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Le Napoli doit surveiller ses arrières

Le mois qui vient de s’écouler a été très compliqué pour le Napoli. L’équipe de Mazzarri ne gagne plus, et voit revenir des poursuivants à ses trousses. À y regarder de plus près, le bilan de la saison de l’équipe partenopea n’est pas si rose.

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Aurelio De Laurentiis avait annoncé la couleur au début de la saison. « Je veux le Scudetto » , avait-il annoncé, après avoir recruté Insigne, Behrami, Gamberini, Mesto et El Kaddouri. Longtemps, au cours de cette saison, on a bien cru que le président napolitain allait maintenir sa promesse. Son équipe a talonné la Juve, rejoignant même les Turinois en tête du classement au soir du 2 février, grâce à une victoire 2-0 face à Catane. Et puis, patatras. Tout fout le camp. Cavani s’arrête de marquer, l’équipe se fait piteusement éliminer de l’Europa League par le Viktoria Plzeň, et le Napoli s’écroule. À l’heure d’affronter l’Atalanta, cet après-midi, à 15h, les joueurs de Mazzarri comptent douze longueurs de retard sur ceux d’Antonio Conte, qui se sont imposés en patrons, hier soir, sur la pelouse de Bologne. Douze points, avec dix matchs à disposition : le gouffre semble impossible à combler. Pire : la qualification directe en Ligue des champions, qui semblait largement assurée il y a encore quelques semaines, a été remise en discussion. Le Milan AC est revenu à seulement deux points, et une confrontation directe à San Siro se profile dans un mois. Et attention à la Fiorentina, qui n’est finalement qu’à cinq points. Bref, si le Napoli ne réagit pas, la saison pourrait tourner rapidement au vinaigre. Ce serait con, vu les promesses du début de saison.

Histoire d’adultère

De fait, cette saison, les Napolitains ont toujours affiché la couleur : ils donneront tout en championnat, quitte à délaisser les coupes. Naples ne s’était en effet pas qualifié pour la Ligue des champions, et a donc dû affronter une Europa League qui, visiblement, l’encombrait plus qu’autre chose. Le premier tour a été passé laborieusement (sans le quadruplé de Cavani contre le Dnipro, les Partenopei auraient certainement été éliminés dès les phases de poules), et lors des seizièmes, Naples a été balayé. 3-0 à domicile contre les Tchèques de Plzeň, puis 2-0 en République tchèque. « Je ne pense pas que cette élimination soit vraiment un désavantage pour la suite de la saison » , avait affirmé Mazzarri juste après la défaite, comme pour dire : « Bon débarras  » . Le Napoli était, à ce propos, déjà débarrassé de la Coupe d’Italie, compétition dont il était pourtant tenant du titre. Là aussi, l’élimination n’a rien de glorieux. Les potes de Cavani se sont fait sortir dès leur premier match dans la compétition, en huitièmes de finale, par Bologne, à domicile. On cautionne ou non la méthode, mais avec ces éliminations (réellement voulues ou non), Mazzarri a ainsi envoyé un signal. Celui de dire que son effectif n’a pas les épaules pour lutter sur plusieurs tableaux, et qu’à choisir, il préfère lutter pour le titre.

Oui, sauf que depuis que Naples n’a plus que le championnat à jouer, c’est la catastrophe. Trois points pris en quatre matchs, et pas la moindre victoire. Le jeu de l’équipe n’est plus aussi flamboyant que lors de la première partie de cette saison et, lien de cause à effet, Cavani ne trouve plus le chemin des filets depuis le 27 janvier (il n’avait jamais connu une telle période de disette depuis son arrivée en Italie, même à Palerme). Hier, la Gazzetta dello Sport révélait que le Matador traversait une grave crise conjugale (avec sombre histoire d’adultère avec une étudiante napolitaine), ce qui avait très vraisemblablement des répercutions sur ses prestations. Mais Mazzarri est bien décidé à remobiliser ses troupes en vue du sprint final, et ce, grâce au soutien de son président. « Espérons que, comme l’année dernière, la visite du président De Laurentiis puisse être un tournant. Les garçons ont reçu la confiance du club, ils avaient besoin que le président vienne les voir. Nous avons 10 matchs à jouer. C’est un nouveau tournoi qui commence aujourd’hui, au cours duquel nous devrons tout donner. Nous verrons où nous pourrons arriver » , a-t-il affirmé.

Crise inventée


Éliminé en huitièmes de finale de Coupe d’Italie, éliminé en seizièmes de finale de l’Europa League, deuxième de Serie A avec douze points de retard sur le leader et avec le risque de se faire rattraper par le Milan AC : vu comme ça, la saison du Napoli a tout d’une saison foireuse. D’autant que lors des deux saisons précédentes, Naples avait toujours fait mieux que la saison précédente. En 2010/11, les Napolitains avaient terminé troisièmes, faisant leur grand retour en Ligue des champions après plus de vingt années d’absence. L’année suivante, ils avaient réalisé un très beau parcours en C1, se faisant sortir en huitièmes à la prolongation par Chelsea, futur vainqueur, et avaient surtout remporté la Coupe d’Italie, en battant en finale la Juve, pour sa seule défaite de la saison. Après cela, l’objectif était donc clair : faire encore mieux. Et mieux, c’est le Scudetto. Avec un Cavani en feu et un Hamšík énorme, tout semblait possible, notamment quand Naples enchaînait les victoires (16 points pris sur 18 entre décembre et janvier). La baisse de forme de son homme fort et d’autres facteurs ont fait que le Napoli n’y est plus. Déjà, le départ de deux piliers des saisons précédentes, Aronica et Dossena, lors du mercato de janvier, a fait du mal à l’équilibre de l’effectif. La suspension de Cannavaro, au mois de décembre, n’a pas aidé non plus.

Mais pour Mazzarri, tout cela, ce sont des conneries inventées par la presse et les journalistes. « La crise du Napoli ? Elle a été inventée par les journalistes, ceux-là même qui pensent que le frein à main de cette équipe, c’est moi » , avait-il affirmé juste avant la défaite contre le Chievo, en s’appuyant sur la statistique que l’an passé, au même stade de la saison, le Napoli comptait sept points en moins (pas sûr que comparer avec une saison où son équipe a terminé cinquième soit très malin). Du côté des observateurs napolitains, on pense aussi que le problème est lié au fait que le Napoli a commencé la saison très tôt, avec la Supercoupe d’Italie disputée à Pékin début août. Mais bon. La Juve aussi était à Pékin, et tout va bien pour elle. Pas le même effectif ni les mêmes moyens financiers, certes. En tout cas, Naples a l’occasion, cet après-midi, de se remettre sur les bons rails. L’Atalanta est une bête noire : les Bergamaschi ont remporté les deux dernières confrontations face aux Napolitains, avec notamment une victoire 3-1 au San Paolo en avril dernier. Battre le tabou, et repartir de l’avant. Voilà la mission pour éviter de transformer une saison qui s’annonçait grandiose en saison où demeureront remord et désillusion.

Eric Maggiori
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