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Le Milan AC peut rêver

Le choc en l'AC Milan et le FC Barcelone a accouché d'une souris. Une belle première demi-heure, puis plus rien. Ce quart de finale aller manquait de rythme. Même s'il n'a pas perdu, le Milan devra sortir un gros match au Nou Camp s'il veut continuer de rêver.

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Milan/Barcelone : 0-0

Deux des clubs les plus classes d'Europe se retrouvaient à la Scala de Milan. Deux liquettes mythiques. Deux palmarès. Des gueules. Des joueurs de football. Des Ballons d'Or et Zlatan Ibrahimovic. A priori, ce quart de finale aller de la Ligue des Champions avait tout pour nous émerveiller. Rien que la musique d'entrée des joueurs (Sweet Child O'mine des Guns) sonnait dans le bon ton. Un peu comme la composition d'équipe de Guardiola qui décide d'aligner Puyol en latéral gauche et Keita au milieu. Allegri, lui, ne change pas trop son schéma, à l'exception de la titularisation d'Ambrosini suite à la suspension de Van Bommel. A noter l'absence, préjudiciable, de Thiago Silva, remplacé par Nesta et d'Abate. Son 4-3-3 annonçait une folle envie d'attaquer. Tout du moins, de ne pas subir. Il n'en fut rien. On s'est ennuyé - un peu - et la confrontation reste ouverte pour le match retour. Ca commence par une possession de balle du Barça. Dans les 70%. Comme d'hab. Mais le Milan enclenche la première dans le tempo. Sous l'impulsion du fantasque Boateng, Robinho se retrouve seul face à Valdès et rate le cadre de la tête.

Le temps de se mettre en forme et le Milan prend un premier frisson dès la dixième minute où sur une combinaison géniale sur coup franc, Sanchez tombe dans la surface après une sortie hasardeuse d'Abbiati. L'arbitre ne bronche pas et laisse filer. Le Milan est déjà sous l'emprise catalane. Dans la foulée, Messi claque son premier pion du match. Bon, il est hors-jeu, d'un mètre, mais la menace se rapproche. La gonfle est exclusivement espagnole. C'est presque gênant. Mais comme par magie, le génie de Seedorf - 36 piges - est toujours intact. Sur un amour de passe en profondeur, Zlatan rate sa frappe du gauche et Valdès se couche parfaitement. Même si le combat semble perdu d'avance, le Milan a décidé d'affronter le Barça par le jeu. Quitte à crever dès le match aller. Avec les honneurs. Mais dans le secteur du jeu, les ouailles de Guardiola ont de quoi faire. Sur un triple une-deux avec Messi, Xavi pénètre l'axe de la défense italienne et oblige le portier lombard à un arrêt réflexe. Le jeu est compact. Très axial. Mais ça marche. Dans les petits espaces, les Milanais sont à la rue. Ils sont systématiquement pris de vitesse. Ca se vérifie encore sur une contre attaque d'Alexis Sanchez, parti seul, où Antonini s'arrache pour revenir brillamment dans les pieds du Chilien. Collectivement, la machine barcelonaise est un ton au-dessus. Voire deux. Mais les italiens ont le mérite de ne pas avoir pris de caramel en première mi-temps. Parfois, le schéma tactique d'Allegri a même eu le mérite de ralentir la vitesse collective des Champions en titre. Sur l'échelle européenne, on peut parler de miracle.

El Shaarawy, le fou follet


Robinho cramé très vite, Stephan El Shaarawy est balancé sur le pré. Le minot doit amener sa folie. Sa vitesse. Sa fougue. A défaut, ça limitera la bêtise tactique d'Ibrahimovic constamment sifflé hors-jeu. La rage du Suédois est criante. Sa haine du Barça ne l'aide pas. Au contraire. L'ancien Ajacide galvaude toutes les actions chaudes du Milan. Les Catalans bafouillent un peu leur jeu. La défense italienne pose énormément de problèmes à l'animation de la bande à Xavi. Même Iniesta est hors du coup. C'est rare. On se dit que les locaux ont un coup à jouer. Sur un malentendu, ça peut marcher. Surtout que la défense façon charognards gène affreusement les hommes de Guardiola. Vous l'aurez compris, cette seconde période est beaucoup moins intense. Le rythme a baissé et les actions chaudes sont peu nombreuses. Il faut attendre les cinq dernières minutes pour voir Tello se payer une occasion bouillante et Léo Messi se faire balancer dans la surface sans que l'arbitre bronche. L'homme en noir, aussi, termine le match complètement cramé.

Au final, ce match entre le dernier club à avoir réussi à conserver sa Coupe aux grandes oreilles et celui qui pourrait être le prochain à la soulever deux fois de suite n'a pas soulevé les foules. Après une bonne première période, les deux équipes ont baissé de rythme. Notamment au Barça où la fatigue s'est faite ressentir sur la fin. C'est seulement la troisième fois de la saison que les hommes de Guardiola ne trouvent pas les filets durant une rencontre. C'est dire la qualité de la défense milanaise. On espérait que ce match aller maintiendrait un semblant de suspense pour le match retour. C'est le cas. Pis, un match nul 1-1 au retour éliminerait les champions en titre. Décidément, ce Milan est bien surprenant. Pas très séduisant, mais tactiquement intelligent. Et discipliné. Quant au Barça, rien de grave. Il s'agit juste d'un petit coup de fatigue passager. Au Nou Camp dans six jours, ça sera un tout autre match. Et ça peut faire mal à la gueule...

Par Mathieu Faure
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