Le Rayo, la saison d’après

Longtemps attraction de Liga, le Rayo Vallecano va devoir, au minimum, galérer une saison en Liga Adelante. Une rétrogradation qui a, une énième fois, souligné les problèmes inextricables entre le peuple de Vallecas et la direction du club. Mais qui a également confirmé l’importance du guide Trashorras.

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« Cette saison, tout nous est allé droit dans le cul. » Les paroles de Paco Jémez sont dures, mais surtout efficaces. Car malgré une ultime victoire sur Levante, le Rayo Vallecano prend ses cliques, ses claques et retrouve l’amer goût de la Liga Adelante. « Si, cette saison, nous avions réussi à nous maintenir, cela aurait été l’année la plus belle que j’aurais connue ici, poursuit le chauve de Vallecas pour sa dernière conférence de presse rayista. Nous avons vécu beaucoup de situations externes qui nous ont fait du mal. Mais ce dont je suis sûr, c’est que tous mes joueurs ont tout donné sur le pré. Ils n’ont rien gardé en eux. Je mettrais mes deux bras au feu pour eux. » De cette déclaration d’amour ne reste plus grand-chose à l’aube de ce nouvel exercice. Avec un effectif dépouillé, un entraîneur parti s’exiler à Grenade, et des supporters agacés, le Rayo doit, une énième fois, se réinventer. Et une énième fois, le fanion populaire de la capitale espagnole doit jongler entre les choix incohérents de sa direction et la vindicte de ses aficionados. Une atmosphère à laquelle les Franjirrojos se sont habitués depuis désormais des saisons.

« Ramon Sandoval, c’est un "chico de la casa" »


Pourtant, la gueule de bois est bien là. Symbole de ce mal de crâne, le guide Paco Jémez s’en est allé quelques semaines après la rétrogradation. En répondant par l’affirmative à l’offre de Grenade, l’Andalou délaisse un quartier qui l’a élevé, à raison, au rang de sauveur. Ses coups de gueule, ses costards bariolés et, surtout, son plan de jeu excitant restent dans les têtes des aficionados comme les emblèmes du Rayo qu’ils souhaitent. En attendant, et également en provenance de la ville de l’Alhambra, le peuple de Vallecas accueille José Ramon Sandoval. Ancien de la maison, le Madrilène pur souche a le « Rayo dans le sang » . Une déclaration d’amour habituelle lors de toute conférence de presse de présentation qui se respecte, mais qui, dans ce cas, relève de la plus simple vérité. Après un début de carrière d’entraîneur qu’il passe à écumer les bancs de touche de clubs de la communauté de Madrid, il prend les commandes de la réserve de Vallecas en 2008. Un tour d’essai réussi, puisque deux ans plus tard, Ramon Sandoval réussit l’exploit de faire monter le club en Liga, et remporte le trophée Miguel Muñoz de meilleur coach de Liga Adelante.


« Ramon Sandoval, c’est un "chico de la casa". Tout le monde dans le quartier se rappelle ce dernier match de la saison 2011/12 quand nous nous sommes sauvés à la dernière seconde contre le Rayo, rembobine José Angel, supporter invétéré du Rayo depuis toujours. Son retour est apprécié par tout le monde, au contraire de tous les choix de la direction. » Cette dite direction, emmenée par le si chahuté Raúl Martín Presa – proche de l’Opus Dei, une mouvance religieuse à des années-lumière de l’identité ouvrière et rouge de Vallecas –, a une nouvelle fois déclenché la foudre de son aficion suite au lancement de sa campagne d’abonnements. Ou son non-lancement, plutôt. Car le 5 juillet dernier, aux abords du Nuevo Estadio de Vallecas, la plateforme de protestation ADRV – Agrupacion Deportiva Rayo Vallecano – décide de lancer sa propre vente d’abonnements symboliques. En clair, une grosse centaine de supporters affiche leur mécontentement quant à des cartes de socios qui n’arrivent pas sous les cris de : « 51 jours sans abonnement, 51 jours de fierté » . Un chant ironique lorsque l’on connaît l’amour qu’ils portent à leur fanion.

Trashorras, le guide qui aime Vallecas


Finalement lancé mi-juillet, la campagne d’abonnements affiche une légère baisse de prix de 15 %. Une broutille pour les porte-monnaie fauchés des habitants de Vallecas qui aperçoivent en leur capitaine le seul rayon de lumière de cet été pourri. Roberto Trashorras, l’un des tout meilleurs passeurs de Liga, a en effet décidé de rester à quai et, mieux, de prolonger son contrat jusqu’en 2019. Une bouffée d’oxygène pour Ramon Sandoval : « On ne peut pas monter en novembre ni en février, mais en mai prochain c’est notre objectif. Avec Roberto, tout sera plus facile. » D’autant plus que le Galicien formé à la Masia est un proche des tribunes, adulé par les plus anciens et adoré par les plus jeunes. De même, avec ce joueur de toque, le Rayo ne renie pas l’héritage d’un Paco Jémez qui a fait des Rojiblancos du sud de la capitale une équipe identifiable parmi toutes. « Je veux donner de la continuité à cette philosophie initiée par Pepe Mel et prolongée par Paco, confirme Ramon Sandoval. Je crois que c’est le chemin pour former une équipe qui peut viser les sommets. » Des sommets sportifs, et des coups de mou institutionnels, donc.

Par Robin Delorme
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Dommage que cette équipe sombre en Adelante. Pourtant, ils avaient un style de jeu plutôt plaisant directement inspiré du Tiki-Taka. Preuve que ce style (cette manière de jouer) est très exigeant que ce soit au niveau technique, mental ou physique.

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