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Le paradoxe des jumeaux

Ce soir l'AJ Auxerre et le PSG s'affrontent en quart de finale de la Coupe de France, sept ans après la finale remportée par les Bourguignons. Au-delà d'une bouée de sauvetage pour les Parisiens, ce match symbolise surtout la fin d'un jumelage troublant entre les trajectoires de deux frères séparés à la naissance.

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« A priori, tout les oppose » . Un bon vieux cliché pour vous mettre dans le bain. Les deux heures de bagnole qui séparent Paris d'Auxerre suffisent en effet à passer d'une mégalopole mondiale à un patelin de 40 000 abonnés au gaz. De François Villon et Edith Piaf à Guy Roux et Isabelle Alonzo. Il est là, le charme de la Coupe de France, lorsque les multinationales du football viennent patauger dans la boue des PME de campagne, n'est-ce pas ? Problème : le Paris Saint-Germain et l'Association de la Jeunesse Auxerroise ont, depuis une bonne quinzaine d'années, des parcours étrangement similaires pour des profils si différents.

Tout a commencé avec les derniers titres de champion des deux clubs. Premier et dernier pour l'AJA, en 1996, tandis que Paris avait fait péter le champagne deux années auparavant pour la seconde fois. A partir de ce moment-là, Franciliens et Bourguignons ont signé un jumelage virtuel. En championnat, les duettistes se sont enfermés dans un ventre mou de haut de tableau égayé par deux belles saisons, les mêmes : 2001/2002 (Auxerre 3e, Paris 4e) et 2003/2004 (Paris 2e, Auxerre 4e). Les deux clubs français les plus anciens dans l'élite (36 ans pour le PSG, 30 pour l'AJA, si l'on considère que l'AS Monaco n'est pas un club français, comment ça le subterfuge est grossier ?) se sont ensuite fait une frayeur en même temps, flirtant avec la relégation en 2008 avant de se sauver.

Sept ans sans Llacer

Pour remplir les étagères en attendant le redoux, les frères Misère se sont mués en “équipes de coupe”. Quatre années durant, ils se sont partagés les trophées de la FFF : de 2003 à 2006, deux Coupes de France chacun, pas de jaloux, le PSG se mettant quand même une petite Coupe de la Ligue de côté en 2008 pour manger entre les repas. D'ailleurs, pour l'anecdote, la finale de la Coupe de France 2003 avait réuni les deux clubs. Auxerre l'avait emporté à la dernière minute (sur un but de Boumsong), Francis Llacer jouait le dernier match de sa carrière et les supporters parisiens s'étaient foutu sur la gueule entre eux dans le Stade de France avant le match...

Sept ans plus tard, les choses n'ont pas beaucoup changé, les hools se font toujours remarquer, sauf qu'aujourd'hui les choses se finissent de manière plus tragique. Du coup, David Douillet veut exclure le PSG de la Coupe et le ministère de l'Intérieur fait jouer ce quart-de-finale à huis-clos, privant ainsi l'AJ Auxerre, un club assez pauvre en supporters violents, de la recette du match. Ce qui a changé, en revanche, c'est que les siamois semblent avoir subi une opération chirurgicale. Aujourd'hui, le Paris Saint-Germain regarde son adversaire comme on se reluque dans le miroir : le reflet lui ressemble, mais est en fait tout son contraire. En championnat, le PSG est un club qui, comme le dit Kombouaré, n'est jamais dominé mais réussit quand même à perdre. L'AJA, elle, développe un jeu que tout le monde s'accorde à définir comme dégueulasse, mais se trimballe allègrement sur le podium de la Ligue 1.

Les chemins se séparent

Pendant que Paris est prise dans une ambiance pourrie comme dans un sable mouvant, l'AJ Auxerre est peinarde à la campagne. Au PSG, les bastons de hooligans, les condamnations politiques, les joueurs qui baffent les journalistes lorsqu'ils ne leur balancent pas les secrets de vestiaire, et le mental en papier sur le terrain. À Auxerre la quasi-assurance de disputer l'Europe la saison prochaine et les rêves de Champion's, voire de titre, sans la pression médiatique inhérente à ce genre de réussite surprenante. Cela va venir rapidement, évidemment, mais pour l'instant les Bourguignons ont un bouclier nommé Montpellier : si un promu peut le faire, on ne va pas titrer sur Auxerre.

Aujourd'hui, les chemins vont se séparer. On se souvient d'une demi-finale, mais pas d'un quart, une seule équipe conservera donc le suffixe “de coupe”. Auxerre est encore en lice pour rééditer le doublé historique de 1996, Paris compte une fois de plus sur sa coupe biennale pour sauver une saison moisie. François Villon ou Isabelle Alonzo ?

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