Le petit business du Trentin Haut-Adige

Cette région montagneuse du Nord de l'Italie est une des seules à n'avoir jamais connu d'équipe en Serie A. Pour compenser, elle en accueille des dizaines chaque année en stage de pré-saison. L'occasion rêvée d'ameuter de nombreux touristes.

Modififié
304 6
Haut-Adige terre de skieurs avec Gustav Thöni, Isolde Kostner, Denise Karbon ou encore Chritsof Innerhofer, mais aussi de lugeurs avec l'immense Armin Zöggeler. Trentin, terre de cyclistes avec Franceco Moser ou Maurizio Fondriest, mais aussi de volleyeurs avec son équipe de Trento triple vainqueur de la Champions League. Trentino-Alto Adige terre de tennis même avec Andreas Seppi et Karin Knapp. Hier encore, Eva Lechner a décroché la médaille d'argent aux championnats d'Europe de VTT. Le football ? Inconnu au bataillon ou presque.

Donnant-donnant


Du 1er juillet au 2 août, pas moins de dix équipes de Serie A sont venues séjourner dans cette région. Au nord, le Sud-Tyrol germanophone. Au sud, les Ladins et italophones du Trentin. Sur tout le territoire, la fraîcheur et l'altitude des Dolomites que viennent rechercher les préparateurs physiques des équipes des trois divisions professionnelles. Le conseil régional y a dédié un bureau spécial, la section sport de Trentino Marketing où travaille Roberto Cozzio depuis quelques années : « Le Trentin a toujours été une terre de stages, dès les années 80, on accueillait la Juve, le Milan, la Roma, le Napoli. Mais si à l'époque, l'accord pouvait se conclure avec une simple poignée de main, désormais, il faut un vrai partenariat. » Et des structures qu'il a fallu développer avec le temps : « Les Top Team ont besoin de deux terrains aux normes, un hôtel en exclusivité, etc. » Ça, c'est pour la partie organisation, car le Trentin Haut-Adige ne le fait pas sans intérêt : « En contrepartie, on définit des actions pour promouvoir le tourisme, par exemple, les leds au bord du terrain durant les matchs de championnat. »

S'il s'agissait d'une destination déjà prisée par les amoureux de la montagne, cela a permis de rebooster le tourisme : « De la sorte, nous pouvons avancer le début de la haute saison puisque les stages sont programmés au mois de juillet. » Et ce sont des populations entières qui sont visées : « La Roma était à Pinzolo cette année, elle était suivie par 5000 supporters. C'est tout le flux touristique venant de la capitale qui est renforcé. » Val di Fassa, Val di Sole, Val Pusteria, des vallées dotées d'un office du tourisme très efficient : « Nous entrons en contact avec les clubs et nous trouvons un accord financier, mais on ne choisit pas n'importe qui. Par exemple, le Bayern est venu pendant quatre ans, et là aussi, cela a permis de consolider la tradition de touristes allemands déjà présents en nombre. » Quid de la concurrence entre les différentes stations ? « Vous savez, on n'a pas non plus énormément d'infrastructures, alors tout le monde y trouve son compte. » La région et la commune payent... et les supporters remboursent.

Une région footballistiquement sinistrée


Chef de la section Trento de la Fédération italienne de football, Ettore Pellizzarri s'en félicite : « Nous n'avons pas notre mot à dire, c'est la façon qu'ils ont choisi de promouvoir la région, certains investissent dans des spots publicitaires, le Trentin Haut-Adige a misé sur les stages. Du coup, nos clubs ont des structures de meilleure qualité par rapport à la moyenne du pays, et ça c'est tout bénef pour nous. » Difficile néanmoins de quantifier le réel impact sur les jeunes de la région, même si notre interlocuteur a sa petite idée : « Le nombre de licenciés est en constante augmentation depuis que cette politique a été mise en place il y a dix/quinze ans. Il y a un réel effet de locomotive. » Les sections Bolzano et Trento mettent aussi à disposition leurs sélections locales pour les premiers matchs amicaux qui se finissent généralement bien au-delà de la dizaine de buts encaissés.

Pellizzari en profite d'ailleurs pour faire le point : « Les footballeurs représentent 30% des sportifs de la région, cela reste le sport numéro un, mais nous sommes le prototype de la section amateur. Ici, il n'y a qu'une équipe professionnelle, c'est le Sudtirol, qui a l'ambition de monter en Serie B pour la première fois de son histoire. Sinon, il faut descendre en Serie D pour nous trouver. » En effet, Levico Terme est le promu qui arrive d'Eccellenza (la D5), tandis que l'équipe du chef-lieu évolue même un cran plus bas. « Trente est une ville de 120 000 habitants qui pourrait viser au moins la Serie B, mais voilà, généralement, nos équipes plafonnent dans la division amateur la plus élevée. Il y a toutefois un avantage, dans notre région, il n'y a pas le carnage des faillites que l'on trouve dans le reste du pays. » Enfin, lors de leur stage de prépa, les clubs pros organisent également des camps d'entraînement comme le raconte Roberto : « L'Inter et la Roma le font pour les 5-12 ans, c'est surtout pour leurs petits supporters. Nous, on en fait la promo pour que nos jeunes régionaux y participent. » Afin de peut-être trouver le successeur de Gustavo Career, unique ressortissant du Trentin Haut-Adige à avoir porté le maillot de la Squadra Azzurra, c'était en 1911...



Par Valentin Pauluzzi
Vous avez relevé une coquille ou une inexactitude dans ce papier ? Proposez une correction à nos secrétaires de rédaction.
Modifié

y a pas d'équipe qui jouent la montée en 2Bundesliga? Le derby contre Strasbourg pourrait être chaud d'ici 2-3ans...
Le dr Ferrari est dans la région, non?
Rudi Roussfion Niveau : District
Message posté par Inti
Le dr Ferrari est dans la région, non?


Il n'y a pas de dopage dans le football. Tout juste un peu d'EPO, mais l'EPO n'est pas plus dangereuse que de boire 10 litres de jus d'orange...
Article sympa mais pourquoi y'a écrit "SERIE A - JUVENTUS" juste au-dessus?
Message posté par Ubriacone
Article sympa mais pourquoi y'a écrit "SERIE A - JUVENTUS" juste au-dessus?


Ecriture intuitive, manque de correction, trolling, choisis
Partenaires
Logo FOOT.fr Olive & Tom
304 6