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Le miracle de Belo Horizonte

La presse allemande n'a qu'un mot à la bouche, et lui donne toutes les variantes nécessaires : incroyable. Ce match et cette victoire étaient incroyables. Un moment d'histoire, de folie et de miracle. Après Bern, voici « das Wunder von Belo Horizonte » .

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Le rédacteur en chef de Kicker le dit sans ambages dans sa colonne du jour, avec un titre qui répète ce que tous les Allemands ont pensé hier soir. « Wahnsinn ! Unglaublich ! Unfassbar ! » , soit trois mots pour dire que ce match était « incroyable  » . C'est bien ce qui transparaît de la presse ce matin, la tête encore dans la rêverie de Belo Horizonte. La FAZ l'écrit texto : ce match est « un rêve dont personne n'avait osé rêver. » Pas même les joueurs. « Tout était tellement irréel qu'ils ne savaient parfois plus comment célébrer leur joie. » Mats Hummels raconte alors le moment du 4-0, sur un doublé de Toni Kroos (26') : « Je me suis dit que ce n'était pas possible, et alors tout le banc s'est levé pour courir sur la pelouse, comme si l'arbitre avait déjà sifflé la fin du match. » La folie.

Le Welt se demande donc si l'étude sérieuse de la victoire allemande est possible. « Peut-on analyser la folie (de ce match) de façon logique ?  » Sa réponse : au moins jusqu'au 2-0. Ensuite, il n'y a plus de jeu, seulement la dinguerie. Ainsi, le journal arrive même à trouver des reproches. « Si on veut chercher le cheveu dans la soupe, on peut remarquer que l'Allemagne n'a pas bien joué avant le 2-0. » Dur, mais sans oublier d'y ajouter tout de suite un contre-balancier : « Tout ce qui ne fonctionnait pas côté allemand dans les premières minutes a été fait avec une élégance légère ensuite. » Reprenant alors une réponse de Franz Beckenbauer suite à une défaite 5-1 de l'Allemagne contre la Roumanie en 2004, le Welt conclut : « Dans 50 ans, nos descendants regarderont le résultat et penseront : "Il doit y avoir une faute de frappe." »

Car oui, ce qui marque également, c'est cette certitude de l'écriture de l'histoire en direct. Ce match restera dans les mémoires et dans les grands récits de la Coupe du monde comme un moment à part. Pour le Welt, ce sera une « anomalie de l'histoire du football  » , tandis que Bild se lance dans le triomphal « une victoire pour l'éternité » . La FAZ en rajoute une couche. C'est « un triomphe qu'il n'y avait encore jamais eu dans l'histoire du football allemand. » Avec un nom tout trouvé, repris par la plupart des journaux : la victoire 7-1 contre le Brésil sera « das Wunder von Belo Horizonte  » , le miracle de Belo Horizonte, 60 ans après Bern.

La dernière marche


Les Brésiliens ne sont pas oubliés. Quelques articles font état de la tristesse, du désabusement, mais aussi d'un certain humour brésilien face à la déconvenue. On peut donc lire des déclarations saugrenues, comme cette femme dans un fan fest observée par un reporter du Welt et qui préfère « rentre[r] à la maison et [aller se] rouler un joint. J'utiliserai mieux mon temps ainsi.  » Surtout, les Allemands compatissent devant la tristesse des supporters et des joueurs adverses... et ils se souviennent. Philippe Lahm avoue ainsi sa compréhension du drame brésilien. « Je connais le goût amer d'une défaite en demi-finale dans son propre pays. » À l'époque, l'Allemagne n'avait toutefois craqué contre l'Italie que 2-0, et en prolongation. Le drame n'est pas le même. « Un tel match et un tel résultat, les Brésiliens ne les ont vraiment pas mérités. Il y a de grands joueurs de leur côté » , ajoute Thomas Müller.

Alors maintenant, l'Allemagne se tourne vers la finale. La Nationalmannschaft ne veut plus perdre, ses compatriotes non plus. À Kicker, c'est d'ailleurs le premier ton donné sur le site internet ce matin, loin de l'euphorie : il faut « monter la dernière marche » désormais, comme l'a déclaré Joachim Löw. Hummels est là pour le rappeler à son tour. La finale sera un match « extrêmement intense, pour lequel nous devons bien nous dire que ça ne sera pas facile. » Même si Der Westen n'y va pas par quatre chemins : « Le titre est proche.  » Attention, toutefois, à ne pas penser que la finale est déjà gagnée suite à ce 7-1. Car chaque match a son histoire bien à lui.

