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  3. // RAAL La Louvière-RJ Entente Binchoise (2-0)

Le match que vous n'avez pas regardé : La Louvière-Binche

Un derby de villes wallonnes de carnaval, un kop à faire pâlir de jalousie certains clubs de Jupiler Pro League, des actionnaires en jean-baskets et des loups qui mordent à nouveau. Tout ça, c'est le clash entre La Louvière et Binche. Et c'est le match que vous n'avez pas regardé.

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RAAL La Louvière 2-0 RJ Entente Binchoise

Buts : Roulez (28e) et Vanhecke (90e) pour la RAAL

Cum Lupis Laetare. Avec les loups, réjouis-toi. Une petite phrase que chacun saura traduire sans problème, si tant est qu’on ait fait un peu de latin, ou qu’on habite à La Louvière, dont elle est la maxime. La cité wallonne est en effet renommée pour son carnaval qui compte parmi les plus chaleureux de Belgique. Mais dans la région du Centre, le niveau carnavalesque est astral, à l’image de celui de la ville voisine de Binche, inscrit au patrimoine culturel immatériel de l’UNESCO. Ce samedi soir, ce sont deux communes distantes de huit kilomètres seulement qui vont se faire face pour le Carnavalico.

Socios, espoir et arancini


En approchant du stade communal du Tivoli, on croirait que le temps s’est arrêté. Une enceinte cryogénisée, qu’on a ranimée en début de saison, tel Louis de Funès dans Hibernatus. Certes, il y avait bien - et il y a toujours - l’Union Royale La Louvière Centre en D2 amateur (qui correspond au quatrième échelon du football belge), l’autre pensionnaire du stade, mais c’est la Royale Association athlétique louviéroise (RAAL) qui fait bouger les foules. Vieille gloire de première division belge au début des années 2000 – les passionnés de FIFA se souviendront avoir eu l'honneur de fouler la pelouse du Tivoli dans la version 2003 du jeu –, ils descendent en D2 en 2006. Des problèmes de licence et les matchs truqués de l’affaire Zheyun Ye mènent le club à la radiation de son matricule en 2009. Avant de ressusciter cet été, sous l’impulsion d’un ancien de la maison, Salvatore Curaba. Entrepreneur à succès dans l’informatique, Curaba a innové avec la RAAL : la Louvière est le premier club participatif de Belgique. En plus de nombreux supporters, le capitaine et l'entraîneur de l'équipe sont aussi actionnaires du club, à hauteur de respectivement 1000 et 10 000 euros. « Il a transposé le modèle de son entreprise au club, explique Cyril, l’un des 150 actionnaires à 1000 euros. L’organisation est entièrement transparente. Il est très ambitieux et pense déjà à un nouveau stade, pour le jour où l’on remontera en Jupiler Pro League. »



Pour assister à ce derby carnavalesque, six euros suffisent pour goûter à la ferveur du Tivoli. Plus de 1500 spectateurs se sont donné rendez-vous ce soir-là, dont une cinquantaine de Binchois en parcage. Très vite, le kop louviérois donne de la voix et éteint toute tentative de résistance de la part de leurs adversaires en tribune. « En football comme au carnaval, il n’y a qu’une ville et c’est la Louvière ! » , chambre Nico, responsable des Green Boys, l’un des groupes ultras locaux. Tout au long des deux mi-temps, l’ambiance ne faiblira pas. Au contraire, plus les minutes passent et plus elle gagne en intensité : pétards, pyrotechnie, chants, drapeaux, deux mâts... la tribune est vivante et colorée. Gamins du coin, familles, anciens ultras, nouveaux curieux, tous sont réunis autour d’un plateau de bières et de sodas et – ancienne immigration italienne oblige – dégustent des arancini et des calzone à la mi-temps, en lieu et place des traditionnelles frites-fricadelles dont sont coutumiers tous les stades du pays. Dans les gradins, on repère pêle-mêle des accessoires qui rappellent que la RAAL comptait jadis parmi les tauliers de l’élite belge. Nombreux sont ceux qui arborent fièrement la casquette verte éditée il y a quatorze ans, lorsque le club participait pour la seule fois de son histoire à une Coupe d’Europe.

La vieille gloire a de beaux restes


S'il y a une année à marquer d’une pierre blanche dans les mémoires louviéroises, c'est bien 2003. Cette année-là, la RAAL remporte la Coupe de Belgique lors d'une finale entre seconds couteaux face à Saint-Trond. Jusqu’à aujourd'hui, il s'agit du seul trophée majeur pour un club de la province du Hainaut. La saison suivante, l'équipe entraînée à l'époque par un certain Ariël Jacobs tient tête à Benfica en Coupe UEFA et arrache le nul 1-1. En plus de la fameuse casquette, quelques écharpes rappellent cette époque dorée où l'attaque était tenue par Peter Odemwingie et les cages par Silvio Proto. Aujourd’hui, c’est un tout autre niveau. Si la distance qui le sépare des gradins lui confère des airs de Christophe Jallet de la région du Centre, Thomas Van Ophalvens est un amateur en puissance. La semaine, il fait des allers-retours entre le club et le McDonald's de Waterloo où il officie en qualité de manager. « J’ai pu m’arranger avec mes patrons, je ne finis jamais après 16h, ce qui me laisse le temps d’arriver à l’heure aux entraînements trois fois par semaine » , sourit ce divin chauve après la partie. Une kriek à la main, ses acolytes et lui sont venus retrouver les actionnaires dans la tente VIP dressée aux abords du stade. Comme après chaque rencontre. « Ce n’est pas une corvée, poursuit Thomas. Aucun d’entre nous n’est tombé dans ce projet par hasard. On vient tous d’horizons différents, mais on a tous été séduits de la même manière par les ambitions de la RAAL. »


Un but à chaque mi-temps, tout le monde est content


Malgré leur bon début de match, les Loups ne parviennent pas à réellement inquiéter le gardien. Il faut attendre la trentième minute et une belle toile d’un défenseur adverse qui, en voulant dégager un centre au départ tout sauf dangereux, dévie le ballon vers la transversale de son propre but. Roulez, l'attaquant louviérois, n'a plus qu'à la pousser au fond, pendant que le gardien binchois cherche encore où est passé ce satané ballon. Réalisme à l'italienne. Tout au long de la partie, le pressing louviérois impressionne par sa rigueur et son efficacité. Malgré une deuxième mi-temps à mettre au crédit des visiteurs, la RAAL n’aura jamais vraiment été en danger. À l’entame du dernier quart d’heure, le kop célèbre la renaissance de son enfant chéri en brandissant une bâche sur laquelle on peut lire : « Le folklore, c’est nous ! » Une fois retournée, on y lit la devise latine de La Louvière. Un concert de hourras et de vivats se répand dans tout le Tivoli. Le folklore, c’est un peu l’élément central de l’ADN de la région et les supporters de la RAAL ont bien rappelé que leur cité en est l’une des locomotives.




Cerise sur le gâteau, à la dernière minute du match, Vanhecke envoie une praline dans le petit filet à droite du gardien binchois. La vue masquée, celui-ci ne peut rien faire. C’est 2-0, et l’arbitre peut renvoyer les carnavaliers dans les vestiaires. La Louvière vient de remporter son troisième derby de la saison – division régionale oblige – et, dauphin du leader tournaisien, s’apprête à en disputer un quatrième le week-end prochain face au Stade brainois. Avec l’espoir chez les supporters d’en disputer un peu moins les années suivantes, signe que La Louvière aura retrouvé sa place parmi les plus grands.



Par Julien Duez et Arthur Lejeune, au stade du Tivoli.



Photos : AL
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