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  2. // Varna-Burgas (3–1)

Le match que vous n'avez pas regardé

Le derby de la mer Noire entre Varna et Burgas a été à sens unique, avec un match maîtrisé d'un bout à l'autre par Cherno More, dominateur et en pleine confiance. Burgas a eu beau y mettre du cœur, rien n'y a fait, et les voilà en fin fond de peloton au classement.

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Cherno More Varna 3–1 Neftochimic Burgas

Buts : Georgi Iliev (23e), Hugo Seco (38e) et Plamen Nikolov (61e) pour Varna // Ivan Valchanov (78e) pou Burgas

Quel était le derby le plus important du week-end ? « C'est la mer Noire » aurait sans doute répondu le candidat légendaire de Questions pour un champion. Et il aurait eu raison. Oubliez les Inter-AC Milan, les FenerbahçeGalatasaray, et les Boca Juniors–River Plate. Que du surcoté. Ce dimanche, le redoutable championnat bulgare offrait un spectacle hors du commun avec le derby de la mer Noire, soit l'affrontement entre le Cherno More Varna et le Neftochimic Burgas. Dans un coin du ring, Varna, troisième ville la plus peuplée du pays, station balnéaire prisée des touristes qui veulent se payer une semaine de beuverie bête et méchante, et solide équipe de haut de tableau du championnat bulgare cette saison.

De l'autre, Burgas, une centaine de kilomètres plus au sud sur la côte, une quinzaine de points plus en dessous au classement, et son nom d'équipe exceptionnel, le Neftochimic. Dans un Ticha Stadium sans tribunes latérales rendu complètement bouillant par les cinquante supporters présents, les deux clubs les plus à l'est du pays le plus à l'est de l'Europe se sont écharpés dès les premiers instants du match, avec des hommes de Burgas qui n'étaient pas venus pour encaisser des coups sans les rendre. Ancien international bulgare, Ventsislav Hristov passe même à un cheveu d'offrir l'ouverture du score aux siens, mais Malamov est bien trop court à la réception du centre à ras de terre. Pas de but donc, mais une fête bel et bien lancée.

Œil au beurre noir pour Burgas


Il fait froid en ce dimanche soir de fin octobre sur la côte bulgare, et le thermomètre ne dépasse que difficilement zéro degré. En tribunes, les dangereux hools de la East coast ont tous enfilé leur plus beau bonnet, et sur la pelouse les jambes paraissent un peu lourdes dans le premier quart d'heure. Ivan Kokonov de Cherno More ne le sait pas encore, mais il va faire un très bon match. En attendant, il se tord de douleur par terre en espérant que l'arbitre le remarque, mais comme un gosse qui pleure pour rien et qui s'aperçoit que personne ne s'intéresse à lui, il finit par se relever comme si de rien n'était. Et d'entrée de jeu, on sent que ce qui risque de faire la différence, c'est la supériorité technique de Varna, face au jeu un peu brouillon proposé par Burgas.


Le Portugais Hugo Seco fait briller sa technique, enchaîne les déboulés, ses centres sont des bonbons, mais ne trouvent personne. Sur son banc, l'ancien du CSKA Sofia mais aussi du GF38 de Grenoble (oui oui, celui du stade des Alpes) Hristo Yanev, devenu entraîneur du Neftochimic, explose déjà en sentant le bouillon arriver. Et l'affaire est entendue à la 23e minute, quand Georgi Iliev frappe un trésor de coup franc de 20 mètres et le dépose dans le petit filet de Burgas. Né et formé à Varna, Iliev exulte, et se muera en passeur décisif un quart d'heure plus tard pour servir Hugo Seco qui n'a plus qu'à humilier le gardien en le faisant ramper, avant de pousser la ballon dans le but vide. Rien ne semble pouvoir arriver à Cherno More. Les minutes s'enchaînent, la mi-temps arrive, le match reprend, sur les mêmes bases.

À sens unique


Malamov, de Burgas, chope son jaune pour une boucherie de trop, et Ivan Kokonov, de Varna, transforme la côte bulgare en plage brésilienne avec des gestes techniques dignes des pubs Nike de la grande époque. Les cinquante pelés en tribune peuvent donner de la voix et enlever leurs moufles pour applaudir, leurs gars offrent un sacré football total. La solution serait-elle sur le banc ? Burgas le pense, et envoie deux remplacements avant l'heure de jeu. Mais au même moment, Plamen Nikolov, d'un coup de boule, fait passer le score à 3-0, après un centre aux petits oignons de Kokonov. Le coach de Varna, Georgi Ivanov – dont les Rennais se souviennent peut-être pour son passage raté chez eux il y a une quinzaine d'années – ne s'agite même pas.


Avec sa dégaine de Luís Figo empâté, il apprécie le spectacle en se contentant d'un sourire satisfait. Entré en cours de match pour Burgas, le jeune ailier Ivan Valchanov refuse de rentrer à la maison humilié et continue de balancer la sauce. Le travail paye, et sur un relâchement de Varna typique de ces défenseurs démobilisés sûrs d'avoir match gagné, Valchanov fait passer la feuille de match à 3-1. Piqué, Varna tentera bien quelques dernières salves histoire de, mais sans vraiment se fouler. Cherno More sort victorieux, et abordera la prochaine journée en tant que membre du podium. Mauvaise passe pour Burgas, désormais avant-dernier. Rendez-vous ce week-end pour de nouvelles aventures, avec en bonus un autre événement important en Bulgarie : l'élection présidentielle de dimanche prochain.

Par Alexandre Doskov
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Sympa, pas mal de mater un derby qui apparemment laisse de marbre jusqu'en Bulgarie. Donc Varna pour un passage rapide en été ca peut etre sympa, c est ca? Entre le delta du danube et d autres sites plus...mmm..reposant?
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