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Le premier jour de la chute de Diego Maradona

Le 29 mars 1991, la carrière de Diego Maradona subit un coup d’arrêt brutal. Un contrôle positif à la cocaïne dont le génie argentin ne se remettra jamais vraiment.

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La période était tumultueuse pour Diego Maradona. Encore plus que d’habitude. Début 1991, une ex-conquête assurait qu’il était le père de son enfant. Élevé par Cristina Sinagra, Diego Armando Junior avait déjà cinq ans, mais il n’était pas encore reconnu comme le fils de Dieu. L’affaire empoisonnait l’existence de l’idole napolitaine, comme cette accusation de trafic de drogue. Le 26 février, il était mis hors de cause. Une odeur de poudre suivait à la trace El Pibe de Oro. La conséquence inéluctable de son addiction. Son goût pour les sachets blancs ne remontant pas non plus à la veille, Diego Maradona ne payait-il pas là aussi son crime de lèse-majesté ? Avoir contribué à l’élimination de l’Italie de sa Coupe du monde. C’est la version théorie du complot qu’il aime soutenir. Une autre, plus vraisemblable, pointe vers son désir de quitter Naples. Une volonté contraire aux intérêts de la Camorra.

Depuis la finale du Mondial, Maradona avait considérablement baissé de régime. Le niveau de Naples, qu’il avait porté vers deux Scudetto, s’en ressentait. La saison est médiocre, passée dans le ventre mou du classement. Naples s’en sort face aux plus faibles, souffre face aux plus grands. Le 17 mars 1991, les Parténopéens l’emportent face à Bari (1-0). Un but de Zola. Rien à signaler. Du tout commun. Le week-end suivant, la Sampdoria de Mancini et Vialli, qui dominait alors la Serie A, atomise les Campaniens (4-1). Diego Maradona marque le but des siens. Un pénalty. Son dernier sous le maillot napolitain. La ville, qui a canonisé de son vivant l’Argentin faiseur de miracles, l’ignore encore, mais plus jamais Diego ne défendra le maillot qu’il avait porté si haut. La chute sera vertigineuse. Le 29 mars, la nouvelle de son contrôle positif à la cocaïne fait la une des journaux. Maradona avait pissé dans le bocal au terme du match face à Bari. Avant même que la sanction ne tombe, l’Argentin prend un billet pour Buenos Aires. Il sera suspendu 15 mois. Décision de la Fédération italienne ratifiée par la FIFA.

« Je ne ne me suis jamais drogué pour gagner un match »


Face aux accusations, Maradona et ses hommes de confiance tiennent le même discours. Les traces de cocaïne retrouvées dans ses urines sont trop insignifiantes pour que sa consommation illicite ait influé sur son rendement sur le terrain. « Je ne ne me suis jamais drogué pour gagner un match, ni joué sous les effets de stimulants, assure El Pibe de Oro, le reste appartient à ma vie privée. » Sa vie privée va justement accélérer la chute de l’idole. Fin avril, une opération policière est menée au sein de l’un de ses appartements de Buenos Aires. Diego Maradona est arrêté en possession de drogue. Une horde de journalistes l’attend à la sortie de son logement. Les flashs escortent l’arrestation de la star mondiale. Le champion du monde 86 est menotté et conduit au poste. Sans égard.

Pour expliquer la soudaine descente aux enfers d’El Diez, son addiction à la cocaïne fait figure de porte d’entrée la plus évidente. La plus commode ? Des théories plus ou moins étayées impliquent aussi la Camorra ou… Luciano Moggi. En ce début 1991, Maradona se trouvait en conflit ouvert avec le futur dirigeant de la Juventus, alors directeur général de Naples. « J’en ai marre de Maradona et de ses caprices » , avait déclaré le monsieur propre du football italien. Le soir de Naples-Bari, Moggi lance un ultimatum : « C’est Maradona ou moi. » Il démissionnera dans la foulée, au moment où Diego s’apprête à être pris le nez dans la farine. Banni de la planète foot, dont il était le Dieu, Maradona tentera de relancer sa carrière au FC Séville, au terme de sa suspension. Lors de la Coupe du monde 1994, un nouveau contrôle positif l’enverra toucher encore de plus près le fond de cale. Maradona finira par tutoyer la mort. Une chute vertigineuse amorcée un 29 mars 1991.

