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Le petit bidou du Stade rennais

En déplacement à Saint-Étienne dimanche, le Stade rennais a démarré la saison comme il fallait s’y attendre, dans le ventre mou bien rembourré de la Ligue 1.

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Un voyage en Bretagne comme des vacances en Soyouz : lunaire. La scène remonte un peu, mais verse déjà une goutte supplémentaire au cœur de la rivière où baigne le Stade rennais depuis un peu moins de vingt ans. La fin du mois de juillet, le bureau du président Ruello où la deuxième recrue la plus chère de l’histoire du club breton, Ismaïla Sarr, vient tout juste de gratter un CDD jusqu’en juin 2021 : posé derrière une table, le gamin sénégalais répond aux questions de Ouest-France et n’a pas forcément l’air de savoir où il met les pieds. « Ça me fait plaisir de signer ici, à Rennes. Énormément. Je me sens déjà rouge et noir » , lâche-t-il. Question simple en retour : Sarr connaissait-il au moins le Stade rennais avant de signer ? « Non. » Peu importe.


Si l’ancien Messin est arrivé en Bretagne, c’est pour franchir une nouvelle étape et ne pas s’emballer. Rien de plus. Ici aussi, pas de promesses et, quand on a dix-neuf ans, c’est avant tout une qualité. Pourtant, sans le savoir à l’époque, René Ruello lui avait filé quelques semaines plus tôt, au moment de la reprise de l’entraînement rennais, quelques biscuits sur le projet dans lequel il a débarqué cet été : « Notre objectif cette saison ? Figurer le mieux possible, qu’est-ce que vous voulez que je vous dise ? On ne va pas faire rêver les gens inutilement. Vous pensez que donner un objectif, ça sert à quelque chose ? Il faut être prudent. Christian Gourcuff n’a fait qu’une saison à Rennes, avec des joueurs qu’il n’avait pas choisis. Il faut lui laisser un peu de temps. L’impatience en football fait faire des bêtises. J’espère qu’on va progresser un peu. »

Refrain permanent, vie cyclique. Après six journées de championnat, Rennes pointe à la quinzième place de Ligue 1 avant son déplacement à Saint-Étienne, sans vrai buteur et avec une petite victoire – à Marseille (3-1) face à un OM qui avait la tête dans la cuvette. Ce qui relativise le très beau succès rennais malgré une progression notable dans le jeu cette saison, comme la défaite face à Nice (0-1) dimanche dernier l’a confirmé. S’inquiéter ? Non, pourquoi ? « En quoi c’est décevant ? » , répondait Gourcuff en fin de saison dernière à propos de la neuvième place des siens. Et il n’avait pas tort, déjà.

Canada Dry et perpétuité


Pour une raison aussi simple qu’indigeste : il ne faut rien attendre du Stade rennais. Interrogé en 2007 par Libération, Romain Danzé, totem de la tranquillité à la rennaise, ne disait pas autre chose au sujet de son club formateur : « Le Stade rennais, c’est un peu une promesse permanente. On se dit que ça va arriver. » On l’a toujours attendu, si bien qu’on a décidé de ne plus vraiment la regarder. Un écho parfait au Canada Dry décrit il y a quelques années par Frédéric Antonetti, qui estimait que Rennes a « la couleur d’un grand club, mais ça ne l’est pas » . Là est toute la nuance : jamais le club breton n’a bombé le torse pour jouer le podium.

Alors, il s’est contenté de griller les coachs comme on enchaîne les clopes à une soirée trop arrosée, a continué de vivre timidement sous l’ombre tutélaire du clan Pinault – un père d’abord qui ne s’intéressait au foot que de loin, puis un fils avant tout intéressé par l’équilibre financier –, tout en s’offrant épisodiquement quelques rêves, s’arrêtant sans cesse à la porte des émotions. Supporter Rennes, c’est être un taulard condamné à perpétuité dont la peine est avant tout de voir la vie se jouer sous sa fenêtre, le tout dans une région où les clubs pros s’empilent.


Résultat : malgré les investissements massifs de l’été – Sarr, Maouassa, Koubek, Traoré –, compensés par les retombées du transfert d’Ousmane Dembélé au Barça, il ne fallait rien attendre de plus. Peut-être avant tout car les décideurs bretons en font autant : soit une place finale entre la neuvième et la quatrième du championnat, avec le huitième budget du championnat. Il faut savoir où les situer, arrêter d’en vouloir plus là où l’objectif principal est de soulever le titre de champion de Bretagne. En place depuis l’été 2016, Christian Gourcuff avait bien raison de s’énerver face à la presse avant le déplacement à Marseille. Pourquoi hurler alors que tout le monde sait qu’il ne se fera jamais virer sauf catastrophe industrielle majeure ? Tant que le bateau tient, la vie continue.



Par Maxime Brigand
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