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Le nouveau vieux Brésil de Dunga

Il y a longtemps, dans une galaxie éloignée, tout déplacement de la Seleção était un événement en soi. Les exploits des talents brésiliens grandissant au pays, jusque-là légendaires, devenaient réels lors des rendez-vous internationaux, qui permettaient de mettre une conduite de balle sur ces noms énigmatiques. Cette semaine, le Brésil de Dunga s'est rendu au Stade de France. Et si la liste de l'ex-milieu défensif comporte un tas de joueurs locaux, il n'y avait aucune promesse. Elias, Jefferson, Souza… Mais qui sont tous ces types ?

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En 1994 puis en 1998, le Brésil du capitaine Dunga s'était hissé jusqu'à la finale de Coupe du monde avec respectivement 12 et 8 joueurs venus de son propre championnat. Dunga lui-même a joué 7 années dans le championnat local (Internacional, Corinthians, Santos, Vasco de Gama). Alors, voir une liste composée de 5 joueurs du championnat brésilien n'est pas vraiment une surprise (6 si l'on compte Diego Tardelli, parti en Chine il y a deux mois). Mais alors que le monde attendait futur et promesses de la part de la Seleção, Dunga est allé piocher de l'expérience au pays : ces six joueurs présentent une moyenne d'âge de 29 ans. Avec la Copa América qui arrive en juin au Chili, Dunga pense au présent.

Le milieu, voilà le point d'interrogation de la composition de cette Seleção. Depuis des années, la Seleção souffre au milieu lorsqu'elle se retrouve obligée de construire. Si Luiz Gustavo est devenu indiscutable devant la défense, la question est : qui pour accompagner la hiérarchie et le sens de l'ordre du gaucher ? Certains aimeraient voir l'habileté d'Hernanes, dont la carrière est en dents de scie depuis son arrivée à l'Inter. D'autres demandent au moins le rythme de Fernandinho, les percées de Ramires ou encore le savoir-faire de Lucas Leiva. Mais non, c'est le mystérieux Elias qui s'est installé dans le double pivot, et l'inconnu Souza a enfilé le costume de remplaçant officiel. Si les deux intriguent autant, c'est parce qu'ils présentent tous les deux une particularité toute brésilienne : ce sont des milieux défensifs verticaux, une spécialité du championnat local. Dans une Ligue où l'axe est fait pour être percé balle aux pieds, tout milieu défensif capable d'aller marquer ou porter le surnombre peut se faire un nom. Un style un peu aléatoire, où les champions du monde se nomment Matuidi et Ramires. Mais en Europe, visiblement, cela ne marche pas pour tout le monde…

  • Elias (Corinthians, 29 ans)

    Attaquant de formation, Elias (29 ans, 1m73) a connu la gloire à Corinthians entre 2008 et 2010 sous les ordres de Mano Menezes, qui le sélectionne ensuite en 2011 pour la Copa América. Sérieux défensivement, sa verticalité en a fait un héros à Corinthians, mais n'a jamais suffi pour faire la différence face aux défenses européennes. À l'Atlético et au Sporting, il aura d'ailleurs été déplacé à plusieurs positions différentes, vu son physique d'ailier de débordement. Envoyé à l'Atlético Madrid pour 7 millions d'euros en 2011, il ne s'impose pas et atterrit à Lisbonne au Sporting, « un grand d'Europe largement supérieur à l'Atlético » . C'était six mois avant l'arrivée de Diego Simeone… Transfert record (9 millions), clause de 40 millions d'euros, mais seulement une saison et demie et une fin en prêt au Flamengo. Revenu au Corinthians, en Seleção, il doit son costume de titulaire à sa mobilité, qui lui permet de couvrir les espaces laissés par le quatuor offensif de Dunga, mais qui permet aussi de donner des solutions de repli au ballon en phase de possession. Toujours disponible, mais rarement pertinent : son manque de vision du jeu et de justesse limite fortement la mise en place d'une possession de balle élaborée.