Par Côme Tessier
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à lui, tout match à son histoire bien à LUI (...)
*somagic* Niveau : CFA
la photo de DIE WELT on dirait une pub Sanex...
Toon Eastman Niveau : National
J'ai revu les buts ce matin, juste pour verifier que j'avais pas rêver, et j'ai remarqué quelque chose que j'avais pas du tout vu hier. Juste avant le 7e but (ca fait vraiment bizarre de l'écrire), il y a un gros plan sur les supporters allemands et ils ont l'air encore plus désabusés que les brésiliens, c'est dingue.
Idem pour Schurrle après son 2e but (but splendide au passage) qui a du mal a y croire. Au final j'ai l'impression que ceux qui ont été les plus surpris du niveau de la Mannschaft, ce sont les joueurs allemands eux même
highway61 Niveau : DHR
S'ils avaient su, Bild aurait réservé l'encart publicitaire de sa couv' à Vaseline
rp.bourque Niveau : DHR
Ca m'énerve un peu cette histoire selon laquelle ce 7-1 ne pourrait pas être analysé. Ca me semble tout à fait faux. En fait il y a des 1-0 où l'équipe qui gagne domine de la tête et des épaules et puis il y a des 3-0 où l'équipe qui gagne exploite une seule et unique faiblesse de son adversaire, sans même être véritablement meilleure.
Hier l'Allemagne a dominé totalement le Brésil ok, et a surtout exploité une ou deux faiblesses du Brésil qui étaient simplement dans le point aveugle de cette équipe. Et plus le Brésil réagissais plus l'Allemagne avait la possibilité d'exploiter cette faiblesse.
Oui le Brésil à pété un câble mais à 4-0, éventuellement à 3-0, mais pas avant : ce n'est pas ça qui s'est passé. Ensuite l'Allemagne a encore marqué mais sans même vraiment faire exprès. Ce qui est fou c'est qu'un Brésil qui aurait gardé la tête froide, qui serait resté concentré, totalement étanche à toute émotion, aurait pu quand même se prendre un 12-0 par une Allemagne de ce genre là aussi. C'est comme quand il y a un bug dans un jeu vidéo et qu'avec une combinaison de mouvements, toujours la même, on marque systématiquement le but : le 45-0 est possible, et on n'a même plus envie d'y jouer, alors que c'est juste un bug et qu'il suffit de ne pas faire cette combinaison là. Le Brésil avait un tout petit bug de rien, l'Allemagne l'a vu et l'a exploité et a plié le match. S'il n'y avait pas toujours la peur que l'équipe adverse ne revienne, ne constate la brèche avant de trouver une solution pour la colmater, l'Allemagne aurait mis un 3-0 et aurait fait autre chose, serait passée à gauche par exemple, juste pour voir si là aussi ça marquait à tous les coups, et puis pour redonner un peu confiance à Ozil, qui pleure en fait là, parce qu'il se sent un peu en dehors du truc, normal.
Jamie Cumindor Niveau : Loisir
Ce 7-1 ressemble au 7-0 du Bayern contre le Barça l'an dernier (sur 2 matches), ça rentrait comme dans du beurre, comme papa dans maman...
C'est un effondrement à la fois physique et psychologique des brésiliens.
Les allemands, c'est un révélateur. Contre eux, faut être à 110% pour avoir une chance. Si on est en dedans, ça peut vite exploser...
Et en plus, pour rien arranger, ils portaient le maillot de Flamengo!
http://www.thebookedition.com/un-mental … 85085.html
C'était vraiment 10 minutes irréelles. Après le but de Klose, le Brésil a vraiment baissé les armes, libérer toute cette pression liée aux investissements du pays, aux mécontents, aux supporters habitués au caviar, à l'absence de leurs stars Neymar & Silva et même à Jesus. L'espoir de remporter ce précieux mondial était fini pour eux, dès lors le jeu ne les intéressait plus. C'était vraiment un moment cruel, un désenchantement froid et létale façon allemande. Les conséquences sportives ne seront jamais plus importantes qu'elles ne le seront socialement. Le rapport au football va forcement évoluer pour la génération à venir, une déculotté pareille ne s'oublie pas et c'est surement un mal pour un bien. La coupe était pleine, c'était malsain toute cette pression, toute cette thune, cette attente. Impossible à tenir pour une équipe sans un mental d'acier.
rp.bourque Niveau : DHR
Message posté par Jamie Cumindor

C'est un effondrement à la fois physique et psychologique des brésiliens.
Les allemands, c'est un révélateur.


