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  2. // Incidents du Trocadéro

Le PSG victime de son succès...ou victime de la mode

Les incidents du Trocadéro seraient pour le PSG version QSI une faillite incompréhensible dans une communication maîtrisée. Mais réduire ces tristes événements à l'incompétence des forces de l'ordre ou le « problème des banlieues » , c'est oublier peut-être l'essentiel. Hier le club parisien a recueilli certains fruits amers de son indéniable succès. Il voulait changer de dimension, c'est fait. Bienvenue dans le paradis et l'enfer du PSG Global.

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On en avait pourtant bouffé de la rétrospective sur le dernier titre voici 19 ans, des témoignages d'anciens joueurs, des souvenirs de « fans » des pemiers jours. Qui a pris la peine de souligner que le fossé entre le PSG d'alors et celui d'aujourd'hui ne se limitait pas au seul étiage économique ou même sportif. Paname ne vibrait pas particulièrement ce soir de 1994. La fête commença par l'envahissement du Parc après la victoire sur le TFC (et quelques bagarres sur la pelouse), une sorte de rituelle « entre soi » , pour se terminer sur les Champs-Élysées, avec les maigres troupes qui portaient alors fièrement les couleurs du club. Le KOB régnait sur les tribunes, Auteuil émergeait à peine et les supporters de banlieue (déjà très présents, contrairement aux idées reçues) se savaient minoritaires dans leur environnement social et local, et presque fière de l'être. Le PSG c'était un choix de convaincus (parfois en deux mots). Une affaire de famille, qui ne concernait que les premiers concernés.


Le PSG reflète la société française, ses frustrations, ses échec


Seulement les Qataris rêvent en grand. Et ils y mettent le prix. Le PSG ne doit pas être simplement un club de Paris, il doit devenir le club « Capitale » . La logique des achats de joueurs emblématiques ne vise pas qu'à gagner sur le terrain, il faut aussi conquérir les cœurs et les esprits. QSI veut une enseigne strictement parisienne pour l'image (le Trocadéro, le glamour à la sauce Beckham , les chocs contre les autres grandes villes de foot telle Barcelone...) appuyée sur un public banlieusard pour remplir – un peu – le (nouveau) stade et beaucoup gonfler les chiffres de vente en produits dérivés et les abonnements à BeIN. Le PSG devait devenir la tête de gondole élitiste vers laquelle les « pauvres » du 9-3 ou du 9-4 se tourneraient avec admiration et fascination, un bel objet de culte consumériste comme une Merco ou l'écran plasma. En retour le PSG reflète la société français, ses frustrations, ses échecs, ses blocages, et plus seulement ou pas du tout les derniers soubresauts du mouvement ultra. Ces derniers ont même été dépossédés de leur monopole de la violence...


Payer le prix du succès


Le nouveau PSG a réussi sa mutation. Nous sommes passés de l'indifférence courtoise accordant aux fans du PSG une petite place à la grande foire du trône du foot populaire. Équipe « spectacle » par excellence, le PSG représente désormais un des moteurs du rêve parisien, du « il se passe quelque chose ici » , à la bonne page du guide Lonely Planet. La remise du titre devint donc un rassemblement digne de la fête de la musique ou d'une manif étudiante. Le PSG nourrit l'agenda de la vie parisienne, et logiquement la banlieue, fraichement convertie, s'y donne rendez-vous. Aucune surprise de voir la remise du titre, largement annoncé et mis en scène par les médias ou dans les réseaux sociaux, interpeller davantage la jeunesse populaire et des quartiers (ainsi que sa fraction « casseur » ) que les mobilisations contre le mariage homo. La tactique d'Anschluss de la banlieue du PSG a pleinement rempli son rôle et son office. Si les images ont pu légitiment choquer, il ne reste plus qu'à apprendre à gérer ce nouveau paramètre sécuritaire. Mais paradoxalement, la soirée d'hier est presque encourageante pour les Qataris. Désormais quand le PSG vit quelque chose, c'est tout la région parisienne qui frémit, à tous les sens du terme. Le PSG a bel et bien changé de nature, de dimension et d'ambition. Hier soir, il fallait payer le prix du succès...

Par Nicolas Kssis-Martov
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