  • Souza (26 ans, São Paulo)

    Plus jeune (26 ans), Josef de Souza Dias est un autre milieu ayant tenté l'Europe sans y prendre goût. Formé à Vasco de Gama, la tige (1m88) rejoint Porto en 2010, où il dispute 20 matchs en deux saisons. Trois millions dans un sens, puis trois millions dans le sens inverse : retour à la maison au Grêmio, puis à São Paulo. Il connaît sa première sélection sous le règne de Dunga en octobre dernier, à la suite d'une blessure de Ramires. Élu meilleur milieu du Brasileirão 2014, Souza est un milieu défensif polyvalent, lui aussi porté vers l'avant. Dans un style tout aussi vertical, il est bien plus puissant, mais aussi plus anarchique techniquement.

  • Jefferson (Botafogo, Brésil, 32 ans)

    À la suite du dernier Mondial, le dernier à coup sûr de Júlio César, Diego Alves devait enfin avoir sa chance. Le gardien félin aux réflexes surhumains, leader au sein d'un Valence revenu au premier plan, allait enfin pouvoir s'asseoir sur le trône d'un poste si énigmatique. Mais c'est raté : Dunga lui préfère Jefferson, éternel gardien remplaçant depuis 2003. Comme Júlio César, Jefferson a des pieds de milieu, met des petits ponts aux attaquants venant le presser, et sort des exploits sur sa ligne. Des exploits qui ne dépasseront l'échelle locale que le temps de quatre modestes saisons en Turquie entre 2004 et 2008. Le reste de sa carrière, Jefferson l'a passé à défendre les cages de Botafogo (plus de 300 matchs disputés). Spectaculaire et démonstratif, Jefferson doit certainement sa place au penalty arrêté face à Leo Messi en octobre dernier (2-0). Mais qui dit que Diego Alves, le grand spécialiste, ne l'aurait pas arrêté lui aussi ?

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  • Diego Tardelli (Sandong Luneng, Chine, 29 ans)

    Au Brésil, il y a eu Romário, Bebeto, Ronaldo et Adriano. Mais ces dix dernières années, le pays des écarts a aussi connu Luís Fabiano, Julio Batista et Fred. Dans cette seconde catégorie des numéros 9 aux carrières de baroudeurs et aux mouvements de camionneurs, Diego Tardelli Martins est certainement le plus rigolo. Un prénom d'Argentin, un nom d'Italien (son père l'a nommé ainsi en hommage à Marco Tardelli après le Mondial 82) et 9 clubs différents. Des passages décevants à São Paulo, Betis, São Caetano, PSV, Flamengo. Puis deux saisons fantastiques pour l'Atlético Mineiro entre 2009 et 2011, l'Anji Makhatchkala en Russie, Al-Gharafa au Qatar, à nouveau l'Atlético Mineiro et enfin le Shandong Luneng en Chine depuis février. Sélectionné par Dunga dès 2009, Tardelli avait été écarté de justesse de la liste du Mondial sud-africain. Jamais appelé par Scolari, il est revenu avec le retour de Dunga. L'occasion de planter un doublé aussi improbable que son personnage lors du Superclásico contre l'Argentine. En attendant, Leandro Damião essaye de se relancer au Cruzeiro.

  • Danilo (Porto, 23 ans)

    Cela fait maintenant quatre ans que Danilo attend que Maicon et Dani Alves lui fassent une place sur le si prestigieux côté droit de la Seleção. Quatre ans depuis cette Copa Libertadores remportée à 19 ans avec Santos. Aujourd'hui, il incarne avec Filipe Luís le nouvel équilibre des latéraux brésiliens. Des joueurs puissants, rapides, solides défensivement et intelligents offensivement. En un mot, mesurés. Capitaine d'un jeune Porto très attractif, le joueur de 23 ans rappelle Maicon dans la « patience » de ses débordements, son coup d'œil sur les centres et son ouverture sur le reste du jeu (transversales, pauses, etc). Un futur cadre, si Dunga le veut.

  • Roberto Firmino (Hoffenheim, 23 ans)

    Et puis, enfin, il y a Firmino. Le plus jeune, le moins associé au championnat brésilien et aussi le plus connu en Europe. Parti à 19 ans après une saison en seconde division sous les couleurs de Figueirense, le milieu offensif atterrit en Bundesliga à Hoffenheim en janvier 2011. Après deux saisons et demie correctes, il explose la saison dernière : 16 buts et 12 passes décisives. Habile techniquement, bon devant le but et excellent en soutien d'un attaquant, Firmino sait aussi travailler au pressing. Passes en profondeur, contres à cent à l'heure et grosse participation au milieu : Firmino s'éclate à Hoffenheim, et a bien commencé la fête avec la Seleção. Appelé par Dunga en octobre dernier, il claque sa première lucarne dès le mois de novembre contre l'Autriche. Forcément, cela suffit pour que le Brésil rêve d'un nouveau quatuor offensif de feu, après l'efficacité de Rivaldo-Leonardo-Ronaldo-Bebeto en 1998 et les rêves avortés de Ronaldinho-Kaká-Ronaldo-Adriano en 2006. Neymar, Firmino, Oscar et Lucas ?

