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Le retour de Peter le dauphin

Il a animé la journée du premier au dernier kilomètre, Peter Sagan était fort, mais Michael Matthews et la loi du nombre des Orica encore plus. À 25 ans, l’Australien a déjà gagné des étapes sur les trois grands tours. Pas mal.

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Une étape dont l’arrivée est jugée dans la bonne ville de Vincent Auriol et du Get 27 ne peut que donner un vainqueur de qualité. Six ans après Alexandre Vinokourov, Revel a donc sacré Michael Matthews. Pour celui (ou celle) qui limite sa consommation de cyclisme au Tour de France, le nom de l’Australien sonne comme celui d’un inconnu. Le garçon répond pourtant à un pedigree de champion en puissance. Sprinteur capable de grimper et de rouler (la preuve avec sa victoire sur le prologue du dernier Paris-Nice), le natif de Canberra comptait déjà trois succès sur la Vuelta et deux sur le Giro. À 25 ans, il termine sa collection avec un succès sur le Tour où il avait traîné sa misère l’an dernier pour son bizutage après une grosse gamelle dès les premiers jours. Dis-moi qui tu as battu, je te dirais quel vainqueur tu es. À cette question, Matthews (dauphin de Sagan lors du dernier championnat du monde) peut donner quelques noms de gros poissons du peloton : Edvald Boasson-Hagen, Greg van Avermaet et surtout l’incontournable Peter Sagan. Alors oui, Peter a renoué avec cette bonne place de dauphin à laquelle il avait fini par prendre un abonnement sur le Tour avant son succès à Cherbourg cette année. Il ne sait toujours pas compter ses coups de pédales, mais il se retrouve toujours dans ses calculs pour un maillot vert qu’il risque bien de ramener sur Paris pour une cinquième année consécutive.


Avec le Port d’Envalira et ses 2408m en amuse-bouche, cette 10e étape pique les jambes au lendemain d’une journée de repos. Mais celles de Sagan frétillent toujours. Et si le peloton ne le laisse pas partir dans la montée, le Slovaque file dans la descente dans le sillage d’un Nibali qui a encore demandé sa journée à Aru pour jouer sa carte personnelle. Ils sont quinze à s’isoler à l’avant. Et le casting a plutôt de la gueule avec Rui Costa, Van Avermaet, Chavanel, Boasson-Hagen, Landa, Gallopin et Matthews qui a eu la bonne idée de rappliquer avec deux copains de chez Orica.

Alors que la côte de Saint-Ferréol à 8km paraît le terrain idéal pour tenter de s’expliquer, Sagan décide de devancer l’appel et fait exploser le groupe. Matthews flanqué de ses coéquipiers Daryl Impey et Luke Durbridge prennent l’aspiration, Van Avermaet, Boassaon-Hagen et Samuel Dumoulin – qui sait courir avec sa tête – aussi. Le plus fort est facile à repérer, il porte un maillot arc-en-ciel et répond à toutes les attaques. Mais le cyclisme est aussi une affaire de nombre. Les Orica mettent à profit leur supériorité numérique, Durbridge et Impey turbinent et permettent à leur leader de ne pas trop taper dans son punch. Et quand Van Avermaet anticipe le sprint à 400m de la ligne, l’Australien est le premier à réagir. Légèrement enfermé, Sagan tente de prendre l’extérieur, mais vient mourir à la hauteur du pédalier de Matthews. Alors oui, on pourra toujours se dire qu’il en a encore trop fait, qu’il a trop étalé sa force, mais on ne va le changer aujourd’hui. Et d’ailleurs, on n’en a pas vraiment envie.

Par Alexandre Pedro
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