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Le match du siècle

Cet après-midi, la Grèce affronte le Nigeria à Mangaung. Ou la rencontre des ignorés. Chacun a donc les meilleures raisons du monde de faire flancher l'autre pour prouver que la Terre entière se trompait sur son cas.

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A l'école, déjà, le groupe B était toujours le plus insignifiant. Celui qui n'intéressait pas vraiment mais qu'on regardait de loin parce qu'il y avait dedans la fille magnifique, le mec sûr de lui ou un mélange des deux. La Coupe du Monde 2010 n'échappe pas à la règle : l'Argentine prend toute la place et les autres disputent leurs matches dans l'indifférence. Difficile, du coup, de trouver de fervents supporters de la Grèce ou du Nigeria. A part Nikos Aliagas et Keziah Jones, évidemment. Tous les quatre ans, c'est la même chose : tout le monde soutient l'une des équipes favorites avant la cérémonie d'ouverture du Mondial, puis se met à encourager les outsiders parce que « ça serait drôle une finale Suisse-Uruguay » . Super drôle, ouais. En attendant, les Super Eagles et les Hellènes attendent qu'on les imagine juste un peu plus loin que les huitièmes.

La Coupe du Monde sur le continent africain, l'occasion rêvée de commencer –pour ceux que l'effet CAN n'a pas atteints– à supporter les équipes locales. Toutes les équipes ? Pas vraiment. Le Ghana, ok ; le Cameroun, ok ; la Côte d'Ivoire, ok ; l'Afrique du Sud, forcément, ok. Le Nigeria n'est jamais cité. Mais le boycott va beaucoup plus loin. Lorsqu'on tape “équipe Nigeria” dans Google, on nous propose d'essayer « avec cette orthographe : équipe Algérie » . Tout semble être dit. Le Nigeria aborde cette Coupe du Monde 2010 comme une équation à 11 inconnues.

Frustration et révolte

Cependant, malgré le fait que leur liste de meilleurs buteurs n'ait pas été mise à jour depuis 98, les Super Eagles n'ont pas été ridicules face à l'Albiceleste samedi dernier. Loin de là. Ils n'ont même pas été déstabilisés par le but d'Heinze à la 6ème minute, laissant planer le suspense tout le long du match concernant une éventuelle égalisation. D'accord, le bon moment ne s'est pas présenté et les occasions sont restées des occasions. Mais justement, la frustration est bien là. Et, c'est bien connu, la frustration engendre la révolte. Ou quelque chose comme ça. Les Nigérians ont tout intérêt à sortir vainqueurs du match d'aujourd'hui pour montrer que oui, ils peuvent mettre en difficulté les plus grands et donc gagner contre les plus petits. Les Grecs vont prendre cher.

Il fut un temps 0.2 où les statues grecques étaient à la mode. Depuis, il y a eu Internet et Madame Tussauds. Et les Grecs ne vendent plus du rêve mais ont donné leur nom à des sandwiches salade-tomates-oignons, comme une sorte d'adaptation au marché inévitable. Parce que ça fait un moment qu'ils n'ont pas de quoi se vanter. C'est pas l'équipe de foot nationale, abonnée aux tours préliminaires, qui fera penser le contraire. De par leurs noms au bon lait de brebis, déjà, les Hellènes se rapprochent plus des chèvres que des lions indomptables. De par leur jeu aussi, en fait. Ou l'art de se faire dominer. La preuve par la Corée du Sud (défaite 2-0). Alors, la Grèce va devoir prouver que son premier match dans ce Mondial était une erreur de parcours –enfin, deux erreurs de défense– pour raviver les esprits concernant l'Euro 2004. Une victoire qui a permis à la Grèce de se voir pousser des ailes et, doublé classique, de remporter l'Eurovision 2005. Et, question motivation, l'Eurovision est un peu la carotte ultime. Les Nigérians vont prendre cher.

Noémie Pennacino

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