Le onze de rêve de Martin Djetou

« { Vous pouvez me rappeler dans trente minutes ? Je suis en train de couper les ongles de la petite} » . Aujourd'hui installé en Alsace où il s'occupe de sa famille et tient un salon de beauté, Martin Djetou voit le football de loin et s'en porte plutôt bien. Il compose un onze de rêve en 4-3-3, inspiré exclusivement de ses expériences en club, avec Pete Sampras titulaire et crêpes au Nutella au menu.

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Sur le banc

Fabien Barthez: « Il n'a pas la taille des autres gardiens avec qui j'ai joué comme Van Der Sar, Taffarel ou même Sébastien Frey, mais il a une grande sérénité et il sait jouer au pied. Après c'est vrai que Taffarel a presque inventé le jeu au pied pour les gardiens en dégageant le ballon là où il voulait, mais Fabien reste mon numéro un. »

Júnior: « J'ai joué avec lui à Parme. C'est un gars un peu à la Roberto Carlos, mais avec moins de puissance. Je le trouve assez fin dans le jeu et surtout c'est un mec super sympa. A Parme, on habitait l'un en face de l'autre, du coup nos enfants et nos femmes étaient souvent ensemble. On leur apprenait à parler un peu français. D'ailleurs je chantais des comptines françaises à leur fille et elle adorait ça. »

Rafael Marquez : « Moi je l'appelais Pete Sampras parce que Rafà c'était le calme, la justesse et la technique. Pour un défenseur, il n'est pas très épais mais il a une vision du jeu hors-pair. Franchement, Marquez il a un toucher de balle qui est vraiment impressionnant, je n'ai jamais vu ça. Je lui disais qu'il était mon Pete Sampras à moi. En plus je trouvais qu'il y avait quelques petites similitudes physiques. Dans ma défense, c'est lui le capitaine. »

Fabio Cannavaro: «  C'est pas très grand, mais très, très grande puissance et surtout une très grande volonté. Ce qui est dommage, c'est sa relance parfois un peu précipitée, mais à côté de ça c'est un gagneur. Il ne lâchait jamais, toujours à fond. Quand je suis arrivé à Parme, il était un peu impressionné par moi, mais on a quand même joué quelques matches ensemble. Avec Marquez à côté, qui est tranquille et serein, lui c'est le pitbull. Ça fait un bel axe. »

Willy Sagnol: « C'était notre Temesta. On l'appelait comme ça avec Fabien (Barthez) parce qu'on trouvait qu'il ne paniquait jamais. Il ne réagissait pas comme nous. Lui, avant de dégager un ballon, il prenait le temps de faire un râteau, un petit crochet, un petit passement de jambes, grand pont, petit pont... A côté de ça, je n'ai jamais connu un centreur aussi précis, c'était son arme favorite. Il n'allait pas très vite, mais il avait une justesse dans le jeu...C'était énorme. Un super joueur, il savait ce qu'il voulait. Toujours calme, posé, par contre je trouvais qu'il fumait trop pour un sportif. Pour s'amuser on lui disait que c'était le fils de Sylvain Kastendeuch. Regardez des photos et vous comprendrez pourquoi. »

Franck Sauzée: « Quand je suis rentré dans le groupe avec Strasbourg, La Sauze m'a dit "t'en fais pas, avec ta puissance moi je sais que tu vas récupérer plein de ballons. Dès que tu récupères, tu t'appliques, tu me la donnes et je fais le reste". Il prenait de l'âge donc il s'économisait pour garder de l'énergie et faire le bon geste qui nous permettrait de marquer. C'était aussi un exemple au niveau du « parler » parce qu'aujourd'hui tu vois pas mal de jeunes joueurs qui ne savent pas aligner trois mots correctement dès que tu leur mets un micro sous la bouche. Même s'il avait fait un mauvais match, il arrivait à expliquer aux journalistes, à trouver les mots justes. Dans ma carrière je n'en ai vu que deux capables de faire ça : lui et Desailly. »

Costinha: « Lui, au milieu, c'est un tueur. Il est fort de la tête, il fait mal, il joue juste et c'est un travailleur. A côté de ça on l'appelait le président parce qu'il arrivait tous les jours à l'entraînement en costume-cravate, sans un seul pli. Toujours bien habillé. Il s'était acheté une Porsche jaune et, avec toute sa panoplie de costumes, c'était impressionnant. A Monaco, ça nous avait bien fait rigoler. »

Gallardo: « J'ai eu beaucoup de mal à choisir entre Mostovoï, Micoud et Gallardo, mais au niveau du jeu de passes, je trouve quand même que Gallardo est plus altruiste. Le problème avec lui, c'est qu'il était petit, talentueux et que les gens avaient l'impression qu'il se foutait du monde. Alors qu'aujourd'hui vous voyez Cristiano Ronaldo et Messi qui jouent aussi avec beaucoup de facilité et bien personne ne dit qu'ils chambrent. Gallardo ça n'était pas de sa faute, à l'époque il était comme ça et personne ne comprenait, les gens disaient qu'il était moqueur, mais c'est son jeu ! En plus, c'est toujours plus facile d'aller taper sur la gueule d'un petit que d'aller chercher un costaud comme Dado Prso ou moi. Du coup, il a eu pas mal de problèmes. Après, au sein de l'équipe ça allait, quand il fallait rigoler, il était là, et quand il fallait gagner aussi. Il n'aime pas perdre, que ce soit un petit jeu ou un match, c'était toujours le même. Il boudait, il insultait, mais c'est ça Gallardo... »

