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Le Paraguay fête l'ascension

Au terme d'un match interminable, le Paraguay est sorti vainqueur du huitième de finale de Coupe du Monde le moins sexy depuis Irlande/Roumanie de 1990, lors de la loterie des tirs au but.

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David Villa vs Cristiano Ronaldo. Le toque contre la meilleure défense du Mondial. Le derby ibérique émoustille déjà toute la planète football. Mais avant le grand choc prévu pour 20h30, il faut se farcir Japon-Paraguay. Ni plus ni moins qu'un match de poule transformé en huitième de finale. Le deuxième de l'histoire pour les Japs, après leur échec en 2002 face à la Turquie. Au coup d'envoi, des 22 acteurs, on ne connaît guère que Santa Cruz et Keisuke Honda. Ah si, il y a aussi Matsui, le mec de Grenoble. Pas de surprise, le match est indigne. Et pour couronner le tout, il dure 120 minutes, durant lesquelles on verra un Paraguayen faire une fausse touche, en forme de passe de volley-ball. On était quand même censé voir deux des seize meilleures équipes du monde, non ? Preuve que la Coupe du Monde, parfois, c'est vraiment surfait. Le bon côté de la chose, c'est qu'on savait à l'avance que ce ne serait pas un grand match. C'est comme les brocolis, toujours plus facile à avaler quand on a une idée du goût que ça a.

Vainqueur du groupe F, le Paraguay joue avec ses armes : des crampons de 16. Très vite il apparaît que la stratégie des Guarani est de mettre des boîtes à Honda, la star d'en face. Ce dernier n'a d'ailleurs que trop conscience de son statut de danger numéro un : il préfère tenter des frappes impossibles, qu'il dévisse, plutôt que de servir ses coéquipiers mieux placés.

Des 90 premières minutes, on n'en retiendra donc qu'une seule, la 20ème, lorsque chaque équipe eut tour à tour une grosse chance de prendre -définitivement- l'avantage. Le Paraguay, tout d'abord, qui en loupant un face à face par Barios a donné l'occase aux Japonais de lancer une contre-attaque éclair débouchant sur une ogive de Matsui sur la barre de Villar, lobé et trompé par la trajectoire -évidemment flottante- de la sphère. Voilà qui a le mérite de nous maintenir éveillés. Un mot, un geste et le Jabulani fait le reste. Le match est donc lancé. Puis plus rien. Ah si, une frappe écrasée de Santa Cruz, du gauche, après un corner mal dégagé. Et une tête d'un de ses collègues bien captée par le portier nippon en deuxième période.


Comme on le sentait venir, le tableau d'affichage indique toujours 0-0 à la fin du temps réglementaire, place aux heures sup. Les plus belles purges sont toujours les plus longues. On s'en serait bien passé, mais les 90 premières minutes ont eu au moins le mérite d'alourdir les jambes. En prolongation, les occasions s'enchaînent enfin, mais pas les buts. Le sort de ce match se jouera donc aux tirs au but. Komano enfile le costume de héros malheureux en tapant la barre, pendant que les Guarani font filoche à tous les coups avec des frappes à deux à l'heure. 12 ans après sa défaite à Lens face à la France, la Paraguay a eu ce qu'il voulait : une séance de pénos pour clôturer son huitième. Le Paraguay n'a peut-être plus Chilavert, mais son fantôme fait encore trembler l'adversaire. Et fera encore trembler le vainqueur d'Espagne-Portugal.

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