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Le nul pour les nuls

Comment faire pour engranger un point ce soir en Bosnie ? Il faut relire « Le match nul pour les Nuls » des célèbres Editions First (23 Euros - 850 pages). Parce que un bon 0-0, c'est l'objectif visé pour compenser la défaite contre la Biélorussie. Y'a plusieurs chapitres intéressants dans le bouquin, ça peut aider... Les Bleus en sont là. Misère !

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Y'a des signes qui ne trompent pas. Des petits signes un peu lose, des petits indices un peu cheap. La France joue dans le Groupe D, comme le système du même nom. «  Système D » ... « D comme Débrouille-toi » . C'est le cas avec les Bleus-Blanc depuis que Laurent Blanc a repris une sélection qui fait ce qu'elle peut. Le match de ce soir est diffusé sur M6, avec Roland-Ferreri. Un peu ringard, mais entendre les longs silences de Liza sur TF1 qui étouffe des « Oh, mon Dieu ! Comme ils sont nuls ! » quand l'équipe de son pote Laurent fait du gris foncé, ça vaut peut-être mieux. Et puis il y a les chiffres... La France du foot c'est comme la France en Économie : la notation financière internationale crédite notre beau pays de la mention maximale AAA, alors qu'on est très lourdement endettés. Idem en foot, on est 21ème au classement FIFA, 13ème au classement UEFA. On doit sûrement être plus bas, dans la réalité... Avant, ces classements on s'en foutait tellement on était forts. « Avant » , on gagnait même des Coupes des Confédérations en sortant de table (2001 et 2003). Aujourd'hui on signerait juste pour en jouer la finale. Sinon, la Bosnie est 57ème au classement FIFA... Et dire qu'on la redoute, comme la terrible Albanie. En fait, c'est quoi, ce Bosnie-France ? Ben, c'est un match de barragistes : les Bleus ont alpagué la qualification manuellement contre l'Irlande, et la Bosnie s'est fait piéger par un Portugal maçonnique venu faire les finitions. Ouais, c'est ça la réalité : un duel de barragistes. Et Liza de soupirer à l'oreille de Duga : « Oh, mon Dieu, comme ils sont nuls ! » ...

Alou & Karim

Donc, jouer le match nul ? Défendre et contre-attaquer, d'après Laurent le Magnifique. Soit une pause dans l'esprit « conquérant » (Ah ! Le Barça rêvé de Lolo...). A priori, on met de côté le 4-4-2 en losange et le 4-2-3-1 de Bordeaux pour un 4-3-3 nouveau et surtout plus « musclé » au milieu. Alou Diarra est donc de retour, encadré par Mvila à sa droite et surtout Diaby à sa gauche, visiblement préféré à Ménez. Grosse responsabilité pour Diaby, vu qu'en plus de jouer la Ligne Maginot, on lui demandera aussi de jouer un peu des percussions vers l'avant, dans un rôle de faux-meneur qui a donc échappé à Ménez. Derrière, on ne change pas une équipe qui gagne à progresser : Sagna et Clichy en banlieues périphériques et Rami-Mexès en Centre-Ville. Du boulot en perspective, vu les engins en face (Dzeko & Ibisevic)... Enfin, c'est en attaque que la rentrée littéraire bat son plein : Malouda, Benzema et Valbuena. Sur le papier, ça a vraiment de la gueule. Alors, why not ? Malouda, on espère juste qu'il jouera moins bas. Bonne nouvelle : Ménez ne viendra pas lui pourrir son couloir. Mathieu P'tit Vélo devrait être titularisé pour la première fois de sa vie. Une belle carte à jouer, Valbubu : en face, en latéral gauche, c'est un « jeune garçon à berner » (Young Boys de Berne, hein !), Senad Lulic, 24 ans, et un peu empoté... Enfin, en pointe, Karim Benzema. Le Sauveur que la France entière attend. Karim est enfin débarrassé de la concurrence pesante qui l'a écarté plus souvent qu'à son tour de l'EdF: exit les Henry, Anelka (retraités internationaux) ou Gignac, Hoarau, Rémy (blessés). La voie est libre et la confiance du coach totale.

