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Le PSG, une chance pour la France ?

Que les supporters du Paris Saint-Germain qui ne se seraient pas remis du titre montpelliérain se rassurent : l’exploit des Héraultais restera un fait exceptionnel et ne suffira pas à priver le club de la capitale d’une prochaine hégémonie en Ligue 1. Promis : les trois prochains titres sont pour vous. On a tout lu et tout entendu à propos des investissements pharaoniques du PSG et de son nouveau propriétaire ; il est désormais l’heure de dresser un premier bilan des bienfaits de ce nouveau statut au sein du championnat de Ligue 1.

« Une aubaine pour le championnat de France. » C’était le discours à la mode, il y a un an, quand Nasser Al-Khelaïfi et le Qatar Investment Authority s’offrent 70% du Paris Saint-Germain et permettent au club de la Ville-Lumière de devenir l’un des plus riches du monde (les 30% restants sont finalement rachetés à Colony Capital en mars 2012). De Daniel Bravo à Bixente Lizarazu, la grande majorité des consultants, des entraîneurs, des anciens joueurs et des observateurs semble accueillir à bras ouverts ces investisseurs étrangers aux ressources inépuisables, en considérant comme une évidence que les richesses qatariennes permettront à plusieurs clubs, sur le long terme, de se renforcer, de pouvoir concurrencer les cadors européens et, donc, d’améliorer le niveau global de notre championnat. La logique paraît implacable et l’idéal est le suivant : sur le modèle espagnol ou anglais, quelques « locomotives » tracteraient le reste du peloton en le tirant vers le haut, enchaîneraient les qualifications en Ligue des champions jusqu’à se faire une place au soleil, avec les plus grands.

Les mêmes observateurs enthousiastes ne se privent pas aujourd’hui d’affirmer à tous leurs détracteurs, qui discutaient la morale de cette évolution du PSG et le cynisme d’un monde du football qui n’existe plus qu’à travers l’argent qu’il génère et véhicule, que les millions du PSG n’ont pas privé le modeste Montpellier Hérault SC, 14e budget de L1, de s’adjuger le titre de champion grâce à un jeu exemplaire et au terme d’une saison palpitante. Les Français se sont passionnés pour cette lutte qui aura duré jusqu’à l’ultime journée du championnat, et se sont logiquement enthousiasmés que David ait terrassé Goliath. Et tout le monde est content : les Parisiens sont ravis de figurer de nouveau sur la short list de la C1, en attendant mieux, et le reste de la France se gargarise du beau football pratiqué et récompensé par le MHSC. Sauf que le titre inattendu des Loulou Boyz est sans doute l’une des dernières réminiscences d’une passion bien française appelée à disparaître. Car la Ligue 1 est déjà en train de se métamorphoser.

Ceux qui ont un flingue, et ceux qui creusent

Au soir de la 37e journée, huit clubs sont encore en course pour assurer leur maintien. Autrement dit, près d’une moitié de la Ligue 1 est encore sous le coup de la menace de passer à la trappe. Rien de vraiment surprenant à cela : la situation était la même l’an passé (5 points séparaient alors Auxerre, 9e, de Monaco, 18e) et sera probablement la même l’an prochain. Un signe que le glissement du championnat de France vers un modèle «  à l’espagnole ou à l’anglaise  » est déjà en train de s’opérer. Rarement aura-t-on vu un niveau technique si faible que celui de la seconde partie de tableau, cette saison, et un tel écart avec le haut du panier. Comme si la Ligue 1 ne comprenait qu’une dizaine de clubs, et que les autres disputaient un tout autre championnat. C’est une vérité qui peut être dure à entendre, pour les apologistes d’une compétition dominée de la tête et des épaules par un cercle très fermé, mais qui omettent souvent de répondre à la question suivante : que vont devenir les équipes désignées pour se partager les places entre la 8e et la 20e ?

Demandez aux supporteurs de Getafe, du Rayo Vallecano ou de Saragosse ce qu’ils en pensent, au moment d’affronter le Barça ou le Real et de se prendre cinq ou six caramels… Demandez-leur ce qu’ils pensent de leur championnat, qui couronne, depuis huit ans, et sans doute pour longtemps encore, Catalans ou Madrilènes. En France, on n’en est pas encore là, même si l’écart se creuse d’année en année entre le peloton de tête et les retardataires (10 points séparent Lille, 3e, de Lyon, 4e), et que la Ligue 1 se révèle de moins en moins homogène. Si l’idéal de ceux qui voyaient d’un bon œil l’arrivée des Qatariens réside en quelques équipes qui trustent les premières places, les autres sont visiblement condamnées à des rôles de faire-valoir. Sans compter que l’argument des locomotives qui « tirent les autres vers le haut  » paraît désormais irrecevable, tant l’écart sur le plan technique paraît se creuser entre le haut et le bas du tableau de Ligue 1. Didier Deschamps, qui déplorait encore l’année dernière que la Ligue 1 soit le seul championnat «  où le dernier peut battre le premier » , peut garder le sourire : ce ne sera bientôt plus le cas. La Ligue 1 de demain est-elle donc le rêve cynique de quelques présidents richissimes qui ne tolèrent que quelques clubs dans leur cercle VIP, entre des formations de seconde zone qui n’existent plus que pour se prendre des branlées et se battre gentiment pour leur maintien ?


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Il faut être bien naïf pour imaginer encore que les cyniques gouvernent le monde. L’hégémonie de quelques clubs au détriment du plus grand nombre profite à tous : aux annonceurs (plus de visibilité), aux diffuseurs (plus d’audience pour les grandes affiches) et aux observateurs (plus de lisibilité). Il suffit de regarder ce qu’est devenue la Ligue des champions, taillée pour que les cadors se mettent sur la gueule dans la dernière ligne droite, quand on sait ce qu’elle était il y a une vingtaine d’années, pour comprendre ce qu’il adviendra de la Ligue 1. Comment la richesse infinie du Paris Saint-Germain pourrait-elle bénéficier à tout un championnat, puisqu’on ne parle plus que de lui ? Quand chaque rumeur de transfert concernant Pato ou Kaká est abondamment commentée, il convient de ne pas se lever de son canapé un seul instant pour espérer voir une seule action de Toulouse-Ajaccio. Quand la caméra se passionne pour les joueurs parisiens réunis autour d’une télévision, sur lesquels ils peuvent se contempler attendre le résultat d’un match interrompu depuis quinze minutes, aucune image des Dijonnais et des Caennais qui viennent de composter leur billet pour la L2. Quand un championnat n’existe plus qu’à travers la représentation fantasmée de ses meilleurs éléments, les supporters des autres clubs comprennent qu’ils ont, sans doute, un peu moins de raisons d’être.

Par Julien Mahieu
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