Sonny Anderson: « Je le met sur le côté droit par ce qu'on le connait pour sa rapidité, mais il m'impressionnait aussi par son jeu. D'ailleurs, ça s'est confirmé. Il a brillé partout où il est passé. Avant de partir au vert, on avait une tradition. Thierry Henry et moi, on allait chez Sonny et ensuite nous descendions tous les trois manger une ou deux crêpes au Nutella chacun. C'était notre petit truc à nous. »

David Trezeguet: « Trezegoal, c'est comme Batistuta : pied droit, pied gauche et jeu de tête. Je vais pas vite, je ne tire ni les coups-francs ni les penalties mais je suis toujours dans les meilleurs buteurs. C'était un pote, on était souvent ensemble parce qu'à l'époque ni lui ni moi n'avions le permis. Bon maintenant lui il l'a, mais moi toujours pas (rires). Aujourd'hui, on discute et on rigole dès qu'on se croise. Maintenant les clubs cherchent des joueurs qui vont super vite, alors que si on a des centreurs sur les côtés, avec David ça finit au fond. C'est trop facile de dire qu'il coute trop cher. La qualité ça a un prix. S'il allait à Lyon, il marquerait plein de buts. Tu as Lisandro qui cavale et à droite tu as Réveillère qui sait centrer, un peu dans le même profil que Sagnol, même si ce n'est pas exactement pareil. Si tu as un neuf et demi, tu peux jouer avec Trezeguet. C'est pas normal qu'il ne trouve pas de club. Moi, si j'étais président, je le prendrais. Je suis sûr qu'il finit dans les meilleurs buteurs. Sûr et certain. »

Thierry Henry: « Je le mets à gauche, comme à Arsenal, comme à Monaco. Sur son côté, il prend la balle, il la donne, il demande dans l'espace. Avec lui, ça va super vite, c'est technique et c'est puissant. »

Claude Puel: « J'hésite avec Jean Tigana, j'ai aussi beaucoup apprécié Passarella à Parme, surtout humainement, mais je crois que je choisirais Claude Puel. Claudus, il est comme moi, c'est quelqu'un qui a tout eu grâce à son travail. On travaillait beaucoup avec lui (à Monaco), trop au début, mais après il a changé son fusil d'épaule. Il a diminué la charge de travail en mettant plus de ballon dans les entraînements. Tout le monde n'est pas capable de se remettre en question comme ça. Ce qu'il c'est passé à Lyon, c'est qu'il y a eu trop de blessés dès son arrivée. En plus, quand tu débarques dans un club qui a été champion je ne sais combien de fois de suite et que tous les coachs avant toi ont gagné des titres, ce n'est pas évident. Moi je dis chapeau parce qu'en plus, certains supporters ont été très durs avec lui. Il a du caractère donc il pourrait gérer mon équipe. Puel, ça peut le faire. »

Jean-Louis Campora: « C'était un gars super discret, qui parlait toujours avec douceur. Quand ça n'allait pas, il venait nous voir à l'entraînement et si tu étais convoqué, ça ce passait toujours bien. Un mec adorable. Quand il y avait des grosses têtes comme Campora, Aulas et Martel en Ligue 1, on avait quand même de belles équipes... »

Monaco: Parce que c'était spécial. On n'avait pas beaucoup de supporters mais on savait ce qu'on voulait. Ca me fait beaucoup de peine qu'ils soient en Ligue 2. J'ai été les voir, j'avais l'impression de faire un mauvais rêve. S'ils veulent s'en sortir, ça ne passera que par le travail. J'espère aussi qu'ils feront preuve de bon jugement pour prendre les joueurs qu'il faut, parce que franchement je n'ai pas été convaincu par les matches que j'ai vus. Quand tu perds contre Reims à la maison, ça la fout mal...



Raphaël Cosimano
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J'ai adoré son itw, jusque quand il a parlé de Puel !!

Comment on peut encore défendre le bilan de Puel alors qu'il est juste indéfendable ?!?!
@OL888 :

euh, peut-être parce que son Monaco était superbe à voir jouer, ce qui a dû influencer Djetou, ou parce qu'il a fait du bon boulot avec Lille ?

N'empêche, Djetou a joué avec de sacrés joueurs : elle a de la gueule son équipe.
La comparaison de Sagnol avec Kastendeuch elle est terrible j'en rigole encore !!!
Une bien belle équipe qui me rappelle mon enfance et les parties de masterligue sur Iss Pro Evolution avec l'ASM! "C'était l'bon vieux temps dis donc!"
"Quand je suis arrivé à Parme, il était un peu impressionné par moi".

Mouais, même si physiquement il doit être costaud, le Cannavare il a dû en voir d'autre...
Attends, il était vraiment impressionnant le djet' lorsqu'il était au top de sa forme... un vrai monstre! Dommage qu'il a eut son moral miné par ses deux non-sélection successives accompagnés de multiples blessures. Je pense qu'il aurait dû mériter mieux.
Reims c'est quand très solide cette année !
" Quand je suis arrivé à Parme, il était un peu impressionné par moi, mais on a quand même joué quelques matches ensemble. Avec Marquez à côté, qui est tranquille et serein, lui c'est le pitbull. "

Le pitbull Cannavaro impressionné par SAS Djetou, comment dire: lol lol mdr ptdr expdr.
Un melon impressionnant, en effet. Pour pas grand chose.
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