Place au jeu, place au terrain : à Karim de montrer ce qu'il a dans le ventre. Sinon, dans les grandes lignes, Laurent Blanc a insisté sur deux points : jouer plus rapidement, avec des transmissions plus directes, si possible en première intention, au lieu des deux à trois touches de balles individuelles qui ont laissé aux Biélorusses le temps de se redisposer défensivement. Deuxième vœu : oser ! Prendre des risques ! D'où le choix de Valbuena, l'un des rares à avoir secoué un peu l'apathie offensive des Bleus au Stade de France, vendredi soir. Et puis, règle de départ : bien défendre et tenir. On verra bien... Un mot sur l'ambiance, forcément « démentielle » au stade Asim Ferhatovic Hase de Sarajevo (35 630 places). On prédit l'enfer aux Bleus, soumis à la pression d'un public bosniaque « chaud bouillant » . Peut-être... On avait prédit pareil bain d'acide aux Bleus contre la Serbie au Marakana de Belgrade : la bonne presta de Henry et de ses potes avait vite fait d'éteindre « l'incendiaire arène » serbe (1-1)...

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La niac des Bosniaques...

OK, pas drôle... Mais c'est pourtant la vérité : Susic est sincère quand il répète craindre la France et que son équipe est « bonne, sans plus » . « On n'a jamais battu personne. Je veux dire, un adversaire dans la top liste du football mondial » . Pas faux... Alors, reste l'envie et la ferveur patriotique d'une nation et d'un pays douloureusement devenus “indépendants” il y a 15 ans. Quasi une équipe de mercenaires qui sentent bien que pour la première fois de leur courte histoire, la possibilité de disputer enfin un tournoi international peut se réaliser. Alors, enfoncer la France, maintenant, ils ne vont pas de gêner. En plus, Safet Susic suit toujours le foot français de très près et connaît les Bleus par cœur...

Rapidos, la Bosnie, c'est un 4-4-2 en losange avec du très bon devant. Offensivement parlant, grosse ADN Bundesliga. En attaque, paire redoutable qu'on ne présente plus. Un des meilleurs buteurs européens, Edin Dzeko, bien sûr. A 24 ans, il joue les terreurs à Wolfsburg (48 buts en deux saisons en Bundesliga) comme en sélection. Une grande gigue de 1m92 qui pourrait faire subir à Mexès le même cauchemar qu'avec l'Autrichien Marc Janko (1-3 à Vienne, en 2008). Complémentaire de Dzeko, Vedad Ibisevic, bien connu en France (il a joué au PSG en 2004-2005), qui se réalise pleinement à Hoffenheim, équipe surprise l'an passé. Derrière, en meneur proche de la paire offensive, Misimovic (28 ans, passé cet été de Wolfsburg à Galatasaray) : c'est le joueur clé de la Bosnie, capable d'évoluer dans l'axe comme se balader sur les côtés. Un bon technicien capable de jouer long, direct sur Dzeko. Attention à lui... Au milieu, toujours, en plus d'Ibricic, couloir gauche et plus défensif, Miralem Pjanic à droite. Le Lyonnais joue plus en retrait, laissant actuellement Misimovic faire le jeu. Sorte de relayeur au jeu précis et sobre, il est redoutable sur les coups de pied arrêtés directs et indirects et sur les centres. Autre point fort notable, Emir Spahic, le défenseur central intraitable de Montpellier qu'on ne présente plus. Capitaine Spahic : du caractère et de la chair humaine tous les matins à son p'tit dèje... Quelques points faibles : Lulic, donc, en latéral droit. Et en N°6, le vieux Rahimic (34 ans), remplaçant au CSKA Moscou.

Voilà, c'est ce soir à 21 heures. La première rencontre franco-bosniaque, c'était « Bosna ! » de BHL. Ça tombe bien : c'était un film « nul » (double zéro)...

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