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Le Mexique veut se faire un Argentin

Ce soir, le Mexique cherchera à atteindre son premier quart de finale de Coupe du Monde depuis 1986. Par la même, il réglerait alors son contentieux avec l'Argentine, et éviterait une chasse à l'homme à Guillermo Franco...

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Tv Azteca veut une revanche. Et la source de la rancœur de la puissante télé mexicaine ne puise pas simplement dans la tragique conclusion du huitième de finale 2006, cette demi-volée insensée de Maxi Rodriguez, assassine du mérite vert. Dans son spot, Tv Azteca rêve aussi de faire payer aux Che la fermeture de leur frontière lors du début d'épidémie de grippe “mexicaine”, décision très mal vécue, de Tijuana à Cancun. Pas apeuré d'envoyer un brin trop de sauce chile, le spot surenchérit en demandant à la sélection de punir Diego Maradona pour avoir levé la main sur la pelouse de l'Estadio Azteca en 1986. Une terre sacrée ? Bien entendu, Tv Azteca en rajoute, mais taper l'Argentine aurait bien une saveur particulière pour les supporters d'El Tri.

Car la défaite de 2006 était venue s'additionner à toute une série de matchs plutôt bien négociés mais invariablement achevés dans la saveur âcre des remords. En 25 confrontations avec l'Argentine, le Mexique n'a été déclaré vainqueur qu'à cinq reprises. Dans ce contexte, le bouc émissaire du pays était tout trouvé : Guillermo Franco, avant-centre d'El Tri, derrière lequel se cache un Argentin naturalisé en 2004. Son péché : prendre la place du 100% aztèque El Chicharito Hernandez, et surtout, ne pas apporter grande chose à la sélection, quand son jeune concurrent, buteur face à la France, a le vent en poupe. A côté d'une photo du naturalisé, voilà ce que titrait en couverture le quotidien Record le lendemain de Mexique-Uruguay : « Vous voyez ? Les Argentins ne sont pas parfaits » . Sur le Wikipedia piraté de l'ex-joueur de Villarreal, on pouvait aussi lire ceci : « Plus connu comme l'encombrant ou le surplus, Franco est un dit footballeur naturalisé mexicain, qui caresse la nuque de Javier Aguirre. Et c'est aussi une machine à manquer des occasions ... » N'en jetez plus.

Pas à son avantage depuis le début du Mondial, Franco a surtout pris pour la partition maladroite d'El Tri face à l'Uruguay. Une défaite qui a totalement refroidi un pays qui s'était illusionné après sa démonstration de force face aux Bleus. Franco a mangé, mais aussi Javier Aguirre. Face à la Celeste, le sélectionneur a effaré le pays en insistant avec Franco donc, mais aussi en alignant Cuauhtémoc Blanco d'entrée, tout en sortant Guardado à la mi-temps, pourtant le Mexicain le plus dangereux. Le vent de contestation est visiblement parvenu jusqu'aux oreilles du sélectionneur, bougon samedi en conférence de presse. Casquette enfoncée jusqu'à cacher son regard, tête baissée, et apparemment blessé. « Personne ne parie un peso sur nous, un paquet de spécialistes nous donnent pour morts, on va voir, nous on veut écrire l'histoire » a-t-il lâché tout en se mordant les lèvres. Il répondit aussi, sibyllin, à la mise en cause de ses compétences : « Les entraîneurs ne jouent pas mais ce sont eux qui perdent les matches » .

En 2006, un sélectionneur argentin se trouvait à la tête d'El Tri : Ricardo Lavolpe. Soupçonné lui aussi de ne pas être suffisamment attaché au maillot vert, il renversa l'opinion avec la partition mexicaine face à l'Albiceleste. Une défaite, mais un match considéré comme une référence dans l'histoire du foot mexicain. Désormais, c'est même de l'autre côté du Canal de Panama qu'on le considère comme un félon. Diego Maradona l'a qualifié samedi de « traître à la patrie » et d' « homme totalement perdu » , réagissant à la préférence du Bigoton pour El Tri. Comme Lavolpe, beaucoup d'Argentins ont fait fortune dans le foot mexicain, sur le banc ou sur la pelouse. Les Che constituent d'ailleurs la première communauté étrangère du pays. Ceux qui avaient fui la dictature de Videla avaient trouvé au Mexique une terre d'accueil.

Depuis 2006, en quoi la sélection verte a-t-elle changé ? Les cadres ont pris quatre ans, Cuauhtémoc Blanco a effectué son come-back, mais surtout la génération des champions du monde des moins de 17 ans en 2005 s'est imposée. Au total, ils devraient constituer plus d'un tiers d'El Tri ce soir, avec Moreno, Juarez, Giovani et Vela. Une génération emmenée par le milieu offensif de Galatasaray, dont bizarrement personne ne stigmatise les origines brésiliennes. Des doutes pèsent toutefois sur la présence de Vela, mais Aguirre a assuré qu'il était rétabli. En revanche, il n'a pas précisé si Guillermo Franco serait titulaire. Si c'est le cas, le sélectionneur serait alors bien inspiré de marquer l'histoire, pour s'éviter de se mettre définitivement tout un pays sur le dos et celui de Franco...

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