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    PauletaSusicGaucho Niveau : Ligue 1
    Au fait il devient quoi "Ganso"?
    Parce qu'à la base, si je me souviens bien c'est lui qu'on annonçait comme une future pépite plutôt que Neymar.
    Il était annoncé, mais dans le jeu c'était un sacré régal le Ganso ! Le geste juste sans tout un tas de passement de jambe inutile, une sorte de Kaka dans le style. Pour moi il avait plus de potentiel que Neymar pour s'adapter en Europe car il avait un jeu beaucoup plus réfléchie et tactique. La Série A lui aurait été parfaite, n'en déplaise à l'autre gros con de Russel.
    Bon après sa grosse blessure l'aura empêché de franchir le pas au bon moment et depuis il a disparu des écrans radar ... dommage ...
    Ronahldoignon Niveau : CFA
    Je crois mais je suis pas sur que Ganso c'est un peu le Gourcuff brésilien.
    Anfield_Road Niveau : Ligue 1
    Message posté par PauletaSusicGaucho
    Au fait il devient quoi "Ganso"?
    Parce qu'à la base, si je me souviens bien c'est lui qu'on annonçait comme une future pépite plutôt que Neymar.


    Il s'est blessé au genou en 2010 et il a mis très longtemps à s'en remettre il me semble.
    Il joue au Sao Paulo Fc où il alterne le très bon et le moins bon. Il a véritablement de l'or dans les pieds, il a un entraîneur qui croit en lui ( Muricy Ramalho premier choix pour remplacer Dunga après la cdm 2010).Mais la succession de blessures dont il a été victime ont pas mal freiné sa progression.
    Maintenant ce qui est certain c'est qu'il a prit un sacré retard par rapport à son ancien comparse de Santos qui évolue au Barça.
    Le Brésil actuel pour moi c'est la définition même d'une équipe surcotée. Je n'aime pas beaucoup ce mot mais j'en vois pas d'autre la. Et attention je dis pas du tout ça pour faire le rageux, au contraire c'est plus une énorme frustration et nostalgie de l'époque Ronaldo et compagnie. Quand je les vois jouer, surtout a la CdM, où ils n'aurait jamais du passer les poules pour moi, mais encore lors du match face à l'EdF, j'avais l'impression de voir Neymar et 9 poulets sans tête qui courent dans tout les sens et parviennent de temps en temps a construire quelque chose. Et même si Dunga a l'air d'apporter un peu plus de stabilité, ca risque d'être vraiment chaud à la Copa America
    clement6628 Niveau : CFA2
    Ca reste quand même moyen sur le papier. Les seules certitudes qu'ils ont sont Neymar et la défense malgré le fiasco de la Coupe du Monde.
    Les milieux défensifs sont bons mais ce n'est en aucun cas des top players.
    Puis devant, pour continuer dans la lancée des articles sur l'Allemagne et l'Italie, sans très bon 9 ça va être compliqué. Alors ok, ils nous en ont claqué 3 sans pur 9 mais ça ne sera pas toujours le cas et Neymar ne pourra pas tout faire tout seul.
    Diego Alves pas titulaire je comprends pas vraiment, enfin bon Dunga est pas bête il voit bien que la force du Brésil c'est défensivement, avec un bon Luiz Gustavo devant la défense, le Brésil joue sur l'équilibre et la stabilité donc c'est costaud et sérieux derrière et ça monte pas (c'est pour ça que Dani Alves et Marcelo sont remplaçants et David Luiz ne sera pas un titulaire à mon avis).

