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Le Real, champion du monde du mercato

Cette Supercoupe d'Europe n'a pas servi à grand-chose. Si ce n'est peut-être à confirmer qu'il y a bien longtemps que le Real Madrid n'est plus une équipe de football comme les autres. Madrid c'est plus qu'Hollywood, c'est le festival de Cannes.

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Le Mondial derrière et le flux de la saison normale s'écoulant à nouveau, on avait oublié qu'un match n'était pas toujours une question de vie ou de mort. Le football prend aussi parfois la forme et les couleurs de ces matchs perdus au milieu des vacances. Plantés entre une journée à la plage, le sable sur la banquette arrière, le soleil qui brûle dans le dos et les déménagements qui n'en finissent plus, cette Supercoupe d'Europe était le plus grand de tous ces trophées minuscules remis par les marketeurs et les marchands de spiritueux. Avez-vous aimé cette Guiness International Champions Cup, cette Emirates Cup, ce Trophée des champions, cette Acqua Lete Cup ? Les vendeurs de textile s'imaginaient sans doute que pour nous attirer devant leurs étals, il nous fallait du laiton, du cuivre et tout un attirail de coupes reluisantes. Comme si un peu du brillant qui restait dans nos yeux un mois après la fin du Mondial se reposerait maintenant sur leurs marques, leurs bagnoles et leurs fanions, ils nous en ont vendu, des stars et des matchs de gala. La Supercoupe d'Europe disputée à Cardiff hier soir appartient à cette cohorte de coupes au nom grotesque qui ne récompensent que le tiroir-caisse. En fait, une Supercoupe d'Europe ou une pré-saison ne servent qu'à décerner le titre imaginaire de champion du monde du mercato, le seul titre que Florentino Pérez gagne tous les ans. Et cet été encore, le Real est champion du monde.

C'est qui le meilleur ?


Tandis que les autres se plient aux études de marché, qu'ils recrutent les meilleurs scouts d'Europe pour dénicher la perle rare dans la banlieue d'une grande métropole d'ici ou d'ailleurs et qu'ils finissent toujours par se tromper sur l'équilibre mental du gamin ou ses prétendues facultés d'adaptation, le Real, lui, fait exactement l'inverse. Recruter un gamin de banlieue, lui faire passer tous ces tests, le former, en faire peut-être une star, est un projet long et risqué. Combien de Xavi, combien de Messi pour combien de Pavón, d'Alfonso, de Guti, d'Helguera ou d'Ivan de la Peña ? En signant « los buenos » , comme dit tonton Florentino, personne ne se trompera jamais. Il n'y a même pas besoin de directeur sportif, il suffit de lire les journaux et de bien s'entendre avec son banquier. José Ángel Sánchez, le directeur général du club (ancien dirigeant de Sega) est, depuis le départ de Jorge Valdano, la tête pensante du club. En bonne éminence grise, il est celui qui connaît le mieux son patron Florentino. « Sur le football, Florentino, disait-il en 2005 dans White Angels de John Carlin, a une vision simple et pleine de bon sens. C'est une vision très éloignée de celle des membres de cette secte qu'il appelle les futboleros, les élus, les gardiens du temple, ceux qui se voient comme les seuls gardiens du jeu et de tous ses secrets les plus cachés. » Pendant un Mondial, Pérez fait comme tout le monde. Il se pose, regarde les matchs et puis se demande : « Qui est le meilleur joueur ? Le meilleur gardien ? Le meilleur buteur ? » Réponse : Toni Kroos, Keylor Navas, James Rodríguez. Et il les achète. Le plus cher possible. Le Real, c'est tout le Mondial dans un seul club.

La formation de l'acteur


La question du jeu est donc une énigme complexe à élucider dans cette équipe. Quand, chez les autres, on s'attarderait sur les transitions défensives, offensives, sur l'animation ou le jeu intérieur, avec ce Real-là, il est difficile de ne pas être émerveillé par la somme de talents individuels ainsi assemblés et d'oublier par instant la beauté des collectifs bien rodés et le principe de rareté. Chaque été, on se dit que ce n'est pas possible, qu'on ne dépassera jamais le seuil de talents ainsi rassemblés, qu'on ne peut pas se moquer aussi impunément des lois de l'économie. On finira bien par se lasser. Mais à chaque fois, on replonge et une nouvelle star nous est présentée, un nouveau blockbuster envahit nos écrans qui fera oublier celui de l'été précédent. Comme Stallone débarquant sur la Croisette sur le toit d'un tank avec sous son bras Harrison Ford, Mel Gibson, Antonio Banderas, Arnold Schwarzeneger, Wesley Snipes, tous à l'affiche de son prochain film, Florentino Pérez débouchonne 2014-2015 avec peut-être l'un des meilleurs effectifs de l'histoire du club. Le générique du Real fait au moins aussi peur que celui d'Expandables : Ronaldo, Bale, James, Di María, Modrić, Kroos, Ramos, Navas, Benzema, Isco... Que des gros bras et tant pis pour le scénariste.

Florentino, camera d'or


Dans ces drôles de films pour Madridistes, on se dit que même si le scénario est écrit sur un zinc entre deux tournées, on ira quand même jeter un coup d'œil. Ce n'est pas pour l'histoire qu'on paiera notre place. Non, si cette année encore on s'approchera, c'est parce que même si, d'un œil, on surveillera l'action sur l'écran devant nous, de l'autre on profitera de la douceur poétique d'une nuit d'été à la belle étoile. « Il faut savoir provoquer de l'excitation et de l'intérêt sur une base permanente, reprenait Sánchez. Au Real Madrid, nous avons réussi à générer cette excitation dans ce sport global qui consiste à prévoir les transferts parce que nous avons réussi à faire entrer dans la tête des gens que si nous nous intéressons à un joueur en particulier, c'est qu'il fait partie des meilleurs du monde. » Le Real est un studio de cinéma où les joueurs sont des acteurs interprétant toujours le même rôle - celui du héros épique triomphant contre l'adversité - dans une infinité de films changeant ainsi l'imaginaire de l'amateur de football en une infatigable machine à s'émerveiller. Pour son premier match, Toni Kroos s'est déjà installé au milieu et a donné la réplique aux autres génies assemblés autour de lui. James parviendra-t-il à élever son niveau à cette altitude ? Combien de buts marquera Bale cette saison ? Comment réagira Cristiano à l'irruption se cette nouvelle égérie ? Le Real est-il imbattable ? Silence sur le plateau. Moteur dans la caméra. Florentino qui crie « Action ! » Le film peut (re)commencer.

Par Thibaud Leplat
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