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Le milieu d'Alaba

Malgré la triste impression laissée par l'équipe d'Autriche, David Alaba a montré qu'il était en jambes. Une question de jeunesse, d'ambition et de continuité de sa belle saison, certes, mais surtout une façon de montrer que c'est en étant positionné au milieu qu'il s'épanouit le plus.

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La question de la pauvreté offensive de ce début d'Euro revenait un peu trop souvent au goût de David Alaba. Alors, l'Autrichien a voulu y répondre face à la Hongrie au bout d'une minute de jeu. Une frappe lourde et flottante de 25 mètres, venue cogner puissamment le poteau d'un Gábor Király aux fraises. À plus de 40 ans, le portier hongrois est le joueur le plus âgé de l'histoire de l'Euro à démarrer un match, certes. Mais l'âge n'explique pas tout, et Alaba était difficilement tenable. Et l'une des raisons de cette grande forme est son positionnement au milieu de terrain, sa place favorite sur l'échiquier, comme il l'a souvent affirmé. « Je me vois au milieu dans l'avenir, ce n'est pas un secret » , assénait Alaba au début de l'année 2016 en commentant le système de Pep Guardiola à Munich, dans lequel il était ballotté entre la défense, le couloir gauche et le milieu de terrain. Car Alaba vaut bien mieux qu'un rôle de dépanneur, et il le sait. Après tout, quand on a plus de 50 matchs de Ligue des champions et presque autant de sélections dans son baluchon à seulement 23 ans, on a le droit d'avoir des ambitions.

La sagesse de Koller


Face à la Hongrie, David Alaba a confirmé qu'il était réellement à son aise dans l’entrejeu. Outre sa minasse en guise d'introduction, l'Autrichien s'est fait plaisir dès qu'il le pouvait : rushs, une-deux, centres, contrôles et remises à l'entrée de surface, bref, une belle palette de mouvements. En confiance, le Munichois s'est même permis de tenter directement un coup franc de 30 mètres à la demi-heure de jeu. Marcel Koller, le sélectionneur suisse des Autrichiens, a de quoi se satisfaire. Il n'a pas besoin d'envoyer Alaba en latéral gauche, puisque le fantasque Christian Fuchs tout juste auréolé d'un titre de champion d'Angleterre avec Leicester gère son couloir. De toute manière, hors de question de gâcher son meilleur joueur en le bridant dans l'arrière-garde.


Alors, en sélection, c'est tout vu, Alaba est et reste un homme du milieu. Pour un relayeur, Alaba a souvent joué relativement haut ce soir, et a été laissé très libre dans ses déplacements. Une vraie émancipation comparée à sa carrière en club, où Pep Guardiola lui laissait beaucoup moins de mou dans la corde, même s'il n'oubliait jamais de se montrer dithyrambique à son propos : « Si la finale de la Ligue des champions était demain, il jouerait. Avec lui, nous sommes une meilleure équipe. Il peut jouer partout. Sensationnel ! Sur une échelle de 1 à 10, il a toujours un niveau de 8, 9, parfois 10. C’est un des joueurs les plus importants pour le Bayern Munich. »

Le choix du Pélican


Mais à l'origine des débats sur le positionnement de David Alaba se trouve l'homme qui l'a lancé dans le grand bain, l'expérimentateur Louis van Gaal. Recruté au FK Austria Vienne à 16 ans, Alaba débarque à Munich pour se faire les dents dans les équipes de jeunes, voire en réserve. Mais Van Gaal veut utiliser son nouveau jouet plus vite que prévu, et lui donne du temps de jeu avec les pros, en Bundesliga dès mars 2010, puis en Ligue des champions immédiatement après, en tant que latéral gauche. Alaba a beau avoir été forer au milieu et s'y sentir plus à l'aise, le Pélican est imperturbable : « C'est un latéral gauche, même si lui ne le pense pas. » Le genre de constat qui n'appelle pas de débats.

Et pourtant, alors que sa sérénité défensive est vantée, c'est bien lui qui était en retard sur le marquage de László Kleinheisler, passeur décisif sur l'ouverture du score hongroise. Un but après lequel les Autrichiens ne feront que prendre le bouillon malgré les tentatives d'Alaba de prendre les choses en main, assurant même la partie « Je vais négocier avec Clément Turpin » du spectacle, habituellement réservée au bruyant Marko Arnautović. En difficulté dans le dernier quart d'heure malgré ses efforts, Alaba a donc sombré avec les siens, pourtant annoncés comme l'une des surprises potentielles de l'Euro. Et au vu du niveau inquiétant de ses coéquipiers, c'est sans doute lui qui aura à nouveau la tâche de conduire le navire au prochain match. David à la barre.

Par Alexandre Doskov
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tout un article pour faire la vanne du siècle à la fin, ça force le respect.
J'y vois une relecture des événements dans le seul but de faire un article sur le joueur du Bayern.

Il n'a pas été bon, malgré sa frappe somptueuse, comme la plupart de ses coéquipiers.
D'accord avec Algiers, Alaba est passé au travers à force de vouloir trop en faire au milieu (en gros, assumer les postes de 6, 8 et 10, ça fait beaucoup) mais quelle pauvreté tactique chez les autrichiens, c'était effarant. Les hongrois ont saisi qu'il fallait jouer simple et ils l'ont fait, l'Autriche n'a crée du danger que pendant le premier quart d'heure. Lire par ailleurs que l'Autriche a eu la maîtrise technique est incroyable, certains ont voulu en faire un "outsider" (cf beinsports) pour surfer sur la vague Alaba voire Fuchs mais la vérité c'est que ç'a été la pire équipe de cette première vague de matches de poules. Et de loin.
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