    Après offensivement c'est plus que très moyen, c'est Neymar et le désert. Tous ces Willian, Coutinho, Hernanes, Oscar, Hulk, Bernard, Luiz Adriano, Douglas Costa, Goulart, Robinho, Diego Tardelli, Firmino et j'en passe, pour moi ils plus ou moins tous pareils, pas un qui est véritablement meilleur que l'autre, une ribambelle de joueurs très irréguliers alternant le très bon par moment et le mauvais, aucun titulaire indiscutable dans un top club (un club qui joue régulièrement les 1/4, 1/2 en LDC depuis 2-3 ans). Après je pense qu'Oscar et Coutinho sortent du lot techniquement mais faudra qu'ils soient plus que réguliers pour assoir leur place dans le onze brésilien. Bref, l'équipe du Brésil est très loin d'aligner à nouveau un trio digne de Ronaldo, Ronaldinho et Rivaldo.
    Surcoté par qui ? Dans quelle presse ? Parce que je vois surtout le Brésil se faire déchirer partout, au pays et à l'étranger. On est moyen, c'est clair , et ce n'est pas un enchaînement de victoires en amicaux qui va changer la donne. Le match contre le Chili qui se joue en ce moment en est la parfaite illustration.

    Le foot brésilien a besoin d'une révolution profonde,à l'image des clubs brésiliens qui ne sont plus que l'ombre de ce qu'ils étaient il y a encore 15 ans.

    Malheureusement le foot brésilien est tenu par une véritable mafia. L'équivalent du DTN en France est un ancien agent de joueur, c'est dire. Tant que les anciens avec un peu de bulbe tel Leonardo, Alex ou Juninho non pas pris le pouvoir je crains que les choses ne changent pas.
    Jean le bon beurre Niveau : District
    Oui tout à fait, la CBF est corrompue jusqu'à l'os, mais bon c'est dans la tradition brésilienne vous me direz...
    Il faut repenser le football brésilien autrement, bien mieux structuré. Le Brésil c'est le plus grand réservoir de talents au monde, géré autrement ça serait toujours la meilleure nation, et les jeunes ne partiraient pas en Ukraine à 19 ans. Mais cela implique beaucoup beaucoup de changements...

    En tout cas la seleção n'est certainement pas sûr cotée, au contraire, les gens sont réalistes, surtout au Bresil.
    Alain Proviste Niveau : Ligue 1
    C'est vrai que cette absence de 9 commence à être un pb. Il y avait pourtant un joueur qui avait tout pour être le grand numéro 9 de la Seleçao mais il a malheureusement été lâché par son corps en cristal, je pense bien sûr à Pato... D'ailleurs, si quelqu'un suit le Brasileiro, il donne quoi là-bas ?
    Sinon je sais que c'est pas un avant-centre mais j'aimerais bien voir ce que donne Felipe Anderson dans cette équipe. Associé à Neymar, ça pourrait être pas mal !
    Ronald Ignoble Niveau : CFA
    Message posté par Alain Proviste
    D'ailleurs, si quelqu'un suit le Brasileiro, il donne quoi là-bas ?

    Patop.
    jayjay972 Niveau : DHR
    Je pense que le principal problème du foot brésilien et par extension du foot latino américain est qu'ils n'ont pas encore compris depuis l'avènement de pirlo que le 6 c'est plus un simple tâcheron dont le rôle est de couvrir les latéraux mais le véritable patron de l'équipe. Il n'y a plus trop de 10 dans le foot moderne mais des 6 très technique qui oriente le jeu. Le pire dans tous ça c'est qu'ils ont ses 6 cerveaux mais ils ne les sélectionne pas car à la base thiago motta et marcos senna sont brésiliens. Dans le genre lucas leiva est pas mauvais quand il ne se blesse pas. Mais c'est surtout la non sélection de lucas silva qui est incompréhensible. C'est un jeune joueur double champion du brésil en titre qui vient d'être recruté à prix d'or pour un 6 par le réal. Après avoir oublié thiago motta j'espère que dunga n'oubliera pas lucas silva. Avec un 6 de ce profil à la place de luiz gustavo le brésil redeviendrait un candidat plus que crédible pour 2018. En dehors de ça dunga est en train de construire une équipe équilibrée et homogène autour de neymar. Firmino c'est pas mal du tout c'est un espèce de joueur hybride à la thomas muller qui peut jouer 9 ou 10 et qui est complémentaire à neymar. Le brésil n'a pas les dirigeants et les joueurs à la hauteur de leur immense réservoir.
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