Elias Figueroa. Les 8 000 places offertes sont parties en deux jours, pour voir le fils prodigue sauter au rythme de la tribune Norte. Puis pour l'écouter : « Merci d'avoir attendu. Ce furent seize années durant lesquelles j'ai toujours été lié à la vie de mon club. À la vie de Valparaiso. Je vis ce jour comme une récompense pour tout ce que j'ai fait, parce qu'aujourd'hui, le Vagabond est de retour. »

Du Fantaisiste à l'Ambassadeur


Et quand il ajoute que « le peuple vert doit savoir qu'aujourd'hui, nous allons faire le tour du monde » , ce ne sont pas des paroles en l'air. En tout cas, l'illustre municipalité de Valparaiso y compte bien. Trois jours plus tôt, elle lui a décerné le titre de « citoyen patrimonial. » En 2007 déjà, il était reparti de chez lui avec un drapeau de la ville offert par le maire, et la mission de le brandir lors de ses triomphes. Cette fois, c'est un titre honorifique qui l'attend à son retour à la maison, remis à l'occasion du 12e anniversaire de la déclaration de Valparaiso comme patrimoine de l'humanité par l'UNESCO. « David Pizarro est une fierté pour Valparaiso, parce qu'en plus d'être un excellent footballeur, c'est une personne de grande valeur » , déclare alors le nouveau maire Jorge Castro. « Le Fantaisiste » , qui n'a pas hésité à mettre la main à la poche au moment du grand incendie qui a laissé plus de 10 000 personnes sans abri en 2014, devient l'Ambassadeur. Une évidence pour Diego : « Il l'a annoncé : quand il se retirera du foot, il se sera conseiller culturel du club, et délégué culturel et patrimonial de la ville. »


En attendant, celui qui a réalisé ses deux plus grands rêves, « voir les Wanderers champions en 2001, et être champion avec le Chili il y a quelques semaines » , va tâcher de retrouver les terrains. Sous la direction d'Emiliano Astorga, il a repris cette semaine le chemin de l'entraînement avec ses nouveaux coéquipiers. Puis il aura la charge de mener l'équipe de la ville aux mille couleurs vers les sommets. Ou tout du moins, de ne pas décevoir les attentes scandées par son club : « Le retour de la fantaisie, le retour de la magie. » Histoire d'être dans les tons de la ville-monde.

Par Éric Carpentier
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Alain Proviste Niveau : Ligue 2
Belle fin de carrière pour un super joueur !
Et on dira ce qu'on voudra mais les joueurs sud-américains (particulièrement ceux du sud du continent, les Argentins, Chiliens et Uruguayens) gardent un attachement très fort envers leur club et en restent supporters indéfectibles, même pendant leur carrière européenne, comme l'attestent les quelques retours observés ces dernières années : Riquelme puis Tevez à Boca, Milito au Racing, Maxi Rodriguez à Newell's, Aimar et Saviola à River, Forlan à Penarol, Recoba et Abreu au Nacional... et donc Pizarro aux Wanderers.
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