7 buts en un seul match c'est rare, très rare. La psychologie explique ce match autant que la magie, la religion, l'intervention d'un chamane ou je ne sais quoi. Autant dire l'Allemagne a battu le Brésil 7 à 1 en gagnant 7 à 1. A partir d'un moment il faut s'autoriser à essayer de comprendre ce qu'il s'est passé. Évidemment si on en reste au score, si on se dit que l'Allemagne ne vaut pas 7 fois le Brésil, parce que le nombre de buts serait une mesure exacte de la comparaison entre 2 équipes, on n'arrive à rien. Ce qui est vrai sur ce 7-1 est vrai pour tous les autres scores, du 6-5 au 0-0. Par exemple la différence entre l'équipe d'Allemagne et l'équipe de France n'est pas juste une tête accidentelle à un moment unique du match dans un affrontement entre 2 défenseurs centraux.
Même sans cette période folle, le score aurait été 4-1
Fion National Niveau : Loisir
Sincèrement, ce 7-1 ne vaut rien. Les Brésiliens ont cessé de jouer après le 2ème but. Après le 1er, ils ont flippé grave. Et avant le match, ils étaient tétanisés.

L'Allemagne est une grande équipe mais hier c'était irrationnel !
"Il y a de grands joueurs de leur côté : Julio César et son 1,87m, David Luiz et son 1,89m et surtout Victor, 1,93m"
Ils ont parfaitement joué, les brésiliens ont simplement failli partout. Plus que l'analyse tactique c'est une analyse psychologique des bresiliens qui devrait être fait. L'attaque de panique n'était pas loin pour des mecs qui pourtant tolèrent de grosses pressions en club chaque année. Je pense qu'ils auraient quand même perdu avec un TS ou Neymar pas d'autant car justement ces deux là, surtout le second, ont le dos très large.
Ils ont parfaitement joué, les brésiliens ont simplement failli partout. Plus que l'analyse tactique c'est une analyse psychologique des bresiliens qui devrait être fait. L'attaque de panique n'était pas loin pour des mecs qui pourtant tolèrent de grosses pressions en club chaque année. Je pense qu'ils auraient quand même perdu avec un TS ou Neymar pas d'autant car justement ces deux là, surtout le second, ont le dos très large.
Pas de bol pour les allemands… Parce qu'on se posera plus de questions sur les causes du désastre brésilien que sur la valeur réelle ou déduite de cette Mannschaft, parce que le malheur imprime plus durablement la mémoire que le bonheur, l'histoire retiendra le schwartss et la détresse auriverdi plus que la joie germaine… Et puis Messi n'a pas besoin de se prier soi-même...
rp.bourque Niveau : DHR
Message posté par Fion National
Sincèrement, ce 7-1 ne vaut rien. Les Brésiliens ont cessé de jouer après le 2ème but. Après le 1er, ils ont flippé grave. Et avant le match, ils étaient tétanisés.

L'Allemagne est une grande équipe mais hier c'était irrationnel !


Et pourquoi c'était plus irrationnel que d'habitude ? Parce que en soi 7-1 c'est pas possible ? C'était quoi qui aurait été rationnel, 5-2 ? 2-1 ? 18-17 ? 0-0 ? 3-0 ? Et pourquoi ? Comment on mesure une telle chose ? A partir d'un moment j'aimerais voir le truc : hier je n'ai rien vu d'irrationnel. Oui, à partir de 4-0 les brésiliens étaient assommés, mais pas à 2-0. En fait c'est justement parce qu'ils réagissent (mal) qu'ils s'en prennent 2 d'affilée. Le score c'est juste le score, ça ne dispense pas de regarder le match. Après le ko du 4-0, les allemands l'ont eu autant que les brésiliens en fait, et ça a fait 3-1 en plus.
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