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Le ravalement de façade

Après une année de punition, Newcastle United est de retour en Premier League. Mais le club a bien changé et est en train de mettre en place une nouvelle stratégie, à tous les étages : financièrement, sportivement et dans les tribunes.

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Le temps des Kluivert, Martins, Shearer, Luque, Owen et autres joueurs à salaires faramineux est désormais révolu. Cette stratégie, qui répondait plus à une logique de rentabilité « madrilène » (booster les abonnements et le merchandising par l'arrivée de joueurs célèbres... et donc chers) qu'à une logique sportive, n'a désormais plus le droit de citer à Newcastle. Mike Ashley, le propriétaire du club, a désormais une nouvelle stratégie financière. Oubliez le patron qui bouche les trous budgétaires comme la saison dernière (500 000 livres chaque semaine) ! Aujourd'hui, l'objectif est de maximiser la valeur potentielle des actifs du club, à savoir les joueurs, dans la perspective d'une éventuelle vente du club. Comment ? En se délestant tout simplement des joueurs les plus chers comme Nicky Butt par exemple ou Owen l'année dernière et en rachetant des joueurs de moins de 25 ans, à fort potentiel, et émargeant à moins de 25 000 livres la semaine. Bref, des joueurs qui n'en sont, en terme de valeurs financières, qu'à leur début. Dan Gosling (25 ans) d'Everton a ainsi débarqué sur les bords du Tyne gratuitement et James Perch (24 ans) est arrivé de Nottingham Forest pour 1,4 millions de livres. Seul Sol Campbell (57 ans environ) fait figure d'exception pour le moment. Patron de Sports Direct, un magasin discount d'articles sportifs, Mike Ashley réduit aussi les coûts avec son joujou de club pour espérer à l'avenir réhausser la valeur du Newcastle United.

Sur le plan sportif, la donne va également changer. Chris Hughton, le coach qui a pris la suite d'Alan Shearer, a décidé d'abandonner son 4-4-2 pour un 4-5-1 bien plus défensif. Il a d'ailleurs ordonné au club de réduire les dimensions du billard de St James Park pour donner un jeu plus serré, où les espaces seront plus difficile à trouver. Mais « tactiquement, nous devrons être un peu plus intelligent que l'année dernière » prévient Hughton, plutôt culotté quand on sait que Joey Barton pourrait être le fer de lance de l'entrejeu des Magpies. Quoi qu'il en soit, coach Hughton aura dès le début de saison quelques soucis à gérer : la blessure à l'épaule d'un de ses meilleurs joueurs, Steven Taylor, le genou flingué de sa recrue Gosling (out jusqu'à janvier) ou encore le futur passage, en octobre, devant la justice de son buteur Andy Carroll suite à une baston mal contrôlée à la sortie d'un pub. De l'aveu des spécialistes anglais, il manquerait surtout un accélérateur de jeu dans cette équipe. Et la cible s'appelle Hatem Ben Arfa, seul joueur pour lequel Mike Ashley consentirait à quelques efforts financiers supplémentaires. Seul hic, dans un effectif plutôt équilibré, où le dialogue entre les cadres et Hughton est une règle, la venue d'un nouveau pourrait détruire les fondations construites la saison dernière en deuxième division. Et le passé turbulent (ou incompris) de « l'hatémique » Ben Arfa n'est pas de nature à rassurer tout le monde, même si tout le monde à Newcastle applaudirait chaleureusement l'arrivée de la vedette marseillaise.



Le public justement, où en est-il avec ses Magpies ? Toujours dans l'exagération, à dire que Newcastle va jouer pour l'Europe ? Non, clairement non. Là-aussi, les cartes sont redistribuées. Dans une ville à fort emploi public (le siège de la Sécu anglaise est à Newcastle), pour une fois, le principal sujet d'inquiétude n'est plus Newcastle United mais bien les futures coupes budgétaires de l'administration Cameron dans le secteur de la Sécu. Les supporters ont même accepté l'idée d'ambitions très mesurées pour cette remontée : une 15ème place suffirait à leur bonheur. Ce détachement perceptible de son principal joyau, les tribunes, a immédiatement alerté l'establishment du club. Bien que soutenant indéfectiblement ses joueurs, les supporters des Magpies ont toujours été très distants de leurs dirigeants, peu prompts à dialoguer avec leur base, même si Ashley avait pris l'habitude de suivre les rencontres à St James Park dans le kop. Aujourd'hui, ce « gap » veut être bouché et le propriétaire Ashley a tout simplement embauché une nouvelle tête pour gérer les relations publiques (RP), l'ancienne RP manager de l'aéroport de la ville, Wendy Taylor. Oui, la saison en deuxième division a tout de même laissé quelques traces : tous les abonnements ne sont pas vendus et il sera possible d'acheter une place sèche pour aller voir les Magpies à St James Park cette année, situation impensable il y a tout juste deux saisons.

Pour l'exercice 2010-2011, Newcastle United avance donc modestement, les supporters sont plus réalistes, et le dépensier Ashley commence même à devenir un peu pingre. Les joueurs, de leur côté, vont essayer de rester sur leur bonne dynamique. Et Joey Barton, toujours une bonne idée dans sa poche, a même instauré une règle étrange pour ses collègues : moustache pour tout le monde jusqu'à la première victoire en Premier League. Et si une légende était en marche ?

Ronan Boscher

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