Youtube


Marcelo Assaf, avec Thomas Goubin
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Impossible que Luciano Moggi ait trempé dedans, le mec a trop de classe et est clairement au dessus de tout ça.
Diego, la cocaïne, la mafia, pourquoi pas, mais cette chemise quoi?!
S'il ne devait en rester qu'un..
C'est dingue comment Moggi trempe dans toutes les sales affaires du foot italien.
Le port de cette chemise apparait-elle dans les charges retenues contre lui?
LaPaillade91 Niveau : Loisir
Une autre époque.

La drogue pas encore banalisée, la cigarette pas encore diabolisée, le dopage pas encore industrialisé, le vin français pas encore défendu comme "un bienfait pour la santé et l'économie du pays", et les idoles existaient encore.

Une époque où l'on ne risquait pas encore de s'étrangler en entendant un Cassandre dire "tu fumes donc tu vas mourir d'un cancer du poumon et ce sera bien fait pour toi", à la manière d'un rédacteur de Sofoot qui a sans doute perdu toute sa famille dans un cendrier et en garde un goût amer (cf le paragraphe sur Ernst Happel dans le top 100, où il est écrit "c'est bien fait pour lui").

Sofoot sera t il aussi moralisateur le jour du décès de Maradona ?

Rien n'est moins sûr.
@ryad scred

Que veux tu, le mec est toujours au mauvais endroit, au mauvais moment.

Il a autant de chance qu'Abou Diaby avec son corps. Les coïncidences...
Je ne connaissais pas cet étape de la vie de Maradonna. Just entendu quelques echos. Article intéressant et agréable à lire. Merci !!
Ils ont plus emmerde ce type pour rien du tout, au fond, que pistorius qui tue lachement une femme sans defense dans une salle de bain.
La face sombre de Diego, bordel* s'il était resté loin de ces saloperies, son palmarès serait encore plus glorieux, quel dommage, même lui l'admet...
@Med : Son palmarès serait plus glorieux mais sa légende, elle, serait moins folle
c'était vraiment le miel et les abeilles.
ces images d'une multitude de journaleux suants derrière l'idole complètement paumée c'est resté gravé dans mon esprit.
Message posté par LaPaillade91
Une autre époque.

La drogue pas encore banalisée, la cigarette pas encore diabolisée, le dopage pas encore industrialisé, le vin français pas encore défendu comme "un bienfait pour la santé et l'économie du pays", et les idoles existaient encore.

Une époque où l'on ne risquait pas encore de s'étrangler en entendant un Cassandre dire "tu fumes donc tu vas mourir d'un cancer du poumon et ce sera bien fait pour toi", à la manière d'un rédacteur de Sofoot qui a sans doute perdu toute sa famille dans un cendrier et en garde un goût amer (cf le paragraphe sur Ernst Happel dans le top 100, où il est écrit "c'est bien fait pour lui").

Sofoot sera t il aussi moralisateur le jour du décès de Maradona ?

Rien n'est moins sûr.


Toi par contre tu fumes et appparemment ça te travaille.
Orso94210 Niveau : CFA
Denoueix était excellent quand il commentait.

Aujourd'hui, Pedros et Carrière comptent parmi les meilleurs consultants à mes yeux.

Ca peut faire cliché ("beau jeu à la nantaise, etc..), mais c'est peut-être pas un hasard.
Orso94210 Niveau : CFA
Merde!

Hors-sujet, je me suis gourré d'article !!!
En tant que joueur, l'un des plus grands; je dis cela pour ne pas susciter un énième duel entre ses partisans et ceux de pelé ou aujourd'hui, de messi; en tant qu'"homme", il existe des anecdotes de sa vie privée qui, si elles eussent appartenu à un autre que "le pibe de oro" l'auraient sans aucun doute, fait descendre illico du piédestal où l'ont installé "ad vitam aeternam" les supporters du napoli et de l'argentine!
Putain#, qu'est-ce qu'il est beau !
Dr Peter Venkman Niveau : CFA2
Les différents excès ont participé à sa légende. Triste

Je valide avec Elvis ( Oh yeh )
Message posté par massoud
Diego, la cocaïne, la mafia, pourquoi pas, mais cette chemise quoi?!


tu le dis toi même, la cocaine... haha
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