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Le Mexique proche du naufrage

Cela relevait de l'impensable : le Mexique privé de Coupe du monde 2014. C'est aujourd'hui un scénario crédible. À deux journées du terme des éliminatoires, El Tri n'occupe même pas une place de barragiste. Un nouveau sélectionneur vient d'être nommé.

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Pendant que la catastrophe s'approchait, l'orchestre continuait de jouer. Pour le Mexique du football (joueurs, dirigeants, presse, supporters), les éliminatoires pour la Coupe du monde 2014 devaient relever de la croisière du troisième âge, une expérience paisible et plaisante. Une certitude si ancrée qu'il a longtemps refusé de voir venir le péril, avant de se rendre à l'évidence : pour la première fois depuis 1990, El Tri pourrait être dispensé de Coupe du monde. Et pour la deuxième fois de son histoire, le Mexique pourrait ne pas survivre à une phase éliminatoire. L'unique précédent remonte à 1982. En 1990, le géant de la CONCACAF n'avait certes pas pris part au Mundiale, mais il ne s'agissait que d'une conséquence de sa mise à l'écart de la campagne éliminatoire, après un scandale de falsification des dates de naissance de joueurs de la sélection U20. Ces humiliations semblaient toutefois appartenir à un passé révolu. Le Mexique ne restait-il pas sur cinq huitièmes de finale de Coupe du monde de rang ?

Femme défunte et Charles Pasqua

Mardi, la défaite face aux États-Unis (2-0) a toutefois fait s'envoler la dernière feuille de vigne qui cachait la misère nationale. L'état d'urgence est désormais décrété et un nouveau sélectionneur a été nommé ce jeudi : Víctor Manuel Vucetich. Il était le premier choix en 2010, mais avait refusé le poste pour raisons familiales (sa femme venait de mourir, il voulait rester aux côtés de sa famille). Vucetich remplace Luis Fernando Tena, l'architecte de la sélection olympique de Londres, dont l'expérience à la tête d'El Tri s'est circonscrite à une seule rencontre. Tena venait de remplacer Chepo de la Torre, sélectionneur en poste depuis 2010. Cet entraîneur à la rigidité militaire, incapable d'esquisser la moindre alternative pour relancer une sélection en panne d'inspiration, a payé l'humiliation de trop : une défaite à domicile face au Honduras (1-2), concédée vendredi dernier. Au cours de toute son histoire, le Mexique n'avait subi qu'un unique revers en match éliminatoire au stade Azteca.

La continuité était le credo des dirigeants mexicains. Un credo qui a fini par les rendre aveugles. Les alertes n'avaient pourtant pas manqué. La première remonte à février dernier. En entame de leur tournoi hexagonal final, Chicharito et consorts avaient été tenus en échec par la Jamaïque au stade Azteca, une enceinte où ils écrasent en général la faible concurrence de la zone CONCACAF. Mais il ne s'agissait évidemment que d'un accident. El Tri rectifierait le tir, pensait tout un pays, ou presque. Ce ne sera pas le cas au match suivant, au Honduras (2-2), ni lors du fameux troisième rendez-vous, face aux États-Unis (0-0). Trois matchs, trois nuls, mais pourquoi s'alarmer ? La zone CONCACAF ne ressemble-t-elle pas à ces circonscriptions découpées par Charles Pasqua, pour que le triomphe soit garanti à son camp, qu'il pleuve ou qu'il neige ? Le Mexique, au-delà de sa légion étrangère (Chicharito, Guardado, Giovani, Ochoa, Moreno …) ne disposait-il pas, en sus, d'une jeunesse aux dents longues, qui venait de remporter les Jeux olympiques, et pouvait pallier les coups de moins bien des cadres usés et fatigués ? Alors que les contre-performances s'enchaînaient, une forme de résignation commençait toutefois à se diffuser. Pas celle de dire adieu au Mondial, mais de s'y qualifier sans la manière.

Carlos Vela pour sauver la mise ?


Trois billets directs pour le Mondial sont distribués aux membres de la CONCACAF. Un quatrième peut s'arracher lors d'un barrage face à la Nouvelle-Zélande. Aujourd'hui, le Mexique est cinquième du tournoi hexagonal, avec huit petits points au compteur (cinq nuls, une victoire, deux défaites). Seule la Jamaïque a fait pire. El Tri jouera sa peau à la mi-octobre. La sélection verte reçoit le Panama de Dely Valdés, qui le devance au goal average, avant de se déplacer au Costa-Rica, qualifié pour le Mondial depuis mardi. Facile ? Le Mexique semble enfin avoir appris l'humilité, et sait que le pire peut l'attendre. Il faut ainsi rappeler qu'El Tri a été défait à deux reprises par le Panama, cet été, lors de la Gold Cup. Il s'agissait, certes, d'une sélection B, mais ce double revers a confirmé que le mal mexicain est profond. Ses jeunes joueurs (Reyes, Herrera, Mier ...) sont peut-être talentueux, mais ils manquent clairement d'expérience. Chez les plus âgés, aucun leader n'est identifiable. Le fantôme de Cuauhtémoc Blanco plane encore sur El Tri.

Quelles solutions aujourd'hui pour le Mexique ? Víctor Manuel Vucetich, le néo-sélectionneur, sera chargé de les trouver. Son CV parle pour lui. Surnommé le roi Midas, il est l'entraîneur en activité le plus titré du foot mexicain. Pour préparer la réception du Panama, Vucetich, licencié des Rayados Monterrey en août dernier après quatre années riches en lauriers, pourra disposer trois jours par semaine des sélectionnés évoluant au sein du championnat mexicain. Mesure exceptionnelle en temps de crise : ne pas se qualifier pour le Mondial relèverait de la catastrophe industrielle pour la Fédération mexicaine et ses sponsors. Nouveau capitaine de bord, Vucetich sera également chargé de convaincre Carlos Vela de ne plus snober sa sélection. Le joueur de la Real Sociedad n'a jamais digéré d'avoir été suspendu six mois suite à une fête organisée après un match amical de la sélection en 2010. La décision avait été prise par Nestor de la Torre, frère de Chepo, l'ex-sélectionneur. Vucetich parlera également avec Guillermo Ochoa, qui a refusé la dernière convocation de De la Torre, vraisemblablement lassé de traverser l'Atlantique pour ne pas jouer. Aujourd'hui, le Mexique n'ambitionne plus qu'une chose : se sauver du naufrage.

Par Thomas Goubin, à Guadalajara
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